Karl Friedrich Hieronymus, baron de Münchhausen (ou Münchausen avec un seul « h » selon une graphie répanduePlus rarement Munchausen sans le Umlaut.), né le à Bodenwerder et mort le dans la même ville, est un officier, mercenaire à la solde de l'armée russe. Le récit romancé de ses exploits en a fait un des héros les plus populaires de la littérature allemande.

Le personnage historique Karl Friedrich Hieronymus, baron von Münchhausen naît à Bodenwerder dans le Weserbergland, région relevant de l'électorat de Brunswick-Lunebourg. Cousin du botaniste Otto von Münchhausen chancelier de l'université de Göttingen, il est, dans sa jeunesse, page du prince Antoine-Ulrich de Brunswick-Wolfenbüttel, qu'il suit en 1740 pour devenir mercenaire de l'armée russe. Il combat pendant dix ans dans l'armée d'Élisabeth I de Russie contre les Turcs de l'Empire ottoman, en Crimée. Il épouse Jacobine von Dunten en 1744 en Lettonie. vignette|right|Le Baron se sortant des sables mouvants ainsi que son cheval en se soulevant par les cheveux (gravure de Gustave Doré). Il est nommé, en 1750, capitaine de cavalerie, avant de quitter l'armée russe. Lors de son retour en Allemagne, il s'installe dans le château qui l'a vu naitre à Bodenwerder et mène une vie de propriétaire terrien. Il confie à l'écrivain Rudolf Erich Raspe ses « extraordinaires » aventures avant de se fixer à Hanovre. Surnommé le « baron de Crac » (« baron du mensonge », selon l'expression « raconter des craques »), il aurait voyagé sur la Lune sur un boulet de canon et aurait dansé avec Vénus. Veuf en 1790, il se remarie en 1794 avec Bernardine von Brunn, union qui s'achève par un divorce. Il meurt le de la fièvre typhoïde, ruiné.

Son destin et sa faconde devinrent aussi légendaires que celles de son homologue d'outre-Rhin Cyrano de Bergerac, lui assurant une réputation d'affabulateur hors pair, voire de fou.

Son nom a été donné à une maladie psychiatrique grave : le syndrome de Münchhausen. Les victimes de ce syndrome simulent tous les symptômes d'une maladie afin d'attirer sur elles l'attention des médecins. Elles peuvent également provoquer l'apparition de symptômes chez l'un de leurs proches (syndrome de Münchhausen par procuration, appelé aussi « syndrome de Meadow »).

De son nom est également tiré celui d'un problème logique et philosophique, le trilemme de Münchhausen, aussi appelé trilemme d'Agrippa du nom du philosophe antique qui l'a le premier exprimé, et qui met en évidence l'impossibilité d'établir une vérité absolue sur quoi que ce soit. Pour l'anecdote, le baron avait prétendu tirer son cheval et lui-même hors des sables mouvants par ses propres cheveux, sans aucun support extérieur.

Le héros populaire vignette|Münchhausen sur son boulet de canon, gravure d'August von Wille (1872). vignette|Le baron de Münchhausen sur un demi-cheval, illustration de Gottfried Franz (1846-1905).

Les récits extraordinaires du baron constituent la reprise d'un imaginaire collectif amplifié par le merveilleux et la truculence d'un militaire nostalgique d'exploits, à la manière de Tartarin de Tarascon.

Les œuvres de fiction mettant en scène le baron sont nombreuses ; il convient de distinguer : l'œuvre originale ; les suites apocryphes ou nouvelles aventures ; les pastiches et parodies.

L'œuvre originale

En 1785, l'écrivain allemand Rudolf Erich Raspe recueille, ordonne et publie ces récits (du vivant du baron de Münchhausen) en anglais, sous le titre Baron Münchhausen's Narrative of his Marvellous Travels and Campaigns in Russia.

Un an plus tard, les Aventures sont traduites en allemand par Gottfried August Bürger (1747-1794), professeur à l'université de Göttingen, sous le titre Abenteuer des berühmten Freiherrn von Münchhausen. Plus qu’une traduction, il remanie les histoires et fournit une version plus poétique et satirique que le livre de Raspe.

En France, le livre sera traduit de l'allemand par Théophile Gautier (fils) en 1854 sous le titre Le Baron de Münchausen surnommé le Baron de Crac ou La Fleur des Gasconnades allemandes, avec des illustrations de Gustave Doré. Cette traduction est amputée de certains passages jugés trop « politiquement incorrects » pour ses contemporains.

Ce livre fut souvent réédité et illustré par de nombreux illustrateurs tels que : George Cruikshank (1792-1878) Alfred Croqwill (1804-1872) Theodor Hosemann (1807-1875) Gustave Doré (1832-1883) Albert Robida (1848-1926) William Strang (1859-1921) Peter Sheaf Newell (1862-1924) Willy Plonck (1870-1956) Alfred Kubin (1877-1959) René Giffey (1884-1965) Ronald Searle (1920-2011) Daniel Maja (né en 1942) Quentin Faucompré (né en 1979)

Suites apocryphes Des auteurs ont imaginé de nouvelles pérégrinations du baron, épiques et rocambolesques, qui s'inscrivent parfaitement dans la longue tradition littéraire du personnage.

Dans trois bandes dessinées, Les Aventures oubliées du baron de Münchhausen, Olivier Supiot réutilise le personnage du baron pour plonger son lecteur dans de nouvelles aventures.

Pastiches et parodies vignette|Illustration de Gustave Doré pour l'édition française de 1862.

Le baron de Crac Cami a imaginé une réplique parodique et burlesque du baron de Münchhausen : le baron de Crac, militaire français, commandeur de l'ordre du Royal-Jabot, courtisan de Louis XVCami, Les Aventures sans pareilles du baron de Crac, Petite Bibliothèque blanche Hachette, Paris, 1926. De sa retraite en Gascogne, au château de la Cracodière, il raconte à ses invités émerveillés d'avance les exploits qui établirent sa réputation universelle (épisodes de chasse, scènes de batailles, incidents/accidents, missions du roi…). Il possède un fidèle valet nommé Dodu.

Adaptations Les aventures extraordinaires du baron ont été l'objet de nombreuses adaptations plus ou moins fidèles à l'original.

Au cinéma et à la télévision thumb|thumbtime=2|Les Hallucinations du baron de Münchhausen

Le baron de Münchausen a été porté sur grand écran dès le début du cinéma muet, dans des productions cinématographiques puis télévisuelles. 1909 : How I Cook-ed Peary's Record (Münchhausen au Pôle nord), film de Walter R. Booth. 1910 : Le Baron de Crac d’Emile Cohl ; 1911 : Les Hallucinations du baron de Münchhausen, film de Georges Méliès ; 1914 : Le avventure del barone di Münchausen de Paolo Azzurri ; 1915 : The New Adventures of Baron Munchausen de F. Martin Thornton ; 1920 : Münchausen, der berühmte Aufschneider de Richard Felgenauer ; 1927 : The Adventures of Baron Munchausen de Paul Peroff ; 1929 : Les Aventures du baron Munchausen d’Ivan Petrovich Ivanov-Vano ; 1933 : Moi et le Baron de Walter Lang ; 1936 : Münchhausens neuestes Abenteuer de Phil Jutzi ; 1941 : Le avventure del barone di Munchausen de Roberto Sgrilli ; 1943 : Les Aventures fantastiques du baron Münchhausen, film allemand de Josef Von Baky réalisé pour les 25 ans de la UFA ; 1947 : The Adventures of Baron Munchausen de George Dunning et Colin Low ; 1962 : Le Baron de Crac (Baron Prášil), film tchèque de Karel Zeman ; 1966 : Münchhausen de Fritz Umgelter ; 1978 : Les Fabuleuses Aventures du légendaire baron de Münchausen, film d'animation français de Jean Image.

1979 : Ce Münchhausen-là (Tot samyj Myunkhauzen) , téléfilm soviétique de Mark Zakharov ; Der Schuft, der den Münchhausen schrieb de Rudolf Nussgruber ; 1984 : Le Secret des Sélénites, film d'animation français de Jean ImageÉgalement diffusé à la télévision française en 1985 en plusieurs épisodes.. 1988 : Münchhausens letzte Liebe de Wolfgang Glück ; Les Aventures du baron de Münchhausen, film britannique de Terry Gilliam ; 2012 : Baron Münchhausen, téléfilm allemand d'Andreas Linke ; 2013 : Münchhausen, le baron du mensonge de Kai Christiansen.

Au théâtre 2006 : Les Aventures extraordinaires du baron de Münchhausen, adaptation Hacid Bouabaya par la compagnie Joker. 2011 : Münchausen, les machineries de l'imaginaire, adaptation Hugo Bélanger, par le Théâtre Tout à Trac. 2013 : Le Baron de Münchhausen, adaptation Marin Assassi par la compagnie Le Thyase 2014 : Münchhausen, création de Benoit Hattet, Compagnie du Fomenteur. 2020 : Les Aventures du baron de Münchhausen, mise en scène par Patrice Thibaud pour le Théâtre impérial de Compiègne.

Hommages Monument Le a été inauguré dans le parc central de Kaliningrad (Russie) un monument, à l'initiative du club Enkel Münchhausens, en cadeau de la ville jumelée, Bodenwerder. La statue représente le baron sur un boulet de canon.

Littérature On peut percevoir les traces du baron de Münchhausen dans le conte d'Italo Calvino : Le Vicomte pourfendu (1952).

Bibliographie Note : Par souci d'homogénéisation, l'orthographe a été normalisée sous la forme principale « Münchhausen ».

L'œuvre originale et ses adaptations vignette|Buste du baron de Münchhausen, sculpté dans le marbre par Antonio Canova, gravure de Gustave Doré.

Livres Gottfried August Bürger, Un chasseur sachant chasser, d'après les voyages extraordinaires du baron Münchhausen, SEPIA, Paris, 1943, 16 p. Les Aventures du Baron de Münchhausen. Rubezahl et le paysan, adaptation de P. Berlin, Bibliothèque Juventa, Delagrave, Paris, 1958, 158 p. Gottfried August Bürger, Baron de Münchhausen : Mes aventures, éditions de Crémille, Genève, 1973, 253 p. Gottfried August Bürger, Aventures et mésaventures du baron de Münchhausen, trad. de l'allemand par Théophile Gautier fils, Classiques français, Bookking international, Paris, 1996, 126 p. Gottfried August Bürger, Aventures du baron de Münchhausen, trad. de Théophile Gautier fils, postface par André Tissier, ill. de Gustave Doré, collection Merveilleux 2, éd. José Corti, Paris, 1998, 210 p. Gottfried August Bürger, Les Merveilleux Voyages par voie maritime et terrestre, campagnes militaires et aventures amusantes du baron de Münchhausen, tels qu'il a coutume de les raconter en personne devant une bouteille dans le cercle de ses amis, traduit de l'allemand par Olivier Mannoni, préface de Théophile Gautier fils, Gallimard, Paris, 2006, 303 p. (Folio bilingue 136) Gottfried August Bürger, Les Aventures du baron de Münchhausen, trad. de Théophile Gautier fils, ill. de Quentin Faucompré, éditions Orbis Pictus Club, Paris, 2007 Jules Girardin, Aventures et mésaventures du baron de Münchhausen, imitées de l'allemand par J. Levoisin, Hachette, Paris, 1879, 89 p. (rééd. 1883). Alfred Hannedouche, Voyages du baron de Münchhausen, Lecène et Oudin, Paris, 1892, 191 p. (Nouvelle bibliothèque illustrée de vulgarisation). Rudolf Erich Raspe, Le Baron de Münchhausen surnommé le baron de Crac ou la Fleur des Gasconnades allemandes, publiée par Hilaire Le Gai, Librairie de Passard, Paris, 1854, 176 p. Rudolf Erich Raspe, Aventures du baron de Münchhausen, adapté de l'allemand, ill. de S.B. Poitiers, Société française d'imprimerie et de librairie et impr. M. Texier réunies, 1948, 126 p. Rudolf Erich Raspe, Aventures du baron de Münchhausen, trad. de Théophile Gautier fils, ill. de Gustave Doré, coll. « Il était une fois », Boivin, Paris, 1948, 128 p. (rééd. 1956). Rudolf Erich Raspe, Les Aventures du baron de Münchhausen, adaptation de Elie Misan, ill. de Lupatelli et Aquenza, collection Royale 6 bis, ODEJ, Paris, 1962, 80 p. Rudolf Erich Raspe, Aventures du baron de Münchhausen, traduction de Théophile Gautier fils, illustrations de Françoise Pichard, Hachette, Paris, 1978, 147 p. Rudolf Erich Raspe, Les Aventures extraordinaires du Baron de Münchhausen, trad. de Théophile Gautier, éditions de la Mappemonde, Bruxelles, 1943, 141 p. Rudolf Erich Raspe, Aventures et mésaventures du Baron de Münchhausen, imitées de l'allemand par J. Girardin, ill. d'E. Bichard, Hachette, Paris, 1883, 92 p.

Éditions jeunesse

Note : Dans les ouvrages illustrés destinés aux très jeunes lecteurs (qui ne figurent pas dans la liste ci-après), le nom du Baron a été simplifié en "Le Baron de Crac" à partir de 1927, , etc..