Les élections régionales de 2011 à Hambourg () se tiennent le de manière anticipée, afin d'élire les de la du Bürgerschaft de Hambourg.

Contexte Coalition noire-verte À la suite des élections régionales du , l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU), du premier bourgmestre Ole von Beust, au pouvoir depuis 2001, perd sa majorité absolue acquise en . Face au retour manqué du Parti libéral-démocrate (FDP) au Bürgerschaft, la CDU fait alliance avec les écologistes de la Liste verte alternative Hambourg (GAL), formant la première coalition noire-verte allemande.

Changement et rupture Le , Ole von Beust annonce son intention de démissionner à la fin de l'été, officiellement pour Angela Merkel lâchée par ses barons, Le Figaro, le . La CDU choisit pour le remplacer le sénateur à l'Intérieur Christoph Ahlhaus.

La GAL critique initialement ce choix d'une personnalité perçue comme plus conservatrice que le chef de l'exécutif sortant, mais une réunion entre les deux formations dissipe ces remarques Ahlhaus et les Verts se rapprochent, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le et Christopher Ahlhaus est officiellement élu premier bourgmestre le 25 août, avec deux voix de plus que le total de sa propre majorité Ahlhaus élu avec des voix de l'opposition, Focus, le .

La coalition est finalement rompue le suivant sur décision des écologistes, ce qui conduit Ahlhaus à annoncer la tenue d'élections anticipées Ahlhaus : « N'ayons pas peur de nouvelles élections », Frankfurter Allgemeine Zeitung, le . Le , le Bürgerschaft vote sa dissolution à l'unanimité et convoque les électeurs aux urnes le .

Mode de scrutin Le Bürgerschaft est constitué de (, MdHB) élus pour une législature de quatre ans au suffrage universel direct et suivant le scrutin proportionnel de Sainte-Laguë.

Chaque électeur dispose de dix voix, selon le principe du : les cinq premières () lui permettent de voter pour un ou plusieurs candidats de sa circonscription, le Land comptant pourvoyant chacune entre trois et cinq sièges ; les cinq autres () lui permettent de voter pour une ou plusieurs listes de candidats ou un ou plusieurs candidats au niveau de la ville. Au total, sont élus dans le cadre des circonscriptions.

Lors du dépouillement, l'intégralité des sièges est répartie proportionnellement aux secondes voix entre les partis ayant remporté au moins 5 % des suffrages exprimés au niveau du Land. Si un parti a remporté des mandats de circonscription selon les règles du scrutin majoritaire plurinominal, ses sièges sont d'abord pourvus par ceux-ci. Les sièges restants sont attribués aux candidats de la liste municipale, en tenant compte du nombre de suffrages reçus personnellement par chacun d'eux.

Dans le cas où un parti obtient plus de mandats de circonscriptions que la proportionnelle ne lui en attribue, il conserve ces mandats supplémentaires et la taille du Bürgerschaft est augmentée par des mandats complémentaires distribués aux autres partis pour rétablir une composition proportionnelle aux secondes voix. Si un parti obtient des mandats de circonscription sans franchir le seuil électoral municipal, il conserve ces sièges mais la taille du Bürgerschaft n'est pas réajustée avec des mandats complémentaires.

Campagne Principaux partis et chefs de file Parti Positionnement Chef de file Résultat en 2008 Union chrétienne-démocrate d'Allemagne Centre droitDémocratie chrétienne, conservatisme, libéralisme Christoph Ahlhaus(Premier bourgmestre) 42,6 % des voix Parti social-démocrate d'Allemagne Centre gaucheSocial-démocratie, troisième voie, progressisme Olaf Scholz 34,1 % des voix Liste verte alternative Hambourg Centre gaucheÉcologie, progressisme Anja Hajduk 9,6 % des voix La Gauche Extrême gauche à gaucheSocialisme démocratique, anticapitalisme, populisme Dora Heyenn 6,4 % des voix Parti libéral-démocrate Centre droitLibéralisme, social-libéralisme Katja Suding 4,8 % des voix

Sondages +Sondages pour les élections régionales de 2011 à HambourgInstitutDate CDU SPD GAL FDP Die Linke GMS 17/02/2011 25 % 43 % 15 % 5 % 6 % Emnid 13/02/2011 25 % 45 % 15 % 5 % 6 % Forschungsgruppe Wahlen 11/02/2011 23 % 46 % 14,5 % 5 % 6 % Infratest 03/02/2011 25 % 46 % 14 % 5 % 6 % Trend Research 01/02/2011 25 % 45 % 16 % 4 % 6 % Infratest 13/01/2011 26 % 43 % 17 % 4 % 5 % Infratest 13/12/2010 22 % 43 % 19 % 4 % 7 % Psephos 01/12/2010 28 % 45 % 14 % 3 % 6 % Forschungsgruppe Wahlen 01/12/2010 22 % 41 % 21 % 4 % 7 % Psephos 12/11/2010 35 % 40 % 12 % 4 % 6 % Trend Research 20/102010 25 % 35 % 17 % 4 % 11 % Psephos 21/07/2010 35 % 41 % 10 % 4 % 6 % Psephos 08/07/2010 36 % 39 % 11 % 5 % 6 % Psephos 26/04/2010 34 % 37 % 10 % 8 % 8 % Infratest dimap 22/02/2010 31 % 31 % 16 % 7 % 10 % Psephos 20/12/2009 38 % 34 % 11 % 6 % 8 % Psephos 02/12/2009 36 % 33 % 13 % 8 % 8 % Infratest dimap 26/02/2009 36 % 33 % 12 % 9 % 8 % Dernières élections 24/02/2008 42,6 % 34,1 % 9,6 % 4,8 % 6,4 %

Résultats +Résultats des élections régionales de 2011 à Hambourg Fichier:HH Landtagswahl 2011.svgPartisCirconscriptionsListeTotalsièges +/- Votes % Sièges+/−Votes % +/−SiègesParti social-démocrate d'Allemagne (SPD)45,323748,422562Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU)22,981821,881028Liste verte alternative Hambourg (GAL)14,231211,16214Parti libéral-démocrate (FDP)6,3016,6589Die Linke (Linke)6,9636,4058Parti des pirates (PIRATEN)2,0602,1200Parti national-démocrate d'Allemagne (NPD)1,0400,8900Die PARTEI (PARTEI)0,2100,7000Électeurs libres (FW)0,5000,6700Parti des retraités d'Allemagne (RENTNER)0,0400,4600Parti écologiste-démocrate (ÖDP)0,1200,3000Centre des citoyens (Bü-Mi)0,2400Alliance de l'innovation et de la justice (BIG)0,1000Indépendants0,2500Total100100Votes valides96,3897,04Votes blancs et nuls3,622,96Total10071100 -50121Abstentions42,7042,70Inscrits/Participation57,3057,30

Analyse Après dix années dans l'opposition, le SPD, profitant de la personnalité de son chef de fileHambourg : le triomphe du SPD, un revers pour Merkel, Le Figaro, , comme la CDU avec Ole von Beust durant les dix années précédentes Scholz a rempli sa mission, Ahlhaus aussi, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le , retrouve le pouvoir et conquiert, pour la première fois depuis les élections de 1991, la majorité absolue au Bürgerschaft. Cette large victoire, qui dépasse les prévisions les plus optimistes des enquêtes d'opinion, contraste singulièrement avec la déroute des chrétiens-démocrates, qui doivent se contenter de leur plus mauvais score depuis 1946 et subissent les effets du départ du premier maire von Beust, très populaire dans la ville-LandAllemagne: les conservateurs d'Angela Merkel en déroute à Hambourg, Le Monde, le . À l'inverse, la GAL ne pâtit pas de sa participation à la première « coalition noire-verte » avec la CDU puisqu'elle progresse sans toutefois atteindre les 15 % pronostiqués par les sondages. Quant au FDP, malgré un contexte national difficile, il surpasse assez nettement la barre des 5 % et parvient à faire son retour au Bürgerschaft, dont il avait été exclu aux élections de 2004. Enfin, Die Linke parvient, pour la seconde fois après la Hesse en 2009, à conserver sa représentation dans un Parlement régional de l'ex-Allemagne de l'Ouest, et confirme par sa stabilité son implantation dans la deuxième ville du pays.

Réactions La chancelière fédérale, native de la ville, Angela Merkel, a admis que le résultat de la CDU était « une amère défaite » et que l'attitude des écologistes, à l'origine du déclenchement du scrutin, rendait difficile la formation d'autres coalitions entre les deux partis au niveau des Länder, la constitution d'une coalition noire-verte était carrément inconcevable au niveau fédéral La CDU a souffert « une amère défaite », Frankfurter Allgemeine Zeitung, le . Tandis que les chrétiens-démocrates tentent malgré tout de faire une lecture locale de ce scrutin – dominé il est vrai par des enjeux propres à la ville hanséatique –, le président du SPD, Sigmar Gabriel, a qualifié ce résultat de « souffle porteur » alors que six élections régionales vont s'enchaîner sur les sept mois suivants Le SPD peut gouverner Hambourg seul, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le . Le président de la CDU de Hambourg, le député fédéral Frank Schira, renonce à ses fonctions le 21 février, assumant la déroute de sa formation Le chef de la CDU de Hambourg, Schira, démissionne, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le .

Conséquences Le , le social-démocrate Olaf Scholz est investi premier maire, soutenu uniquement par son parti.

Notes et références

2011 Hambourg Catégorie:Politique en février 2011