vignette|Acrotère ; figure de guerrierAcrotère : figure de guerrier, Cerveteri, Vigna Marini-Vitalini, vers 510 av. J.-C., terre cuite, H = 60 cm ; l = 12,8 cm, inv. HIN 25A, Copenhague, Ny Carlsberg Glyptotek. thumb|Bronzetto votif représentant un guerrier et son équipement.
vignette|Cavaliers étrusques ()
thumb|Cnémides de soldat étrusque Lhistoire militaire étrusque, comme celles des cultures contemporaines de Grèce et de Rome antique, obéit à une tradition importante : en plus de marquer le rang et la puissance de certains individus dans la culture étrusque, la guerre était une aubaine économique considérable à leur civilisation. Comme de nombreuses sociétés antiques, les Étrusques ont mené des campagnes durant les mois d'été. Les raids dans les régions voisines, en essayant de gagner du terrain et la lutte contre les pilleurs étaient considérés comme un moyen d'acquérir de précieuses ressources comme la terre, des biens de prestige et des esclaves.
La datation est indiquée avant l'ère commune (AEC), « avant Jésus-Christ ».
Batailles importantes
L'histoire écrite de la période étrusque militaire est fragmentaire.
Dans un premier temps, la guerre revêtait un caractère interne couvrant les querelles territoriales entre Étrusques, règlements de comptes privés et razzias en tous genres.
Au cours du l'urbanisation et l'apparition de cités provoquent de profonds changements économiques, sociaux et politiques. L'armée aussi évolue avec l'apparition des hoplites et l'apparition de la tactique du combat en phalange. Jean-Noël Robert, « L'Armée » in Les Étrusques, 103. L'image militaire dominante est celle d'aristocrates combattant à cheval et menant leurs troupes, mais il est généralement admis que les Étrusques rivalisèrent avec les premiers Romains pour le contrôle de la péninsule centrale italienne pendant près de deux siècles (de 700 à 500 av. J.-C.) avant de devenir l'une des premières cultures à succomber à l'expansion romaine.
Dans la bataille de Cumes (), les Étrusques et leurs alliés ont été défaits dans les eaux au large de Cumes par les marines combinées de Cumes et de Syracuse. Cette défaite a réussi à bloquer l'extension vers le sud de l'influence étrusque et a marqué le début de la perte de territoires dans le Sud de l'Italie. Durant les guerres romano-étrusques, les auteurs romains racontent la prise de la ville de Véies. Selon eux, l'armée de Rome tint sans succès le siège de la cité étrusque pendant neuf ans avant qu'ils ne soient en mesure de creuser un tunnel (ou d'utiliser les canalisations existantes de l'hydraulique étrusqueDominique Briquel, La Civilisation étrusque) sous les murs de la ville et de la prendre par ce moyen. La véracité de ce récit est difficile à déterminer, car il est rapporté dans le cadre de la biographie de Marcus Furius Camillus, une figure légendaire dans l'histoire romaine, écrite par Tite-Live et Plutarque longtemps après sa mort.
Chronologie des principales confrontations terrestres guerre de Rome, dirigée par Tullus Hostilius, contre Véies.
Expansion étrusque dans la plaine du Pô. 578-534 : guerre de Rome, dirigée par Servius Tullius, contre Véies. 504 : le roi de Clusium Porsenna assiège Rome. 505 : le roi Porsenna défait.
482 : début des guerres entre Rome et Véies. Alliance de Rome et de Caere contre Véies. 477 : la famille romaine des Fabii qui tentait d’élargir sa puissance au nord est décimée près de Véies, sur les bords du Crémère. Ces trois cent six Fabii sont en réalité une des dix-sept tribus rustiques de Rome (unités territoriales), portant un nom gentilice. Les Véiens exploitent leur victoire par l’occupation du Janicule. Une armée romaine les en expulsera. 438 : Fidènes, ancienne ville étrusque devenue colonie romaine, se soulève contre Rome et chasse les colons. Véies intervient en sa faveur. 430 : prise des villes étrusques de Campanie par les Samnites. 428 : guerre entre Rome et Véies dont le roi Lars Tolumnius est tué. 425 : Rome reconquiert Fidènes, tête de pont de Véies sur le Tibre. Trêve de vingt ans entre Rome et Véies. 406 : début du siège de la ville étrusque de Véies par le dictateur romain Camille, qui désire s’emparer de ses salines. La ville est abandonnée à son sort et l'aristocratie même se montre favorable aux Romains.
396 : prise de Véies par Rome. 358 : guerre de Tarquinia et Caere contre Rome. 302 : Rusellae est occupée par Rome.
300 : colonie romaine à Pyrgi. 280 : chute de Volsinies et Vulci.
191 : colonie romaine de Castrum Novum. 183 : colonie romaine de Saturnia. 181 : colonie romaine de Gravisca.
82 : tueries de Sylla en Étrurie. 79 : capitulation de Volterra. 40 : l'Étrurie devient la région romaine.
Armée étrusque
En plus des sources écrites latines, des documents archéologiques prouvent l'existence de l'armée étrusque et de la guerre. C'est au cours du , avec l'avènement de la Lucumonie, que l'armée prend une forme structurée avec l'apparition des hoplites et de la tactique du combat en phalanges.
Elle était composée de trois entités : La cavalerie : ses tâches consistaient à reconnaître le terrain, mener des escarmouches et poursuivre les vaincus. Les hoplites : ils étaient diversement armés, les tuniques ou armures les recouvraient complètement et lourdement. Ils portaient un casque, une cuirasse métallique et des jambières. Armés d'une lance et d'une courte épée ils se protégeaient à l'aide d'un bouclier (appelé clipeus à Rome) de forme circulaire d'un diamètre d'environ . Les meilleurs occupaient les premiers rangs et cherchaient la confrontation directe avec l’ennemi. Les troupes légères composées de fantassins avaient comme prérogatives de désorganiser les formations ennemies en les agressant de positions éloignées à l’aide d’armes de jet.
Il existait également un corps de dont la tâche était la construction des murs d’enceintes des forteresses et la recherche des points faibles de celles ennemies afin de les détruire lors des sièges.
L’usage du char de combat reste incertain. Était–il utilisé comme instrument de combat, de transport pour les chefs lors de batailles ou les deux à la fois ? (les seuls retrouvés dans les tombes étaient des chars de parade, construits en bronze donc votifsJacques Heurgon, La Vie quotidienne des Étrusques, Hachette, 1989).
L’armée étrusque était recrutée parmi les citoyens selon leur position sociale et leur richesse. La mise en place d'un système de centuries et de classes censitaires font que les citoyens les plus riches contribuaient à la défense de la cité. L’armée étrusque était abondamment équipée au vu de l'abondance de métaux en provenance des mines d’Italie centrale (de fer extrait des mines de l'île d'Elbe, traité à Populonia).
Une partie de l'armée n'était pas issue du peuple car des familles très riches comme les Vibenna formèrent leur propre troupe (les boucliers arborent le même signe) et de ce fait apparut une professionnalisation d'une partie de l'armée dont l'autorité échappa au Lucumon. Ils se comportaient comme des mercenaires et usaient de leur influence.
Au cours du , le type d'armement changea et devint fonction de la richesse et du rang du soldat : Premières classes censitaires : casque à calotte sphérique et à bouton, muni d'un couvre-nuque et de protège-joues. Classes moins élevées : panoplie hoplitique.
La fin de la tactique du « combat en phalanges » arrive lors de l'affrontement entre Rome et Tarquinia à la fin du En effet Tite-Live décrit l'armement des Étrusques en ces termes : .
Le scutum, allongé et plus protecteur, déjà utilisé par les Romains dans leur formation en manipules fait penser que même les Étrusques avaient adopté cette tactique.
Les Étrusques avaient aussi l'habitude de faire intervenir les haruspices et leur art divinatoire afin de faire pencher le sort de batailles en leur faveur (les libri exercituales spécialisé pour les exploits guerriers) :
Équipement
Les objets contenus dans les tombes étrusques peuvent inclure des représentations d'armes ou d'armure, ou les deux (avec la précaution que les casques les plus anciens, des périodes villanovienne et orientalisante, servent principalement à identifier le sexe et le statut du défunt sur les urnes biconiques funéraires).
Les autres types de boucliers, casques, armures et armes varient selon la date et le lieu, mais peuvent être regroupés en grandes catégories stylistiques.
Plusieurs boucliers étrusques ont été récupérés dans des tombeaux. Les boucliers, traditionnellement décorés, sont en bronze (donc votifs), de forme circulaire, d'environ un mètre de rayon. Les plus anciens sont plats et plus tard légèrement convexes. Les styles ne ressemblent que tardivement aux modèles grecs contemporains. Il existe plusieurs formes de casques étrusques, dont la plus caractéristique est munie d'une crête en forme de pointe de flèche façonnée à la jonction de deux plaques en relief (ou « lames »). Ces lames sont souvent décorées en relief. En plus des casques à cimier, un certain nombre d'autres variétés de casques ont été trouvés dans les tombeaux étrusques. Souvent, leur forme est une demi-calotte sphérique, sans décor ou avec des appliques. Une autre variante comporte des garde-joues fixés par des charnières.
Des épées et des lances sont aussi retrouvées dans les tombes étrusques. Quelques exemples d'épées étrusques nous sont parvenus dans de bonnes conditions mais la plupart du temps ce ne sont que des fragments de lames fortement oxydés. Celles qui nous sont parvenues plus intactes sont généralement de robustes pointes de lances et des lames larges, ressemblant aux armes des débuts de Rome. L'armure de bronze des étrusques a un style similaire à celle des Grecs. Une d'elles, provenant de Tarquinia, est composée de deux pièces solides reliées par des articulations au niveau des hanches et de chaque côté du cou. Elle a été conçue pour un homme précis, la forme des plaques de bronze ressemble à la poitrine et au dos d'un homme robuste. Une autre, contenu dans la tombe falisque Profiri, sur le site de Narce, au nord-ouest de Rome, était décorée comme un casque à aigrette. Ce plastron aurait limité l'amplitude des mouvements et a conduit à l'hypothèse qu'il était destiné à un commandant gardant une position fixe. Des jambières ont également été trouvés dans les tombeaux étrusques.
Une partie des connaissances actuelles sur les armes et les armures des Étrusques ne repose pas sur des équipements réels, mais plutôt sur les représentations sculptées. La Tombe des Reliefs de Cerveteri est un sépulcre taillé dans le roc avec des parois recouvertes de stuc peint représentant des objets de la vie quotidienne. Parmi eux, on compte entre autres, de nombreuses armes, éléments d'armures et boucliers.
On ne prendra pas en compte les nombreuses représentations des scènes guerrières des bas-reliefs historiés et des vases attiques, car ils font référence à la culture mythologique grecque et ne relatent souvent que les scènes légendaires de l'Énéide.
Apports aux Romains Parmi leurs apports à la civilisation romaine (largement issus des traditions grecques), on notera particulièrement dans le domaine militaire : Le combat hoplitiqueJean-Marc Irollo, Histoire des Étrusques : L’antique civilisation toscane avant Jésus-Christ, éd. Perrin, 2004 de guerriers lourdement chargés, la légion, la phalange le clipeus le bouclier rond portant le même insigne distinctif des troupes gentilices le casque à cimier, les cnémides, protection des tibias la lance la trompette d'attaque étrusque
Architecture militaire