Fontaine-l’Évêque (en wallon Fontinne-l’-Eveke) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut, entre Charleroi et Binche, région connue pour son riche folklore.
Toponymie Dans les sources anciennes, la localité apparaît sous la forme Lerna Fontanis, expression latine que Joseph Parée interprète comme signifiant « Lerne aux Fontaines », c’est‑à‑dire un lieu marqué par la présence de sources jaillissant au pied d’un promontoire rocheux. Cette appellation, qui évoque une topographie dominée par la pierre et l’eau, témoigne de l’importance des éléments naturels dans la désignation des premiers établissements humains de la région. Parée souligne que cette dénomination archaïque s’inscrit dans la série des toponymes médiévaux où la géographie immédiate sert de repère identitaire, avant que les structures féodales ne viennent imposer leurs propres marques.
Le nom actuel, Fontaine‑l’Évêque, apparaît vers le milieu du , aux alentours de 1251. À cette époque, le domaine est tenu par Nicolas, seigneur de Fontaine, personnage dont Joseph Parée rappelle le parcours ecclésiastique remarquable. Nicolas cumulait en effet plusieurs charges prestigieuses : chanoine de Cambrai, archidiacre de Valenciennes et prévôt de Soignies. Sa carrière connut un tournant décisif lorsque le pape Innocent IV le consacra évêque de Cambrai, événement qui, selon Parée, marqua durablement l’histoire locale. Pour commémorer cette élévation épiscopale, le titre d’« évêque » fut accolé au nom de Fontaine, donnant naissance à la forme qui s’est imposée jusqu’à nos jours.
Géographie
Situation Fontaine-l’Évêque est une ville du Hainaut, en Belgique francophone. Elle est située à 9 km à l’ouest de Charleroi, sur la route N90 vers Mons, à environ 50 km au sud de Bruxelles et à 15 km à l’est de Binche. Elle est située entre les communes de Courcelles et Chapelle-lez-Herlaimont, au nord, de Charleroi, à l’est, d’Anderlues à l'ouest et de Gozée au sud. Elle fait partie du Pays de Charleroi, qui est marqué par son passé industriel, les charbonnages et la sidérurgie. Fontaine hébergeait des mines et les terrils sont encore visibles.
Depuis la fusion des communes, l’entité de Fontaine-l'Évêque regroupe également les anciennes communes de Leernes et de Forchies-la-Marche.
Communes limitrophes
Sections de la commune
# Nom Superf.(km). Habitants(2025) Habitantspar km Code INS 1 Fontaine-l'Évêque 11,63 8.886 754 52022A 2 Forchies-la-Marche 6,41 5.753 897 52022B 3 Leernes 10,62 3.346 315 52022C
Quartiers La Bouverie, quartier de la ville basse, il se trouve aux environs du boulevard du Nord. Boegnies, quartier de l'église d'en haut’L'église Saint-Christophe.. Le Hanois, quartier de la gare, une rue porte le nom. Les Récollets, il s'agissait d'un couvent qui était fondé par six père Récollets.
Beaulieusart, (Baillieusart en 1514, Baillisart en 1684, Beaulieusart en 1773). Un lieu appelé Essart ayant appartenu à la famille Bailleul de Morialmé. Les Gaux, un hameau qui s'est formé progressivement grâce au déboisement de la charbonnière. Son nom, très ancien, provient du bas latin « Gualdus », signifiant bois. Henrichamps. Henrichamp en 1514, Henrichamps en 1670. Jolibois. Les Mays, signifie arbre (en 1514 le pâturage des meirs, en 1670 les melts). Les Perziaux, (Pariseuls en 1514, les Perseaux en 1670).
Lieux-dits La Queue du Vivier, l'Ermitage, le Culot des Gaux, Calvaire Mascaux, la Sarte, le Pétria, Tienne du Berger, Fontaine au Saule, Belle Fontaine, la Blanche Maison, Tienne Collot, le Calvaire, le Cressonnière, le Roquette. Gros Terril, Tienne du Cavalier, la Croix Fauvresse, Pré à la Planchette et le Culot de Beaulieusart.
Cités Cité Walravée, cité Villez, cité Chavée, cité des Oiseaux et cité des Résistants.
Hydrographie vignette|L'écluse sur la Sambre à Leernes près de l'abbaye d'Aulne.La Sambre traverse au sud de l'entité à Leernes, où elle délimite la zone près de l'abbaye d'Aulne. Le territoire de Fontaine‑l’Évêque est traversé par un petit cours d’eau, l’Ernelle, dont Joseph Parée rappelle qu’il prend naissance à Forchies avant de s’engager dans une vallée étroite orientée du nord vers le sud. Après ce premier tracé rectiligne, le ruisseau infléchit sa direction vers l’axe ouest‑est, phénomène que Parée attribue à la configuration du relief local, marqué par une succession de replis et de légers plateaux. L’Ernelle franchit ensuite le domaine du château, élément structurant du paysage, où son passage a longtemps contribué à l’alimentation des fossés et à l’organisation des jardins seigneuriaux. Poursuivant son cours, il se dirige vers Goutroux, qu’il atteint après avoir parcouru environ sur le territoire communal, distance mesurée dans les relevés hydrologiques cités par Parée.
Ce ruisseau, modeste mais constant, s’inscrit dans un réseau hydrographique dont plusieurs affluents viennent renforcer le débit selon les saisons. Parée souligne que ces petits apports, souvent issus de sources locales ou de ruissellements forestiers, ont joué un rôle dans l’histoire économique de Fontaine‑l’Évêque, notamment pour les moulins et les activités artisanales dépendant de l’eau. Les affluents de l'Ernelle sont :
le ruisseau de la Charbonnière, qui serpente le long du bois portant le même nom ; le ruisseau du bois s'échappe et rejoint l'Ernelle avant d'atteindre Goutroux ; les ruisseaux de Blanche-Maison et de Belle-Fontaine se rejoignent avant de confluer dans l'Ernelle ; la Babelonne, prenant sa source sous le terril , traverse la Queue du Vivier, s'engouffre dans l'égout de la rue d'Assaut, passe sous la Grand'rue, traverse le domaine du château et rejoint l'Ernelle à la sortie de ce domaine, en face de l'avenue des Déportés ; le ruisseau de Beaulieusart, qui commence par marquer la frontière entre Fontaine et Leernes, traverse le Paradis, franchit la route de Mons et rejoint finalement l'Ernelle.
Démographie
Démographie: Avant la fusion des communes
Source: DGS recensements population
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,0199399,7199499,6199598,3199698,1199797,4199897,1199996,6200096,5200196,4200296,1200396,1200495,9200595,5200694,9200795,3200895,6200995,9201096,7201197,7201298,2201399,0201499,62015100,72016101,32017100,62018101,32019101,32020101,52021102,22022102,42023102,62024103,12025102,32026102,8
Histoire
Préhistoire Selon la tradition historiographique locale, notamment celle développée par Joseph Parée, le territoire de Fontaine‑l’Évêque apparaît comme un espace fréquenté dès les premières phases de l’occupation humaine en Hainaut. Les communes voisines Forchies, Goutroux, Monceau, Landelies ou Montignies‑le‑Tilleul ont livré de nombreux témoins matériels de l’âge de la pierre, et la ville elle‑même a fourni deux pièces lithiques qui renforcent l’hypothèse d’une présence préhistorique. La première, mise au jour en 1929 près de l’étang de la panneterie de Beaulieusart, est une lame de silex brun foncé dont la morphologie évoque un grattoir muni de retouches latérales destinées soit à faciliter l’emmanchement, soit à permettre un usage de racloir. La seconde découverte, effectuée l’année précédente à proximité des anciens remparts du boulevard du Nord, consiste en une longue lame d’environ vingt centimètres, de forme triangulaire, dont la fonction demeure indéterminée. Ces deux objets, aujourd’hui conservés par la Société d’archéologie et de paléontologie de Charleroi, constituent des indices significatifs de l’ancienneté de l’occupation humaine, comme le souligne Joseph Parée dans son étude de 1968.
À cette présence matérielle s’ajoute l’existence de voies anciennes, attribuées aux âges du bronze et du fer, qui traversaient le territoire et en faisaient un lieu de passage stratégique. L’une de ces routes reliait Anderlues à Goutroux et Monceau en empruntant une série d’axes correspondant aux actuelles rues de la Blanche Maison, du Repos, J. Despy, de la Montagne, de l’Indépendance, Général de Gaulle, Buchet et au Chemin des Douze Apôtres. Une autre voie, venant de Cambrai par Binche et Anderlues, traversait Fontaine‑l’Évêque en suivant un itinéraire qui correspond aujourd’hui au Chemin Roton, à la rue Cressonnière, à l’impasse du Marais, à la rue Bouverie, à la place Cornille, à la rue Roquette, à Grange Pain, à la rue de Roux, à la Croix Favresse, à la rue Grand Moulin et à la rue Paradis avant de rejoindre la vallée de la Sambre. La plus ancienne de ces routes, selon Joseph Parée, provenait de Spiennes, atteignait Hougarde à Leernes et traversait la cité par les actuelles rues de Beaulieusart, Saint‑Bernard, des Gaulx, la Ruelle aux Loups, la Croix Favresse, la rue du Gros Terril et le bois de la Charbonnière.
La Croix Favresse, point nodal de ces circulations primitives, constituait un carrefour d’importance notable. On y trouvait une pierre taillée de manière rudimentaire, probablement destinée à soutenir un petit édicule cultuel antérieur à l’évangélisation de la Gaule. Les traditions rapportées par Joseph Parée évoquent l’existence, en ce lieu, d’un culte rendu à une divinité païenne aujourd’hui oubliée, témoignage d’un passé religieux pré‑chrétien dont les traces matérielles ont disparu mais dont subsiste le souvenir dans la topographie et les récits locaux.
Antiquité Lorsque Jules César atteint la région en 57 avant notre ère, le territoire correspondant à l’actuelle Fontaine‑l’Évêque se trouvait encore enfoui sous l’immense forêt Charbonnière, dont subsiste aujourd’hui un fragment, le bois de la Charbonnière, séparant Fontaine de Goutroux. Ce vestige forestier, souvent évoqué par Joseph Parée, rappelle l’aspect profondément sylvestre du pays à l’époque de la conquête romaine. La cité, située au cœur du domaine nervien, occupait déjà une zone frontière où s’élevait un oppidum gaulois installé dans le bois de la Charbonnière. Cet ouvrage défensif comportait une tour circulaire dominant la vallée de l’Ernelle ; au milieu du , seules les fondations en étaient encore visibles, témoignant d’une occupation protohistorique structurée et d’un contrôle du relief local. Les traces de la présence romaine, elles aussi relevées par Joseph Parée, apparaissent en plusieurs points du territoire. En 1865, lors des travaux de terrassement de la rue de Roux vers Sart‑lez‑Moulin, les ouvriers mirent au jour les vestiges d’une villa romaine à la limite de Forchies, près du ruisseau de la Charbonnière. Quelques décennies plus tard, en 1895, un cimetière romain fut découvert au Calvaire Mascaux, où l’on exhuma notamment des monnaies portant l’effigie de Néron. Ces éléments, dispersés mais cohérents, confirment l’intégration de la région dans le réseau rural gallo‑romain et l’existence d’une occupation durable.