La (du latin , « connaissance », ) est dans son sens premier « la somme des connaissances » et plus spécifiquement une entreprise systématique de construction et d'organisation des connaissances sous la forme d'explications et de prédictions testables. Elle peut être donc définie soit comme un ensemble de connaissances, soit comme une méthode. Faisant suite à la technique au niveau de son histoire, elle se développe en Occident au travers de travaux à caractère universel basés sur des faits, une argumentation et des méthodes qui varient selon qu'elles tiennent de l'observation, l'expérience, l'hypothèse, d'une logique de déduction ou d'induction, etc. Lorsqu'on divise la science en différents domaines, ou disciplines, on parle alors de sciences au pluriel, comme dans l'opposition entre sciences, technologies, ingénierie et mathématiques et sciences humaines et sociales ou encore celle entre sciences formelles, sciences de la nature et sciences sociales. La science a pour objet de comprendre et d'expliquer le monde et ses phénomènes au départ de la connaissance, dans le but d'en tirer des prévisions et des applications fonctionnelles. Elle se veut ouverte à la critique tant au niveau des connaissances acquises, des méthodes utilisées pour les acquérir et de l'argumentation utilisée lors de la recherche scientifique ou participative. Dans le cadre de cet exercice de perpétuelle remise en question, elle fait l'objet d'une discipline philosophique spécifique intitulée l'épistémologie. Les connaissances établies par la science sont à la base de nombreux développements techniques dont les incidences sur la société et son histoire sont parfois considérables. Définition Le mot science peut se définir de plusieurs manières selon son contexte d'utilisation, alors que dans un sens premier on peut y voir la . Hérité du mot latin scientia elle est Dictionnaire Le Robert, édition de 1995, 051.. Dans un passage du Banquet, Platon distingue la droite opinion (orthos logos) de la science ou de la connaissance (Épistémé)Ménon (96c-98d).. Synonyme de l’épistémé en Grèce antique, c'est selon les Définitions du pseudo-Platon, une , Livre V (477d). (29b, )... Un terme générique de la connaissance thumb|La science, par ses découvertes, a su marquer la civilisation. Ici, les images rapportées par l'astronomie nourrissent la pensée humaine quant à sa place dans l'Univers. vignette|Schéma des principales disciplines scientifiques. Définition large Le mot science est un polysème, recouvrant principalement trois sensD'après le Trésor Informatisé de la Langue Française ; voir aussi le schéma proxémique sur le Centre National de Ressources Textuel et Lexical. : Savoir, connaissance de certaines choses qui servent à la conduite de la vie ou à celle des affaires ; Ensemble des connaissances acquises par l’étude ou la pratique ; Hiérarchisation, organisation et synthèse des connaissances au travers de principes généraux (théories, lois). Définition stricte D'après Michel Blay., la science est . Cette définition permet de distinguer les trois types de science : les sciences exactes, comprenant les mathématiques et les comme la physique théorique ; les sciences physico-chimiques et expérimentales (sciences de la nature et de la matière, biologie, médecine) ; les sciences humaines, qui concernent l'être humain, son histoire, son comportement, la langue, le social, le psychologique, le politique. Néanmoins, leurs limites sont floues ; en d'autres termes il n'existe pas de catégorisation systématique des types de science, ce qui constitue par ailleurs l'un des questionnements de l'épistémologie. Dominique Pestre explique ainsi que .. Principe de l'acquisition de connaissances scientifiques

La didactique des sciences est la discipline scientifique qui étudie l'enseignement et l'apprentissage des sciences et des connaissances considérées comme scientifiques ; elle passe par une suite d'étapes qui, selon Francis Bacon, sont : Observation, expérimentation et vérification ; Théorisation ; Reproduction et prévision ; Résultat. Pour Charles Sanders Peirce (1839–1914), qui a repris d'Aristote l'opération logique d'abduction, la découverte scientifique procède dans un ordre différent : Abduction : création de conjectures et d'hypothèses ; Déduction : recherche de ce que seraient les conséquences si les résultats de l'abduction étaient vérifiés ; Induction : mise à l'épreuve des faits ; expérimentation Robert Burch, « Charles Sanders Peirce », 2010. « For Peirce, as we saw, the scientific method involves three phases or stages: abduction (making conjectures or creating hypotheses), deduction (inferring what should be the case if the hypotheses are the case), and induction (the testing of hypotheses) ».. Les méthodes scientifiques permettent de procéder à des expérimentations rigoureuses, reconnues comme telles par la communauté de scientifiques. Les données recueillies permettent une théorisation, la théorisation permet de faire des prévisions qui doivent ensuite être vérifiées par l'expérimentation et l'observation. Une théorie est rejetée lorsque ces prévisions ne cadrent pas à l'expérimentation. Le chercheur ayant fait ces vérifications doit, pour que la connaissance scientifique progresse, faire connaître ces travaux aux autres scientifiques qui valideront ou non son travail au cours d'une procédure d'évaluation.

Chez les jeunes, dans les , malgré une hausse de l’intérêt déclaré pour les sciences (entre PISA 2006 et 2015 au Japon et à Taïwan par exemple), le plaisir d’apprendre les sciences diminue, ce qui prédit un recul de la compétence scientifique et conséquemment de la conscience environnementale, et qui suggère que certaines pratiques pédagogiques stimulent un intérêt superficiel ou de façade, sans susciter un véritable engagement scientifique, un constat préoccupant pour les éducateurs et les décideurs..

Pluralisme des définitions Le mot , dans son sens strict, s'oppose à l'opinion ( en grec), assertion par nature arbitraire.. Néanmoins le rapport entre l'opinion d'une part et la science d'autre part n'est pas aussi systématique ; l'historien des sciences Pierre Duhem pense en effet que la science s'ancre dans le sens commun, qu'elle doit . Le discours scientifique s'oppose à la superstition et à l'obscurantisme. Cependant, l'opinion peut se transformer en un objet de science, voire en une discipline scientifique à part. La sociologie des sciences analyse notamment cette articulation entre science et opinion. Dans le langage commun, la science s'oppose à la croyance, par extension les sciences sont souvent considérées comme contraires aux religions. Cette considération est toutefois souvent plus nuancée tant par des scientifiques que des religieuxEncyclique du Pape Jean-Paul II, Fides et ratio (1998) redéfinissant le rapport science-religion ainsi : .Albert Einstein : in Ideas and Opinions, p. 46, . L’idée même d’une production de connaissance est problématique : nombre de domaines reconnus comme scientifiques n’ont pas pour objet la production de connaissances, mais celle d’instruments, de machines, de dispositifs techniques. Terry Shinn a ainsi proposé la notion de Terry Shinn, « Formes de division du travail scientifique et convergence intellectuelle. La recherche technico-instrumentale », Revue française de sociologie, (3), 447-73, 2000.. Ses travaux avec Bernward Joerges à propos de l’Bernward Joerges et Terry Shinn, Instrumentation between Science, State and Industry, Kluwer Academic Press, Dordrecht, 2001. ont ainsi permis de mettre en évidence que le critère de n'est pas dévolu à des sciences de la connaissance seules. Le mot définit aux l'institution de la science, c'est-à-dire l'ensemble des communautés scientifiques travaillant à l'amélioration du savoir humain et de la technologie, dans sa dimension internationale, méthodologique, éthique et politique. On parle alors de . La notion ne possède néanmoins pas de définition consensuelle. L'épistémologue André Pichot écrit ainsi qu'il est .. L'historien des sciences Robert Nadeau explique pour sa part qu'il est .. La physicienne et philosophe des sciences Léna Soler, dans son manuel d'épistémologie, commence également par souligner .. Les dictionnaires en proposent certes quelques-unes. Mais, comme le rappelle Léna Soler, ces définitions ne sont pas satisfaisantes. Les notions d', d' ou de (surtout lorsque cette dernière est conçue comme étant l'unique notion en vigueur) sont l'objet de trop nombreuses controverses pour qu'elles puissent constituer le socle d'une définition acceptable. Il faut donc tenir compte de ces difficultés pour décrire la science. Et cette description reste possible en tolérant un certain épistémologique. Étymologie : de la à la L'étymologie de vient du latin, (« connaissance »), lui-même du verbe (« savoir ») qui désigne à l'origine la faculté mentale propre à la connaissanceDictionnaire étymologique de la langue française, sous la direction de Oscar Bloch, Walther von Wartburg, 2008.. Ce sens se retrouve par exemple dans l'expression de François Rabelais : . Il s'agissait ainsi d'une notion philosophique (la connaissance pure, au sens de « savoir »), qui devint ensuite une notion religieuse, sous l'influence du christianisme. La concernait alors la connaissance des canons religieux, de l'exégèse et des écritures, paraphrase pour la théologie, première science instituée. La racine se retrouve dans d'autres termes tels la (étymologiquement, ), la (), l' (), par exemple. Histoire de la science

vignette|L'école d'Athènes de Raphaël. La science est historiquement liée à la philosophie. Dominique Lecourt écrit ainsi qu'il existe .. Dominique Lecourt explique ainsi que les premiers philosophes ont été amenés à faire de la science (sans que les deux soient confondues). La théorie de la connaissance en Science est portée par l'épistémologie. L'histoire de la Science est nécessaire pour comprendre l'évolution de son contenu, de sa pratique. La science se compose d'un ensemble de disciplines particulières dont chacune porte sur un domaine particulier du savoir scientifique. Il s'agit par exemple des mathématiquesLes mathématiques ont un statut particulier, parce qu'elles constituent une construction de logique pure en application de règles posées, plutôt que suivant des observations du monde. Toutefois, elles sont indissociables des sciences, car elles servent d'outil aux autres sciences et techniques (en physique, les prédictions ont autant de valeur qu'elles découlent des lois de base sans calculs, ou qu'elles fassent appel au calcul infinitésimal, par exemple)., de la chimie, de la physique, de la biologie, de la mécanique, de l'optique, de la pharmacie, de l'astronomie, de l'archéologie, de l'économie, de la sociologie, etc. Cette catégorisation n'est ni fixe, ni unique, et les disciplines scientifiques peuvent elles-mêmes être découpées en sous-disciplines, également de manière plus ou moins conventionnelle. Chacune de ces disciplines constitue une science particulière. L'épistémologie a introduit le concept de « science spéciale », c'est la science « porte drapeau » parce qu'elle porte les problématiques liées à un type de Sciences. Histoire des sciences

L'histoire des sciences est intimement liée à l'histoire des sociétés et des civilisations.. D'abord confondue avec l'investigation philosophique, dans l'Antiquité, puis religieuse, du Moyen Âge jusqu'au Siècle des Lumières, la science possède une histoire complexe. L'histoire de la science et des sciences peut se dérouler selon deux axes comportant de nombreux embranchements nomme ces embranchements les , sachant que . : l'histoire des découvertes scientifiques d'une part ; l'histoire de la pensée scientifique d'autre part, formant pour partie l'objet d'étude de l'épistémologie. thumb|Allégorie de la ScienceDétail d'un cycle d'allégories réalisées pour le hall d'exposition du bâtiment Postberardine de Varsovie, Pologne (1870)..