Les Jeux olympiques de 1900, officiellement nommés Jeux de la olympiade, sont la deuxième édition des Jeux olympiques modernes. Ils ont lieu à Paris en France du 14 mai au dans le cadre de l'Exposition universelle. La décision d'organiser les Jeux de 1900 à Paris est prise lors du congrès olympique qui a lieu en 1894. Une concurrence se développe après les Jeux de 1896 entre d'un côté Pierre de Coubertin, président du Comité international olympique (CIO), qui veut organiser les Jeux de la olympiade à Paris mais qui ne réussit pas à mettre en route son projet, et de l'autre Alfred Picard, commissaire général de l'Exposition universelle, qui veut organiser des « concours internationaux d'exercices physiques et de sports ». L'instance dirigeant alors le sport en France, l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), penche finalement en pour les concours de l'Exposition plutôt que pour les Jeux de Coubertin. Ce dernier est alors obligé au printemps 1899 d'accepter le compromis que suggère l'USFSA : Ces concours ne sont pas appelés « Jeux olympiques » dans les documents officiels ni sur les affiches de promotion. Ainsi, de nombreux athlètes ignoreront, pour certains jusqu'à leur mort, qu'ils ont disputé des Jeux olympiques.

Les concours sportifs attirent mais selon le CIO, 997 athlètes venant de dont s'affrontent dans les épreuves qu'il considère comme olympiques. Les femmes sont présentes aux Jeux olympiques pour la première fois ; la joueuse de tennis britannique Charlotte Cooper est la première championne olympique dans une épreuve individuelle. Le CIO reconnaît 95 épreuves sur un total estimé de 477. Parmi les compétitions reconnues, trois sports (la pelote basque, le cricket et le croquet) et plusieurs épreuves (par exemple le saut en longueur à cheval et la natation avec obstacles) font leur seule apparition de l'histoire au programme olympique. Les compétitions non reconnues incluent des disciplines telles que les concours de ballons, la pêche à la ligne et le tir au canon, ainsi que des épreuves professionnelles, réservées aux Français ou avec handicap et des concours scolaires.

Vainqueur du , du haies, du haies et du saut en longueur, l'athlète américain Alvin Kraenzlein remporte le plus d'épreuves reconnues comme olympiques. Après les Jeux de 2020, il est toujours le seul à avoir obtenu quatre titres olympiques individuels en athlétisme la même année. Il devance le tireur suisse Konrad Stäheli (trois titres et une troisième place) et l'athlète américain Ray Ewry qui gagne trois épreuves de sauts sans élan, alors qu'il a perdu l'usage de ses jambes entre 12 et à cause de la poliomyélite. Un Parisien âgé de 7 à est appelé en renfort comme barreur pour le duo néerlandais qui remporte une épreuve d'aviron. On n'a jamais retrouvé le nom du garçon qui est vraisemblablement le plus jeune champion olympique de l'histoire. La France, pays dont provient plus de la moitié des athlètes, domine le tableau des médailles établi a posteriori avec 102 médailles dont 27 en or. Elle devance les États-Unis (47 médailles dont 19 en or) et la Grande-Bretagne (30 dont 15 en or).

Contexte Rénovation des Jeux vignette|alt=Photo en portrait d'un homme en costume de ville.|Le baron Pierre de Coubertin, rénovateur des Jeux olympiques. À l'instigation du baron Pierre de Coubertin, le Congrès olympique est organisé du 16 au dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, à Paris, par l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques. Les deux principaux objets sont l'étude des principes de l'amateurisme et le rétablissement des Jeux olympiques. Coubertin a prévu que les premiers Jeux olympiques modernes auraient lieu à Paris en 1900, en même temps que l'Exposition universelle, mais les délégués estiment que six ans seraient une trop longue attente. Des Jeux sont donc prévus en 1896. Sur proposition du représentant de la Grèce Dimítrios Vikélas, la compétition est organisée à Athènes... Cela figure au point XIII de la déclaration sur la réglementation de l'amateurisme et le rétablissement des Jeux olympiques selon lequel le congrès décide . Cité par ..

À la fin des Jeux de 1896, en tant que nation à l'origine des Jeux, la Grèce revendique le droit d'organiser les épreuves olympiques tous les quatre ans. Notamment soutenu par les athlètes américains et l'athlète et écrivain britannique George Stuart Robertson, le roi Georges demande au CIO présidé par Pierre de Coubertin qu'Athènes soit la ville hôte permanente des Jeux.. Coubertin réussit à convaincre ses collègues du CIO de ne pas soutenir cette proposition.. Dans une lettre ouverte adressée au roi, il remercie les Grecs pour l'énergie et l'enthousiasme avec lesquels ils ont organisé la compétition d'Athènes mais confirme que les Jeux suivants auront lieu à Paris en 1900. Les Grecs considèrent ensuite que le baron est . Cependant, la famille royale réalise ensuite que son projet serait impossible à réaliser pour des raisons financières. La défaite face à l'Empire ottoman en 1897 réduit encore la possibilité de Jeux à Athènes en 1900.

Deux projets concurrents vignette|gauche|alt=Photo en portrait d'un homme en costume de ville.|Alfred Picard, commissaire général de l'Exposition universelle de 1900. Certains dirigeants de la Troisième république estiment que la défaite lors de la guerre franco-allemande de 1870 est liée à la mauvaise condition physique des jeunes Français et l'éducation physique devient obligatoire à l'école primaire en 1882. Le commissaire général de l'Exposition universelle de 1900, Alfred Picard, propose d'y organiser des concours internationaux d'exercices physiques. Il reçoit l'accord du gouvernement pour inclure ces concours sportifs dans le programme de l'Exposition en . L'objectif est d'organiser des compétitions ouvertes au plus grand nombre pour promouvoir la pratique des exercices physiques dans le pays.

En , Pierre de Coubertin rencontre Alfred Picard et lui annonce qu'il va proposer en juin de rétablir les Jeux olympiques et d'organiser la première édition à Paris. Il lui propose également de mettre en place une exposition consacrée à l'histoire des sports : Picard ne donne pas de suite à cet entretien... Il crée la commission préparatoire aux Concours internationaux qui se réunit pour la première fois le . Coubertin, qui a organisé les concours scolaires de l'Exposition de 1889, en a été nommé membre mais il ne participe pas aux réunions car il se trouve en Grèce pour préparer les Jeux de 1896. La commission établit un plan général des concours qu'elle publie en . Selon ses mémoires, Coubertin a et s'est . Cité par .. En , après la parution de la classification générale de l'Exposition, il écrit une lettre au ministre du Commerce pour exprimer son inquiétude quant à la place du sport au sein de l’événement et Picard répond que .. Coubertin estime que le projet de Picard ..

Il met donc en place un comité d'organisation pour les Jeux olympiques composé notamment d'aristocrates et connu sous le nom de son président, le vicomte de La Rochefoucauld. L'intention de Coubertin est la suivante : . Le comité annonce à la presse en qu'il s'est formé . Coubertin obtient des promesses de soutien à Paris pour l'organisation et de participations d'athlètes étrangers.. Le programme établi par son comité est basé sur celui des Jeux de 1896, avec l'addition de la boxe, du polo et du tir à l'arc et la suppression du tir.. Publié en , il est jugé par Picard. En novembre, l'Union des sociétés françaises de sports athlétiques (USFSA), dont Coubertin est le secrétaire général en titre, décide de ne pas soutenir le comité La Rochefoucauld qui mais de se tenir à disposition de l'Exposition universelle pour contribuer à l'organisation de ses concours sportifs. En , les Concours internationaux physiques et de sports sont annoncés dans le Journal officiel avec une trentaine de disciplines qui seront disputées pour la plupart dans le bois de VincennesDepuis 1856, le bois de Vincennes est un parc de Paris. et l'organisation des jeux athlétiques est attribuée à l'USFSA.. Daniel Mérillon, ancien député et président de l'Union française des sociétés de tir, est nommé délégué général pour les concours sportifs de l'Exposition universelle en . Coubertin tente de collaborer avec lui pour organiser les Jeux olympiques mais Picard, qui les qualifie d', s'y oppose fermement. Avec ces difficultés et à la suite de , le vicomte de La Rochefoucauld et les autres membres du comité annoncent leur démission...

Isolé, Coubertin est obligé au printemps 1899 d'accepter le compromis que suggère l'USFSA : Malgré une organisation qu'il considère comme insuffisante () et qui provoque l'inquiétude à l'étranger, Coubertin apporte ensuite son soutien aux concours de l'Exposition en tant que président du CIO : il écrit des articles dans les journaux étrangers, envoie des circulaires à ses collègues du CIO et fait également la promotion des concours lors d'un voyage en Europe du Nord... Alors qu'il souhaitait profiter de l'organisation simultanée de l'Exposition universelle et des Jeux olympiques pour augmenter l'impact de ces derniers, Coubertin doit finalement reconnaître des concours sportifs étalés sur cinq mois, ouverts aux professionnels et aux femmes, mais qui sont éclipsés par l'Exposition et qui ne sont pas nommés « Jeux olympiques » ni dans les documents officiels ni sur les affiches de promotion...

Organisation Comité d'organisation vignette|alt=Photo en portrait d'un homme en costume de ville.|Daniel Mérillon, délégué général aux sports pour les concours sportifs de l'Exposition universelle de 1900. Daniel Mérillon, ancien député et président de l'Union française des sociétés de tir, est nommé délégué général aux Concours d'exercices physiques et de sports. Il est assisté de cinq délégués adjoints.. Les concours sportifs sont organisés par une commission supérieure d'une trentaine de membres présidée par Octave Gréard et par douze comités comptant au total environ chargés d'établir le programme des épreuves faisant partie de leurs sections respectives. Environ des jurys dont sont également nommés. L'organisation des épreuves est déléguée par contrats aux fédérations sportives des sports concernés. Pierre de Coubertin, président du CIO, fait partie des vice-présidents de la section « Jeux athlétiques »..

Les buts des concours sportifs sont notamment d' et de . En plus de leur rôle dans l'éducation et la promotion du sport, le commissaire général de l'Exposition Alfred Picard souhaite donner un caractère scientifique aux concours sportifs. Il demande donc la création du comité d'hygiène et de physiologie, dirigé par le médecin Étienne-Jules Marey et composé d'une cinquantaine de chercheurs. Constituant la section XIII du programme général, ce comité a notamment pour objectif de déterminer les effets des différents sports sur le corps, observer leurs mécanismes et découvrir les raisons des performances exceptionnelles des meilleurs athlètes..

Aspects économiques Les dépenses des différents comités d'organisation pour les concours sportifs s'élèvent à dont pour les prix distribués aux participants. Sur cette somme, sont des subventions de l'Exposition universelle. Les recettes provenant des billets d'entrée revenant à l'Exposition sont très inférieures aux prévisions : elles sont de . Les autres frais pris en charge par l'Exposition s'élèvent à (dont pour la construction du vélodrome et pour le parc d'aérostation). Les dépenses de l'Exposition pour l'organisation des concours sportifs atteignent donc environ . En ajoutant les que la ville de Paris a payé pour le vélodrome aux dépenses des comités d'organisation et de l'Exposition, les concours sportifs coûtent environ de francs au total..

Les attribués aux comités d'organisation des concours sportifs représentent environ 1 % du budget global de l'Exposition universelle. Cette somme est équivalente à environ d'euros de 2006.

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