L’histoire de la Colombie commence il y a plus de . Différentes civilisations amérindiennes se développent dès cette époque, dont la plus influente est celle du peuple Chibcha. Celui-ci domine le centre du pays lorsque Christophe Colomb « découvre » l'Amérique en 1492.

Le territoire est rapidement colonisé par l'Espagne, qui lui donne le nom de Nouvelle-Grenade. De nombreuses villes sont fondées dont Santafe de Bogota (l'actuelle capitale de la Colombie) en 1538. Les Amérindiens sont massacrés ou soumis au régime de l’encomienda. Des Africains sont amenés pour servir de main-d'œuvre servile, notamment dans les mines d'or du Chocó. Devenue une partie de la vice-royauté de Nouvelle-Grenade en 1717, le pays connaît d'importants soulèvements à partir de 1810 à la faveur de l'affaiblissement de la métropole lors de la Guerre d'indépendance espagnole. Grâce à la guerre menée par le Simón Bolívar ces révoltes aboutissent à l'indépendance de la totalité de la vice-royauté en 1819, malgré une reconquête temporaire par la métropole.

En 1821, la Nouvelle-Grenade (dont fait alors partie le Panama), la capitainerie générale du Venezuela et l'audience royale de Quito se regroupent en une république, la république de (Grande) Colombie. Cependant, de nombreux désaccords surviennent et des volontés d'indépendance se font sentir, aboutissant à la sécession du Venezuela en 1829 et de l'Équateur l'année suivante.

La Grande Colombie devient alors la république de Nouvelle-Grenade, une république centralisée. Mais de nouvelles tensions apparaissent entre bolivaristes (centralistes catholiques) et santandéristes (fédéralistes et laïcs). De nombreuses guerres civiles découlent de ces oppositions. À partir du milieu des années 1850, le pays prend un tournant fédéral, devenant la Confédération grenadine en 1858, puis les États-Unis de Colombie en 1863. Le gouvernement central perd progressivement la quasi-totalité de ses pouvoirs et le pays en devient presque ingouvernable jusqu'à la politique de Regeneración du président Rafael Núñez. Celle-ci aboutit à l'abandon du fédéralisme et à l'adoption de la constitution de 1886 qui crée la république de Colombie et reste en vigueur pendant plus d'un siècle.

Les affrontements ne cessent cependant pas totalement et, en 1899, commence la guerre des Mille Jours, une guerre civile particulièrement violente qui dure trois ans et affaiblit la Colombie au point qu'elle ne peut s'opposer à l'indépendance du Panama en 1903. Cette épreuve choque durement la classe dirigeante qui s'abstient de tout nouveau conflit pendant plus de quarante ans, ce qui permet au pays de se développer économiquement. Cependant en 1948 le chef du parti libéral, Jorge Eliécer Gaitán, est assassiné à Bogota. Sa mort provoque des émeutes appelées Bogotazo qui dégénèrent en une guerre civile connue sous le nom de La Violencia. Le général Gustavo Rojas Pinilla tente de mettre fin à l'anarchie en prenant le pouvoir en 1953. Après un succès mitigé, il est renversé en 1957. Le pays est alors dirigé par le Front national, une alliance entre le Parti libéral et le Parti conservateur.

Même si le calme revient peu à peu, cette confiscation du pouvoir par les deux partis principaux entraîne certaines formations politiques de gauche vers des modes de contestation non institutionnels et violents. Les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) en fournissent un exemple parmi d'autres. Cette radicalisation déclenche un nouveau conflit, baptisé conflit armé colombien, toujours en cours aujourd'hui. Depuis l'adoption en 1991 d'une nouvelle constitution qui restaure le pluralisme politique, et après l'exercice d'une politique militaire active contre les différentes guérillas, ce conflit tend néanmoins à s'apaiser et la situation à se normaliser.

Avant 1500c : civilisations amérindiennes pré-colombiennes

260px|centré|bordure|Les cultures précolombiennes de la période pré-classique.

vignette|gauche|Pétroglyphes à El Abra.

Les premiers peuplements L'arrivée des premières populations humaines sur le territoire colombien se fait par la côte Caraïbe et par l'est. À partir de ce moment de nombreux groupes se déplacent lentement vers l'intérieur des terres et occupent la cordillère des Andes.

De récentes datations au carbone 14 effectuées sur le site de Pubenza, dans le département de Cundinamarca, indiquent que les premiers habitants de la région sont arrivés avant ..

Dans les abris rocheux d'El Abra, à l'est de Zipaquirá dans la savane de Bogota, des outils de pierre datés de (± 160 ans). ont été trouvés en 1967. Cette découverte, au centre du pays, confirme que les migrations paléoaméricaines ont atteint l'Amérique du Sud des années avant la date de fabrication de ces artefacts.

Dans la savane de Bogota se situe le site archéologique de Tequendama où ont été découverts des objets de pierre fabriqués avec soin tels des couteaux, des racloirs, des laminoirs et des pointes de projectiles. Ils furent réalisés entre -7000 av. J-C. et -3500 av. J-C. par des groupes de chasseurs spécialisés dont on possède 25 squelettes..

Au fil du temps certains peuples deviennent sédentaires tandis que les autres maintiennent leur nomadisme.

Les cultures agricoles vignette|gauche|La forêt de statues, dans le parc archéologique de San Agustín.

Les premiers vestiges connus d'agriculture sur le territoire colombien sont situés dans la serranía de San Jacinto, dans les actuels départements de Bolívar et Sucre, ainsi que dans son prolongement dans le département d'Atlántico où vivaient des tribus regroupées dans la zone appelée Puerto Hormiga. Les fouilles qui y ont été effectuées ont mis au jour des vases et autres objets en céramique et que les tests pratiqués ont datés entre 3090 et 2552 Puerto Hormiga, pueblosoriginarios.com..

À San Agustín, dans le département de Huila, ont été découvertes des traces d'établissements sédentaires datant du Elles témoignent de l'existence d'une civilisation quasiment inconnue et disparue mystérieusement aux alentours de 1250. Elles sont conservées dans le parc archéologique de San Agustín, Bibliothèque Luis Ángel Arango.. Ce parc regroupe trois sites d'importance : la fontaine de Lavapatas, la forêt de statues et le musée archéologique.. Des sculptures monolithiques de la culture Agustín existent ailleurs, mais elles sont dans un état de conservation lamentable et techniquement irrécupérables en raison de l'action lente mais effective de l'érosion.

La culture Tierradentro est une autre culture sédentaire. Ses vestiges les plus tangibles sont les hypogées construites entre le . dans le bassin supérieur du río Cauca, plus exactement dans le corregimiento de San Andres Psimbalá appartenant à la municipalité d'Inzá.. Sur cette zone a été créé en 1945 le parc archéologique national de Tierradentro., devenu monument national en 1992, après décision du Conseil national des monuments, et inscrit en 1995 sur la liste du patrimoine de l'Humanité par l'UNESCO en tant que réservoir important de la culture précolombienne..

La culture Tierradentro, comme celle de San Agustín, a disparu. Les recherches effectuées indiquent néanmoins que les indiens Páez. et Guambianos, les habitants autochtones de la région, sont les survivants du métissage résultant de la colonisation et de différents mouvements de populations au cours de l'Histoire colombienne.

Les cultures « dorées » Postérieurement, apparaissent d'autres cultures appelées « cultures dorées » en référence à leur travail de l'or.

La culture Tumaco-La Tolita s'est établie entre 600 et 400 sur le littoral Pacifique au niveau du département de Nariño et des provinces équatoriennes d'Esmeraldas et Manabí..

La culture Tolima s'est établie entre 200 et 1000 dans le département homonyme..

La culture Nariño s'est établie entre le sur les hauts plateaux de la cordillère des Andes à la frontière entre la Colombie et l'Équateur, dans ce qui est actuellement le département colombien de Nariño..

Au moment de l'arrivée de Christophe Colomb en Amérique, la côté Caraïbe est peuplée par deux grandes civilisations : les Tayronas et les Zenú. Les Tayronas sont établis dans la Sierra Nevada de Santa Marta, au nord du pays ... Le territoire ancestral des Zenú est constitué par les vallées des ríos Sinú, San Jorge, Cauca et Nechi et par le littoral de la mer des Caraïbes, ce qui correspond aux actuels départements colombiens de Córdoba et de Sucre..

Dans les vallées des cordillères Occidentale et Centrale la culture Calima, apparue vers 1600 , occupe les bassins des ríos San Juan, Dagua et Calima dans le département de Valle del Cauca.., tandis que les Quimbayas sont établis dans la vallée du río Cauca, dans ce qui est aujourd'hui la zone du café, autour du département de Caldas..

La région de l'actuel département de Chocó, sur la côte Pacifique, est habitée par les Kunas autour du golfe d'Urabá. Le bassin inférieur du río Atrato l'est par les Wounaans de même que le cours du río San Juan. Les Emberás vivent dans le bassin supérieur du río Atrato et dans la serranía del Baudó..

Le centre de l'actuelle Colombie est alors dominé par les Chibchas (ou Muiscas), qui vivent dans la savane de Bogota, au cœur de la cordillère Orientale. Ils ont formé une vaste fédération, la Confédération muisca..

Outre ces groupes importants, une myriade de petits groupes ethniques peuplent le reste du territoire. Cinq siècles plus tard, selon le recensement de 2005, la Colombie ne compte pas moins de ..

Galerie

Période coloniale espagnole (1500c-1824c)

1500c-1550c : conquête vignette|upright=1.2|Trajets des conquistadors en Nouvelle-Grenade.

L'Espagnol Alonso de Ojeda, en 1499, aborde pour la première fois les côtes colombiennes Soledad Acosta de Samper, Biografías de hombres ilustres ó notables, relativas á la época del descubrimiento, conquista y colonización de la parte de América denominada actualmente ee. uu. de Colombia — Alonso de Ojeda. Carl Henrik Langebaek Rueda et Jorge Orlando Melo, Historia de Colombia: el establecimiento de la dominación española — El descubrimiento de la costa y las primeras gobernaciones, Bibliothèque Luis Ángel Arango., au cap de la Vela, dans le département actuel de La Guajira.. Lors de cette expédition il est notamment accompagné du cartographe basque Juan de la Cosa et du pilote italien Amerigo Vespucci.. En publiant le récit de ce voyage., Vespucci laissera son prénom à ce nouveau continent dont il est l'un des premiers à affirmer publiquement l'existence.

vignette|Portrait d'Alonso de Ojeda, premier espagnol à aborder les côtes colombiennes en 1499.

Arrivent ensuite des aventuriers espagnols (les « conquistadors ») qui ont vendu leurs biens en Espagne afin de financer leur expédition. Ils sont à la recherche d’or. Rapidement les Espagnols fondent des villes : San Sebastian d'Uraba en 1509 et Santa María la Antigua del Darién en 1510, toutes deux au bord du golfe d'Urabá. Après la découverte de l'océan Pacifique par Vasco Núñez de Balboa Marta Herrera Angel, Vasco Núñez De Balboa, Bibliothèque Luis Ángel Arango., la ville de Panama est fondée en 1519 sur la côte Pacifique de l'isthme de Panama par Pedro Arias Dávila.

En 1524, l'ancienne juridiction d'Ojeda est divisée en deux gouvernorats concédés à des gouverneurs chargés de les coloniser et de les explorer. À l'Ouest du río Magdalena le bénéficiaire n'exercera jamais son mandat, mais à l'Est, entre le Magdalena et le cap de la Vela, Rodrigo de Bastidas fonde en 1526 la ville de Santa Marta Carl Henrik Langebaek Rueda et Jorge Orlando Melo, Historia de Colombia: el establecimiento de la dominación española — La conquista de Santa Marta, Bibliothèque Luis Ángel Arango..