Mariano Rajoy Brey (), né le à Saint-Jacques-de-Compostelle, est un homme d'État espagnol membre du Parti populaire (PP). Il est président du gouvernement entre et .

Il suit dans les années 1980 un parcours d'élu local et régional en Galice, avant de s'imposer progressivement sur la scène nationale dans l'ombre de José María Aznar. Il est ainsi vice-secrétaire général du PP de à , puis ministre des Administrations publiques, de l'Éducation et de la Culture, de la Présidence, et enfin de l'Intérieur entre et . Cette année-là, il est promu « numéro deux » du gouvernement comme premier vice-président, ministre de la Présidence et porte-parole.

Il est choisi en par Aznar comme son successeur, mais échoue à maintenir le PP au pouvoir lors des élections générales de 2004. Chef de l'opposition au socialiste José Luis Rodríguez Zapatero pendant les sept années qui suivent, il est contesté mais réélu lors du congrès de 2008 du PP, qui suit la défaite aux élections de 2008.

Il accède au pouvoir en à la suite de sa victoire avec une nette majorité absolue aux cours des élections anticipées. Il met en œuvre une politique d'austérité en réponse à la crise économique qui touche l'Espagne. Il perd sa majorité lors des élections de 2015 mais parvient à être reconduit au pouvoir en , après de nouvelles élections en juin et plus de neuf mois d'affaires courantes. Il fait face, en , au défi indépendantiste en Catalogne, marqué en particulier par l'organisation d'un référendum interdit et la suspension de l'autonomie de la Généralité de Catalogne.

En , après que son parti a été condamné dans une affaire de corruption, il est renversé par une motion de censure, la première de l'histoire démocratique à être adoptée, et remplacé par le socialiste Pedro Sánchez. Il quitte ensuite la présidence du PP, qui revient à Pablo Casado, se retire de la vie politique et retrouve son métier de conservateur des hypothèques.

Situation personnelle Origines galiciennes Mariano Rajoy Brey naît le à Saint-Jacques-de-Compostelle. Il passe son enfance et le début de son adolescence à Piedrahíta, O Carballiño, Oviedo et enfin León, avant de s'installer avec sa famille à Pontevedra..

Il est le fils de Mariano Rajoy et Olga Brey, et le petit-fils d'Enrique Rajoy Leloup. Son grand-père était professeur des universités à l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle et a participé à la rédaction du statut d'autonomie de la Galice en 1936. Son père était juge, et a notamment présidé la cour provinciale de Pontevedra. Sa mère meurt le et son père le 2018..

Il a deux frères et une sœur, Luis, Enrique, et Mercedes. Le premier est notaire, les deux autres sont conservateurs des hypothèques. Luis meurt d'un cancer le , et Mercedes décède le ..

Mariage et enfants Elvira Fernández Balboa, dite , est l'épouse de Mariano Rajoy. Ils se sont rencontrés en 1992 dans un bar de Sanxenxo, dans la province de Pontevedra. Le couple se marie quatre ans plus tard, au moment de Noël, et aura deux enfants : Mariano en 1999 et Juan en 2005...

Elle naît en 1965 à Pontevedra et étudie les sciences économiques à l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle. Après son mariage, elle s'installe avec son mari à Madrid, dans le quartier de Moncloa-Aravaca. Elle commence par travailler pour Antena 3, avant d'être recrutée par Telefónica comme analyste de contenus pour le marché audiovisuel..

Études et vie professionnelle Il étudie le droit à l'université de Saint-Jacques-de-Compostelle, où il obtient sa licence en 1978. Il passe ensuite avec succès le concours de conservateur des hypothèques, qu'il réussit à l'âge de . Il est ainsi le plus jeune titulaire d'un tel poste en Espagne..

En 1979, alors qu'il effectue un voyage de nuit entre Villafranca del Bierzo, où il travaille, et Pontevedra, il est victime d'un accident de voiture à hauteur de la commune de Palas de Rei. Il est ensuite transporté à l'hôpital de Lugo, où il subit une opération chirurgicale de six heures pour lui reconstruire une partie du visage. Deux ans plus tard, Mariano Rajoy prend la décision de porter la barbe de façon permanente afin de dissimuler les cicatrices résultant de cette intervention. Il ne se la rasera qu'une seule fois par la suite, à l'été 1996..

Il partage cette volonté de dissimulation avec l'un de ses adversaires politiques, l'indépendantiste catalan Carles Puigdemont, qui cache pour sa part les conséquences d'un accident de la circulation survenu en 1983 sous sa frange..

Parcours politique Dans l'ombre de Manuel Fraga À l'origine militant de l'Union nationale espagnole (UNE), il adhère en 1981 à l'Alliance populaire (AP) sur recommandation de Manuel Fraga, fondateur de ce parti de la droite conservatrice et ancien ministre de Francisco Franco ...

Lors des élections parlementaires du 20 octobre 1981, il est élu député au Parlement de Galice. Benjamin de l'assemblée à , il est désigné par ses pairs vice-secrétaire du bureau sur décision de Gerardo Fernández Albor. En 1982, il intègre l'administration de la communauté autonome en qualité de directeur général des Relations institutionnelles de la Xunta..

Dans la perspective des élections municipales du , l'AP laisse entendre au mois de février que Rajoy pourrait être sa tête de liste à Pontevedra, ce qui force le maire centriste sortant José Rivas Fontán à accepter de prendre la tête d'une alliance de droite et du centre incluant l'AP afin de se maintenir au pouvoir. Deuxième de cette liste, Mariano Rajoy est ainsi élu conseiller municipal. Il prend en juin suivant la présidence de la députation provinciale, fonction pour laquelle il était le troisième choix de José Luis Barreiro, son prédécesseur à la direction de l'AP dans la province. Selon Rivas Fontán, Rajoy n'a quasiment et ...

En , il s'oppose publiquement à Manuel Fraga, en refusant de renoncer à la présidence de l'AP dans la province de Pontevedra au profit de Barreiro, alors que Fraga lui propose en échange d'occuper la première place pour les prochaines élections législatives dans le territoire.. Après un entretien avec le président de l'AP à Madrid, Rajoy indique avoir accepté le marché proposé et que ses critiques ont été mal interprétées..

Rapide ascension Il est candidat aux élections législatives anticipées du , occupant la tête de liste de la Coalition populaire (CP) dans la circonscription de Pontevedra. Élu au Congrès des députés, il est affecté à la commission constitutionnelle et à la commission de la Justice et de l'Intérieur.

Il est nommé, le , vice-président du gouvernement autonomique de la Galice par Gerardo Fernández Albor. Il doit alors démissionner de son mandat de député, qui prend fin le suivant, et de la présidence de la députation provinciale. Il perd son poste en , après qu'une motion de censure a renversé Albor au profit du socialiste Fernando González Laxe.

Il retrouve, en , la présidence provinciale de l'Alliance populaire de Pontevedra., puis est désigné secrétaire général de l'AP de Galice en , au cours d'un congrès extraordinaire qui consacre Fraga comme président.. Il entre au comité exécutif national du nouveau Parti populaire (PP) en .

Il postule de nouveau au Congrès des députés lors des élections législatives anticipées du . À la suite de ce scrutin, il devient membre de la députation permanente du Congrès, ainsi que président de la commission parlementaire de contrôle de la Radio-télévision espagnole (RTVE) pendant quelques mois en 1990.

Cadre dirigeant du nouveau Parti populaire Le congrès d' porte José María Aznar, chef de file des élections de 1989, à la présidence du PP et maintient Rajoy au sein de la direction nationale. Il est promu vice-secrétaire général, sous l'autorité de Francisco Álvarez-Cascos, en suivant, en conséquence de la démission d'Artur Moreno « Aznar designa vicesecretario del PP a Rajoy, un hombre de confianza de Fraga », El País, le ..

Réélu à ce poste en « Técnicos y ex dirigentes de UCD, mayoría en la nueva ejecutiva », El País, le ., il conserve son siège de député de Pontevedra en suivant.

Il est confirmé comme vice-secrétaire général en clôture du congrès de . Il est alors présenté comme ministrable en cas de victoire du Parti populaire aux prochaines élections législatives, étant pressenti pour le poste de ministre des Administrations publiques « Aznar refuerza con los que serían hombres fuertes de su Gobierno una ejecutiva monolítica », El País, le ..

Premiers portefeuilles ministériels Le , le PP gagne les législatives anticipées, et Mariano Rajoy, qui avait été réélu député, est nommé ministre des Administrations publiques le suivant dans le premier gouvernement Aznar. Son mandat est marqué par l'adoption, en 1997, de la loi relative à l'organisation et au fonctionnement de l'administration générale de l'État (LOFAGE), qui régule l'organisation et les missions de l'administration centrale, et la loi relative au gouvernement.

Il change de portefeuille le et remplace Esperanza Aguirre, fortement critiquée, au ministère de l'Éducation et de la Culture « Un gallego pragmático al frente de Educación », El País, le .. Juste après cette nomination, il est réélu vice-secrétaire général du PP lors de son congrès national « El congreso del PP elige hoy la lista de 30 nombres dictada por Aznar », El País, le ..

Homme de confiance de José María Aznar En 2000, il dirige la campagne électorale des conservateurs pour les élections du 12 mars, que ces derniers remportent avec la majorité absolue des sièges face aux socialistes. Mariano Rajoy est ensuite nommé, le , premier vice-président du gouvernement et ministre de la Présidence « Aznar asciende a Rajoy y mantiene a Rato al frente de la política económica », El País, le ..

Moins d'un an plus tard, le , il remplace Jaime Mayor Oreja, candidat à la présidence du gouvernement du Pays basque, comme ministre de l'Intérieur « Aznar sitúa a Rajoy en Interior y premia a Lucas con el Ministerio de Presidencia », El País, le .. À ce poste, il impulse notamment la loi organique sur le droit d'association, approuve le décret d'application de la loi organique sur les droits et devoirs des étrangers, et présente l'avant-projet de loi de prévention de l'alcoolisme.

Lors du vaste remaniement ministériel du , il se convertit en homme fort du gouvernement puisqu'il redevient ministre de la Présidence, conserve sa vice-présidence et est nommé porte-parole du gouvernement « Aznar cambia a ocho ministros para encarar sus dos últimos años en el poder », El País, le . « Una crisis para recobrar la iniciativa política », El País, le .. Dans ses nouvelles fonctions, il a dû affronter deux moments très difficiles du second mandat d'Aznar : la catastrophe du pétrolier Prestige au large de la Galice, et la participation de l'Espagne à la guerre d'Irak voulue par George W. Bush.

Pressenti, avec Rodrigo Rato et Jaime Mayor Oreja, pour succéder à José María Aznar à la direction du PP et comme candidat à la présidence du gouvernement aux législatives de 2004 « Aznar comunicó el viernes por la noche a Rajoy que le propondría como sucesor », El País, le ., il est choisi par ce dernier le « Aznar cede a Rajoy todo su poder en el PP », 'El País, le . et quitte le gouvernement deux jours plus tard « Aznar compensa con su ajuste a Rato y Arenas », El País, le ..

Chef de l'opposition Défaite surprise de 2004