est le premier album live officiel des Beatles, publié le aux États-Unis, et deux jours plus tard au Royaume-Uni. Paru sept ans après la séparation du groupe, il a été enregistré au Hollywood Bowl lors des tournées américaines de 1964 et de 1965 des Fab Four dans l'optique d'un disque pour le marché américain. Les bandes, saturées par les hurlements du public, ont dans un premier temps été délaissées pour leur piètre qualité. Le , Capitol publiera donc à la place l'album documentaire The Beatles' Story..

En 1977, Capitol Records demande au producteur George Martin de nettoyer les pistes pour produire un disque de bonne qualité. Le résultat est publié dans le monde entier, et si les anciens membres du groupe, non sollicités, se montrent déçus par le disque, il se classe néanmoins en tête des hit-parades britanniques et connaît le succès. Il sera réédité dans une édition bon marché en 1984.

Malgré une qualité altérée par les cris du public, le disque est considéré comme un précieux témoignage des prestations des Beatles en concert, aucun album en public n'ayant été publié par le groupe durant son existence. Il ne sera publié officiellement sur CD, sous le titre The Beatles: Live at the Hollywood Bowl, que le pour accompagner la sortie du film documentaire The Beatles: Eight Days a Week.

Historique Enregistrement vignette|gauche|Trois concerts des Beatles ont été enregistrés au Hollywood Bowl ; un en 1964 et deux en 1965.|alt=La structure blanche, ainsi que la scène, de forme circulaire du Hollywood Bowl, entourée de montagnes La perspective d'enregistrer et de publier un concert des Beatles est apparue très tôt : dès la fin 1962, George Martin a un temps envisagé d'enregistrer le premier album du groupe lors d'une de leurs récurrentes visites au de Liverpool. L'idée est cependant rapidement abandonnée au profit d'une longue journée aux studios EMI, le , qui donne lieu à l'album . L'année suivante, un véritable album à destination du public américain est envisagé, les dirigeants d'EMI considérant que le public britannique ne serait pas intéressé par des chansons qu'il a déjà achetées. Martin pense d'abord enregistrer le concert du à New York, le , mais l'absence d'autorisation syndicale l'en empêche. Six mois plus tard, le , les autorisations sont obtenues pour enregistrer un premier concert au de Los Angeles. , producteur de Frank Sinatra et du Kingston Trio, est le producteur attitré par Capitol..

La piètre qualité des bandes déçoit Capitol ainsi que les Beatles, qui refusent que l'enregistrement soit publié. Un extrait de 48 secondes, , Penguin Books, 2019. de la chanson Twist and Shout est tout de même inclus dans le disque documentaire américain The Beatles' Story publié la même année.

L'expérience est retentée l'année suivante au même endroit, lors des deux concerts qu'y donne le groupe au cours de sa tournée de 1965. Une première tentative a lieu le , mais un dysfonctionnement du micro de Paul McCartney rend les quatre premières chansons inutilisablesLors de l'introduction de la chanson Ticket to Ride, on entend McCartney demander à la foule « M'entendez-vous ? » pour s'assurer que le problème technique de son micro est résolu.. Le concert du soir suivant est donc également enregistré. Malgré cela, la qualité ne se prête pas à la publication, et ces nouvelles bandes sont à leur tour remisées. En 1967, on récupère un extrait du son de la foule pour compléter le lien entre la chanson Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band et With a Little Help from My Friends qui ouvrent l'album bien connu.

En 1971, la tâche revient à Phil Spector de tenter de produire un album à partir de ces bandes mais, encore une fois, le projet échoue..

Les concerts

1964 Les Righteous Brothers puis Jackie DeShannon chauffent la scène.. Finalement à 21h30, le , devant une foule de personnes, sous un tonnerre d'applaudissement et de cris, le groupe entre en scène et joue ces douze chansons: Twist and Shout ‡ You Can't Do That All My Loving She Loves You Things We Said Today Roll Over Beethoven Can't Buy Me Love ‡ If I Fell* I Want to Hold Your Hand Boys A Hard Day's Night ‡ Long Tall Sally

1965 L'année suivante, les 29 et , cette fois devant fans., ils partagent la scène avec le King Curtis Band, and the Discotheque Dancers, et .. Les Beatles interprètent ces morceaux : Twist And Shout (Version écourtée) She's a Woman I Feel Fine* Dizzy Miss Lizzy Ticket to Ride Everybody's Trying to Be My Baby Can't Buy Me Love Baby's in Black I Wanna Be Your Man* A Hard Day's Night Help! I'm Down*

Les chansons marquées d'un astérisque ne seront pas retenues lors de la publication des deux versions du disque live et celles suivies du symbole ‡, la version d'une chanson jouée lors des deux tournées mais qui ne sera pas placée sur ces albums.

Restauration des bandes En 1977, les Beatles sont séparés depuis sept ans et seul McCartney est sous contrat avec Capitol. La maison de disques, qui possède encore les bandes, décide de les exploiter et demande donc à George Martin et à l'ingénieur du son Geoff Emerick de les retravailler pour améliorer la qualité du son.

Le travail est réalisé le aux studios AIR de Londres.

Parution et réception vignette|redresse=0.8| est l'autre album live publié sans le consentement des Beatles en 1977.|alt=Pochette noire avec un texte blanc mentionnant le nom du groupe et le titre de l'album

Capitol publie sans le consentement du groupe et les ex-Beatles ne sont en effet guère enthousiastes : , clame George Harrison.

Les Beatles ne parviennent pas à empêcher la sortie de l'album, et sont également occupés, à la même époque, à protester contre le sorti peu avant sur un autre label.

Le public se montre particulièrement attiré par le disque qui atteint la première place des hit-parades au Royaume-Uni, et la deuxième aux États-Unis. Il s'agit du premier album britannique du groupe depuis 1970. Le disque s'écoule à plus d'un million d'exemplaires dans le monde.. En France, un 45 tours avec les chansons Ticket to Ride et Dizzy Miss Lizzy est publié en juin..

En 1984, sans aucune promotion, est réédité en Angleterre à prix réduit sur le label , associé à EMI, et disparaît du catalogue peu après. La même année, ce disque live est inclus dans le volume 26 de , de , la collection en 40 fascicules qui racontait l'histoire de ce genre musical et qui compilaient des chansons d'artistes rock des années 1950 aux années actuelles. La plupart des albums inclus étant doubles, celui-ci incluait aussi la compilation A Collection of Beatles Oldies originellement sortie en 1966..

Pendant plus de trente ans, ces enregistrements ne connaîtront aucune autre édition officielle, ni au format vinyle, ni par la suite au format CD, qui voit cependant la parution d'éditions pirates.. Il faut attendre 1994 pour entendre des prestations en direct, dont plusieurs titres inédits, sur , mais elles avaient eu lieu dans les studios professionnels de la BBC et non dans une salle de concert. Les deux années suivantes, des enregistrements officiels du groupe en concert sont placées sur les albums et dont Baby's in Black, tiré du concert de 1965, qui est sorti en single et extended play. Les cris de la foule et la présentation du groupe par les DJ de la station radio , Eubanks et Mickey Brown, son partenaire d'affaire, avaient ré-hypothéqués leur maison pour 25 000$US (équivalent à 205 000$US en 2020) afin de payer le cachet exigé par le groupe... et son collègue ., entendus au début de l'album, ont été repris sur l'album Love, mixés en introduction d'une version écourtée de la chanson I Want to Hold Your Hand. pour la trame sonore du spectacle du Cirque du Soleil présenté à Las Vegas.

The Beatles: Live at the Hollywood Bowl

En sort le film documentaire , réalisé par Ron Howard sur les tournées du groupe. Apple Records y voit l'occasion de rééditer ce disque, cette fois avec l'accord de tous. L'interprétation de la chanson Boys au Hollywood Bowl est incluse dans le documentaire, et publiée en clip promotionnel...

La maison de disques présente l'album comme étant « une édition entièrement nouvelle« ...it is an entirely new release... » ». En réalité, les pistes originales sont les mêmes et dans le même ordre que sur le disque de 1977., y compris l'assemblage des deux interprétations de effectué à l'époque, et l'intro des DJ.

Cette nouvelle parution, avec son titre quelque peu différent, est donc une remastérisation, effectuée par Giles Martin (le fils du producteur du groupe) et Sam Okell. En revanche, quatre nouvelles chansons y sont ajoutées à la façon d'un rappel., après un court silence à la suite d'un fondu en fermeture ; , , et . Cette dernière, bien qu'elle soit identifiée comme étant un enregistrement inédit, a déjà été publiée sur la face B du single Real Love le , l'introduction de John Lennon du greffée à la prestation du lendemain. Par contre, sur l'album, on entend l'intro du .

Un transfert numérique a été effectué à partir des bandes originales trois pistes, retrouvées dans les archives de Capitol Studios qui étaient de meilleure qualité que celles utilisés pour l'édition précédente. Un logiciel a été spécialement créé afin de séparer les sons (), ce qui a ensuite permis de créer un nouveau mixage en améliorant la clarté, et en atténuant le niveau sonore du public.. Une légère réverbération a été ajoutée aux voix..

L'album sort le , sur CD et sur les plateformes numériques. Il atteint aussitôt la du palmarès britannique et la aux États-UnisEn Angleterre, le disque n'est descendu que d'un rang la semaine suivante tandis qu'il a chuté à la aux États-Unis.. Une version 33 tours en vinyle est publiée le , avec les neuf premières chansons en face 1, et les autres, y compris les titres bonus, en face 2.

Analyse artistique vignette|gauche|Les Beatles débarquant à Madrid, le , quelques semaines avant leurs dernières prestations au Hollywood Bowl. , dans l'une ou l'autre de ses configurations, est un des rares témoignages des prestations des Beatles en concert. On y retrouve ainsi plusieurs des tubes du groupe les plus adaptés à la scène et à leur formation classique (basse, batterie et deux guitares électriques), comme , ou encore , avec laquelle McCartney aime conclure les spectacles. Quatre chansons enregistrées ont dû être exclues des disques (, , et ) et seules les chansons , et ont été jouées lors des trois concerts. Comme les enregistrements proviennent de concerts séparés par douze mois très productifs dans la carrière du groupe, une des interventions entre les chansons démontre une incongruité : on les entend introduire les chansons Things We Said Today (tiré du disque ) et (tiré du disque du même nom) comme étant de leur dernier album.

Il s'agit également d'un témoignage des compétences du groupe en concert en plein climat de Beatlemania. Le groupe jouant dans des conditions complexes au milieu des hurlements, avec de l'équipement de sonorisation peu évolué et totalement inadapté à la taille des arènes dans lesquelles ils se produisent. Les Beatles sont le premier groupe de rock à se produire dans de telles conditions, essuyant en quelque sorte les plâtres. Ce n'est qu'à partir des années 1970 que des groupes pourront se produire dans des stades ou de grandes arènes avec une sonorisation adéquate.

Ringo Starr met ainsi en lumière une des raisons majeures qui poussera les Beatles à cesser définitivement de donner des concerts à l'issue de leur ultime tournée américaine, en .