Jorge Mario Bergoglio, S.J. (en espagnol : Prononciation en espagnol retranscrite selon la norme API. Se prononce « Bergolio » avec un l mouillé si l'on souhaite rester fidèle à la prononciation originelle du nom en italien. C'est de cette manière que le protodiacre Jean-Louis Tauran l'a prononcé lors de lHabemus papam. En Argentine, d'où est originaire François, le g est en revanche prononcé, soit .), né le à Buenos Aires et mort le au Vatican, est un ecclésiastique argentin. Il est successivement prêtre, évêque puis archevêque de Buenos Aires et cardinal, avant d'être élu pape le sous le nom de François (en latin : , en italien : , en espagnol : )Son nom de pontificat est « simplement » François, bien que les médias (y compris Radio Vatican, « Habemus Papam, cardinalem Bergoglio, ») l'aient désigné dans un premier temps, lors de son élection, sous le nom de . Le directeur du bureau de presse du Saint-Siège Federico Lombardi a précisé que cette désignation était anachronique et trop hâtive, et que le pape ne sera appelé officiellement François que le jour où l'un de ses successeurs choisira le nom de ( ). Cependant cette règle n'est pas toujours respectée puisque, lors de l'élection de Jean-Paul en 1978, le cardinal protodiacre présenta celui-ci à la foule par la formule (« [il] s’est donné le nom de ») et non simplement ( Vidéo de l'élection de en 1978 sur YouTube). Ce choix de François, au lieu de François , est selon le Vatican le vœu du souverain pontife (source : .. En qualité d'évêque de Rome et chef d'État du Vatican, il est le Ce classement traditionnel de est contestable. Le titre de pape n'apparaît en effet qu'au cours du et n'est pas attesté pour l'évêque de Rome avant le début du . La liste des papes de l'annuaire pontifical qui fait autorité n'est en effet pas sans ambiguïté car elle repose sur des sources anciennes sujettes à caution, notamment le . Philippe Levillain, Dictionnaire historique de la papauté, Fayard, 2003, s. v. « Pape ». de l’Église catholique jusqu’à sa mort.

Premier pape issu des rangs de la Compagnie de Jésus et premier pape non européen depuis le pape syrien au , François est aussi le premier pape issu du continent américain et le premier à prendre ce nom, en mémoire de François d'Assise.

Son pontificat, d'une durée de douze ans, est marqué par un déplacement du centre de gravité de l'Église vers, entre autres, l'Amérique latine et l'Afrique, et des prises de position progressistes en faveur de la lutte contre le réchauffement climatique, pour l'accueil des réfugiés et la justice sociale. Il entretient toutefois une doctrine conservatrice concernant les droits LGBT, ainsi que sur l'ensemble des grands thèmes de bioéthique.

Il poursuit la lutte contre les abus sexuels sur mineurs dans l'Église catholique ainsi que le dialogue interreligieux entamés par son prédécesseur, et se mobilise en faveur de la paix lors de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, ainsi que pour un cessez-le-feu immédiat dans le cadre de la guerre à Gaza depuis 2023.

Dès le début de son pontificat, il lance un ambitieux programme d’assainissement des finances du Vatican et engage une profonde réforme de la Curie romaine, officialisée en 2022 par la constitution Praedicate Evangelium, visant à simplifier son fonctionnement, renforcer le rôle des laïcs et lutter contre le cléricalisme.

Ses prises de position en font un pape populaire auprès de beaucoup de fidèles, mais critiqué au sein de l'Église par les conservateurs et plus encore par les traditionalistes. Promoteur d'un style de gouvernement décentralisé par la synodalité, François a paradoxalement été très centralisateur voire autoritaire dans sa gouvernance.

Famille et jeunesse vignette|Basilique Saint-Charles-Borromée-et-Marie-Auxiliatrice, où Jorge Mario Bergoglio a été baptisé, Buenos Aires. Jorge Mario Bergoglio naît le au dans le quartier populaire de Flores, situé dans l'ouest de la ville de Buenos Aires....

Son père, Mario José Bergoglio, est un immigré italien venu du Piémont et arrivé en Argentine en 1927 ou plus probablement début 1929, les biographes ne sont pas d'accord sur la date exacte de cette immigration... Sa mère, Regina María Sivori, née en Argentine, est fille d'immigrés italiens venant de Ligurie.De Lavagna, sur la côte ligure, la même ville d'origine que l'ancien footballeur italo-argentin Omar Sívori, qui est un de ses lointains cousins. ..

Son grand-père paternel, Giovanni Angelo Bergoglio, est originaire de Portacomaro Stazione, un hameau de Bricco Marmorito aujourd'hui rattaché à la commune d'Asti (Piémont)... Son père, Mario José Bergoglio, exerce la profession de comptable employé des chemins de fer "Vatican Web site, from L'Osservatore Romano, Year LXIII, number 12 : Biography of the Holy Father Francis". Libreria Editrice Vaticana.., et sa mère, Regina María Sivori, est femme au foyer. Ses parents se marient le à Buenos Aires et ont cinq enfants., news.va, 14 mars 2013. (dont Jorge Mario est l'aîné) : trois garçons (Jorge Mario, Alberto et Oscar) et deux filles (Marta Regina et María Elena), parmi lesquels seule María Elena est encore en vie au moment de l'élection de Jorge..

Jorge Bergoglio est baptisé le , jour de Noël, par le père Enrique Pozzoli (qui sera plus tard son directeur spirituel.) en la basilique Saint-Charles-Borromée-et-Marie-Auxiliatrice située dans le quartier d'Almagro à Buenos Aires ; son parrain est Francisco Sivori et sa marraine Rosa Vassallo de Bergoglio..

gauche|vignette|La basilique San José de Flores, dans le quartier de Buenos Aires où il a passé son enfance et a reçu sa vocation. Ainsi, bien que né en Amérique du Sud, Jorge Bergoglio grandit dans un milieu familial largement européaniséKevin Clarke, , 15/03/2013, article en ligne., venant de deux régions italiennes, le Piémont et la Ligurie, mais dont les familles parentales n'étaient pas italophones dans la vie quotidienne.

Il est marqué par « la sainteté de l'Iglesia » militante de ses parents et de sa grand-mère Rosa, disant qu'elle a beaucoup compté pour lui et dont il conserve le testament dans son bréviaire.. Il dit aussi que des conflits familiaux entre ses oncles le marquent.. Un de ses oncles était un « radical de 90 » (qui avait soutenu la révolution du Parc de 1890).

C'est dans l'église San José du quartier de Flores que Jorge Mario Bergoglio, à l'âge de , lors d'une confession précédant la fête de la saint MatthieuPatron des étudiants en Argentine, fêté le .Sergio Rubín et Francesca Ambrogetti, , éd. Vergara, 2010, cité par . de 1953, fait l'expérience « de la miséricorde de Dieu » et qu’. et s'est senti appelé, « à l'instar d'Ignace de Loyola ».. Alors qu'il est fiancé à une jeune femme (comme le révèle sa sœur..), il entame une réflexion qui le conduit à rompre ses fiançailles et être ordonné ; jusqu'à son accession à la papauté, il vient chaque année dans l'église San José célébrer une messe pour Pâques..

vignette|Jorge Mario Bergoglio (quatrième garçon à la gauche sur la troisième rangée à partir du haut) à , alors qu'il étudie au collège salésien de Ramos Mejía. Il étudie notamment au collège salésien Wilfrid Barón de Ramos Mejía en 1949, avant d'entrer dans l'école industrielle E.N.E.T () Hipólito Yrigoyen, où il obtient un diplôme de technicien en chimie.. Pendant ses études à Buenos Aires, Bergoglio raconte qu'il a subvenu à ses besoins financiers en faisant des ménages dans une usine locale et en travaillant en tant que videur dans un club mal famé de Córdoba...

Concernant la politique, il est l'un des étudiants sur l'estrade lors d'une visite de Juan Perón à son école. Il précise :

À l'âge de , il décide de devenir prêtre, à la suite de l'ablation de la partie supérieure du poumon droit qui est la conséquence d'une pneumonie aiguë avec multiples kystes pulmonaires... Plusieurs causes sont évoquées : tuberculose contractée au contact des populations pauvres et traitée par pneumothorax en raison de la pénurie d'antibiotiques à cette époque, tabagisme excessif lors de son passage au séminaire...

Formation redresse|vignette|Jorge Mario Bergoglio, séminariste à Villa Devoto, à la fin des années 1950.

Jorge Mario Bergoglio termine sa formation de technicien en chimie avant d'entrer au séminaire de Villa Devoto, puis au noviciat de la Compagnie de Jésus, le . Il poursuit sa formation spirituelle au Chili et revient en 1963 à Buenos Aires pour ses études de philosophie.

Après une expérience d'enseignement (régence) de la littérature dans un collège de Santa Fe () et dans un collège de Buenos Aires ( .) (1964 à 1966 Mario Adinolfi, , avril 2005, .), il fait ses études de théologie au théologat de San Miguel dans la banlieue de Buenos Aires qui dépend de l'université jésuite del Salvador (1967 à 1970), puis est ordonné prêtre le par Ramón José Castellano, archevêque de Córdoba. Il continue ensuite ses études à la faculté théologique et philosophique San José de San Miguel.

Outre l'espagnol, il parle couramment l'italien et le piémontais. (langues de sa famille), l'allemand (langue de ses études de philosophie), le latin et possède des notions de portugais, de français et d'anglais..

Prêtre et provincial des Jésuites Retour en Argentine Après une année (1971-1972) de Troisième An à Alcalá de Henares en Espagne, Jorge Mario Bergoglio est nommé maître des novices du , institution jésuite de San Miguel, en 1972, et fait profession solennelle le . Trois mois plus tard, le 31 , âgé de trente-six ans, il est nommé provincial, supérieur provincial chargé d'une des « provinces » (région géographique) et nommé par le Supérieur général. des jésuites d'Argentine en remplacement de Ricardo O'Farell pour une durée de six ans Horacio Verbitsky, Vigilia de armas. III. Del Cordobazo de 1969 al 23 de marzo de 1976, éd. Sudamericana, 2009, .. La Compagnie est alors en manque de vocations et se trouve divisée sur la question de la théologie de la libération. quand prend place la dictature militaire entre 1976 et 1983. Si certains commentateurs lui reprochent de ne pas avoir toujours défendu les Jésuites socialement engagés, d'autres lui savent gré d'avoir préservé la Compagnie d'une crise majeure. et d'en avoir conservé l'unité.

Membre depuis la fin des années 1960 de l'organisation péroniste Organización Única del Trasvasamiento Generacional (OUTG), il confie, fin 1974, le contrôle de l'université del Salvador à d'ex-membres de cette organisation controversée, dissoute à la mort de Juan Perón ..

En 1980, à l'issue de sa charge de provincial, il est nommé recteur de la faculté de théologie et de philosophie de San Miguel (l'ancien ), tout en y étant professeur de théologie. Il est également pendant cette période curé de la paroisse Saint-Joseph de San Miguel. Il communique régulièrement à travers ses homélies, pour dénoncer la corruption de la classe politique et la crise des valeurs en Argentine. Sa fermeté dans la direction de l'école lui crée des difficultés au sein de l'ordre qu'il avait dirigé, et en 1986, il se rend en Allemagne et commence une thèse à la faculté de philosophie et de théologie de Sankt Georgen de Francfort. Il ne s'y trouve pas à l'aise, et à son retour rapide en Argentine, il est relégué. à Córdoba comme prêtre de quartier et confesseur.

Pendant la dictature Son attitude durant la dictature militaire entre 1976 et 1983 fait l'objet de controverses : en 2000, il demande à l’Église argentine de reconnaître son rôle durant la période de la dictature et l'appelle à la pénitence pour purifier sa mémoire.

Mais en 2005, le journaliste Horacio Verbitsky, ancien membre des « Montoneros ». devenu directeur du quotidien pro-gouvernemental Página/12., reconnu au niveau international pour ses enquêtes, relance la polémique en publiant bibliographie.. Verbitsky affirme notamment que le père Bergoglio a collaboré avec la junte et n'a pas cherché à faire libérer deux jésuites travaillant sous son autorité, Franz Jalics et Orlando Yorio..