Le Collège de France, anciennement nommé Collège royal, est un grand établissement d'enseignement et de recherche français, institué par en 1530. Il est situé place Marcelin-Berthelot dans le de Paris, au cœur du Quartier latin.
Recherche et enseignement sont étroitement liés au Collège de France, qui se donne pour ambition d'enseigner . Il dispense des cours de haut niveau qui sont gratuits, non diplômants et ouverts à tous sans condition ni inscription. Cela en fait un lieu à part dans le paysage universitaire français.
Être élu professeur au Collège de France, c'est-à-dire devenir titulaire d'une chaire, est l'une des plus hautes distinctions de l'enseignement supérieur français. Le collège compte une cinquantaine de chaires, dont l'objet change en fonction des derniers développements de la science (une chaire pouvant, par exemple, être consacrée à la littérature après l'avoir été aux mathématiques), et dont le titulaire est élu par ses pairs en fonction de ses travaux antérieurs et non de ses titres universitaires. Elles confèrent à leur titulaire un rayonnement particulier dans sa discipline, en France et aussi à l'étranger.
Le Collège de France est membre associé de l'université Paris Sciences et LettresDécret du 5 novembre 2019 portant création de l'Université Paris sciences et lettres et approbation de ses statuts.
Histoire D'abord appelé « Collège royal », l'institution a connu différentes appellations (« Collège impérial »), avant de recevoir son nom actuel en 1870.
Un de ses modèles est le Collegium Trilingue de Louvain, décidé en 1517, inauguré en 1518, et qui vise à répandre la pensée humaniste.
Création des lecteurs royaux puis professeurs royaux vignette|gauche|Le Collège royal par Claude Chastillon - 1612. vignette|Plan du quartier du collège royal et du collège de Cambrai au . vignette|Entrée principale du Collège de France, au place Marcelin-Berthelot. Sa fondation remonte à l’époque de , lorsqu’en 1530 son « maître de librairie », le grand traducteur d’œuvres antiques Guillaume Budé, lui suggère d’instituer un collège de « lecteurs royaux », en se basant sur ce qui se fait au collège des trois langues de Louvain.. Des humanistes payés par le roi sont chargés d’enseigner des disciplines que l'université de Paris ignore.
Deux postes de lecteurs sont initialement créés, un pour le grec et un pour l'hébreu, mais en 1530 on trouve cinq lecteurs rapidement devenus sixVoir Abel Lefranc, (lire en ligne) : deux lecteurs en grec : Pierre Danes et Jacques Thouzat (dit Toussain) ; deux puis trois en hébreu : François Vatable, Agacio Guidacerio puis Paul Paradis ; un en mathématiques : Oronce Fine. puis ce nombre passe à dix avec : l'éloquence latine, avec Bartholomaeus Latomus, en 1534 ; les langues orientales, avec Guillaume Postel, en 1538 ; un lecteur de philosophie grecque et latine, avec Francesco Vimercato, en 1542 ; un lecteur en médecine, avec Guido Guidi, en 1542.
Dès lors le Collège royal, dont la devise est « Docet omnia » (Il enseigne tout), reste un des lieux d’excellence de la transmission du savoir en FranceUn nouveau public au Collège de France par Pierre Corvol dans La Lettre du Collège de France, , du 29 juillet 2010.. Les lecteurs royaux bénéficient des privilèges attachés aux conseillers du roi et à ses commensaux, avec droit de committimus. Une chaire de mathématiques est remplie à partir de 1576 en application du testament de Pierre de La Ramée appelée chaire de Ramus (Maurice Bressieu). Il y a dix-sept chaires à la fin du avec la création de la chaire d'arabe (Arnoult de Lisle), ramenées à quatorze par , mais qui spécialise une chaire de médecine en chaire d'anatomie, botanique et pharmacie (Pierre Ponçon). La chaire de droit canon (Hugues Guijon) est créée par ; ajoute la chaire de syriaque (Barthélemy d'Herbelot de Molainville). Une charge d'inspecteur est créée en 1688 en faveur d'un des professeurs pour représenter le collège auprès des différentes autorités publiques.
Les premiers lecteurs royaux ont été nommés par le roi sous l'influence de Guillaume Budé. À la suite de la contestation par Pierre de La Ramée de la compétence de Jacques Charpentier à occuper la chaire de mathématiques, a instauré en 1566 la publicité de la vacance des chaires de professeurs. On constate cependant que les chaires ont continué à être acquises par un disciple d'un titulaire par survivance quand il a assuré l'intérim de certains cours. Le Grand aumônier de France, Jacques Amyot, a eu un grand pouvoir sur le collège qui a été conservé par ses successeurs jusqu'en 1671Marie-Madeleine Compère, « Collège royal », dans Bibliothèque de l'Histoire de l'Éducation, 2002, Volume 10, , (lire en ligne).
Le Collège de France a inspiré, à la fin du siècle des Lumières, les fondateurs du Conservatoire national des arts et métiers.
En 1848, l'éphémère École d'administration est adossée au Collège de France..
Le bâtiment du Collège royal Au Moyen Âge, le « clos de l’Évêque » occupait l’emplacement.
C'est sous le règne d' que le Collège royal occupe son emplacement actuel, d'abord abrité dans les Collèges de Tréguier et de Cambrai. Leur réunion est décidée par et le projet d'un édifice unique arrêté pour les remplacer et installer également la Bibliothèque royale. Claude Chastillon doit en dessiner l'aspect. L'assassinat du roi limite l'exécution du projet et seule une partie du collège prévu est réalisée sous la régence de Marie de Médicis (1612).. vignette|Collège de France. Salle des collections (Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, NuBIS). Ce n'est qu'en 1772 que des travaux, menés par l'architecte Jean-François Chalgrin, apportent des agrandissements autour de la cour d'honneur. Les dernières modifications datent du milieu du . Elles sont dirigées par l'architecte Paul Letarouilly qui donne son aspect actuel au Collège de France. À partir de 1996 sont effectués des travaux dont le but est de créer de nouveaux espaces en sous-sol.
Actions du Collège de France hors ses murs vignette|Collège de France. Salle des assemblées (Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, NuBIS). Dans le cadre de sa politique internationale, le Collège de France installe en 2009 une chaire d'accueil au Collège Belgique, une initiative de l'Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts, de langue et de littérature françaises et de médecine de BelgiqueActualité du 21 janvier 2010 sur le site de l'Académie royale de Belgique.. L'année suivante, en 2010, pour la première fois de son histoire, le Collège de France s'associe à d'autres institutions d'enseignement supérieur et de recherche en créant la fondation Paris Sciences et Lettres - Quartier latinCinq grandes écoles parisiennes créent une fondation, Le Monde, 16 avril 2010.. Le succès du projet présenté par Paris Sciences et Lettres aux Initiatives d'excellence (Idex) en 2011 engage le Collège de France dans la constitution d'une université de recherche internationale.
Missions En 2026, le collège compte deux cent trente-sept chaires permanentes, dites statutaires, ainsi que sept chaires annuelles, regroupées en sept départements : Mathématiques et informatique ; Physique et chimie ; Sciences de l'Univers ; Sciences de la vie ; Histoire et archéologie ; Lettres, arts, langue, philosophie ; Sciences sociales.
Il possède un groupe de sept chaires renouvelées annuellementEnseignements du Collège de France., auxquelles il faut adjoindre les nombreuses sommités scientifiques européennes qui sont régulièrement invitées.
Le Collège de France dispense des cours non diplômants de haut niveau dans ces disciplines scientifiques et littéraires. L'enseignement est gratuit et ouvert à tous sans inscription, ce qui en fait un lieu à part dans l'enseignement supérieur français.
Le Collège de France favorise l'interdisciplinarité comme en témoignent, par exemple, les travaux de la chaire de philosophie de la connaissance, occupée par Jules Vuillemin de 1962 à 1990, et abordant des champs disciplinaires aussi divers que les mathématiques pures, la physique théorique, les sciences de l'ingénieur, la philosophie et les humanités grecques et latines. De même, en 2006, est créée la chaire de psychologie cognitive expérimentale occupée par Stanislas Dehaene qui croise les neurosciences et la psychologie.
Diffusion des savoirs auprès du public
Captation des cours Pionnier en matière de diffusion numérique des savoirs, le Collège de France inaugure en 2006, sous l’impulsion de son administrateur Pierre Corvol, une offre de podcasts scientifiques en enregistrant et diffusant librement ses enseignements via son site web.
Progressivement, l'intégralité des enseignements qu’il dispense est gratuitement mis à la disposition du public, par divers canaux numériques. Le site internet du Collège de France offre ainsi en accès libre les captations vidéo et/ou audio de la majorité des cours, conférences et grands événements qui s'y déroulent.
L'institution dispose également de huit chaînes YouTube : une chaîne généraliste proposant une sélection de contenus, et sept chaînes thématiques. Le Collège de France propose sur diverses plateformes de podcasting (Apple Podcasts, Spotify, Deezer...) et sur l'application Radio France les enregistrements audio des enseignements de ses professeurs, ainsi qu'une sélection de colloques et de grands événements et l'intégralité des leçons inaugurales disponibles.
En 2023, cela représente un catalogue de plus de 14 000 vidéos et 10 000 audios.
En 2024, les différents épisodes ont été téléchargés plus de six millions de fois.
Certains cours du Collège de France sont par ailleurs diffusés sur France Culture. En , le partenariat avec Radio France évolue afin d'élargir la mise à disposition gratuite et pour tous des enseignements du Collège de France. Ces contenus sont désormais diffusés via la plateforme numérique de Radio France afin de renforcer l’accessibilité et la transmission de ces connaissances.
Publications Le Collège de France a aussi une activité d'éditeur. Il édite une grande variété de livres, en version imprimée et aussi sous forme numérique : les leçons inaugurales (depuis 1949), des actes de colloques et monographies originales, l’Annuaire du Collège de France (qui rend compte, notamment, de l’enseignement annuel de chaque professeur). La collection « Docet omnia », coéditée avec Les Belles Lettres, est aussi disponible sur OpenEdition Books. De nouvelles collections nativement numériques ont par ailleurs vu le jour, portées par des chaires ou des instituts : « Philosophie de la connaissance » et « Institut des civilisations ».
L’Annuaire du Collège de France (Cours et travaux du Collège de France) se fait chaque année le reflet de l’activité scientifique du collège. Il rend compte, notamment, de l’enseignement annuel de chaque professeur avec les résumés détaillés des cours et séminaires rédigés par leurs soins. Les professeurs honoraires y présentent leurs activités. On y trouve également les comptes rendus des travaux des laboratoires, instituts et équipes de recherche accueillies au collège ; les résumés des conférences données par des chercheurs étrangers invités ; une brève histoire du Collège de France comprenant la succession des chaires depuis le début du . La collection est publiée depuis 1901. En , l’édition imprimée se double de l'édition électronique diffusée via le portail OpenEdition Journals.