L’Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ANASE ou ASEAN en anglaisOn emploie désormais plus couramment le sigle anglais ASEAN (Association of Southeast Asian Nations) bien que . Le sigle ANSEA (Association des nations du Sud-Est asiatique) n'est plus utilisé.) est une organisation politique, économique et culturelle regroupant onze pays d'Asie du Sud-Est. Elle a été fondée en 1967 à Bangkok par cinq pays dans le contexte de la guerre froide pour faire barrage aux mouvements communistes, favoriser la croissance et le développement et assurer la stabilité dans la région.
Aujourd'hui, l'association a pour but de renforcer la coopération et l'assistance mutuelle entre ses membres, d'offrir un espace pour régler les problèmes régionaux et peser en commun dans les négociations internationales. Un sommet est organisé chaque année au mois de novembre.
Son secrétariat général est installé à Jakarta (Indonésie).
En 2023, les pays de cette organisation représentaient : 683 millions d'habitants (environ 8,5 % de la population mondiale).; US$ de PIB.; 234 milliards US$ d'investissements étrangers..
Membres vignette|Les États membres de l'ASEAN.
L'ASEAN a été fondée par cinq États, principalement de l'Asie du Sud-Est maritime : Philippines, Indonésie, Malaisie, Singapour et Thaïlande. Le Brunei les rejoint 6 jours après son indépendance du Royaume-Uni le . Le Vietnam entre en 1995, suivi du Laos et de la Birmanie le et du Cambodge le et enfin le Timor oriental le ..
La Papouasie-Nouvelle-Guinée a le statut d'observateur depuis 1976 et réfléchit à une possible candidature.https://www.gmanews.tv/story/154860/Papua-New-Guinea-asks-RP-support-for-Asean-membership-bid.. L'Australie est aussi intéressée, mais certains pays membres s'y opposentLe Cambodge, le Laos et le Vietnam s'oppose à la partie insulaire - mai 2019..
Le Maroc le , l'Afrique du Sud en ., puis l'Algérie le . signent leur adhésion au Traité d’amitié et de coopération (TAC), devenant « partenaires de dialogue sectoriel » de l’ASEAN.
Dates d’adhésion 1967 : , , , , ; 1984 : ; 1995 : ; 1997 : , ; 1999 : ; 2025 : .
Membre observateur : 1976 :
Histoire Formation
vignette|487px| Membres de l'ASEAN Observateurs de l'ASEAN Pays candidats à l'adhésion à l'ASEAN ASEAN Plus Trois Sommet de l'Asie de l'Est ASEAN Regional Forum L'ASEAN a été précédée par l'organisation appelée Association of Southeast Asia (ASA), une alliance entre les Philippines, la Malaisie et la Thaïlande formée en 1961.
L'ASEAN se forme le quand les ministres des Affaires étrangères de cinq pays (Indonésie, Malaisie, les Philippines, Singapour et Thaïlande) se rencontrent à Bangkok où ils signent la déclaration ASEAN communément appelée déclaration de Bangkok. Les cinq ministres des Affaires étrangères, Adam Malik pour l'Indonésie ; pour les Philippines ; Tun Abdul Razak pour la Malaisie, pour Singapour et pour la Thaïlande sont considérés comme les pères fondateurs de l'organisation. Cette création peut surprendre si on considère les différences de taille, de culture, d'expérience coloniale et les tensions dans la région depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Elle a abouti grâce à la diplomatie thaïlandaise qui s'est appuyée sur l'ASA.
Le but revendiqué de l'ASEAN, fondée en pleine guerre froide, est alors de contenir le communisme. Les pays membres se caractérisent par leurs pratiques répressives visant les mouvements communistes sur leur propre territoire et leur soutien indéfectible aux États-Unis en matière de politique extérieure.. L'ASEAN n'a jamais été envisagée comme une alliance militaire.
Premières années L'ASEAN reste minimale durant la première décennie et s'articule principalement autour de la rencontre annuelle des ministres des affaires étrangères. L'organisation remplit néanmoins des fonctions importantes. Elle offre un cadre pour la négociation sur les conflits régionaux, notamment à propos des frontières, comme la contestation de Sabah en Malaisie par les Philippines. Elle permet de coordonner leurs positions pour la négociation économique dans les forums internationaux, comme pour l'OMC et pour des négociations sur des questions particulières avec l'Union européenne, le Japon, ou l'Australie.
En 1971, ils signent la déclaration de Kuala Lumpur qui proclame la région neutre et indépendante vis-à-vis des puissances extérieures, souhaitant éviter d'être impliqué dans la guerre froide.
La première rencontre des chefs de gouvernement a lieu avec le sommet de Bali de 1976 qui aboutit au traité d'amitié et de coopération dans l'Asie du Sud-Est et à la déclaration de l'ASEAN. qui affirment les principes de non-ingérence dans les affaires intérieures des pays membres, la résolution des conflits par des moyens pacifiques, le développement de l'identité régionale et la poursuite de la coopération pour le développement économique et social.
Ces déclarations traduisent le souhait des pays membres de coexister pacifiquement avec leurs voisins communistes : le Cambodge, le Laos et surtout le Vietnam unifié l'année précédente. Ces États signent le traité d'amitié et de coopération dans l'Asie du Sud-Est à l'invitation de l'ASEAN. Une seconde rencontre en 1977 à Kuala Lumpur réaffirme la politique de 1976.
Crise cambodgienne
Fin , le Vietnam envahit le Cambodge des Khmers rouges qu'il occupera pendant une décennie. Cette action va à l'encontre du traité d'amitié et de coopération en Asie du Sud-Est et menace la stabilité de la région.
Les pays de l'ASEAN sont divisés entre, d'une part, la Thaïlande et Singapour souhaitant opposer une réponse forte au Vietnam, et d'autre part la Malaisie et l'Indonésie qui souhaitent une réponse modérée justifiée par leurs craintes que la Chine profite du trouble pour intervenir et renforcer son influence dans la région.
Les pays membres cherchent à résoudre la crise en passant par l'ASEAN. Un accord émerge entre eux, consistant en l'isolement du Vietnam tout en lui offrant la possibilité de négocier pour retirer ses troupes du Cambodge. Ils convainquent les institutions internationales et les pays occidentaux d'exercer une pression diplomatique et financière sur le Vietnam pour permettre, entre autres facteurs, de mettre fin à la crise. L'opposition commune à l'occupation du Vietnam permet aux pays de l'ASEAN de consolider leurs liens politiques. Elle acquiert ainsi une stature et une crédibilité dans la communauté internationale, ce qui, en retour, renforce les pays membres.
Durant cette période, les pays membres de l'ASEAN apportent ouvertement leur soutien à la guérilla anti-gouvernementale et anti-vietnamienne, y compris aux Khmers rouges..
Le bloc s'agrandit avec l'entrée de Brunei le , une semaine après son indépendance.
Sur la scène mondiale À côté du renforcement politique de l'ASEAN, les pays membres connaissent une forte croissance économique grâce au flot d'investissement direct provenant du Japon qui y installe des usines, suivi par les entreprises d'autres pays qui cherchent à rester concurrentielles (Corée du Sud, Hong Kong, Taïwan, États-Unis, Allemagne, Royaume-Uni).
Les grandes puissances commencent à considérer les pays de l'ASEAN comme des partenaires commerciaux. De plus les pays d'Afrique et d'Amérique latine se tournent vers eux pour trouver un modèle de développement économique.
En 1989 est créée la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique qui réunit les pays du Pacifique (pays de l'ASEAN, EU, Japon, Canada et Nouvelle-Zélande).
En 1994 est créé le Forum régional ASEAN qui permet de discuter des questions de sécurité d'Asie du Sud-Est. L'ASEAN réussit à rassembler les grandes puissances et les pays membres sont ainsi garantis d'être au centre et de peser sur les débats sur la sécurité de la région.
Les initiatives de l'après-guerre froide La fin de la guerre froide en Asie du Sud-Est peut être datée du retrait de l'armée vietnamienne du Cambodge en 1989. La crainte du Vietnam constituait le ciment de l'ASEAN. Les pays membres cherchent donc de nouvelles directions pour l'ASEAN qui se traduisent au sommet de Singapour de 1992 par deux initiatives, l'AFTA et l'élargissement vers les pays de l'ex-Indochine.
L'instauration d'une zone de libre échange : l'ASEAN Free Trade Area (AFTA)
Le projet de coopération économique remonte à la fondation de l'ASEAN, mais ne démarre sérieusement qu'en 1991 sur l'initiative thaïlandaise de créer la zone de libre-échange des pays de l'ASEAN. L'AFTA doit servir à augmenter les investissements dans la région et à poursuivre la libéralisation des économies des pays membres. Les négociations et la crise financière de 1997 font que l'accord n'est signé qu'en 2002. Il diminue radicalement les barrières douanières.
L'élargissement à 10 membres Les négociations pour aboutir à l'ASEAN 10 débutent après le sommet de Singapour et aboutissent à l'entrée du Vietnam (1995), puis du Laos et de la Birmanie (1997) et enfin du Cambodge (1999). L'ASEAN regroupe alors la quasi-totalité des États d'Asie du Sud-Est. Elle renforce son poids démographique grâce aux 80 millions d'habitants du Vietnam, offre un grand marché pour l'AFTA, améliore la stabilité de la région et améliore la visibilité internationale de la région.
L'ASEAN élargie connaît cependant des problèmes et des divisions entre les pays fondateurs et les nouveaux arrivants. Les premiers sont en partie des démocraties (Thaïlande, Philippines, Indonésie), sont plus riches et veulent accélérer l'intégration alors que les seconds sont parfois autoritaires (Birmanie et Vietnam), plus pauvres et souhaitent le statu quo dans les institutions. En particulier, ils souhaitent que soit maintenue la politique de non-ingérence et préfèrent que l'accent soit mis sur l'aide et l'assistance et non sur le commerce. Ces divisions affaiblissent l'ASEAN dans les négociations internationales et donnent le sentiment à la fin de la décennie que l'organisation stagne.
L'élargissement à 11 membres Le Timor oriental a posé sa candidature le .Le , le Timor oriental se voit accorder le statut de membre observateur du bloc des nations de l'ASEAN, avec une feuille de route pour l'adhésion établie... En , le Premier ministre malaisien Anwar Ibrahim, président de l'ASEAN, annonce que le Timor-Leste rejoindra officiellement l'ASEAN en tant que État membre le .
La crise économique asiatique La crise économique asiatique débute par une crise monétaire, avec la dévaluation du baht thaïlandais en et se répand en Indonésie et en Malaisie et dans une moindre mesure aux autres pays de l'ASEAN. L'intégration des économies d'Asie du Sud-Est, l'action contre-productive du FMI et des problèmes structurels transforment la crise monétaire en grave crise financière qui atteint toute l'Asie.
L'ASEAN + 3 Parallèlement, émerge l'ASEAN plus trois (APT) à partir d'une idée de Singapour en 1995. Il comprend les pays de l'ASEAN ainsi que la Chine, le Japon et la Corée du Sud. Il prend ses origines dans la préparation du premier dialogue Asie-Europe (, ASEM).
La première rencontre APT a lieu informellement en 1997 lors du sommet de Singapour, puis à tous les sommets de l'ASEAN afin d'établir des positions communes en vue de l'ASEM.
En à Chiang Mai, ils s'accordent pour lutter contre une nouvelle crise financière. En 2001, la Chine lance une initiative majeure destinée à établir une zone de libre-échange entre elle et l'ASEAN. Un accord cadre est signé en 2002 en vue d'établir la zone en 2010 pour l'ASEAN 6 et en 2015 pour l'ASEAN au complet. Des initiatives similaires ont été lancées en réponse par le Japon et la Corée. L'APT a également d'autres projets comme le développement de la région du bassin du Mékong, la formation dans les technologies environnementales, la promotion du tourisme.