Les arrondissements de Paris sont des divisions administratives intracommunales qui partagent la capitale française en vingt arrondissements municipaux. Ils servent de cadre à l'élection des conseillers de Paris, investis des compétences conjointes de conseillers municipaux et de conseillers départementaux.

La division de Paris en arrondissements date de la loi du 19 vendémiaire an IV (), qui instaure un découpage en douze arrondissements. Les arrondissements actuels sont délimités par la loi du 7072 — Loi sur l'extension des limites de Paris (du 16 juin 1859), Bulletin des lois de l'Empire français, XIV, série, 738, 3 novembre 1859, 747–751, reproduit sur Google Books., qui porte leur nombre à vingt à la suite de l'annexion des faubourgs situés entre les fortifications de l'enceinte de Thiers et le mur des Fermiers généraux.

Ces arrondissements municipaux ne doivent pas être confondus avec les arrondissements départementaux, autre subdivision administrative. En France, les villes de Lyon et Marseille sont également divisées en arrondissements municipaux.

Politique et administration Chaque arrondissement dispose d'un conseil d'arrondissement, au fonctionnement similaire à celui d'un conseil municipal mais doté de pouvoirs restreints. Depuis 2020, les quatre premiers arrondissements de Paris sont regroupés en un secteur unique au conseil d'arrondissement communArticles et du code général des collectivités territoriales. (voir infra : Réforme de 2020).

Conformément à la loi PLM, ses membres sont choisis lors des élections municipales, selon la même procédure que dans les communes de plus de habitants.

Avant la réforme de 2025, les premiers élus de chaque liste (les conseillers de Paris) siégeaient également au Conseil de Paris et, par fléchage, au Conseil de la Métropole du Grand Paris, les suivants (conseillers d'arrondissement) seulement au Conseil d'arrondissement.

Lors de sa première séance, chaque conseil d'arrondissement élit son maire d'arrondissement.

Les arrondissements n'ont pas la qualité de collectivité territoriale.

Répartition de la population Les caractéristiques des différents arrondissements sont extrêmement variables : ainsi, le est huit fois et demi plus grand que le , il est aussi quatorze fois plus peuplé que le . Quant au , avec habitants au km, il est cinq fois plus densément peuplé que le , mais il l’est moitié moins que le ou le du milieu du , où les populations étaient littéralement entassées à toute une famille dans une seule pièce, dans des conditions généralement très dégradées (la première moitié du ayant vu la destruction de nombreux immeubles considérés comme insalubres, la population de Paris n’a cessé de baisser depuis les années 1930, surtout dans les arrondissements centraux).

Le Code général des collectivités territoriales fixe le nombre des arrondissements en son article L. 2511-3 et leur nom en son article R. 2512-1Voir les articles L. 2511-3 et R. 2512-1 du Code général des collectivités territoriales (Légifrance).. Les appellations remontent au décret impérial du , qui donne au dixième arrondissement le nom, aujourd'hui perdu, d'« Enclos-Saint-Laurent »7073 — Décret impérial qui fixe les dénominations des vingt arrondissements municipaux de la ville de Paris (du 31 octobre 1859), Bulletin des lois de l'Empire français, XIV, série, 738, 3 novembre 1859, 751–752, reproduit sur Google Books.. Ces appellations administratives ne sont pas employées dans l'usage quotidien.

Nom Superficie () Population Densité () 1982 1990 1999 2009 2014 2020 1982 1990 1999 2010 2015 20211 Louvre2 Bourse3 Temple4 Hôtel-de-Ville5 Panthéon6 Luxembourg7 Palais-Bourbon8 Élysée9 OpéraEn 1860, l'arrondissement doit son nom à l'opéra Le Peletier, détruit par un incendie en 1873. Toutefois l'opéra Garnier, inauguré quinze ans après la création de l'arrondissement en 1875, se trouve dans le même arrondissement.10 Entrepôt, anciennement Enclos Saint-Laurent11 Popincourt 12 ReuillyHors bois de Vincennes Avec bois de Vincennes13 Gobelins14 Observatoire15 Vaugirard 16 PassyHors bois de Boulogne Avec bois de Boulogne 17 Batignolles-Monceau18 Butte-Montmartre19 Buttes-Chaumont20 Ménilmontant Ville de Paris

Codifications numériques À l'instar d'une commune, chaque arrondissement possède ses propres codes postal et Insee, où deux chiffres l'identifient : le code postal s'énonce 750XX, XX représentant le numéro d'arrondissement (par exemple : 75008 pour le , 75017 pour le ). Exceptionnellement, le , très étendu, se divise en deux : 75016 au sud et 75116 au nord ; le code INSEE s'énonce 751XX, XX représentant le numéro d'arrondissement (par exemple : 75108 pour le , 75117 pour le ).

Histoire Arrondissements de 1795 à 1860 vignette|droite|Plan des anciens arrondissements de Paris par rapport aux limites actuelles.

Paris est divisée en 12 arrondissements le . Cette organisation reste en place jusqu'en 1860, lorsque l'annexion des faubourgs entraîne une réorganisation complète.

À cette époque, on comptait neuf arrondissements sur la Rive droite et trois sur la Rive gauche, numérotés d'ouest en est et du nord au sud par ordre à peu près croissant. Leur taille varie considérablement. Bien moins régulière que celle des arrondissements actuels, leur forme pouvait sembler illogique : les anciens 3 et 5 comprenaient même deux sections discontinues se touchant par un angle.

Chaque arrondissement se compose de quatre quartiers, issus des sections révolutionnaires créées en 1790.

Extension de 1860 vignette|droite|Napoléon III remet au baron Haussmann le décret d'annexion à Paris des communes suburbaines (1860). vignette|Plaque commémorant la création du en 1860 à la suite de l'extension de Paris, qui est alors passée de douze à vingt arrondissements.

Évolution du projet Préfet de la Seine depuis 1853, le baron Haussmann s'inquiète des embouteillages de voitures et de cavaliers qui affluent chaque jour vers le bois de Boulogne. Dès 1856, il songe à annexer des terrains de Passy et Neuilly pour agrandir la place de l'Étoile et déplacer l'octroi vers la porte Maillot.

Pour sa part, Napoléon III, marqué par sa jeunesse londonienne, rêve d'un « Grand Paris » qui engloberait non seulement l'ensemble du département de la Seine mais aussi les communes de Meudon et de Sèvres. À cet effet, il crée une commission présidée par le comte Henri Siméon. Son rapport préfigure la réorganisation territoriale de la capitale..

Quelques années plus tôt, la construction de l'enceinte de Thiers a coupé en deux certaines communes limitrophes. Le ministre de l'Intérieur Delangle argue que les territoires compris entre l'enceinte de Thiers et le mur des Fermiers généraux ne doivent leur prospérité qu'à la ville de Paris., Delangle, « Rapport à l'Empereur », dans Préfecture de la Seine, Documents relatifs à l'extension des limites de Paris, Paris, Charles de Mourgues Frères, 1859, sur Gallica..

Conçu en 1859 par le baron Haussmann, le projet de nouveau découpage de la capitale reprend l'ancien principe de numérotation. Balayant la ville du nord au sud et d'ouest en est, il commence par la Rive droite, qui comporte douze nouveaux arrondissements, et se poursuit sur la Rive gauche par les huit restants« L’annexion de 1860, naissance du arrondissement », résumé d'un article de Jacques Couvreur in Bull. Soc. hist. & arch. du arrondt de Paris, .. La circonscription occidentale englobant Passy et Auteuil doit donc recevoir le numéro 13, le faubourg Saint-Marcel fermant la liste avec le 20. Et là, le bât blesse car certains habitants influents de Passy s'offusquent, n'appréciant pas du tout qu'on les assimile à des personnes vivant en concubinage (voir arrondissement de Paris). Leur maire, Jean-Frédéric Possoz, prend en compte ces protestations. Il propose au préfet Haussmann de répartir les arrondissements selon une spirale partant du centre-ville, où se trouvent les bâtiments officiels. La distribution est revue en ce sens. C'est un secteur populaire et non revendicatif qui deviendra le 13 arrondissement, Passy et Auteuil formant le 16.

Loi d'extension

Malgré l'opposition de certaines communes limitrophes, la limite de Paris est étendue depuis le mur des Fermiers généraux jusqu'à l'enceinte de Thiers. La loi du entérine cette décision :

Selon l'article 2 de la loi, la commune de Paris comprend désormais vingt arrondissements, qui forment autant de cantons. L'article 3 détermine l'organisation administrative en instituant un conseil municipal de soixante membresL'article 3 établit que ce conseil est nommé ., dont au moins deux par arrondissement.

Paris s'agrandit ainsi de et passe de en 1859 à en 1860 (respectivement de à , emprise de la Seine non comprise)..

La date communément retenue pour cette extension est celle du . Or la loi, promulguée le , n'est entrée en vigueur que le 5. Sa seule disposition applicable prévoit l'extension du régime de l'octroi aux nouvelles limites de la ville., selon l'article 4. Toutefois, l'exemption de taxes est accordée pendant cinq ans aux usines et commerces implantés dans la couronne. L'objectif est politique : dissuader les industriels de s'établir à Paris et diminuer ipso facto l'importance de la classe ouvrière. Pour le même motif, l'ancienne commune de Belleville et le faubourg Saint-Antoine, traditionnellement turbulents, sont scindés en deux.

Le décret du . confirme l'intégration à la voirie parisienne des 733 voies appartenant aux communes annexées.

Le , en application de la loi du , les faubourgs de Paris compris entre l'ancien mur des Fermiers généraux et l'enceinte de Thiers sont annexés. Cela conduit à la création de vingt arrondissements nouveaux, dont le découpage et la numérotation en spirale diffèrent totalement de l'ancienne répartition (voir : Cas du arrondissement).

L'extension concerne vingt-huit communes, quatre étant agrandies par une partie d'anciennes communes intégrées à Paris. Quatre d'entre elles sont supprimées et leur territoire entièrement absorbé par Paris, où leurs noms désignent désormais des quartiers. Des vingt communes scindées par l'enceinte de Thiers, la loi en supprime sept et répartit leur territoire entre Paris et les localités voisines. Amputées de leur territoire situé à l'intérieur de l'enceinte, les treize autres conservent leur nom.

Modifications ultérieures thumb|right|upright=1.6|Les limites de Paris, du à 2015.

Pour l'essentiel, les arrondissements parisiens n'ont pas changé depuis 1860. Seules les limites des arrondissements extérieurs ont été repoussées extra muros en même temps que l'extension de la capitale, conformément à la loi de déclassement des fortifications de Paris du . et au décret sur la zone de servitude militaire du Journal officiel de la République française, 24 mars 1925, . : en 1925 (décrets du )Journal officiel de la République française, 5 avril 1925, ., absorption : des territoires zoniers des communes de Boulogne, Issy-les-Moulineaux ; Malakoff, Vanves, Montrouge et Gentilly ; du champ de manœuvres d'Issy-les-MoulineauxDevenu par la suite un terrain d'aviation puis l'héliport de Paris - Issy-les-Moulineaux. ; de la partie du bois de Boulogne située dans la commune éponyme. en 1929 (décrets du )Journal officiel de la République française, 19 avril 1929, ., absorption : des territoires zoniers d'Ivry-sur-Seine, de Neuilly-sur-Seine, du Kremlin-Bicêtre, de Charenton-le-Pont et de Saint-Mandé ; de la partie du bois de Boulogne située sur Neuilly-sur-Seine (, ) ; du bois de Vincennes, situé sur Vincennes, Fontenay-sous-Bois, Nogent-sur-Marne, Joinville-le-Pont, Saint-Maurice, Saint-Mandé et Charenton-le-Pont ( ; ). en 1930 (décrets du )Philippe Dallier au nom de l'Observatoire de la décentralisation, Le Grand Paris : un vrai projet pour un enjeu capital, rapport d'information 262 au Sénat, 8 avril 2008, annexe X : « Chronologie des relations entre Paris et la banlieue de 1786 à nos jours », reprenant ., absorption des territoires zoniers de :