Louis-Alexandre Devérité, né le à Abbeville et décédé le dans la même ville, est un homme politique de la Révolution française.

Biographie Patriote abbevillois Fils d'un libraire, Devérité embrasse la carrière juridique et se fait recevoir comme avocat au parlement. À la mort de son père, il reprend le commerce paternel et s'installe comme imprimeur-libraire. Au début de 1789, il publie La Vie et les doléances d'un pauvre diable pour servir de ce qu'on voudra aux États-Généraux.

Rallié aux idées nouvelles, il fonde au début de la Révolution la feuille patriote Les Annales picardes et est membre de la Société des amis de la Constitution. Il devient également l'un des cadres de la garde nationale d'Abbeville. En 1791, il est nommé officier municipal de la ville et, à ce titre, parvient à contenir plusieurs émeutes dues à une disette du blé.

Mandat à la Convention La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Louis-Alexandre Devérité est élu député du département de la Somme, le onzième sur treize, à la Convention nationale.

Il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote « la détention durant la guerre et le bannissement à la paix », et vote en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine. Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat. Le , il vote pour le rétablissement de la Commission des Douze.

Le , aux côtés de huit de ses collègues députés de la Somme, Louis-Alexandre Devérité signe une déclaration hostile aux journées du 31 mai et du 2 juin 1793. Le , sur motion de François Chabot (député du Loir-et-Cher), et quoique défendu par Pierre Guyomar (député des Côtes-du-Nord), il est décrété d'arrestation pour avoir envoyé aux autorités d'Abbeville l'imprimé Aux citoyens français, sur la Nouvelle Constitution de Nicolas de Condorcet (député de l'Aisne), hostile à la constitution du 24 juin 1793. Le , après le rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, il est décrété d'accusation devant le tribunal révolutionnaire. Le 15 vendémiaire an II (le ), il proteste de son innocence dans une lettre lue à la Convention.

Le 18 frimaire an III (le ), sur motion de son collègue André Dumont (député de la Somme), le décret de mis-hors-de-la-loi contre lui est rapporté et il est réintégré à la Convention, aux côtés des députés décrétés d'arrestation.

Mandat aux Anciens Sous le Directoire, Louis-Alexandre Devérité est réélu député et siège au Conseil des Anciens. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le prairial an V (le ).

Le Directoire le nomme ensuite conservateur des eaux et forêts de la Somme, mais ses sympathies royalistes l'empêchent de prendre ses fonctions après le coup d'État du 18 fructidor an V.

Fin de carrière En 1799, le Consulat le nomme juge d'instruction auprès du tribunal civil d'Abbeville. Devérité occupe cette fonction jusqu'à la réorganisation des tribunaux en 1811.

Il meurt dans sa ville natale en 1818 à l'âge de soixante-quatorze ans. Il est enterré au cimetière de la Chapelle d'Abbeville.

Références

Annexes

Bibliographie . Robert Legrand, La Révolution dans la Somme, Conventionnels, Jacobins et Soldats, préface de Jean Tulard, Abbeville, Imprimerie F. Paillart, 1988.

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