Joseph-Charles-André d'Arbaud-Jouques, dit « le marquis d'Arbaud-Jouques » Gustave Chaix d'Est-Ange Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , 1903, tome 1, page 272 à 274., ( - Aix-en-Provence † - Aix-en-Provence), baron d'Empire (1810), est un militaire, préfet et conseiller d'État français.

Biographie Vie familiale Joseph-Charles-André d'Arbaud-Jouques est un membre de la famille d'Arbaud, une famille de la noblesse provençale. Il est le fils aîné d'André Elzéard d'Arbaud, seigneur de Gardanne et de Jouques, président à mortier au parlement de Provence, mort à Lyon, sur l'échafaud, en 1793 et de Gabrielle Thérèse de Milan-Forbin.

En 1791, il émigre avec ses deux frères et sert dans l'armée de Condé. Ses services lui valent la croix de Saint-LouisBiographie nouvelle des contemporains, Antoine-Vincent Arnault (dir.), vol. I, Paris, 1820, ..

Il est présenté à l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem le Nicolas Viton de Saint-Allais, L'Ordre de Malte, ses grands maîtres et ses chevaliers, Delaunay, Paris, 1839, , lire en ligne mais ne fera jamais ses caravanes et ne prononcera jamais ses vœux de frère-chevalier de l'Ordre ce qui lui permettra de se marier.

Après le coup d'État du , ses frères et lui rentrent d'émigration et retrouvent l'hôtel d'Arbaud-Jouques à Aix où ils vont vivreSitué au du cours Mirabeau, l'hôtel d'Arbaud-Jouques avait été construit en 1700 par l'arrière-grand-père du préfet. Sa porte d'entrée est peut-être l'une des portes aixoises les plus richement ornées. C'est dans cet hôtel que s'arrêtent Charles IV d'Espagne en 1812 et le duc d'Angoulême en 1815. Le fils de Joseph Charles André d'Arbaud, marquis de Jouques, Philippe, loue l'hôtel à l'administration de la Poste aux Lettres. Cette administration reste dans l'hôtel jusqu'en 1870. (Évocation du vieil Aix-en-Provence, André Bouyala d'Arnaud, éd. de Minuit, 1964, op. cit., .).

Il épouse en 1803 Joséphine Marie Charlotte de Rafélis, fille de Joseph-Marie de Rafélis de Saint-Sauveur, maréchal des camps et armées du roi, dont : Jean Philippe Joseph André (1804-?), chevalier de l'ordre de Charles III d'Espagne, célibataire. Augustine Marie Alexandrine Élisabeth, mariée avec Oswald d'Arnaud baron de Vitrolles, fils du ministre d'État et pair de France Eugène François d'Arnauld, dont postérité. Caroline Elzéarine Alexandrine(1808-1869), mariée en 1829 avec Armand Sabatier baron de Lachenède, dont postérité.

Carrière « La reconnaissance l'attachant au chef du gouvernement, il accepta des fonctions publiques dans le nouvel ordre des choses »Biographie universelle et portative des contemporains, Alphonse Rabbe (dir.), Paris, 1826, .. Il fut nommé sous-préfet d'Aix puis préfet des Hautes-Pyrénées. Il fut nommé baron d'empire « en récompense de son dévouement à la personne de l'Empereur et de son zèle à faire exécuter les lois conscriptionnelles », rappelle Étienne Léon Lamothe-LangonBiographie des préfets, depuis l'organisation des préfectures, 3 mars 1800, jusqu'à ce jour, Étienne Léon Lamothe-Langon, Chez les Marchands de Nouveautés, 1826, ..

Il est successivement : Sous-préfet d'Aix-en-Provence (1806-1813) Préfet des Hautes-Pyrénées (1813-1814) Il est préfet du département des Hautes Pyrénées à l'époque où la guerre de la coalition commence. Il développe beaucoup de zèle dans l'exécution des mesures de la conscription, envoie des forces à la première légion de l'armée d'Espagne. Il semble vouloir à force de dévouement et d'efforts fixer sur lui l'attention du gouvernementGalerie historique des contemporains, Volume 1, 1827, page 138.. On loue son « zèle fervent », « son activité infatigable pour la levée des conscrits, organisés et mis sur-le-champ en mouvement, les proclamations énergiques qu'il répand avec profusion dans son département ». Le Moniteur déclare que Cette estime dont il jouit lui permet d'être conservé dans sa préfecture par le gouvernement provisoire de 1814, par le comte d'Artois et par Louis XVIII. Lorsque Napoléon revient de l'île d'Elbe il le destitue, mais cette disgrâce ne dure pas car après les Cent-Jours le roi le nomme à la préfecture du Gard. Préfet de la Charente-Inférieure ( au ) Préfet du Gard (1815-1817) Au plus fort de la Terreur blanche, il est nommé le préfet du Gard à Nîmes, à la place de Jules de Calvière, à un moment où les luttes entre catholiques et protestants sont récurrentes. Dans le cadre de ses fonctions, il se décide à employer la force, faisant paraître un décret contre les attroupements séditieux, selon lequel « toute réunion doit être dissipée par la force armée, et que la commune qui arborerait un signe séditieux, sera mise à exécution militaireBiographie nouvelle des contemporains, op. cit., . ».

Ce décret produisit un effet contraire à ce qui était souhaité : des bandes de verdets (arborant la cocarde verte du comte d’Artois) massacrent des Jacobins et des bonapartistes, tuent le maréchal Brune à Avignon, le général et le général Ramel à Toulouse et s’en prennent aux protestants à Nîmes et Uzès, ainsi qu'aux acquéreurs de biens nationaux. Arbaud de Jouques ne désavoue pas les excès commis et est destitué. Il fut par ailleurs élu membre de l'Académie de Nîmes en 1816. Préfet de la Côte-d'Or (1823-1829) Préfet des Bouches-du-Rhône (1829-1830) Conseiller d'État

Il démissionne de toutes ses fonctions le .

Il est élu en 1814 membre de l'Académie des belles-lettres, sciences et arts de La Rochelle.

Titre Baron de l'Empire par lettres patentes du , il est autorisé Source à établir un majorat volontaire de , sur une maison sise à Aix, sur le Cours Mirabeau, par nouvelles lettres patentes datées de Dresde du .

Décorations Chevalier de Saint-Louis Chevalier (1814), officier (1823) puis commandeur de la Légion d'honneur Commandeur de l'ordre de Charles III d'Espagne

Armoiries D'azur, au chevron d'argent, au chef d'or, chargé d'une étoile de gueules.Henri Jougla de Morenas, Grand Armorial de France, tome 1, page 212.

Publications 1811 : Traduction et imitation de quelques poésies d'Ossian, 1 vol. in-8° ; 1818 : Troubles et agitations du département du Gard en 1815. Contenant le rapport du révérend Perrot, au Comité des ministres non-conformistes d'Angleterre, sur la prétendue persécution des protestans en France, et sa réfutation, 167 p.

Notes et références

Voir aussi Sources et bibliographie Gustave Chaix d'Est-Ange Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du , 1903, tome 1, page 272 à 274. François Alexandre Aubert de La Chesnaye-Desbois Dictionnaire de la noblesse, 1770, tome 1, page 336.

Articles connexes Liste des préfets de la Charente-Maritime ; Liste des préfets du Gard ; Liste des préfets des Hautes-Pyrénées ; Académie des belles-lettres, sciences et arts de La Rochelle ; Liste de personnalités nées à Aix-en-Provence ; Liste des préfets de la Côte-d'Or ; Liste des premiers préfets français ; Liste des membres de la noblesse d'Empire ; Armorial des barons de l'Empire.

Liens externes

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