La province de Luxembourg ( ; ; ; ) est une province belge de la Région wallonne située à l'extrême sud du pays et limitrophe du Luxembourg.
D'une superficie de , c'est la plus vaste province du royaume, mais aussi la moins peuplée avec au , soit une densité de population de habitants au kilomètre carré, faisant d'elle une province majoritairement rurale. Son chef-lieu et sa plus grande ville est Arlon, qui compte un peu plus de et est située dans le sud-est de la province.
Aussi appelée Luxembourg belge, sa création en tant que neuvièmeLa Belgique ne compte dix provinces que depuis la scission de la province de Brabant en 1995. province de Belgique résulte de la scission du Luxembourg de 1839. Jusqu'alors, les Luxembourgeois étaient unis depuis près de neuf siècles au travers du comté, du duché, puis du grand-duché de Luxembourg, état indépendant depuis le congrès de Vienne de 1815 et appartenant à Guillaume Ier d'Orange-Nassau, le souverain du royaume uni des Pays-Bas.
C'est peu après l'indépendance de la Belgique, proclamée le , que le jeune royaume annexe unilatéralement l'ensemble du grand-duché, créant la « question du Luxembourg ». Un compromis est trouvé le , avec la signature du traité des XXIV articles qui scinde le territoire luxembourgeois selon des critères linguistiques : la partie orientale, le « quartier allemand », de langues germaniques, est rendue au Grand-duc de Luxembourg, tandis que la partie occidentale, le « quartier wallon » (de langues romanes) est attribué à la Belgique, à l'exception notable du Pays d'Arlon (qui a pour langue vernaculaire le luxembourgeois), pour des raisons politiques. La frontière entre la Belgique et le Luxembourg est délimitée par le traité de Maastricht, le .
Administrativement, la province est divisée en cinq arrondissements et en 43 communes (44 après les fusions de communes de 1977).
Géographie La province est délimitée au nord-ouest par la province de Namur, au nord-est par la province de Liège, à l'est par le grand-duché de Luxembourg (cantons de Clervaux, Wiltz, Redange, Capellen et d'Esch-sur-Alzette) et au sud par les départements français de Meurthe-et-Moselle, Meuse et Ardennes (Grand Est).
Le territoire couvre les sous-régions naturelles suivantes : la Lorraine belge, le tiers sud, elle-même composée à l'ouest de la Gaume (correspondant à peu près à l'arrondissement de Virton) et à l'est du Pays d'Arlon (correspondant à peu près à l'arrondissement d'Arlon), sous-régions culturelles ; une partie de l'Ardenne, les deux tiers nord ; une partie de la Calestienne, pour bon nombre de communes limitrophes de la province de Namur ; une partie de la Famenne, à l'extrême nord autour de Marche-en-Famenne ; une minuscule partie du Condroz dans la commune de Durbuy à la pointe nord.
Avec d’altitude, les rives de l’Ourthe à la frontière avec la province de Liège est le point le plus bas de la province.
Avec d'altitude, la Baraque de Fraiture (commune de Vielsalm) est le point culminant de la province.
Les cours d'eau principaux sont les rivières suivantes : la Semois, affluent de la Meuse qui prend sa source à Arlon et traverse le sud de la province d'est en ouest ; la Sûre, affluent de la Moselle qui prend sa source près de Vaux-lez-Rosières dans le centre de la province et coule vers l'est ; la Lesse, affluent de la Meuse qui prend sa source à Ochamps dans le centre de la province et coule vers le nord-ouest ; l'Ourthe, affluent de la Meuse qui prend ses sources à Ourt (commune de Libramont, centre de la province) et Ourthe (commune de Gouvy, nord-est de la province) et coule vers le nord ; le Ton, affluent de la Chiers qui prend sa source à Châtillon dans le Sud de la province ; la Lhomme, affluent de la Lesse qui prend sa source à Bras (commune de Libramont, centre de la province), et qui coule vers le nord pour rejoindre la province de Namur.
Évolution démographique
Elle comptait, au , habitants, soit une densité de habitants/km² pour une superficie de km².
Nombre d'habitants × 1000 :
Source : Statbel - Remarque: 1806 jusqu'à 1970=recensement; depuis 1981=nombre d'habitants chaque 1er janvier 1839: Scission de la province, la partie est devenant le Grand-Duché de Luxembourg
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992 100,01993 100,91994 101,51995 102,41996 102,81997 103,41998 103,91999 104,52000 105,22001 106,02002 106,72003 107,52004 108,32005 109,12006 110,22007 111,32008 112,52009 113,82010 114,62011 115,62012 116,62013 117,42014 118,02015 118,82016 119,52017 120,22018 120,72019 121,32020 122,22021 123,02022 124,12023 125,32024 125,82025 126,12026 126,3
Histoire
L'histoire de la province est naturellement liée à l'histoire de la Belgique et du territoire actuel du Benelux, particulièrement celle du Luxembourg. Préhistoire Les plus anciens vestiges remontent, comme ailleurs, à la Préhistoire, notamment les abris sous roche et les occupations de grottes fouillées dans la vallée de la Haute Lesse. La période des âges des métaux est illustrée par les fouilles de tombes à char, des marchets (en Famenne) et celles des éperons barrés de la Semois.
Période romaine Lors de la conquête romaine, la région est principalement peuplée de Trévires, un peuple celte. Arlon (Orolaunum) n'est qu'une bourgade aux portes de la forêt. Les nombreuses découvertes menées dans le centre ancien de la ville montrent une évolution radicale pendant la période d'occupation romaine, plaçant Arlon parmi les plus vieilles villes de Belgique avec Tongres et Tournai. Elle est en effet située au croisement de deux axes importants traversant l'actuelle province de Luxembourg. D'une part, la chaussée romaine de Metz à Tongres, y entrant à Athus en provenance de l'oppidum du Titelberg, pour en sortir à Petite-Eneille (Durbuy). D'autre part, la voie romaine Reims-Trèves, depuis Chameleux (Florenville) jusqu'au Rosenberg (Arlon), traversant les localités de Bellefontaine, Sainte-Marie-sur-Semois, Étalle (Stabulum) où elle franchit la Semois (Sesmara) et Sampont avant d'arriver à Arlon, où elle croise la chaussée Metz-Tongres, puis passe par Stehnen et est actuellement coupée par la nationale 4 au Wolberg avant d’entrer au Grand-Duché de Luxembourg. On note aussi le tracé de la chaussée romaine de Reims à Cologne qui passe non-loin de Florenville. De nombreuses traces de cette période sont encore visibles, comme sur le site archéologique de Montauban-Buzenol.
Période mérovingienne
vignette|Évolution de la partition des territoires luxembourgeois au fil du temps. La période mérovingienne est également largement illustrée par les nombreux cimetières découverts (Torgny, Tellin, Wellin, etc.) et par la fondation de l'abbaye de Saint-Hubert. La transition carolingienne voit la création de comtés majeurs, tels que ceux d’Ardenne, de La Roche et Durbuy. Le comté de Luxembourg, lui, apparait pour la première fois en 963 avec son premier souverain : le comte Sigefroid de Luxembourg. La maison de Luxembourg apparait quant à elle en 1214, comme une branche cadette de la maison de Limbourg, issue du second mariage de avec . Une autre maison importante dans l'histoire luxembourgeoise est la maison d'Ardenne dont Godefroy de Bouillon est l'un des héritiers. Il reste notamment célèbre pour avoir participé à la première croisade dès 1095 et avoir refusé le tire de « roi de Jérusalem » pour celui d'« Avoué du Saint-Sépulcre ».
Moyen Âge - Période luxembourgeoise
Le couvert forestier de la forêt d'Ardenne maintient la province à l'écart de la tectonique médiévale, sur le plan politique. Toutefois, le territoire, morcelé entre plusieurs grandes maisons, voit des villes se fortifier, dont il reste aujourd'hui d'importants témoins : châteaux (La Roche, Bouillon), abbayes et lieux de pèlerinage (Orval, Saint-Hubert), fermes seigneuriales, tracés antiques, etc.
En 1304, le comté de Durbuy est absorbé par le comté de Luxembourg. En 1331, Durbuy et La Roche-en-Ardenne obtiennent le statut de ville au travers d'une charte.. Bastogne l'obtient l'année suivante et Marche-en-Famenne en 1366. Ces villes se fortifient petit à petit en se ceinturant de murailles et de châteaux.
En 1354, l'empereur du Saint-Empire romain germanique élève les territoires de la maison de Luxembourg au rang de duché. Ceux-ci comprennent l'actuelle province de Luxembourg et le Luxembourg tel qu’il existe aujourd’hui, mais aussi la région allemande de Bitburg et celle de Saint-Vith et auparavant le pays de Thionville et celui de Montmédy. En 1364, le duc de Luxembourg, , achète le comté de Chiny. En 1456, c'est au tour de la seigneurie de Bouillon d'être élevée au rang de duché. Le Duché de Luxembourg, lui, appartient à l'ensemble vaguement confédéral des Pays-Bas méridionaux. Ceux-ci se trouvant au centre des conflits européens du Moyen Âge. Ils sont une première fois conquis par les ducs de Bourgogne et forment une partie des Dix-Sept Provinces des Pays-Bas bourguignons. La Pragmatique Sanction promulguée par Charles Quint en rend le Luxembourg à la monarchie espagnole. La guerre franco-espagnole impacte particulièrement le territoire est entraine, par exemple, la destruction du château de Neufchâteau, en 1657, rasé par les troupes de . En , le traité des Pyrénées met un terme provisoire au conflit et octroie le « Luxembourg français » (Thionville et Montmédy) à la France, créant ainsi la première des trois partitions du Luxembourg.
En 1676, le duché de Bouillon devient indépendant et fonde même la république bouillonnaise de 1794 à 1795. De 1684 à 1697, le duché de Luxembourg est une première fois rattaché au royaume de France dans le cadre de la politique des Réunions menée par . Après la chute de Luxembourg le , le duché devient administré par la France. Il est finalement rendu aux Habsbourg d'Espagne par le Traité de Ryswick signé le , qui rattache le Luxembourg aux Pays-Bas espagnols, puis aux Pays-Bas autrichiens lorsque la maison des Habsbourg d'Autriche en prend possession en . C'est lors de cette période qu'est construite la chaussée Marie-Thérèse qui relie Bruxelles à Vienne, en traversant l'actuelle province et reliant Namur à Luxembourg-ville.
- Période française
vignette|Lors de l'annexion à la Première République française, les anciens Pays-Bas méridionaux sont divisés en neuf départements appelés les « Départements réunis », dont le département des Forêts, issu de l'ancien duché de Luxembourg et qui donne ses frontières au grand-duché de Luxembourg. Après la Révolution française de 1789, les troupes révolutionnaires se lancent dans les guerres de la Révolution. Une première annexion des Pays-Bas autrichiens et de la région a lieu dès 1792. L'armée impériale est, entre autres, battue à Arlon le , mais la forteresse de Luxembourg résiste et permet aux autrichiens de reprendre leurs territoires dès l'année suivante.
Toutefois, en 1794, les armées françaises reviennent et tentent une nouvelle annexion, qui est, cette fois, fructueuse. On note une nouvelle victoire française lors des combats d'Arlon d', puis le siège de Luxembourg le . La forteresse tombe le et les territoires sont alors intégrés à la Première République. Au passage, les troupes républicaines brûlent ou pillent de nombreux monuments et édifices religieux, dont l'abbaye Notre-Dame d'Orval, l'abbaye de Saint-Hubert, ou encore l'abbaye de Clairefontaine. Une révolte a lieu à la fin de l'année 1798 dans l'ensemble des Pays-Bas méridionaux, y compris dans l'ancien duché de Luxembourg mais est rapidement éteinte par les troupes françaises.
Le , la Convention nationale française adopte un décret divisant les territoires annexés en neuf départements, appelés les « départements réunis »Isidore Plaisant, Pasinomie, ou Collection complète des lois, décrets, arrêtés et règlements généraux qui peuvent être invoqués en Belgique de 1788 à 1832, tome 7, Bruxelles, 1835. La province de Luxembourg actuelle est composée de territoires issus des départements suivants :