Le Village historique acadien est situé à Rivière-du-Nord, près de Caraquet, au nord-est du Nouveau-Brunswick.

Le village, inauguré en 1977, recrée la vie du peuple acadien de 1770 à 1949. Plus de 60 bâtiments, en majorité originaux, sont habités par des interprètes en costumes d'époque qui font revivre les coutumes ancestrales et les métiers traditionnels.

Histoire vignette|gauche|Le site est situé le long de la route 11, près de Caraquet.

Au début des années 1960, le Conseil économique des Provinces de l'Atlantique lance le projet d'un village historique acadien. La Société historique acadienne considère qu'il devrait être implanté dans le secteur de Moncton ou de Shédiac, préférablement au bord de la baie de Shédiac, afin d'être facile d'accès. Le projet prévoit un village complet de 30 à 50 acres avec des bâtiments et des décorations authentiques datant d'au moins un siècle. Des statues de cire ou des acteurs doivent peupler le village. Le projet est privé et doit être financé par une concession et le coût d'admission.

En 1965, la Chambre de Commerce de Caraquet élabore un plan destiné à développer l'industrie touristique.. Le village historique devait alors contenir des reproductions de maisons de Port-Royal et de Grand-Pré au . Un comité est formé en 1969 et présente une étude de faisabilité au gouvernement provincial. La construction du village historique dans la région de Caraquet est annoncée en 1971. Un budget de dollars est alloué l'année suivante et un conservateur en ameublement est embauché.

vignette|gauche|Vue aérienne d'une partie du village.

Le parc ouvre finalement ses portes le . Les bâtiments proviennent tous de régions acadiennes du Nouveau-Brunswick et sont alors regroupés en 17 établissements agricoles ou commerciaux. La maison Thériault, le moulin Riordon, la menuiserie Cormier et l'imprimerie sont ajoutés entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, alors que la maison Savoie, la maison Martin et la cordonnerie sont déplacés. Un auditorium est ajouté au centre d'accueil en 1982. Une nouvelle section regroupant des bâtiments du début du est ouverte en 2001, comptant le Château Albert, des maisons et une ferblanterie.

Un musée de cire a existé pendant plusieurs années jusqu'au début des années 2000 mais a ensuite fermé ses portes. À la même époque, une comédie musicale intitulée Les Défricheurs d'eau, produite par le parc, n'eut pas le succès escompté.

Bâtiments Phase 1 (1770-1895) Ferme Mazerolle vignette|Ferme Mazerolle

La ferme Mazerolle fut construite vers 1852 au Village-des-Mazerolle, près de Frédéricton. Elle est représentative des conditions de vie difficiles de plusieurs familles à l'époque. La maison est construite de rondins de bois équarris à la hache, maintenus par des chevilles de bois verticales. Les angles sont assemblés en queue d'aronde et le plancher est en madriers de pin. Le toit est couvert de bardeaux reposant sur une armature en pannes de rondins. La maison comporte une seule pièce, éclairée de cinq fenêtres, dotée d'un mobilier strictement utilitaire et chauffée par une cheminée en pierres des champs.

La ferme Mazerolle comprend un four à pain en terre glaise, une porcherie, une basse-cour et deux granges.

Maison Martin

La maison Martin date du .

La maison appartenait à M. Baltazar Martin. En 1773 Monsieur Martin était veuf car sa femme mourut en donnant naissance à sa fille qui est également décédée lors de l'accouchement. La maison était située à Sainte-Anne des Pays-Bas qui est aujourd'hui appelé Frenchvillage près de Fredericton. Monsieur Martin était caché dans le bois parmi les Amérindiens, il se cachait des Anglais car la terre appartenait à la couronne britannique à cette époque et il aurait pu se faire mettre hors de sa terre si un Anglais avait voulu prendre cette dernière.

Dans la maison Martin au Village Historique Acadien on peut assister à la fabrication de balais tillés, balais faits de bouleau blanc à même le bois. La maison Martin ne possède pas de plancher. Elle est sur la terre battue.

Maison Godin vignette|La Maison Godin

Anciennement située à Maisonnette, la maison Godin appartient en premier lieu à Édouard Godin. Né en 1853, il avait épousé en 1881 Basilice Lanteigne et le couple eut huit enfants. N’ayant reçu aucune terre de son père, Édouard en achète quelques-unes. Son premier achat remonte au , alors qu’il achète une terre hypothéquée appartenant à son oncle. Édouard paie une partie de l’hypothèque, soit 140 $, pour prendre possession de la moitié de cette terre, c’est-à-dire 40 verges de façade totalisant 20 acres de terre. Cette terre correspond à celle où fut trouvée la maison Godin. Étant donné qu’Édouard achète sa terre en et qu’il se marie en , il est fort probable que la maison fut construite entre ces deux dates. Le premier des enfants d’Édouard à naître dans cette maison est François-Xavier en 1882 et la dernière est Marie Agathe en 1899. Son fils Bruno, né en 1891 et marié à Anne-Marie Gauvin, hérite de la maison. La maison Godin sert d’exemple d’une habitation de pêcheur acadien néo-brunswickois à la fin du , possédant aussi une petite saline et un hangar. Si on considère l’année d’interprétation, on peut affirmer que dans cette demeure habitait Édouard et son épouse Basilice et les premiers enfants; François-Xavier, Moïse et Louis. Basilice, pour une partie de 1890, est enceinte de son quatrième fils, Bruno, né le . En consultant le recensement de 1891, on apprend qu’Édouard et son épouse, ainsi que le plus vieux François-Xavier, savent lire et écrire.

Entrepôt Robin vignette|L'entrepôt Robin

L'entrepôt Robin se trouvait au port de Caraquet. Il a été restauré à son apparence en 1855. Il comprend un quai sur la rivière du NordBernard Thériault. "La compagnie Charles Robin à Caraquet", Les cahiers de la Société historique acadienne, vol. 41, no. 1, mars 2010, p. 4-37..

Ferme Robichaud

La ferme Robichaud fut construite en 1835 à Inkerman, au Nouveau-Brunswick, et restaurée ici à son état en 1845.

C'est une grande maison ne comportant pas de cloisons intérieures. Elle est construite pièces sur pièces avec aux angles des poteaux à coulisses. Le toit est recouvert de bardeauxPaul Thériault. "La maison de Pierrot Robichaud d'Inkerman", la Revue d'histoire de la Société historique Nicolas-Denys, vol. VIII, no. 3, oct.-déc. 1980, p. 3-18..

Parmi les dépendances de la ferme se trouvent une grange et un caveau à légumes.

Ferme Doucet La charpente de la maison Doucet qui se trouve au Village Historique Acadien date de 1840 mais la restauration de ce bâtiment, comme on la retrouve dans le Village aujourd'hui, date de 1860. La maison Doucet montre l'évolution d'une maison pièce sur pièce à une maison assez raffinée après quelques années d'habitation. Cette maison est raffinée au point de vue des moulures qui sont sur les murs et des cadres des fenêtres. Aussi, il y a une armoire de coin ainsi que le foyer qui a les mêmes moulures. Le mobilier que l’on retrouve à l’intérieur de la maison Doucet reflète une habitation acadienne du Nouveau-Brunswick ayant un peu plus de luxe que les autres. Elle cadre dans une époque de transition dans le mobilier acadien, soit de 1825 à 1875. Les pièces de mobilier connaissent une amélioration. Tout en conservant leurs fonctions utilitaires, elles sont un peu plus décoratives et fabriquées avec soin. Avec l’arrivée du tour à bois, les tables, les chaises, les lave-mains et les lits peuvent avoir un aspect décoratif. Le premier propriétaire et constructeur de la maison est Romain Doucet, né en 1818 à Bathurst et époux de Marie DeGrâce. On peut en déduire que cette maison fut construite vers 1840 lorsque son père, Dominique, lui légua un terrain de 60 acres à Sainte-Anne de Bathurst en 1840, l’année de son mariage. À la mort de Romain en 1890, son fils Louis hérite du patrimoine familial et le conserve jusqu'en 1932 lorsqu'il le vend à son petit-fils Hector Picot pour .

Ferme Cyr Cette maison provient du Madawaska, plus précisément de Saint-Basile. Elle fut construite par Laurent Cyr, fils de Michel et Madeleine Thibodeau, époux d’Angélique Raymond.

Quelque temps avant son mariage, Laurent loue puis achète la terre de Simonet Hébert. C’est probablement Laurent qui construit la maison qu’il habite par la suite. Possiblement avant son mariage, Laurent achète une partie des articles ménagers et des meubles qu’il ne pouvait pas fabriquer lui-même. Aussi il se procure un poêle à bois que demande la maison construite apparemment sans foyer. Durant les années 1820, les Acadiens du Madawaska vont de plus en plus à Québec ou aux villes du Saint-Laurent pour acheter les biens qu’ils jugent nécessaires.

Vers 1850, Laurent chaule le mur extérieur est de la maison, celui qui fait face au chemin. Une galerie est construite du côté de la rivière, car la circulation sur la rivière est encore considérable. Après 1860, une galerie est construite du côté de la route. De plus, cette même année, lors d’une foire agricole, « Lawrence Cyre à Michael » remporte le premier prix pour le meilleur poulain âgé d’un an.

Laurent et son épouse Angélique ont sept enfants et l’héritier de Laurent est son plus jeune fils, nommé aussi Laurent. On ignore quand décède Laurent père, mais on sait que Laurent fils épouse en 1872, à Saint-David aux États-Unis, Édith Daigle.

Avant le mariage de 1872, les murs intérieurs de la maison, n’ayant pas été finis, sont recouverts de papier journal. La petite cuisine d’été semble dater de cette période, bien qu’on ne puisse l’inclure rigoureusement dans la rénovation général.

Laurent fils n’eut que des filles. En 1905, Agnès, fille de Laurent, épouse Bélonie Thibodeau et ceux-ci héritent de la ferme. Autour de 1910, ils font construire une nouvelle maison. La famille d’Agnès Cyr et Bélonie Thibodeau déménage dans la nouvelle maison vers 1914. Dorénavant, l’ancienne ne sert que de hangar.

Le , le Village Historique Acadien achète de Camille Thibodeau, fils d’Agnès et Bélonie, l’ancienne maison de Laurent Cyr, fils de Michel. Au début, on croyait que cette maison datait de 1780, mais après les recherches, on s’aperçoit que la maison a été construite plus tard, soit vers 1830. Par contre, avec de nouveaux procédés de datation, il est possible que la maison n’ait été construite que vers 1852.

Enfin, la ferme Cyr est composée d’une maison, d’une grange, d’un hangar et d’une porcherie.

Maison Savoie vignette|La Maison Savoie

Établis d’abord à Port-Royal au cours des années 1600, les Savoie quittent cette région dès la signature du traité d’Utrecht en 1713. Confiants qu’ils vont habiter une région non touchée par le traité, Germain Savoie et Pierre Thibodeau s’installent sur la côte de la baie de Chignectou, au sud de ce qui est aujourd’hui le Nouveau-Brunswick. Ils y fondent la colonie de Chipoudy. Malheureusement, à partir de 1755, les soldats britanniques viennent pourchasser les Acadiens jusque dans la région de la rivière Petitcodiac. Après la chute du fort Beauséjour, un groupe d’Acadiens quitte cette région et descend la rivière Miramichi jusqu’à la baie où elle se jette. Ils y passent l’hiver. Les survivants continuent leur route vers le nord jusqu’à Néguac, Tracadie, Caraquet et Québec. Jean, dit James Savoie, le fils de Germain, est l’un des premiers à gagner la région de Néguac. Il s’établit à l’endroit appelé Rivière-des-Caches.