thumb|right|La grande-duchesse Elizaveta Fiodorovna - Sainte martyre grande-duchesse Elizaveta

Les Martyrs de la mine d'Alapaïevsk désigne des membres de la famille Romanov et des personnes apparentées à cette famille qui ont été assassinées par des représentants du pouvoir soviétique dans la nuit du à Alapaïevsk. Huit personnes furent jetées vivantes dans le puits de mine Selimskaïa situé à 18 kilomètres de la ville d'Alapaïevsk. Ces assassinats eurent lieu le lendemain du massacre de la famille impériale dans le sous-sol de la maison Ipatiev à Ekaterinbourg. Le , le procureur général de la cour de justice russe a réhabilité à titre posthume les victimes d'Alapaïevskportal-credo.ru.

Le , à l'exception de Fiodor Mikhaïlovitch Remez, l'Église orthodoxe russe de l'étranger a canonisé toutes les victimes d'Alapaïevsk. En 2000, l'Église orthodoxe russe a sanctifié uniquement la grande-duchesse Élisabeth et sœur Varvara.

Liste des victimes d'Alapaïevsk La grande-duchesse Élisabeth Fiodorovna (53 ans); Le grand-duc Serge Mikhaïlovitch de Russie (48 ans); Le prince impérial Ioann Constantinovitch de Russie (32 ans); Le prince impérial Constantin Constantinovitch de Russie (27 ans); Le prince impérial Igor Constantinovitch de Russie (24 ans); Le prince Vladimir Pavlovitch Paley, fils du grand-duc Paul Alexandrovitch de Russie et de son épouse morganatique la princesse Olga Karnovitch Paley (21 ans); Fiodor Semionovitch Remez, secrétaire du grand-duc Serge (40 ans); Sœur Varvara Yakovleva, religieuse au monastère des Saintes-Marthe-et-Marie à Moscou (35 ans).

Arrestation et assassinat Détention Le , Igor, Ioann et Constantin Constantinovitch, tous trois fils du grand-duc Constantin Constantinovitch de Russie, le prince Vladimir Pavlvovitch Paley, le grand-duc Serge Mikhaïlovitch de Russie et son secrétaire personnel Fiodor Semionovitch Remez sont transférés de Petrograd à Viatka, puis le à Ekaterinbourg. Dans cette petite ville minière de l'Oural, ils sont logés à l'hôtel Atamanovka (en langue russe : Atamanovskie - Атамановские)Actuellement, il abrite le Service fédéral de la sécurité de Russie (FSB) et le département de l'Intérieur de la région de Sverdlovsk.. Dans la même période, la grande-duchesse Élisabeth est arrêtée à Moscou, puis exilée à Perm en , avant d'être transférée au monastère de Novo-Tikhvinetyrlevo.orthodoxy.ru à Ekaterinbourg, accompagnée de son amie, sœur Varvara Yakovleva et de la religieuse Ekaterina Ianysheva. Quelques jours plus tard, la grande-duchesse et les religieuses rejoignent les autres détenus à l'hôtel Atamanovka.

Après deux semaines passées à Ekaterinbourg, les détenus sont dirigés sur Alapaïevsk et logés dans l'école désaffectée Napolnaya, petite bâtisse de briques rouges construite à la périphérie de la ville. La surveillance des prisonniers est confiée au conseil des travailleurs et des délégués paysans et à la commission d'enquête spéciale d'Alapaïevsk. Au cours des premières semaines, les détenus bénéficient d'une certaine liberté. Tous les prisonniers reçoivent une carte d'identité leur permettant de circuler librement dans la ville. Lorsque l'un d'entre eux désire quitter l'école, il est tenu d'en informer la garde. Ils sont autorisés à se rendre à l'église et à entretenir une correspondance avec leurs proches. Ils peuvent se promener dans un terrain bordant l'école, cultiver un petit jardin et de temps en temps, ils prennent le thé à l'extérieur. La grande-duchesse Élisabeth occupe ses journées à la prière, la broderie et la peinture.

Le , le régime de détention des détenus se durcit. « Il leur est confisqué tous leurs effets personnels - chaussures, lingerie, vêtements, oreillers, les objets en or et en argent, il ne leur est laissé que le strict nécessaire en vêtements et chaussures et deux changements de sous-vêtements »gatchina3000.ru. Les promenades en ville leur sont désormais interdites, les rations alimentaire diminuées, il leur est également interdit d'écrire des lettres ou de recevoir de la correspondancewww.pravenc.ru. Dans le même temps, les Bolcheviks renvoient la religieuse Ekaterina Ianysheva, deux valets de chambre et le docteur Helmersen.

Dans la nuit du , les prisonniers sont transportés vers une destination inconnue. On perd alors leur trace, mais bientôt des informations circulent sur leur mortgatchina3000.ru.

Disparition des prisonniers Dans la nuit du , à trois heures du matin retentirent des bruits de fusillade, d'explosions de grenades. L'alarme fut déclenchée par une escouade de l'Armée rouge qui plaça un cordon de sécurité autour de l'école, puis informa le commissaire A. Smolynykov que des éléments de l'Armée blanche avaient aidé les princes à fuir dans un avion. Le Comité exécutif d'Alapaïevsk envoya immédiatement ce télégramme à Ekaterinbourgmagazines.russ.ru.

Le à 18 heures 30 le Président du Soviet régional de l'Oural Alexandre Georgevitch Beloborodov (1891-1938) télégraphia cette dépêche à Iakov Mikhaïlovitch Sverdlov, Moiseï Solomonovitch Ouritsky, Grigori Evseïevitch Zinoviev (1883-1936). Le fut publiée une communication officielle sur l'incident :

Le matin du différentes affiches furent placardées annonçant l'enlèvement des princes par un groupe, au cours d'un échange de tirs, l'un des ravisseurs fut tué et deux gardes rouges légèrement blesséswww.nik2.ru. Le sort de la grande-duchesse Elizaveta Fiodorovna et de la religieuse Varvara Yakovleva n'est pas mentionné dans cette communication officielle. Les autorités d'Alapaïevsk et d'Ekaterinbourg menèrent une enquête dont les résultats furent peu concluants.

Mise en scène de la disparition des victimes d'Alapaïevsk Nikolaï Alekseïevitch Sokolov (1880-1924) au terme de son enquête interpréta cet événement comme un enlèvement simulé des princes. Lors de la préparation des différents documents relatifs à la canonisation des martyrs, il fut trouvé au Centre de documentation des organisations publiques de la région de Sverdlovsk une Transcription des souvenirs du Parti militant de la région d'Alapaïevsk (1917-1918). Mais en deux mois après avoir repris la ville les Bolcheviks poursuivirent pénalement à Perm les assassins supposés. Dix-huit Socialistes Révolutionnaires de gauche, supposés avoir voulu en 1918 la disparition de tous les Romanov (les diverses instances du pouvoir Bolchevik reconnaissant l'exécution la veille des enlèvements à Ekaterinbourg de l'ex-tsar Nicolas II Romanov, mais assurant du transfert de sa famille), furent condamnés à mort et exécutés. Une séance tenue le eut pour objectif de préserver les mémoires pour l'histoire du Parti Bolchevik de la région d'Alapaïevsk au cours de la période allant de la Révolution de février 1917 à 1921. D'après cette transcription, le président du Haut-Conseil E.L. Seriodkine et le président de la Commission extraordinaire de l'enquête N.P. Govyrine déclarèrent par écrit que les prisonniers d'Alapaïevsk avaient été tués, puis qu'on avait organisé leur enlèvement.

Enquête sur les assassinats des prisonniers d'Alapaïevsk

Après la prise d'Alapaïevsk par les troupes de l'Armée blanche en , la petite bourgade de l'Oural fut placée sous le contrôle de l'amiral Aleksandr Vasilievitch Koltchak. Le chef du Mouvement blanc de la région Est de la Russie ordonna que la lumière soit faite sur le décès des détenus de l'école Napolnaya. Le , il nomma Ivan Alexandrovitch Sergeev membre de la Cour de justice du district d'Ekaterinbourg. Le , Nikolaï Alekseïevitch Sokolov, membre du tribunal du district judiciaire d'Omsk fut nommé président de la Commission d'enquête concernant les circonstances de la mort des victimes d'Alapaïevsk (il fut également chargé de superviser l'enquête concernant la disparition de la famille impériale).

Le résultat de cette enquête démontra que, dans la nuit du , sous le prétexte de transférer les prisonniers d'Alapaïevsk vers l'usine Verkhine-Sinyatchikhinsky, un groupe de travailleurs dirigé par Piotr Startsev arriva à l'école Napolnaya.

« Nous sommes entrés dans le bâtiment de l'école, au travers d'une porte verrouillée, nous réveillâmes deux femmes et nous leur intimâmes l'ordre de s'habiller immédiatement car elles devaient être emmenées dans un endroit sécurisé, car, en ce lieu, il y avait un risque d'un raid armé. Elles obéirent sans un murmure. Nous leur avons attaché les mains derrière le dos et bandé les yeux, nous les avons escortées, nous les fîmes asseoir dans une charrette qui les attendaient devant l'école. Puis nous sommes entrés dans la chambre des hommes. Nous leur avons dit la même chose. Le prince Ioann Konstantinovitch, le prince Paley ont obéi sans opposer de résistance. Nous les avons emmenés dans le couloir, nous leur avons bandé les yeux, lié les mains et nous les fîmes asseoir dans une autre charrette. Le grand Sergueï Mikhaïlovitch fut le seul à résister »www.serfes.org( Mémoires de Vasili Ryabov, l'un des coconspirateurs).

Le grand-duc Sergueï Mikhaïlovitch reçut une balle dans le bras et rejoignit les autres détenus dans la seconde charrette. Les prisonniers furent emmenés hors de la ville vers l'une des mines abandonnées et après leur avoir asséné un coup derrière la tête, ils furent jetés dans la minewww.orthodox.cnmagazinzq.russ.ru, puis il leur fut jeté des grenades, des poteaux, des rondins, certains sont restés en vie après leur chute, ils moururent des suites de leurs blessures et de faimMatveev tragédie Alapaïevsk. Selon les données des archives du grand-duc Andrei Vladimirovitch / Illustrated Russie. — Paris: 1934. — № 34 (485). - S. 5-6.. Ainsi la blessure du prince Ioann, tombé à proximité de la grande-duchesse Elizaveta Fiodorovna, fut pansée avec son voile de religieuse, le corps du prince Paley fut retrouvé dans une position assise. Les paysans des environs entendirent des chants religieux venant des profondeurs de la mineMatveev tragédie Alapaevsk. Selon les données des archives du grand-duc Andrei Vladimirovitch / Illustrated Russie. — Paris: 1934. — № 34 (485). - S. 5-6..

Les documents du président de la fonderie Verkhine-Sinyatchikhinsky, E.L. Seriodkine, et du président de la Commission extraordinaire d'enquête N.P.Govyrine vinrent confirmer les dires de l'amiral Aleksandr Vasilievitch Koltchak, les prisonniers furent jetés vivants dans la mine.

Dans un document, il fut également découvert que la décision d'exécuter les prisonniers d'Alapaïevsk fut prise uniquement par le Parti Bolchevik d'Alapaïevsk, sans la permission du Parti communiste de l'Union soviétique. Toutefois, le tchékiste Piotr Konstantinovitch Startsev indique que les exécutions de la plupart des prisonniers à Ekaterinbourg fut ordonnées par le membre du Présidium du Comité régional de l'Oural, Georgi Ivanovitch Safarov (Safarian) (1891-1942)www.pravenc.ru.

Le procureur général de Russie, lors de sa décision en 1998 de mettre fin à l'affaire criminelle portant le n° 18/123666-93 « sur l'élucidation de l'affaire de la mort des membres de la Maison impériale et celles de leurs collaborateurs pendant la période 1918-1919 » mentionne les noms des 22 personnes et de deux non identifiées ayant organisé et participé aux assassinats perpétrés à l'usine Verkhine-Sinyatchikhinsky dans la nuit du au , « assassiné les membres de la famille impériale et de leur entourage ». Parmi les organisateurs, Efim Andreïevitch Soloviev (1874-?), commissaire de la justice des travailleurs et des Délégués des paysans d'Alapaïevsk, le président de la Commission extraordinaire d'enquête d'Alapaïevsk, Nikolaï Pavlovitch Goryvine, les membres de la Commission spéciale d'enquête, les membres des travailleurs et des députés paysans d'Alapaïevsk, etc., parmi les auteurs directs des assassinats, le procureur souligna les membres des travailleurs et députés paysans Grigori Pavlovitch Abramov, la Commission d'enquête extraordinaire d'Alapaïevsk, l'Armée rouge, etc.

Personnes responsables de la surveillance des prisonniers d'Alapaïevsk