vignette|redresse|Illustrations d'un ouvrage de J.-M. Charcot et Paul Richer, 1887, tirée de l'œuvre originale de Pieter Brueghel II, Les Danseurs de Saint Jean à Molenbeeck (1592) La manie dansante, chorémanie, ou encore épidémie de danse de Saint-Guy, est un phénomène de psychose collective qui a principalement été observé en Allemagne et en Alsace entre le et le . Un groupe de personnes se mettaient subitement à danser de façon incontrôlée et étrange. Ce mal affectait aussi bien des hommes, des femmes ou des enfants, qui se mettaient à danser jusqu'à s'écrouler de fatigue et continuaient à se tortiller même une fois à terre.

Recensements du phénomène Plusieurs manifestations importantes de manie dansante ont été répertoriées au cours des siècles, notamment le à ErfurtAuguste Stoeber, Légendes d'Alsace, collecte choisie et présentée par Françoise Morvan, Éd. Ouest-France, 2010 ., le aux Pays-Bas et/ou à Aix-la-Chapelle, en 1417 et 1418 en Alsace, et en 1518 à Strasbourg, (voir l'article Épidémie dansante de 1518). D'autres cas furent répertoriés à travers toute l'Europe comme aux Pays-Bas, à Cologne, ou à Metz.

Sandrine Cabut dans Le Monde indique que l'épidémie de Strasbourg de 1518 .

Les archives strasbourgeoises de l'époque incluent des notes des médecins, des sermons, des chroniques locales, et les édits émis par le conseil municipal, complètement débordé par la situation..

Selon la tradition, cette épidémie, attribuée alors à l'influence du diable, serait apparue au « dans les couvents et chez les ermites ». La chapelle de Saint-Guy (Vitsgrotte) à Saverne était un lieu de pèlerinage pour les malades atteints de cette affection.

vignette|redresse |La danse de Saint-Guy par Hondius d'après Brueghel, 1642 (qui inspira l'illustration précédente). vignette|Couple de paysans dansant, une gravure au burin sur cuivre de Dürer (1514). Auguste Stoeber mentionne à ce sujet des rimes de Kleinlawel issues de la Chronique de Strasbourg : Le terme de « danse de Saint-Guy » (chorée de Sydenham) était passé dans le langage courant sous forme d'imprécations, et on disait par exemple .

Paracelse nomma cette maladie « chorée » et refusa de mêler ces manifestations à saint Guy ou de dresser tout autre lien religieux.

Un pharmacologue suédois, Eugene Louis Backman, suggère, dans les années 1950, qu’un champignon psychotrope, l’ergot du seigle, aurait pu affecter les moissons, provoquant hallucinations et agitation incontrôlée chez les consommateurs. Dans les années 1980, des psychologues évoquent plutôt une hystérie de masse liée à des soulèvements populaires ou à des rites religieux..

Dans la littérature anglo-saxone, la manie dansante ou danse de Saint-Guy est appelée « danse de Saint-Vitus », un autre nom du même saint.

La chorégraphe danoise Mette Ingvartsen, qui s'intéresse de près au phénomène, en réalise une mise en scène transposée à notre époque dans sa chorégraphie Choreomania., réalisée avec les élèves de l'école PARTS de Bruxelles depuis 2019, et dans son spectacle Délirious night.

En 2025, le documentaire Danse mortelle. L'étrange cas de Strasbourg 1518 réalisé par Bastien Gens, revient sur ce phénomène.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

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Articles connexes Épidémie dansante de 1518 Chorée, Chorée de Sydenham Guy (saint Vite) Convulsionnaires Syndrome des jambes sans repos Épidémie de fou rire du Tanganyika Le Joueur de flûte de Hamelin Dance Fever, album de Florence + the Machine basé sur la chorémanie.

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