vignette|Médaille décernée à M. de Quatrefages de Bréau par la société de géographie de Marseille en 1877.

Armand de Quatrefages de Bréau, né le Liste des membres depuis la création de l'Académie des sciences, sur le site de l'Académie des sciences (consulté le 11 novembre 2016) dans le hameau de BerthézèneArmand de Quatrefages de Bréau, publié le 2 mars 2007 par Martine François, sur le site du Comité des travaux historiques et scientifiques (consulté le 11 novembre 2016) à Valleraugue et mort le à Paris, est un zoologiste et anthropologue français.

Formation Issu d'une famille protestante installée depuis plusieurs générations dans le Gard, Jean-Louis-Armand de Quatrefages de Bréau est le fils de Jean-François de Quatrefages de Bréau (1767-1858) et de Camille de Cabanes (1786-1888). Né dans le hameau de BerthézèneGéolocalisation du hameau de Berthézène () sur la commune de Valleraugue. à proximité du village de Valleraugue, il est envoyé pour sa scolarité au collège de Tournon (Ardèche), où il se distingue en mathématiques et sciences physiques.

En 1829, alors qu'il n'est âgé que de 19 ans, il obtient un doctorat ès sciences à l'université de Strasbourg en présentant deux thèses, l'une portant sur de la balistique, Théorie d'un coup de canon, et l'autre intitulée Mouvement des aérolithes considérés comme des masses disséminées dans l'espace par l'impulsion des volcans lunairesJean Louis Armand de Quatrefages de Bréau, sur le site du dictionnaire Larousse (consulté le 11 novembre 2016). En 1832, un nouveau doctorat - en médecine - vient le distinguer : la thèse présentée porte sur L'extraversion de la vessie. L'un de ses maitres est Louis Georges Duvernoy (1777-1855), ancien collaborateur de Georges Cuvier (1769-1832).

Zoologie Armand de Quatrefages enseigne la zoologie à la faculté des sciences de Toulouse à partir de 1838, mais quitte son poste peu de temps après. Il se rend alors à Paris et rencontre Henri Milne Edwards (1800-1885) qui devient son employeur et son ami.

En 1841, il obtient un troisième doctorat en histoire naturelle. Cette fois, sa thèse paraît deux ans plus tard sous le titre de Thèse sur les caractères zoologiques des rongeurs et sur leur dentition en particulier. C’est le début de son intérêt pour la zoologie et il travaille notamment sur les invertébrés marins. Il fait ainsi paraître, en 1844, De l'organisation des animaux sans vertèbres des Côtes de la Manche.

Il s’intéresse particulièrement à l’anatomie des annélides et fait paraitre ses Recherches sur le système nerveux, l'embryogénie, les organes des sens et la circulation des annélides (de 1844 à 1850) et Sur les affinités et les analogies des lombrics et des sangsues. L’intérêt pratique de ses recherches n'est jamais oublié, c’est pourquoi il s’intéresse à ces mollusques bivalves causant d’immenses dommages aux bateaux en bois, les tarets : Sur l'histoire naturelle des tarets (1848-1849).

Il enseigne d’abord au lycée Napoléon avant d’être élu membre de l’Académie des sciences en 1852 et d'occuper, en 1855, la chaire d’anthropologie et d’ethnographie au Muséum national d'histoire naturelle de Paris tout en poursuivant ses investigations dans le domaine de la zoologie, notamment sur le ver à soie. En 1853, il détaille ses explorations des côtes normandes et bretonnes dans les Souvenirs d'un naturaliste.

Il s’intéresse également à la question de l’acclimatation d'animaux exotiques ainsi qu’aux problèmes de pisciculture et publie sur ce dernier sujet Études sur les fécondations artificielles des œufs de poissons en 1854.

Anthropologie Armand de Quatrefages fait paraître en 1861 son fameux livre sur l’unité de l’espèce humaine, premier ouvrage d’une longue série en anthropologie. En 1867, il publie un rapport sur la situation de la recherche anthropologique en France.

En 1870, il étudie l’œuvre de Charles Darwin (1809-1882) et de ses précurseurs français, ainsi que la théorie lamarckienne sur le transformisme. En 1875, il participe à la fondation de l'École d'anthropologie. En 1877, il publie L’Espèce humaine et définit notamment la « race de Cro-Magnon ». Reprenant dans son ouvrageArmand de Quatrefages, L'espèce humaine, coll. « Bibliothèque scientifique internationale », Vol.XXIII, Librairie Germer Baillière et Cie, Paris, 1877 (Douzième édition, Félix Alcan, Éditeur, Paris, 1896). la division de l'ensemble des corps, proposée par Peter Simon Pallas en deux empires inorganique et organique, Armand de Quatrefages faisait état de cinq règnes naturels strictement séparés : I. le règne sidéral (ajouté par Augustin-Pyramus de Candolle pour les corps célestes), II. le règne minéral (correspondant à la croûte terrestre), III. le règne végétal, IV. le règne animal et V. le règne humain.

Il est élu membre étranger de la Royal Society of London en , et membre de l’Académie nationale de médecine.

En 1887, il fait paraître son Introduction à l’étude des races humaines, puis en 1892 un nouvel ouvrage sur le darwinisme intitulé Les Émules de Darwin. Il s’oppose aux théories relatives à l’évolution et crée pour l’être humain un règne séparé : car plus que l’évolution en tant que telle, c’est son application à l’espèce humaine qu’il combat.

Apports scientifiques Si l’œuvre zoologique de Quatrefages est particulièrement importante et pertinente, ses théories en ethnologie sont totalement oubliées aujourd’hui. Ses Crania Ethnica (1875-1882), qu’il signe avec Ernest Hamy (1842-1908), portaient sur la forme des crânes des êtres humains.

Ses œuvres s'inscrivent dans les théories raciales du , comme on peut le lire dans L'Espèce humaine : « Tant qu'il existera des pôles et un équateur, des continents et des îles, des montagnes et des plaines, il subsistera des races distinguées par des caractères de toute nature, des races supérieures et des races inférieures au point de vue intellectuel et moral ».

Il est enterré au cimetière du Montparnasse.

vignette|Tombe de Jean Louis Armand de Quatrefages de Bréau (cimetière du Montparnasse).bordure|centré|sans_cadre|245x245px|Détail du BusteDétail du buste.|269x269px

Distinctions

Hommages La ville de Paris (5) a donné le nom de : rue de QuatrefagesRue du battoir, aujourd'hui rue de Quatrefages, sur le site : Le Paris pittoresque (consulté le 11 novembre 2016) près du Jardin des plantes de Paris. Une voie de la ville de Nîmes (Gard) a été nommé rue des Quatrefages. () Un rond-point et une voie ont été nommés rue de Quatrefages par la ville de La Rochelle (Charente-Maritime). () Un ruisseau du nom de QuatrefagesL'eau dans la commune de Sauclières, sur le site de l'eau dans le bassin Rhône-Méditerranée (consulté le 7 novembre 2016) (Y2031060), affluent de la rivière de Virenque, est situé sur la commune de Sauclières (Aveyron).

Publications Liste non exhaustiveListe d'ouvrages d'Armand de Quatrefages, sur le site d'idref.fr (consulté le 12 novembre 2016) :

. Une étude de l'évolution dans laquelle l'auteur adopte la même attitude qu'Alfred Russel Wallace et combat l'application à l'homme de la doctrine darwinienne.

Notes et références

Bibliographie

Jean-Christophe Sillard (1979). Quatrefages et le transformisme, Revue de synthèse, (95-96) : 283-295.

Voir aussi Articles connexes Ernest Hamy (1842-1908), collaborateur et successeur au Muséum national d'histoire naturelle à Paris Bréau-et-Salagosse, commune d'origine familiale près du Vigan (Gard) École d'anthropologie, créée avec Paul Broca et Louis-Adolphe Bertillon

Liens externes

Catégorie:Zoologiste français du XIXe siècle Catégorie:Anthropologue physicien et biologiste Catégorie:Étudiant de l'université de Strasbourg Catégorie:Enseignant au lycée Henri-IV Catégorie:Enseignant à l'université de Toulouse Catégorie:Professeur au Muséum national d'histoire naturelle Catégorie:Membre de l'Académie des sciences (France) Catégorie:Membre de la Société de géographie Catégorie:Membre étranger de la Royal Society Catégorie:Membre de la Société philomathique de Paris Catégorie:Membre de l'Académie bavaroise des sciences Catégorie:Membre de l'Académie nationale de médecine Catégorie:Membre de l'Académie royale suédoise des belles-lettres, d'histoire et des antiquités Catégorie:Commandeur de la Légion d'honneur promu en 1881 Catégorie:Naissance en février 1810 Catégorie:Naissance à Valleraugue Catégorie:Décès en janvier 1892 Catégorie:Décès dans le 5e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 81 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Montparnasse (division 6) Catégorie:Anthropologue du XIXe siècle Catégorie:Chercheur au Muséum national d'histoire naturelle