Le Concours Eurovision de la chanson est un évènement annuel organisé par l’UER, l’Union européenne de radio-télévision. Il réunit les membres de l’Union dans le cadre d’une compétition musicale, diffusée en direct et en simultané par tous les pays participants. Depuis 1956, le concours (appelé plus communément Eurovision) s’est tenu chaque année, à l'exception de l'édition 2020. Le nombre de pays participants n’a cessé d’augmenter, passant de sept à une quarantaine, au . À travers les décennies, le concours a évolué, s'est adapté et réinventé, accompagnant les développements historiques et politiquesHAAN Marco, DIJKSTRA Gerhard et DIJKSTRA Peter, « Expert Judgment Versus Public Opinion – Evidence from the Eurovision Song Contest », Journal of Cultural Economics, 29, 2005, p.62..

Au total, pas moins de cinquante-deux pays ont déjà pris part au concours et parmi eux, vingt-six l'ont déjà remporté. Ces pays, tous membres de l'UER, se répartissent sur cinq continents : l'Europe, l'Asie, l'Afrique, l'Océanie et l'Amérique.

Historique Tableau récapitulatif Le tableau récapitulatif reprend, année par année, les pays participants ayant fait leurs débuts. Les noms des pays sont classés en fonction de leur ordre de passage lors de l'édition concernée.

Année Débuts 1956 Pays-Bas, Suisse, Belgique, Allemagne, France, Luxembourg, Italie 1957 Royaume-Uni, Autriche, Danemark 1958 Suède 1959 Monaco 1960 Norvège 1961 Espagne, Finlande, Yougoslavie 1964 Portugal 1965 Irlande 1971 Malte 1973 Israël 1974 Grèce 1975 Turquie 1980 Maroc 1981 Chypre 1986 Islande 1993 Slovénie, Bosnie-Herzégovine, Croatie 1994 Estonie, Roumanie, Slovaquie, Lituanie, Hongrie, Russie, Pologne 1998 2000 Lettonie 2003 Ukraine 2004 Biélorussie, Andorre, Albanie, Serbie-et-Monténégro 2005 Moldavie, Bulgarie 2006 Arménie 2007 Géorgie, Monténégro, Serbie, Tchéquie 2008 Saint-Marin, Azerbaïdjan 2015 Australie 2027 Canada

1956-1959 En 1956, sept pays participèrent à la première édition du concours. Ces sept membres fondateurs furent l’Allemagne, la Belgique, la France, l'Italie, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse. L’Autriche, le Danemark et le Royaume-Uni auraient dû également participer. Ils ne purent cependant respecter la date limite d’inscription et furent donc absents. Tous trois diffusèrent le concours et firent leurs débuts l’année suivante.

En 1957, les résultats du vote furent pour la première fois publiés. Par conséquent, l’Autriche devint le tout premier pays participant à terminer à la dernière place.

Durant cette période, le plus grand nombre de participants à une édition du concours fut atteint en 1959, avec onze pays.

1960-1969 En 1962, à la suite de l'introduction d'un nouveau système de vote, quatre pays participants terminèrent pour la toute première fois derniers, avec "nul point" : l'Autriche, la Belgique, l'Espagne et les Pays-Bas.

En 1964, le concours fut organisé par le Danemark, à Copenhague. Il y eut de vives protestations dans l’opinion publique danoise, à propos de la participation de l'Espagne et du Portugal, qui étaient encore à l'époque des dictatures militaires. Cela conduisit au premier incident politique de l'histoire du concours. Après le passage de la représentante suisse, un homme surgit sur scène, brandissant une bannière sur laquelle était peinte : « Boycott Franco & Salazar ». Tandis qu'il était évacué par la sécurité, la caméra fit un plan fixe sur le tableau de vote.

En 1965, le concours fut pour la première fois diffusé en direct par le réseau Intervision, en Allemagne de l'Est, en Hongrie, en Pologne, en Roumanie, en Tchécoslovaquie et en Union soviétique. Il fut également diffusé pour la première fois au Maroc. Son audience potentielle fut estimée à 150 millions de téléspectateurs, un record pour l'époque.

En 1968, le premier jour des répétitions, des personnes se présentèrent à l'Albert Hall, prétendant être la délégation albanaise. La rumeur circula alors des débuts de l’Albanie. Il s’avéra ensuite qu’il s’agissait d’une plaisanterie, montée par des comédiens.

En 1969, l’Autriche décida de se retirer, refusant de participer à un concours organisé par une dictature. Il s'agissait de l’Espagne, alors dirigée par le général Franco. Le concours fut diffusé pour la première fois au Brésil, au Chili, à Puerto Rico et en Tunisie.

Durant cette période, le plus grand nombre de participants à une édition du concours fut atteint en 1965 et 1966, avec dix-huit pays.

1970-1979

En 1970, le concours fut pour la première fois retransmis en Grèce, en Islande et en Israël. En 1971, il fut également diffusé aux États-Unis et à Hong Kong. En 1972, il fut retransmis pour la première fois en direct en Asie, au Japon, aux Philippines, à Taïwan et en Thaïlande.

En 1973, Israël fit ses débuts, devenant ainsi le premier pays situé en dehors du continent européen à participer au concours. Cette année-là, le concours fut diffusé pour la première fois en Turquie.

Les années suivantes furent marquées par les participations croisées de la Grèce et de la Turquie, alors en plein conflit sur la question chypriote. La Grèce fit ses débuts en 1974 ; la Turquie, en 1975. Cette année-là, la Grèce se retira par mesure de protestation envers la participation turque et surtout, envers l'invasion de l'île de Chypre par l'armée turque. L'année suivante, en 1976, la Turquie se retira par mesure de protestation envers le retour de la Grèce, puis s'abstint à nouveau de concourir en 1977. Il fallut attendre 1978 pour que les deux pays participent à une même édition du concours.

En 1975, le concours fut diffusé pour la première fois en Corée du Sud et en Jordanie.

En 1976, une vive polémique éclata en Suède sur la participation du pays à l'Eurovision. Il y eut plusieurs manifestations d'opposition au concours, jugé trop commercial. De plus, la télévision publique suédoise estima n'avoir plus les moyens d'organiser une nouvelle édition, en cas de victoire du pays. La Suède se retira alors. L'UER décida en conséquence de modifier les règles de financement du concours : désormais, chaque télédiffuseur devrait payer une quote-part. Cela permit de ne plus faire assumer l'intégralité des frais d'organisation par le télédiffuseur hôte.

En 1978, le concours fut pour la première fois retransmis par satellite à Dubaï.

En 1979, le concours fut organisé pour la première fois par Israël, à Jérusalem. Dans le cadre de la crise pétrolière et des tensions internationales, la Turquie subit les pressions des pays voisins d’Israël et finit par se retirer.

Durant cette période, le plus grand nombre de participants à une édition du concours fut atteint en 1978, avec vingt pays.

1980-1989 L'édition 1980 du concours fut marquée par la seule et unique participation du Maroc. Le pays termina à l’avant-dernière place. Ce fut une cruelle déception pour la télévision publique marocaine, qui se retira dès l'année suivante. À ce jour, le Maroc demeure toujours le seul pays d'Afrique à avoir participé au concours.

En 1981, le concours fut pour la première fois diffusé en Égypte et en 1983, en Australie.

En 1987, pour la toute première fois, l'UER fixa un nombre maximal de participants au concours : vingt-deux. Cela, afin de limiter à trois heures la durée de retransmission.

En 1989, le concours fut pour la première fois diffusé en direct au Canada.

Durant cette période, le plus grand nombre de participants à une édition du concours fut atteint en 1987 et 1989, avec vingt-deux pays.

1990-1999 En 1992, pour permettre à Malte de continuer à concourir, le nombre maximum de pays participants fut élargi à vingt-trois par l’UER.

En 1993, à la suite de la chute du Rideau de fer et à la dislocation de la Yougoslavie, le nombre de pays désireux de participer au concours crût fortement. Pour la deuxième année consécutive, l’UER élargit le nombre maximum de pays participants, le faisant passer de vingt-trois à vingt-cinq. La Yougoslavie ayant été exclue de l’UER, seuls les vingt-deux autres pays ayant participé à l’édition 1992 du concours obtinrent d’emblée une place en finale. L’UER décida que les trois dernières places seraient attribuées via une présélection, qui serait organisée par la télévision publique slovène : Kvalifikacija za Millstreet. Kvalifikacija za Millstreet (en français : Qualification pour Millstreet) détient la particularité d’avoir été la toute première présélection de l’histoire du concours. Elle se déroula le samedi , à Ljubljana, en Slovénie, et se conclut par la qualification de la Bosnie-Herzégovine, de la Croatie et de la Slovénie. Parallèlement, l’UER introduisit une nouvelle règle, pour réguler le trop grand nombre de pays souhaitant participer au concours : la relégation. Désormais, les six pays terminant aux dernières places du classement final perdaient leur droit à concourir l’année suivante. Cette règle resta en vigueur jusqu’en 2004 et l’instauration du système des demi-finales.

En 1994, la règle de relégation fut mise en application pour la toute première fois. Les pays ayant terminé aux six dernières places de l’édition 1993, ne purent concourir. Il s'agissait de la Belgique, du Danemark, d'Israël, du Luxembourg, de la Slovénie et de la Turquie. Outre ces pays, l’Italie décida également de se retirer. Les places ainsi libérées permirent à sept pays de faire leurs débuts : l’Estonie, la Hongrie, la Lituanie, la Pologne, la Roumanie, la Russie et la Slovaquie. Ce fut la première fois depuis 1956 qu’autant de pays firent leurs débuts en même temps.

En 1995, l'UER réduisit à vingt-trois, le nombre de pays autorisés à participer. Cela eut pour conséquence la relégation des pays ayant terminé aux sept dernières places de l'édition 1994 : l’Estonie, la Finlande, la Lituanie, les Pays-Bas, la Roumanie, la Slovaquie et la Suisse. Les cinq places ainsi libérées permirent aux pays relégués l'année précédente de faire leur retour, à savoir la Belgique, le Danemark, Israël, la Slovénie et la Turquie.

En 1996, la question du nombre de pays candidats se posa avec encore plus d’acuité. Au total, trente pays souhaitèrent concourir, alors que l’UER limitait toujours à vingt-trois le nombre de places en finale. Le système de relégation, employé l’année précédente, fut mis de côté, notamment à la demande de l’Allemagne qui, ayant terminé à la dernière place de l’édition 1995, aurait été immanquablement reléguée cette année-là. L’UER décida d’en revenir à un système de présélection. Seul le pays hôte, la Norvège, obtint une qualification automatique pour la finale. Les vingt-neuf autres pays durent passer par ladite présélection. Celle-ci fut une présélection audio : il n’y eut d’elle aucune retransmission télévisée. Il n’y eut pas non plus de prestation des chansons, en direct, avec un orchestre. Le panel des jurys nationaux se réunit pour écouter les enregistrements des vingt-neuf morceaux en compétition. Ils attribuèrent leurs résultats selon la méthode traditionnelle, accordant 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 10 et 12 points à leurs dix chansons favorites. L’UER dévoila ensuite simplement les noms des pays qualifiés. À l’issue de cette présélection, sept pays furent éliminés : l’Allemagne, le Danemark, la Hongrie, Israël, la Macédoine du Nord, la Roumanie et la Russie.

Cette méthode de présélection suscita immédiatement la controverse. Premièrement, sa procédure manquait de transparence : le vote demeurait secret et le grand public n’y avait aucun accès. Deuxièmement, elle s’avérait injuste pour certains pays qui se voyaient éliminés d’emblée, sans avoir eu la possibilité de présenter leur candidat à l’Europe et au monde, alors qu’ils avaient parfois organisé un processus de sélection interne, long et coûteux. Par conséquent, ce fut la seule fois où cette méthode de présélection fut employée. Le système des relégations fut réinstauré dès l’année suivante.