Le Liban (en arabe : / ), en forme longue la République libanaise. (en arabe : / ), est un État d'Asie situé au Proche-Orient. En grande partie montagneux, il partage ses frontières avec la Syrie au nord et à l'est sur , Israël au sud sur et Chypre à l'ouest, à environ au large de ses de côtes dans le bassin Levantin (partie orientale de la mer Méditerranée).. Beyrouth est la capitale et la plus grande ville du pays. Il est l’un des six États fondateurs de la ligue arabe.
La langue officielle est l'arabe« La Constitution libanaise » , Conseil constitutionnel libanais : pour la langue officielle et le statut du français, voir l', modifié par la loi constitutionnelle du ; pour le nom officiel du Liban (« République libanaise »), voir l' ; pour le drapeau actuel du Liban, voir l' (modifié par la loi constitutionnelle du ).. Le français, ayant perdu ce statut, reste tout de même mentionné dans la Constitution : c'est une langue secondaire, toujours employée au niveau officiel, comme sur la monnaie nationale, les panneaux de signalisation et sur les bâtiments officiels, ainsi que dans l'éducation« Le trilinguisme libanais, ou le message réconfortant d’une francophonie », Agence universitaire de la Francophonie.. La monnaie officielle est la livre libanaiseDepuis l'hyperinflation ayant débuté en février 2023 au Liban, la livre libanaise s'est vue être substituée par le Dollar américain, beaucoup plus stable mais reste cependant la seule monnaie officielle du pays...
La constitution du Liban n'est pas laïque mais multiconfessionnelle : le pays est doté d'un système politique fondé sur une répartition du pouvoir proportionnelle au poids démographique de chaque confession, prise en compte comme communauté constitutive à l'image de l'ancien système ottoman des « nations religieuses » ou « millets »..
Comme entité géopolitique et tel qu'il existe dans ses frontières actuelles, l'État libanais est créé en 1920 sous le nom de « Grand Liban » par la France (le haut commissaire français au Liban est alors le général Gouraud) par adjonction au territoire du moutassarifat du Mont-Liban (entité autonome de l'Empire ottoman) de territoires qui appartenaient aux deux wilayets ottomans de Beyrouth et de Damas. La France avait été alors, à la suite du démantèlement de l'Empire ottoman, mandatée par la Société des Nations pour administrer et organiser certains territoires ex-ottomans.
En 1926, le Liban adopte sa première constitution, devient officiellement une république, prend le nom de « République libanaise » et crée les postes de président de la République et de président du Conseil des ministres.
Son histoire, son système politique et la variété de sa culture, de sa démographie religieuse et de sa géographie en font un pays à part et original au Proche-Orient. Le Liban, au cours des siècles, a fait partie de diverses civilisations. Il est aussi réputé pour sa gastronomie, son histoire et sa musique.
Entre son indépendance et le début de la guerre civile interconfessionnelle qui le ravage de 1975 à 1990, le pays connaît une période de relative prospérité économique et de stabilité politique, permises par la forte croissance des secteurs du tourisme, de l'agriculture, ainsi que des finances et des services (banque, assurances…).. Durant cette période, le pays est, de ce fait, considéré comme le « coffre-fort du Levant » et comme la « Suisse du Moyen-Orient », en raison de sa puissance financière.
Immédiatement après la fin de la guerre civile, de grands efforts sont faits pour reconstruire les infrastructures du pays et une économie viable, par le biais d'investissements colossaux de l'État, de l'Arabie saoudite, de l'Union européenne et de quelques pays du golfe Persique. Ainsi, l'indice de développement humain du Liban passe de 0,677 en 1990 à 0,803 en 2008. En outre, au début 2006, le pays atteint un niveau de stabilité relativement élevé et la reconstruction de Beyrouth entre dans sa phase intensive « Deconstructing Beirut's Reconstruction: 1990-2000 », Center for the Study of the Built Environment (consulté le 10 mai 2008).. La capitale est alors connue comme le « Paris du Moyen-Orient ». En 2009, Beyrouth relevée de ses ruines est classée comme « première ville à visiter » par . Cependant, la guerre israélo-libanaise de 2006 met un terme à l'afflux touristique et cause des dommages estimés à environ trois milliards de dollars américains, sans compter le ralentissement économique qui s'ensuit. Le Liban reste aussi un pays très inégalitaire, où les 1 % les plus riches détiennent 40 % des richesses..
Le Liban est massivement bombardé et en partie envahi par Israël lors des guerres de 2023-2024, puis de 2026. Des dizaines de villes et de villages du Sud-Liban sont entièrement rasés aux explosifs et bulldozer par l'armée israélienne. Ces démolitions viseraient à interdire aux centaines de milliers de personnes déplacées de revenir un jour chez elles et ouvrir la voie à l'annexion du Sud-Liban par Israël...
Étymologie
Depuis l'Antiquité, le nom « Liban » était utilisé pour désigner la masse montagneuse s'étendant de l'Oronte au nord jusqu'aux limites de la Palestine au sud. Cette masse montagneuse est composée de deux chaînes : la chaîne orientale et la chaîne occidentale. Le nom de la montagne est mentionné dans des textes de la bibliothèque d'Ebla (2400 ), dans trois des douze tablettes de L'Épopée de Gilgamesh (2100 av. J.-C.). ainsi que dans la Bible, où elle est attestée .. Les textes ougaritiques (XIIᵉ s. av. JC) en parlent de manière allégorique : « Là, aux hauteurs, dans le Liban, la rosée est transformée en vin par El. »
L'hypothèse la plus soutenue par les spécialistes est que le nom « Liban » provient de la racine phénicienne lbn (𐤋𐤁𐤍) qui signifie « blanc », en référence au manteau neigeux permanent qui recouvre les monts Liban, un véritable trésor dans cette région aride et déficitaire en eau qu'est le Moyen-Orient. mais pourrait aussi faire référence à la couleur de ses roches calcaires blanches.. Jérémie mentionne dans l'Ancien Testament : « La neige du Liban abandonne-t-elle le rocher des champs ? Ou voit-on tarir les eaux qui viennent de loin, fraîches et courantes ? » (Jérémie 18:14)..
. Selon Pline l'Ancien, cet arbre était abondant au Liban et les Grecs l'importaient pour la fumigation et ses propriétés médicinales ; ils l’appelaient libanos.. Cet arbre a été cultivé en Europe et connu sous le nom d'«aliboufier » qui était utilisé en médecine. pourrait aussi être dû à l'odeur des cèdres répandus au Liban.
Cet espace géographique porte les noms de « Phénicie » (vers 1200 ), à cause du commerce de pourpre qui a fait sa grande richesse (φοίνικες / phoinikes, les « hommes pourpres », dérivé de φοῖνιξ / phoinix, rouge-brun) - ce terme fait vraisemblablement moins référence à la couleur de leur peau qu’à celle de la pourpre dont les Phéniciens coloraient leurs étoffes -., puis il a été inclus dans les frontières de la Grande « Syrie » (vers 330 ).., et enfin au , il est intégré à la moutassarifat du Mont-Liban jusqu'à la création de l'État libanais.
Selon certains spécialistes, c'est un des plus anciens toponymes qui subsistent.
Histoire
Situé en bordure de la mer Méditerranée, le Liban est dès l'époque phénicienne un carrefour culturel et commercial. Tout au long de son histoire et jusqu'à son indépendance en 1943, le pays connaît diverses influences culturelles et dominations politiques : Perses, Assyriens, Macédoniens, Romains, Arméniens, Grecs byzantins, Arabes, Seldjoukides, Mamelouks, Croisés, Turcs et enfin Français. Ces influences expliquent que sur le territoire libanais coexistent des communautés de confessions diverses dès les premiers siècles de l'ère chrétienne. Au Proche-Orient, le Liban présente ainsi un visage original d'État multiconfessionnel, dont le développement est longtemps assuré par un système bancaire parmi les plus performants au monde, ce qui lui vaut, après la Seconde Guerre mondiale, le titre de « Suisse du Proche-Orient ». Néanmoins, le Liban connaît plusieurs guerres civiles et régionales, notamment entre 1975 et 1990 où principalement Israël et la Syrie essaient de tirer profit de la situation intercommunautaire instable en s'ingérant dans les affaires internes du pays.
Préhistoire Ksar Akil, situé à 10 kilomètres au nord-est de Beyrouth, est considéré comme étant l'un des plus anciens sites connus contenant des technologies du Paléolithique supérieur. Les résultats des datations au radiocarbone indiquent que les premiers humains ont peut-être vécu sur le site il y a environ 45 000 ans ou plus tôt. La présence d'ornements personnels à Ksar Akil suggère un comportement humain moderne.
La culture natoufienne fut la première à devenir sédentaire aux alentours de 12 000 ans av. J.-C.
Le Néolithique marque l’apparition de l’agriculture, de l’élevage et des premiers villages sédentaires. Cette période est bien attestée dans la région par plusieurs sites archéologiques, notamment dans la plaine de la Bekaa, les régions côtières et les montagnes. Byblos sur la côte méditerranéenne est l’un des plus anciens sites habités en continu du monde. On y a trouvé des maisons en pierre, des outils en silex, et des objets en os. Parmi les principaux sites néolithiques, on compte ceux de Tell Labwé, Tell Ard Tlaili, Tell Ramad (près de la frontière syrienne) et Beidha (dans la Bekaa). Ksar Akil est également un site important du Néolithique précéramique.
Antiquité Le Liban était le territoire des Cananéens et, en résultat de leurs descendants, les Phéniciens, un peuple marin aventureux, rameau du peuple cananéen, qui a dominé pendant des siècles le commerce méditerranéen. Les cités-États phéniciennes les plus importantes étaient Byblos, Sidon et Tyr. Selon la Bible, le roi Hiram de Tyr a collaboré étroitement avec le roi Salomon, fournissant des troncs de cèdre pour le Premier Temple de Jérusalem et envoyant des ouvriers qualifiés. Les Phéniciens sont crédités de l'invention du plus ancien alphabet vérifié, qui a ensuite inspiré l'alphabet grec, puis celui du latin.
L'ADN d'ossements de Cananéens (datant du Néolithique) retrouvés dans des fouilles a été comparé à celui d'un groupe de habitant Sidon, dans le cadre d'une étude du Wellcome Trust Sanger Institute britannique en 2017... Les chercheurs en déduisent que
La civilisation phénicienne a été l’une des plus influentes de la Méditerranée, fondant des comptoirs commerciaux dans toute la région et au-delà. Ses cités-États indépendantes et principalement côtières – Tyr, Byblos et Sidon (au Liban moderne) – comptaient parmi les plus importants centre de commerce de la Méditerranée. Craints et haïs par les Romains, les Phéniciens étaient moins un empire terrestre que des seigneurs des mers, que les compétences de marins et la capacité de voyager en mer ont conduits à initier le commerce mondial.. Cette première thalassocratie a fondé des comptoirs et des cités sur tout le pourtour de la Méditerranée, de Chypre jusqu'à Ibiza. Leur colonie la plus importante fut Carthage. Certaines théories suggèrent même qu'ils ont traversé les colonnes d'Hercule.vignette | Sarcophage d'Ahiram, roi de Byblos, désormais au Musée national de Beyrouth.Néanmoins, ce peuple, divisé en cités-États fut rapidement enclin aux convoitises et aux désirs d'expansion des empires voisins. L'Empire néo-assyrien fut le premier à imposer un tribut aux cités phéniciennes. Puis fut le tour de l'Empire néo-babylonien qui fut remplacé en 539 av. J.-C. par l'Empire achéménide« Lebanon in Ancient Times », sur about.com, 1987 (consulté le 17 juillet 2023).. Après de domination perse, les Grecs, sous l'égide d'Alexandre le Grand, attaquèrent et assiégèrent Tyr, alors la plus grande ville phénicienne, en 332 , durant sept mois... La domination de la mer de la cité leurs imposa de relier l'île d'alors au continent.