La famille de Gail est une famille noble d'Alsace originaire de la région de Cologne en actuelle Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Cette famille compte parmi ses membres des officiers, des magistrats, des maires de Mulhouse.

Histoire Gustave Chaix d'Est-Ange écrit que cette famille est originaire de Cologne où dès le elle appartenait au patriciat de cette ville. Il ajoute que l'empereur Maximilien II a anobli le Régis Valette, Catalogue de la noblesse française subsistante au , 2002, page 88., son conseil André de Gail, né en 1519, jurisconsulte renommé et diplomate habile, qui avait épousé Christine de KannengiessenGustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , tome 20, pages 22 à 24 Gail (de).. Leur fils, Henri-André de Gail, né en 1579, reçut en 1620 de l'empereur Ferdinand II le fief d'Obernai.

La famille de Gail est une famille patricienne dans les milieux politiques de Cologne où ses membres sont sénateurs ou bourgmestres. Les Gail, avec les autres familles patriciennes, sont impliqués dans le négoce rhénan, les affaires juridiques et dans la diplomatie de cette ville. Les Gail de Cologne arrivent en Alsace au début du (royaume de France) où ils s'établissent durablement.

La descendance s'est divisée en deux branches. Une troisième branche est née avant l'installation en France.

Des origines dans la cité de Cologne thumb|Philipp von Gail (1498–1558) et cinq de ses fils par Bartholomaeus Bruyn le Vieux.

Selon Karl von Kempis, dans sa thèse consacrée à Andreas Gaillus von Gayl, estime qu'à la suite d'événements incertains, la famille de Gail .

La plus ancienne mention retrouvée de la famille dans la cité rhénane date de 1301 dans les registres de l’Université de Cologne. C'est en effet entre le et le que les Gail investissent le patriciat de la ville de Cologne qui devient ville libre d'Empire en 1475Pays d’Alsace : La famille de Gail, Saverne-Mulhausen, société d’histoire et d’archéologie de la région de Saverne, Saverne..

Fils de Heintze Gail, Jodocus Gail (alors encore orthographié Gayl), né en 1465, négociant en vins et en produits de luxe, est cité comme membre du patriciat de Cologne en 1510. Il épouse Helena von Reidt, fille de Hermann von Reidt, consul de Cologne, elle-même supposément originaire de Rommerskirchen.

Une famille du patriciat de Cologne au Au les Gail vont occuper des fonctions au Sénat de la ville.

Philippe I de Gail

Andreas de Gail

Du Saint-Empire romain germanique au royaume de France Henri-André de Gail (1580–1663, fils d’Andreas de Gail), s'installe en Alsace en 1617, à Molsheim où il est dépêché par l'empereur Rodolphe II et appelé par le prince-évêque de Strasbourg Léopold V comme conseiller de la régence épiscopale. Docteur en droit, conseiller aulique, conseiller de l’évêché, investi du fief impérial d’Obernai par l'empereur Matthias en 1623, anciennement cour de Rathsamhausen-Morimont, ainsi que du fief de Königsberg (champ du roi), comme son père.

Il s'installe en 1634 à Saverne, im oberen Hof. Né à Prague, ayant étudié à l'université Charles IV où il obtient un Doctorat en 1602, il est doté de cette même intelligence et cet esprit cosmopolite qui caractérisait son père, bien que Henri-André ne connut son père que jusqu'à l'âge de sept ans. Il se marie en premières noces à Sophie von Quentel (d'où François-Egon de Gail), puis à la mort de cette dernière en 1627, épouse en secondes noces Marguerite von Broich, d'où Jean-André de Gail. Les familles de Quentel et de Broich sont toutes deux de puissantes dynasties du patriciat colonais. thumb|Henri André de Gail. Après la confirmation de reconnaissance de Louis , roi de France, à mesure que les villes d'Empire et que la province d’Alsace échoit au royaume de France. Cette vieille famille du patriciat de Cologne est désormais alsacienne et de culture française, mais sous les monarchies, les considérations nationalistes n'ont que peu de sens. Les Gail ont remonté le Rhin et sont membres du patriciat de Strasbourg, où ils sont inscrits au registre des Gentilshommes depuis le . Louis XV, dans une lettre du , affirme et confirme aux sieurs de Gail la qualité de barons, .

À Obernai, Jean-André de Gail, le fils d'Henri-André de Gail et de est nommé le par lettre royale. Jean-André assura alors cette fonction jusqu’en 1699, date à laquelle il la vendit. Jean-André de Gail est le fondateur de la branche cadette des Gail d'Obernai.

François-Egon de Gail Le fils aîné de Henri-André de Gail, François-Egon de Gail (1617-1691), est conseiller des ducs de Lorraine, poursuivant là encore, la tradition d'administrateurs, de conseillers et d'hommes d'états que la famille de Gail a acquis « par la vertu » (vis virtute, devise de la famille). François-Egon de Gail est également Conseiller aulique pour l'empereur Léopold d'Autriche, conseiller épiscopal à Saverne et bailli de Bœrsch. À 24 ans, à peine sorti de ses études de droit, il est l'un des négociateurs du Traité de Munster. En 1664, il épouse Sabine de Diedenheim, la baronne du petit village d'Altdorf, dans l'Ortenau. François-Egon est le fondateur de la branche aînée des Gail de Mulhausen. En 1653, il obtient une nouvelle investiture des fiefs de son père Henri-André à Obernai, qui avaient été illégalement confisqués par les Suédois après les ravages de la guerre de Trente ans et attribuées à un sieur Georges Wetzel de Marsilly. François-Egon laissera à son petit frère Jean-André les biens d'Obernai. Ce dernier épouse en 1678 Marie-Marguerite de Maës. Le fils aîné de François-Egon est Walter-Joseph de Gail, prêteur royal d'Haguenau. Toutefois, c'est le puiné, André-François qui assumera la postérité de la famille.

Les Gail de Mulhausen thumb|François-Egon, baron de Gail, conseiller des Ducs de Lorraine. thumb|Anne Marie Elisabeth de Gail.|left Le fief de Mulhausen (les du village du Mulhausen, dans le Comté de Hanau-Lichtenberg) sont cédés en 1720 et définitivement en 1749 au conseiller d'épée de la régence de l’évêché à Saverne, le baron André-François de Gail (1670-1737), qui épouse sa demi-cousine Anne Marie Élisabeth, fille de Jean-André de Gail et de Marie-Marguerite de Maës (ce qui fait qu'André-François devient seigneur des fiefs de Mulhausen et d'Altdorf en Bade) puis à son fils Jacques-André-François-Egon, baron de Gail et d’Altdorf, ainsi qu’à leurs descendants mâles, selon acte établi par le prince-évêque de Strasbourg Armand-Gaston de Rohan-Soubise en 1734.

Jacques-André de Gail thumb|Jacques-André François Egon, Baron de Gail et d'Altdorf, directeur de la noblesse immédiate d'Empire d'Ortenau et de la noblesse de Basse-Alsace.|left Jacques-André de Gail (1705-1784) est le fils du baron André-François et d'Anne-Marie-Elizabeth de Gail. Elevé au Collège Mazarin à Paris, il siège au Conseil de la Régence de l’évêché de Strasbourg. Il se marie en 1738 à Louise-Charlotte de Cointet de Filain, issue d'une vieille famille noble du Nivernais et de Franche-Comté. Jacques-André est le directeur de la noblesse immédiate d'Empire de l'Ortenau et directeur de la noblesse de Basse-Alsace. Ses trois fils, Denis-Joseph (capitaine du régiment d'Alsace), François-Louis (officier du régiment d'Alsace et chevalier de Saint-Georges) et Henri-François (officier du régiment des Dragons de Schomberg) se distinguent dans les rangs du régiment d'Alsace.thumb|Louise-Charlotte de Gail, née Cointet de Filain.

François-Louis de Gail thumb|François-Louis, baron de Gail, seigneur de Mulhausen, chevalier de Saint-Georges (1749-1827). Le chevalier François-Louis de Gail, officier du régiment d’Alsace et deuxième fils d'André-François, sera le dernier seigneur à régner sur le fief de Mulhausen sous l’ancien régime. En effet, il est essentiel de remarquer que la famille catholique de Gail n'a nullement été inquiétée par les émeutes rurales qui secouent le village de Mulhausen dans les années 1790. Alors que le village et les environs sont majoritairement luthériens, c'est contre le château des nobles protestants Voltz d'Altenau, héritiers de la grande famille des comtes de Rothenbourg, que les chefs révolutionnaires dirigent les foules enragées. Le château médiéval est entièrement détruit par la fureur révolutionnaire, démantelé, les morceaux vendus en pièces détachées par des opportunistes, et les membres de la famille, dont la baronne de Babenhausen sont chassés. Le chevalier François-Louis de Gail, pourtant parti rejoindre les armées de l'émigration, noble, catholique, entièrement attaché au service du royaume de France et sentimentalement fidèle à l'Autriche, ne sera pas inquiété par les révolutionnaires locaux, et le domaine de Gail de Mulhausen ne subira quasiment aucun attentat.

Bernard Louis-Auguste de Gail (1799-1866) fils de François-Louis, s'installe durablement à Mulhausen où il consacre sa vie à l'agriculture. Il dirige l'exploitation du domaine familial; il est nommé maire de Mulhausen en 1835 et le reste jusqu'en 1850, date à partir de laquelle il s'occupe d'administrer le conseil d'arrondissement et le comice agricole cantonal dont il est le président. Il est également secrétaire de la Commission d'Agriculture d'Alsace. Administrateur passionné et hobereau exigeant, il reçoit en 1846 un prix pour la gestion exemplaire de son domaine.

Son fils, Charles-Antoine de Gail (1834-1888) nait au manoir Jagdschloss de Mulhausen. Après ses études, il revient à Mulhausen pour administrer le domaine agricole. Il se marie en 1867 à Marie-Adelaïde de Dartein, fille de François-Félix de Dartein et d'Émilie Hamart de Parpigné. Il est maire de Mulhausen jusqu'en 1870 et procède à de nombreux travaux d'amélioration de la commune. Il meurt prématurément en 1888, ses deux fils Henri et André ont opté pour la France à seize ans. La baronne de Gail demeure à Mulhausen, où elle continue d'administrer souverainement le domaine agricole avec l'aide de sa fille Cécile.

Henri-Charles-André de Gail (1874-1945) naît dans la maison familiale de Mulhausen où il suit les cours privés de son oncle l'abbé Gustave de Dartein. Il fait des études de droit et obtient un doctorat. Il produit une thèse sur le fédéralisme. Il est mobilisé dans l'armée française, comme son frère André, où il est officier interprète, ayant une connaissance de l'allemand, du français, et de tous les dialectes alémaniques, rhénans, welches, franciques. Il fait l'essentiel de la guerre sur le front des Vosges, notamment dans la région de Thann. Cité à plusieurs reprises, il reçoit la médaille militaire et est fait chevalier de la Légion d'honneur. Il est affecté par la suite au Tribunal de Strasbourg, puis comme Juge au Tribunal de Colmar. Il épouse Marie-Louise de Baillon en 1919 et retourne sur le fief familial de Mulhausen pour y reprendre l'exploitation agricole.

L’aïeul de Marie-Louise de Baillon était le colonel et chevalier d'Empire Pierre de Baillon, qui a fait la campagne de Belgique, a fait partie de l'escorte de Napoléon avant son embarquement pour l'ile d'Elbe, qui y fut son « adjoint du Palais », puis qui accompagna encore le corse dans son épopée des Cent-Jours. En 1938, conscient de l'imminence du conflit, le baron de Gail s'engage volontairement (il a déjà 64 ans) avec le grade de capitaine. Il est démobilisé définitivement en 1940. La famille revient en Alsace en 1945 et réside au Kempferhof (alors propriété à ses cousins de Dartein, aujourd'hui un golf), où une cousine des Gail, Henriette de Montalembert est présentée au jeune Philippe de Gaulle par l'abbé de Dartein. Le baron Henri-Charles-André de Gail décède le à Plobsheim.

À Mulhausen, dernier fief des Gail en Alsace, le domaine a survécu aux épreuves du temps, des guerres et des révolutions : les Gail de Mulhausen maintiendront leur domaine agricole, fonderont une fabrique de tuiles (dont l'activité périclitera en raison de la guerre mondiale), fourniront plusieurs maires au village au .

Les Gail d'Obernai