La natalité en France mesure le nombre de naissances vivantes sur le territoire national pendant une période donnée. Elle est caractérisée par différents indicateurs qui permettent d'évaluer les dynamiques de son évolution : le taux de natalité, le taux de fécondité, l'indicateur conjoncturel de fécondité, la descendance finale.
Stable à un million par an dans le deuxième tiers du , le nombre des naissances vivantes (territoire actuel) diminue à partir de 1885 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Après la Libération, la France connaît un baby-boom, comme la plupart des pays industriels. Pendant près de , de 1946 à 1974, le nombre annuel de naissances vivantes dépasse , et même dans les années 1947 à 1950, 1963 à 1966, puis 1970 à 1973. En 2024, ce nombre est estimé à , en baisse par rapport à 2023 (, soit -2,2 %) et, plus globalement, par rapport à 2010 (, soit - 21,5 %), exception faite de la reprise de 2021, où le nombre de naissances augmente à la suite d’un creux observé neuf mois après le confinement du printemps 2020, mis en place lors de la crise sanitaire liée au Covid-19. En 2024, Mayotte possède le taux de fécondité le plus élevé du pays avec 3,6 naissances par femme contre 1,6 en métropole.
Le taux de natalité, rapport du nombre de naissances vivantes de l'année à la population totale moyenne de l'année, évolue de 23 ‰ en 1901 à 9,7 ‰ en 2024.
Les taux de fécondité des femmes de moins de sont en baisse depuis les années 2000. Celui des femmes de 30 à est aussi en baisse, mais seulement depuis les années 2010 : de pour 100 femmes en 2014 à 12,6 en 2019 et 11,5 en 2023.
L'indicateur conjoncturel de fécondité évolue de par femme vers 1750 à 2,1 avant 1939. Après la Libération, on assiste à une modification sensible et durable des comportements. De 1946 à 1966, le niveau élevé de la fécondité tranche avec celui des autres décennies du siècle. L'indicateur conjoncturel de fécondité se maintient au-dessus de 2,6 pendant vingt ans. Il augmente de 1980 à 1982 du fait de la hausse momentanée des naissances de deuxièmes, troisièmes et quatrièmes enfants. Il diminue dans la première moitié des années 1990 ( par femme en 1993 et 1994) et se relève les années suivantes jusqu'à 2,03 en 2010. Mais depuis 2010 il est en diminution pour atteindre 1,62 en 2024.
Sur le plan de l'évolution des naissances par rapport à la composition familiale, plusieurs constatations peuvent être faites. On contate par exemple une forte progression des naissances issues de parents immigrés : le taux de naissances issues d’au moins un parent immigré passe de 23 % en 1998 (soit sur naissances) à 32 % en 2022 ( sur ). Les naissances hors mariage augmentent fortement : elles ne constituaient que 9 % des naissances en 1901, mais atteignent en 2023 le taux de 64 %.
L’infertilité touche un nombre croissant d’hommes et de femmes dans les pays industrialisés et notamment en France où la situation est jugée particulièrement inquiétante dans un rapport de 2022. Pour compenser cette infertilité, certains couples ont recours à la procréation médicalement assistée. Près de sont nés d’une assistance médicale à la procréation réalisée au cours de l'année 2022, dont 7 % d’enfants issus d’un don (près de ).
Naissances Naissances en 2022-2024 en 2024 Selon l'Insee, sont nés en 2024 en France, sur le territoire dit de la « France entière » (FE), formé par la métropole et cinq départements d'outre-mer (Martinique, Guadeloupe, Guyane, Mayotte et La Réunion), donc à l’exclusion des autres outre-mer (Nouvelle-Calédonie, Wallis-et-Futuna, Polynésie française, Saint-Martin, Saint-Barthélemy et Saint-Pierre-et-Miquelon)..
Ce nombre est en baisse de -2,2 % par rapport à 2023 (), une nouvelle baisse, après la baisse spectaculaire entre 2022 et 2023, la plus forte depuis la fin du baby-boom au milieu des années 1970, et -20,4 % par rapport à 2010, dernier point haut...
Représentation graphique de l'évolution récente..
Comme on peut le voir sur la représentation graphique, une baisse des naissances assez régulière a été constatée depuis le plus haut atteint en 2010 à . Elle s'explique en partie par la baisse du nombre de jeunes femmes en âge de procréer, conjuguée à la baisse continue du taux de fécondité.
Toutefois, une nette accélération de la baisse s'est produite à partir de 2022 et surtout 2023. Alors même que le nombre de jeunes femmes a recommencé à augmenter depuis 2020, du fait du mini baby boom qui s'est amorcé en 1995.. Ceci est d'ailleurs confirmé par la baisse de l'Indicateur conjoncturel de fécondité qui est passé de 1,83 en 2021 à 1,62.
Différenciation par sexe : 105 garçons pour 100 filles Les nés vivants recensés au cours de l'année 2022 sur le territoire de la France entière se répartissent en et , soit un ratio de 104,7 garçons pour 100 filles. Pour la France métropolitaine, le ratio est quasiment identique (104,8). En réalité ce ratio est sensiblement le même depuis 1901, évoluant entre 104 (103,73 en 1936) et 106 garçons (106,39 en 1920) pour .. Ce ratio de 105 garçons pour peut être constaté dans tous les pays du monde, sauf en Chine et en Inde où ce « rapport de masculinité » dépasse parfois pour ., mais aucune explication scientifique n'a pu jusqu'à présent être donnée...
La même année, sont nés sans vie en 2022 sur la France entière, se répartissant en et , soit un ratio de sans vie pour sans vie. En 1901, étaient nés sans vie sur la France métropolitaine.
Évolution chronologique
Stable à un million par an dans le deuxième tiers du , le nombre des naissances vivantes (territoire actuel) diminue à partir de 1885 jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. De 1946 à 1973, il redevient comparable à ce qu’il était au début du siècle, et, depuis 1974, à ce qu’il était dans la seconde moitié des années 1920 De son côté, le nombre des décès n’a cessé de baisser pendant la première moitié du siècle avant de se stabiliser : il est de l’ordre d’un demi-million par an depuis 1946. La croissance naturelle de la population, faible avant 1946, est largement positive depuis lors..
Diminution avant la Seconde Guerre mondiale vignette|redresse=1.4|Graphique des naissances vivantes en France métropolitaine sur la période 1901-2023. Le nombre de naissances vivantes passe au-dessous de en 1903 et ne s’élève plus qu’à en 1914. Ensuite, la Première Guerre mondiale bouleverse le paysage démographique. La séparation des couples et la baisse de la nuptialité conduisent à l’effondrement de la natalité : en 1916, moitié moins qu’en 1914. Les naissances dépassent de nouveau le demi-million en 1919, une partie des conceptions ayant eu lieu après l’Armistice. La récupération, qui s’achève dès 1921, est des plus modestes. Supposant que la fécondité ait, en l’absence de guerre, continué à baisser légèrement comme c’était le cas depuis plusieurs décennies, on a évalué à les naissances manquantes entre 1914 à 1919 et à seulement l’excédent enregistré de 1920 à 1924.
Le nombre de naissances vivantes recommence à décroître dès 1922 : il devient inférieur à , puis à à partir de 1933. Alors que la fécondité, mesurée par l’indicateur conjoncturel de fécondité, remonte légèrement de 1936 à 1939, le nombre des naissances poursuit sa diminution durant ces années pour devenir inférieur à celui des décès en 1935. Ce déficit des naissances provient du passage des classes creuses nées de 1915 à 1919 conçues pendant la Première Guerre mondiale aux Ages de fécondité. Elles en sortent peu à peu dans la seconde moitié des années 1940.
Deux plateaux après la Seconde Guerre mondiale vignette|redresse=1.4|Graphique des naissances vivantes en France sur la période 1957-2023Le champ de données correspond à la France entière, hors Mayotte jusqu'en 2013 et inclut Mayotte à partir de 2014.. En France, la Seconde Guerre mondiale a séparé moins de couples que la guerre de 1914-1918. Entre 1939 et 1941, le nombre de naissances ne diminue que de 15 % et remonte dès 1942..
Après la Libération, la France connaît un baby-boom, comme la plupart des pays industriels. Pendant près de , de 1946 à 1974, le nombre annuel de naissances vivantes dépasse , et même dans les années 1947 à 1950, 1963 à 1966, puis 1970 à 1973. La fécondité diminue dès 1965, mais la baisse est compensée jusqu’en 1973 par l'arrivée des premières générations nombreuses du baby-boom à l'âge de la maternité. Et le nombre de naissances ne se réduit que de 12 % entre les périodes 1961-1965 et 1976-1980 (passant de à en moyenne), tandis que l’indicateur conjoncturel décroît de 35 %, passant de 2,86 à par femme.
Si les taux de fécondité par âge étaient demeurés identiques à ceux de 1967, le nombre des naissances aurait grimpé à un million en 1974 et en 1982 (au lieu de ces deux années). Or, il chute brusquement après 1973 : moins en deux ans, soit une baisse de 13 %. Depuis 1975, l'effectif des naissances reste inférieur à , sauf en 1980 et 1981, mais ne tend pas à diminuer.
À l’extrême fin du siècle, un nouveau facteur contribue à maintenir les naissances à un niveau modéré : l’effectif des mères potentielles - définies comme les femmes de 13 à -diminue avec l’arrivée progressive aux âges de procréation des générations moins nombreuses nées à partir de 1974. Dès lors, à fécondité constante, le nombre de naissances diminue. Ainsi, bien que l’indicateur conjoncturel de fécondité atteigne le même niveau en 1991 et en 1999 ( par femme), on a enregistré en moins en 1999.
Effondrement continu depuis 2010 Le nombre de naissances est en baisse depuis 2010, exception faite de la reprise de 2021, où le nombre de naissances augmente à la suite d’un creux observé neuf mois après le confinement du printemps 2020, mis en place lors de la crise sanitaire liée au Covid-19..
Les causes de cette baisse sont multi-factorielles. Selon Stéphane Ravier (RN), il s'agit d’incertitude sur l'avenir, d'éco-anxiété, d'insécurité financière, d'augmentation de l'infertilité..
En 2020, Jérôme Fourquet suggérait que les changements de politique familiale notamment sous le gouvernement Ayrault pouvaient également avoir eu un impact négatif (mise sous condition de ressources des allocations familiales, imposition de la majoration de retraite pour les retraités ayant élevé des enfants, réduction de la Prestation d’accueil jeune enfant (Paje) pour les ménages au-dessus d’un certain niveau de revenus et suppression de la demi-part de quotient familial pour les veufs et veuves..) Il s'appuyait sur une enquête de l'Ifop de 2016 : 44 % des foyers se déclaraient concernés par une ou plusieurs mesures d'économie réalisées ; et pour 51 % des Français, ces mesures étaient de nature à conduire de futurs parents à différer une naissance (dont 62 % parmi les foyers ayant déjà au moins deux enfants)..
En 2025, l'indice de fécondité en France tombe à 1,56 enfant par femme, son niveau le plus bas depuis 1918.
Impact de la pandémie de Covid-19 sur la natalité
En réponse à la pandémie de Covid-19, la France met en place à deux reprises un confinement de sa population : la première fois du jusqu'au et la deuxième fois du jusqu'au .
Les effets de ces confinements et de la crise sanitaire en général sur la natalité ne seront connus qu'au cours de l'année 2021. Des chercheurs s'attendent toutefois à une baisse significative du nombre de naissances dans les pays développés..
Pour le mois de , soit environ neuf mois après le premier confinement, les naissances diminuent de 7,3 % en France par rapport à l'année précédente..
Cas particulier de Mayotte : par jour en 2022 contre 1,8 en métropole