Mathurin-Joseph Boullault (1772-1865), de son vrai nom Martin Joseph Thomas Boullault, est un auteur dramatique et poète français du .

Biographie Né le à Rosporden dans le Finistère, il est le fils de Thomas François Gabriel Boullault, receveur des domaines du Roi à RospordenActe de Mariage du 21 septembre 1813 à Saint-Julien-de-l'Escap en Charente-Maritime. lors de la naissance de son fils. Son père, sa mère et lui-même arrivent ensuite vers 1774 à Combourg, où son père est né, berceau de la puissante famille Boullault, qui possède un enfeu dans l'église de la ville. Son père est alors procureur fiscal de la Chalopinais et autres juridictions en Combourg, mais ce dernier décède en 1781Acte de Décès du décembre 1781 de Combourg. alors que son fils n'a que 9 ans.

Il demeure à Paris lors de la Révolution, où, chaud partisan de celle-ci, il écrit des comédies, des drames et des vaudevilles, quelques romans, et deux livrets d'opéra.

À 21 ans, il fait jouer sa première pièce : Dalmanzy ou Le fils naturel, drame en trois actes et en prose donné en première au Théâtre des variétés amusantes à Paris le .

Son sujet est le suivant : Le colonel Dolban serait le plus charmant des hommes s'il n'avait pour le monde une aversion que nul ne s'explique. C'est qu'on le croit heureux, tandis qu'un remords le torture. Dans la jeunesse il a séduit Sophie de Volsan et, tyrannisé par son père, n'a pu réhabiliter cette victime. Nous apprenons sa faute par la confidence qu'il se décide à faire au lieutenant Florval et dont celui-ci s'émeut d'autant plus que Sophie est sa sœur disparue depuis nombre d'années avec le fils issu de Dolban. Dans la maison de ce dernier vit l'orpheline Fanny, que le sous-lieutenant Dalmanzy n'a pu voir sans l'aimer. Sa tendresse étant partagée, le colonel songe à unir les jeunes gens, mais Dalmanzy, qu'il interroge, se déclare indigne d'un pareil bonheur. Pressé de s'expliquer, il déclare être enfant naturel, et Dolban, stupéfait, retrouve bientôt en lui l'enfant né de sa liaison avec Sophie; mais, quand il fait cette découverte, Dalmanzy, qui a tué en duel un de ses camarades, vient d'être condamné à mort. Par bonheur Dolban est aimé de son général et ce supérieur, renseigné, gracie Dalmanzy. Sophie qui n'avait point quitté son fils, épousera Dolban le jour même où Fanny sera la femme de Dalmanzy légitimé.Sa seconde pièce : "Les Brigands de la Vendée, opéra vaudeville, deux actes en prose, « avec combats et incendie », est joué d’abord chez Lazzari, au Théâtre des Variétés, le , la réputation vite acquise de cette pièce lui vaut d’être représentée trente fois du second trimestre 1793 jusqu’à la fin de l’année 1794, puis neuf autres au Théâtre de la Gaîté au second semestre 1794. Éditée par la citoyenne Toubon à Paris, en 1793, elle est précédée d’une déclaration du précisant qu’elle pourra être jouée sur tous les théâtres de la République, preuve d’une reconnaissance et d’un appui officiels qui la font clairement entrer dans le répertoire patriotique."Philippe Bourdin, Le brigand caché derrière les tréteaux de la révolution. Traductions et trahisons d’auteurs..

Son sujet est le suivant :

Il fait jouer enfin L'Hôtellerie républicaine ou l'École de la bienfaisance le 12 brumaire an III. () qui est une comédie en un acte et en prose donnée en première au Théâtre de la Gaîté à Paris et qui connaît 23 représentations Les spectacles à Paris pendant la Révolution d'André Tissier (page 435)..

Il s'installe provisoirement à Nantes où il fait jouer sa pièce suivante Les Émigrés à Quiberon qui est une caricature en 1 acte et en prose et dont la première a lieu à Nantes le 12 thermidor an III () soit 8 jours après la capitulation de Quiberon. "Cette amusante pièce était à grand spectacle avec combats, tirs de canon (dont 10 livres de poudre est offerte par la ville de Nantes au metteur en scène), drapeau blanc du fort remplacé par le tricolore, poursuite d'émigrés au pas de charge, pendant que l'orchestre joue le chant du départ. Elle se termine par un défilé de grenadiers traînant deux canons pris à l'ennemi"..

Toujours à Nantes en 1795, il fait jouer au théâtre des Variétés de Nantes "Le Bon Savetier" qui est un trait historique, mêlé de vaudevilles .

De retour à Paris, il enchaîne les nouvelles pièces théâtrales : "Le Déjeuner anglais ou le bombardement d'Ostende", folie en un acte, mêlée de vaudevilles, donné en première au théâtre de la cité-variétés le 15 prairial an VI () ; "La Liberté des Costumes ou II n'a pas perdu sa journée", donné le 27 Thermidor an VI () au Théâtre Louvois ; "La Tabagie", prologue en prose et en vaudevilles à "la Mort de Cadet-Roussel", folie ou non, en un acte, mêlée de vaudevilles données en première au théâtre de la cité-variétés le 20 vendémiaire an VII () ; "Le stratagème diabolique" (1799) Comédie en un acte donné en première le au Théâtre des Jeunes élèves ; puis "L'Acteur dans son ménage", comédie, tableau anecdotique mêlé de vaudeville donné en première au théâtre de l'ambigu-comique le complémentaire de l'an VII () ; La journée de Saint Cloud, vaudeville en un acte, donné en première au Théâtre de l'Ambigu Comique le 25 brumaire an VIII (), l'auteur étant anonyme lors de sa sortie . ; L'abbé Coquet (1800) Vaudeville en deux actes, donné en première le au Théâtre des Jeunes élèves ; "La gouvernante par amour" (1800) Vaudeville en un acte donné en première le au Théâtre des Jeunes élèves ; Le château de Duncan (1800) Mélodrame en trois actes donné en première le au Théâtre du Marais à Paris ; enfin "Les Provinciaux vengés dans la grande ville", comédie en 1 acte et en prose donné au Théâtre de la Gaîté, le 10 germinal an X ().

Avant cette dernière pièce, il fait jouer un opéra : La Tireuse de cartes dont il a écrit le livret et qui est un opéra comique en un acte mis en musique par Louis-Joseph Saint-Amans et donné au Théâtre des Jeunes Artistes le .

Et finit sa carrière parisienne par une pièce accompagnée de musique et d'un ballet : Bélisaire ou le Grand Homme et le Malheur qui est un mélodrame en 3 actes et en prose, la musique étant à nouveau de Louis-Joseph Saint-Amans et le Ballet de Jean-Pierre Aumer, et qui est donné au Théâtre de la Porte Saint Martin à Paris le frimaire an XI (). Cette pièce sera jouée en fin d'année 1804 au Théâtre de Poitiers..

Avant de quitter Paris, il faut encore noter qu'il a écrit 2 autres pièces dont les dates de représentations sont inconnues, ainsi qu'une grande tragédie en 5 actes : Mérovée et Brunehaut, qu'il laisse inachevée après avoir complété les trois premiers actes et commencé le quatrième, il se justifiera lors de la sortie de ses Souvenirs poétiques en 1859 : "Là, je me suis arrêté, en voyant la disgrâce dans laquelle est tombée notre scène tragique". Et pour finir, il a écrit 3 romans : La Mendiante de qualité : anecdote française (1800), Mes amours à Nanterre ou le diable n'est pas toujours à la porte d'un pauvre homme (1801) et Le Fantôme vivant, ou les Napolitains, anecdote extraite d'un manuscrit trouvé sur les bords de la Tamise (1801).

Quittant définitivement la scène parisienne, il s'installe à Nantes où il devient professeur de grammaire et de littérature. Il participe à la rédaction du Publicateur de Nantes et du département de la Loire-Inférieure où il rédige les articles de spectacles et de variétés. Repère 31..

En 1806, il rejoint la Société académique de Nantes et de la Loire-Atlantique.

Il écrit alors une dernière pièce de cette première partie de sa vie : Le Prisonnier de vingt-quatre heures, ou l'Amour, la Victoire et la Paix, qui est jouée le à Nantes pour célébrer la Paix de Tilsit. En cette même année, il est professeur de langue latine et française à l'école secondaire de la rue Rubens à Nantes..

À la suite, il écrit une poésie, Le Retour du héros, dédiée à Napoléon :Le front ceint de lauriers et l'olive à la main, Le Vainqueur de l'Europe au sein de son Empire Reparaît : que nos chants du Héros qu'on admire Célèbrent le retour et le brillant destin. Tel un fleuve, en torrent changé par les orages, S'élance en tourbillons par-delà ses rivages, Roulant avec fracas dans ses flots écumants Et l'arbuste et le chêne affermi par les ans ; Tel on vit ce Héros des rives de la Seine, S'élancer en vainqueur jusqu'aux champs de l'Ukraine, Dans sa course entraînant les vainqueurs d'Iéna Aux bords du Niemen que sa gloire étonna. Et vous, soldats du Nord, quelle est votre imprudence ! Devait-il contre vous saisir encore sa lance, Lorsqu'aux champs d'Austerlitz son bras victorieux Voulut bien épargner des guerriers malheureux ! Il vous donnait la paix : la perfide Angleterre A placé son bonheur dans les maux de la guerre. Par elle les sillons d'Eylau, de Friedland Sont métamorphosés en des fleuves de sang. Ce spectacle d’horreur épouvante la gloire ; Le Vainqueur, attendri, gémit sur sa victoire. Aux bords du Niemen il arrête ses pas, Et le calme succède aux fureurs des combats. Là, son cœur généreux rêve au bonheur du monde. Alexandre l'a vu ; bientôt il le seconde : « Aux lauriers ombragés par de sanglants cyprès Préférons, ont-ils dit, l'olivier de la paix. »

Il est régent de rhétorique en 1812, puis professeur de rhétorique en 1813 et 1814 au Collège de Saint-Jean-d'Angély, avant d'être renvoyé à la suite de la Restauration, son passé d'écrivain révolutionnaire lui valant une longue période d'ostracisme aussi bien dans son travail d'enseignant que pour sa carrière littéraire.

Il ne reste cependant jamais loin de la littérature et il participe, comme rédacteur, à deux revues éphémères : les Lettres bretonnes qui ne connait que 11 numéros d' à , puis du Portefeuille littéraire avec 19 numéros de à , tout en continuant d'écrire des poèmes comme la Protestation contre le jugement du Maréchal Ney, prince de la Moscowa (1815), À Monsieur Blanchard de la Musse (1818), ou encore À Mademoiselle Mars (1826), À Casimir Delavigne (1827), Couplets adressés à Béranger lorsqu'il était en prison (1828), etc.

Il écrit en 1827 un texte sur la censure monarchique, à la suite de la censure d'un article répondant à la Gazette de Lyon écrite par des jésuites. Le livre de Boullault retranscrit le fameux article censuré, tout en attaquant violemment la censure, mais utilisant de façon subtile des passages de déclarations officielles allant dans le sens de la réfutation de la censure. Il rappelle que la censure s'est aussi abattue sur le dialogue des morts de Fénelon, et en a fait une poésie en 1822. Les censeurs s'en sont également pris à La Fontaine et à d'autres... Cependant, comme il l'écrit "Vraiment nos censeurs ont du bon : Ils ont respecté Massillon...", ce qui était plutôt ironique.

En 1830, il fait rejouer son Bélisaire au Théâtre de Nantes avec succès.

Il écrit également deux livres sur l'orthographe et la grammaire en 1841 et 1848 avant de fonder un hebdomadaire à Nantes, Le Télégraphe littéraire, qui connaîtra seulement 12 numéros du au .

En , il lance un cours public de grammaire française et de littérature française, il se présente comme ancien professeur de rhétorique de l'Université. Le cours est de trois mois, qui commencent le , pour finir le . Il sera divisé en 24 séances, qui auront lieu le lundi et le vendredi de chaque semaine, depuis 7 heures jusqu'à 9 heures du soirL’Hermine 30 octobre 1842..

À partir de 1854, il renoue avec l'écriture poétique sur des événements de son époque, qui sont cette fois publiées, devenant un fervent admirateur de Napoléon III.

Lors de l'inauguration du Musée Feltre de Nantes le , au cours des discours, il dit une poésieLe Ménestrel du 21 mai 1854..

À l'occasion de la naissance du Prince Impérial le , il écrit un poème qui est présenté à l'Empereur, dont il recevra cette réponse du Ministre d'État et de la Maison de l'empereur, Achille Fould : MINISTÈRE DE LA MAISON DE L’EMPEREUR. Paris, le 31 mai 1856. Monsieur, j‘ai mis sous les yeux de l'Empereur les vers que vous avez composés à l’occasion de la naissance du Prince Impérial.