Driss Guiga (), né le à Testour (Tunisie) et mort le , est un homme politique tunisien.

Biographie Formation et débuts Né d'un père instituteur à Testour., Driss Guiga entre comme élève au collège Sadiki à Tunis puis intègre le mouvement national tunisien à l'âge de quatorze ans ; il raconte ainsi cet épisode : « Le 8 avril 1938, les autorités coloniales ont arrêté Ali Belhaouane, notre professeur, qui était responsable de la jeunesse du Néo-Destour, parti nationaliste fondé quatre ans plus tôt. Il s'ensuivit une grève générale, et le collège resta fermé pendant deux mois ». Guiga devient par la suite membre d'une cellule clandestine du parti, fait la connaissance de Habib Bourguiba et devient rapidement « bourguibiste ».

De 1944 à 1947, il poursuit des études de droit et d'histoire à l'université d'Alger où il fait la connaissance de sa future femme, Chacha, une peintre. Il s'inscrit ensuite à la faculté de droit de Paris où il obtient un diplôme de droit privé en 1949. De retour à Tunis, il intègre le cabinet d'avocats de son oncle Bahri Guiga et devient également journaliste à Mission, journal créé par Hédi Nouira. Il est arrêté en 1952 et passe sept mois en prison.

Homme politique Après l'indépendance de la Tunisie en 1956, Driss Guiga est successivement nommé secrétaire général de l'Assemblée nationale, directeur de l'administration régionale puis directeur général de la sécurité au ministère de l'Intérieur jusqu'à la découverte du complot contre le président Bourguiba, en 1962, que ses services n'ont pas vu venir. Il dirige par la suite l'Office national du tourisme tunisien pendant sept ans avant de se voir nommer ministre de la Santé en 1969, succédant ainsi à Hédi Khefacha. Le , il devient ministre de l'Éducation nationale. Le , il est nommé ambassadeur à Bonn, poste qui, selon Ridha Kéfi, correspond en fait à une sanction du Premier ministre Nouira pour son activisme en faveur de la décentralisation universitaire. Lors du départ de ce dernier, en 1980, il revient au gouvernement le comme ministre de l'Intérieur, en remplacement d'Othman Kechrid..

Lors des « émeutes du pain », entre le et le , il appelle à la démission du gouvernement. Traduit devant la Haute Cour pour « haute trahison », il est condamné par contumace à dix ans de prison, ses biens sont saisis et mis sous séquestre judiciaire le .. Mohamed Mzali lui succède d'ailleurs au poste de ministre de l'Intérieur le . Guiga s'exile alors à Londres et y travaille comme conseiller de l'homme d'affaires saoudien Chamseddine el-Fassi, président d'une fondation pour la promotion du soufisme.

Le , au lendemain de la prise de pouvoir de Zine el-Abidine Ben Ali, il rejoint l'aéroport international de Tunis-Carthage. Il passe alors treize jours à la prison civile de Tunis. Condamné le à cinq ans de prison avec sursis, il est donc relâché.

Retraite Vivant à Hammamet, Driss Guiga passe beaucoup de temps à la lecture, racontant même qu'il lit « souvent deux livres à la fois : un en arabe et un en français » ; il a notamment lu l'essai Nous n'avons jamais lu le Coran de Youssef Seddik. Son fils, Kaïs est un homme d'affaires..

Mort Driss Guiga meurt le à l'âge de 101 ans..

Distinctions Commandeur (1968). puis grand cordon (1971). de l'ordre tunisien de l'Indépendance.

Publications ..

Références

Liens externes

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