Pierre-Perthuis est une commune française située dans le département de l'Yonne en région Bourgogne-Franche-Comté.
Dès l'Antiquité, les Romains construisent une voie romaine et des . Au Moyen Âge, vers le , un château est construit, puis pendant la guerre de Cent Ans et la Ligue, ce dernier est pris plusieurs fois par les différents belligérants.
Ses habitants, appelés les Perthuisiens, sont au nombre de 122 en 2017 et font partie du parc naturel régional du Morvan.
Géographie Localisation
Pierre-Perthuis est localisé dans le sud-ouest du département de l'Yonne, à 55 km au sud-ouest de sa préfecture Auxerre. Le département de la Nièvre est à 5 km au sud (direction Bazoches). Les distances par route entre deux points donnés sont calculées dans le panneau latéral (voir l'onglet en haut à gauche de l'écran) - cliquer sur "itinéraires"..
Le village est situé sur un plateau dominant la vallée de la Cure. Sa superficie est d’environ , pour une altitude comprise entre 151 et . Il est établi sur les collines surplombant la vallée de la Cure Couches « Cartes IGN classiques », « Limites administratives » et « Hydrographie » activées. Vous pouvez bouger la carte (cliquer et maintenir, bouger), zoomer (molette de souris ou échelle de l'écran), moduler la transparence, désactiver ou supprimer les couches (= cartes) avec leurs échelles d'intensité dans l'onglet de "sélection de couches" en haut à droite, et en ajouter depuis l'onglet "Cartes" en haut à gauche. Les distances et surfaces se mesurent avec les outils dans l'onglet "Accéder aux outils cartographiques" (petite clé à molette) sous l'onglet "sélection de couches"..
Communes limitrophes
Ce petit village se situe à mi-chemin entre Vézelay ou Saint-Père et Bazoches.
Relief et géologie
La Cure a creusé la zone Sud de Vézelay, formant un défilé au nord du village de quarante mètres de hauteur, avant de s'élargir dans la vallée.. Sur la rive droite, la falaise atteint une quinzaine de mètres de hauteur.
Près de cette falaise, sur un promontoire se situe une arche dénommée la « Roche Percée » creusée au fil du temps par l'érosion et constituée de granite. La couche supérieure de l'arche est datée de 185 millions d'années. L'arche est située à six mètres de hauteur et fait une largeur de huit mètres.
Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, « Lormes_sapc », sur la commune de Lormes à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . ...
Les paramètres climatiques de la commune ont été estimés pour le milieu du siècle (2041-2070) selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.. Ils sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en ..
Urbanisme Typologie Au , Pierre-Perthuis est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Avallon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (68,2 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (68,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (45,8 %), forêts (31,8 %), terres arables (14 %), zones agricoles hétérogènes (8,4 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Petrapertusa (1141) ; Petra-Foraminis (XIIe siècle) ; Petra-Pertuis (1191) ; Pierrepertuis (1535).. De l'oil pierre et de l'adjectif féminin pertuse « percée de trous ».. Présence d'une « Roche Percée », site naturel proche du village, anciennement appelée Petra-Pertuisa, aurait donné son nom au village, mise à nue par le creusement de la vallée de la Cure, apparut-elle, aux grandes heures de Vézelay, comme un portail monumental que les pèlerins devaient franchir dans un sens pour accéder à la haute spiritualité du site et, dans l’autre sens, pour s’engager sur les longs chemins du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle..
Histoire Voir aussi "château de Pierre Perthuis" Préhistoire
La mise au jour de plusieurs objets préhistoriques, notamment des haches en padéite polie, en granit et en silex, une perle en pierre, un percuteur, un racloir, des perçoirs, des pointes de flèches, des amandes et des lames en silex taillé, aux lieux-dits « La Presle » et « Les Petites Roches », attestent d'une occupation très ancienne du site de Pierre-Perthuis.
Antiquité
Quelques menus objets retrouvés en surface de l'emplacement présumé de villas gallo-romaines, aux abords du château, et les vestiges de la voie romaine attestent d'une présence romaine sur le territoire de Pierre-Perthuis.
Moyen Âge
vignette|Tour de la prison qui appartient au Moyen Âge à l'enceinte extérieure du château. Pierre-Perthuis (autrefois Pierre-Perthuise) est, dès le , le siège d'une seigneurie constituée des terres de Tharoiseau, Menades et Précy-le-Moult (auj. hameau de Pierre-Perthuis), sur la rive droite de la Cure, pour lesquelles le seigneur prêtait hommage au duc de Bourgogne ; de Pierre-Perthuis, Fontenay-près-Vézelay, Soeuvres, Chalvron, Nuars, Saizy, Neuffontaines, Flez, sur la rive gauche de la Cure, pour lesquelles le seigneur prête hommage au comte de Nevers ; ainsi que de Beaulieu, Beauvoir et Marsigny.
L'origine du château date probablement de 873, époque où les Vikings remontent les cours d'eau du royaume de France pour piller. Cette année, les Vikings sont dans la vallée de la Cure et particulièrement à Saint-Père, un donjon est alors édifié pour se protéger d'une attaque. Le village devient à cette époque un point de passage important entre le Duché de Bourgogne et le Comté de Nevers.
Le château est réellement construit entre 935 et 938, sur l'escarpement de la rive gauche de la Cure, à la demande de Rotmond, évêque d'Autun, à l'aide de matériaux ponctionnés sur les anciennes villas gallo-romaines et l'abbaye de Cure voisines.
Vers l'an mil, le seigneur de Pierre-Perthuis fait bâtir une léproserie au lieu-dit « La Presle », près d'une fontaine à laquelle on prête dès lors des vertus de guérison. Pour l'abbé Baudiau, Pierre-Perthuis relève d'une famille seigneuriale qui en prend le nom, au moins depuis le , et qui serait une branche des Vergy ; il se peut que la seigneurie soit passée ensuite aux Saillenay (qu'évoque l'abbé Baudiau), c'est-à-dire aux Seignelay (vers 1190, il existait par exemple une parenté utérine entre les Pierre-Perthuis et les Seignelay, rapportée par Ernest Petit : Histoire des ducs de Bourgogne, t. III, 1889 : Hugues III, p. 47), car des généalogies citent les Seignelay comme sires de Pierre-Perthuis ; l'héritière Guillemette de Pierre-Perthuis citée plus bas, était donc peut-être une Seignelay (cf. un essai de reconstitution sur Geneanet, généalogie d'Alain Foullon).
Vers 1180, Philippe Auguste, roi de France, convoque dans le château de Pierre-Perthuis Géraud de Mâcon-Vienne, afin de le condamner à réparer les dommages causés par les rapines dont il s'est rendu coupable jusqu'alors.
Guillemette de Pierre-Perthuis, fille et héritière de Guy, seigneur de Pierre-Perthuis, et de sa femme Agnès, devient vers 1220 la seconde épouse d'Anséric de Toucy († 1242), seigneur de Bazarne, seigneur de Huban par sa première femme, vicomte d'Auxerre, et seigneur de Pierre-Perthuis par ladite Guillemette.. Les seigneurs qu'on rencontre ensuite sont des Toucy ou des personnages plus ou moins apparentés.
vignette|Porte ()
Ainsi, en 1336, le fief de Pierre-Perthuis revient par mariage à - Geoffroy de Charny (par sa première épouse, Jeanne de Toucy : Racines&Histoire, p. 3). Ensuite, Baudiau signale que - Hugues de Chalon-Arlay (probablement Hugues II, fils cadet de Jean II et Marguerite de Mello-Branche de Château-Chinon, Jarnac et Ste-Hermine ; or la 1° femme du père de ladite Marguerite fut Jeanne de Toucy, fille de l'amiral Othon de Toucy) se dit seigneur de Pierre-Perthuis en partie en 1375 (, p. 102). Puis on trouve au début du - Guy de La Trémoïlle, sire de Bourbon-Lancy, Uchon et Grignon, neveu de Guy VI, et fils de Guillaume de La Trémoïlle et Marie de Mello-branche d'Epoisses et de Givry, dame d'Uchon et Bourbon-Lancy (ladite Marie était issue du mariage vers 1164/1172 entre le connétable Dreux IV de Mello et Ermengarde de Toucy) ; Guy de La Trémoïlle épouse en 1409 Marguerite de Noyers, comtesse de Joigny, d'où :
Les La Trémoïlle-Joigny se fondent dans les Chalon-Arlay quand la fille héritière de Guy et Marguerite, Jeanne de La Trémoille († 1454), dame de Grignon, marie en 1425 Jean de Chalon, sire de Vitteaux, Lormes-Chalon et L'Isle-sous-Montréal. Comme pour Joigny, Lormes et L'Isle-sur-Serein, la succession passe ensuite aux Ste-Maure-Montgauger-Nesle lorsque Charlotte de Chalon-Joigny épouse 1° en 1479/1500 Adrien/Adrian de Ste-Maure, comte de Nesle (v. 1455-† v. 1504/1507). Et comme Lormes, on retrouve Pierre-Perthuis aux mains d'une petite-fille d'Adrien et Charlotte, Claude de Ste-Maure, femme de René de Bellanger, sire de Beauvais et La Planche-Hubert (à Couëtron-au-Perche). Ensuite, passage probable à une autre branche issue de Charlotte de Chalon-Joigny, veuve d'Adrian de Ste-Maure, et de son 2° mari, François d'Alègre, seigneur de Précy : les Alègre puis les Du Prat de Vitteaux : car Vauban achète Pierre-Perthuis en 1680 au comte de Vitteaux. Vauban fut aussi acquéreur de Bazoches et de Vauban. Sa fille cadette Jeanne-Françoise hérite des deux seigneuries, mariée à Louis II Bernin, marquis de Valentinay, seigneur d'Ussé et de Rivarennes. Vente en 1745/1748 à Denis-François Angran d'Alleray (1716-guillotiné en , 9 floréal de l'an II), dernier seigneur de Bazoches et Pierre-Perthuis.