Crossarchus, les Crossarches, mais plus communément désignées sous le nom de Mangues, sont un genre de mammifères carnivores de la famille des Herpestidés. Ces petites mangoustes de la sous-famille des Mungosinae, originaires d’Afrique centrale se caractérisent par une très petite taille, se rencontrent principalement dans les forêts denses et les zones marécageuses de la région.

Dénominations Nom scientifique valide : Crossarchus F. Cuvier, 1825 selon ; Nom normalisé anglais : Long-nosed mongooses ; Nom vulgaire recommandé en français : Mangues ; Noms vulgaires : Crossarches ; Noms vernaculaires : Mangouste.

Étymologie Le nom générique Crossarchus trouve son origine dans le grec ancien, combinant les termes krossoi (κροσσοι), signifiant « frędzle » ou « franges », et arkhos (αρχος), désignant le rectum ou l'anus. Cette dénomination fait directement référence à la configuration anatomique remarquable de la poche anale de l'animal, qui, lorsqu'elle est ouverte et déployée, présente des replis glandulaires évoquant l'aspect d'une « fraise » plissée.

Taxonomie Le genre Crossarchus a été instauré en février 1825 par le zoologiste français Frédéric Cuvier, en collaboration avec Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, dans leur ouvrage Histoire naturelle des mammifères. En décrivant pour la première fois l'espèce type Crossarchus obscurus alors désignée sous le nom vernaculaire de « Mangue », Cuvier a reconnu la nécessité de séparer ce groupe des autres mangoustes et viverridés traditionnels. Bien que sa physionomie générale rappelle celle des mangoustes ordinaires, ce nouveau genre se distingue nettement par des caractères morphologiques propres tels qu'une forme plus ramassée, une tête plus arrondie, un museau très allongé et une démarche entièrement plantigrade comparable à celle du suricate. Le trait anatomique le plus distinctif qui a motivé la création de ce genre réside dans la structure complexe de sa poche anale et de ses glandes odorantes. Le genre va rester monotypique pendant la plus grande partie du XIXème siècle, de n’est qu’à la fin des années 1880 que divers auteurs comme Du Bocage ou Trouessart vont intégrer au genre Crossarchus les deux espèces actuelles du genre Mungos, mais aussi la nouvelle espèce décrite par Eugène de Pousargues en 1893. Finalement, deux nouvelles espèces de Crossarches furent découvertes, et le principe de priorité de la Commission internationale de nomenclature zoologique rétabli le genre Mungos. Bien plus tard dans les années 80 fut décrite l’espèce de la Mangue à tête plate (Crossarchus platycephalus), mais son statut a un temps divisé auteurs, avant une étude moléculaire définitive menée en 2014.

Liste des espèces

+ Tableau synthétique des espèces actuelles du genre Crossarchus selon : Espèce (Nom binominal, auteur et noms vernaculaires) Répartition et description Statut UICN Crossarchus alexandri(O. Thomas & Wroughton, 1907)Crossarche d'AlexanderMangue d’Alexandre République démocratique du Congo et Ouganda.150px|center Crossarchus ansorgei(O. Thomas, 1910)Mangue d’AnsorgeMangue d'Angola République démocratique du Congo et Angola.150px|center Crossarchus obscurus(espèce type)(F. Cuvier, 1825)Mangue obscurCrossarche brune150px|center Ghana, Côte d'Ivoire, Bénin, Liberia et Sierra Leone.150px|center Crossarchus platycephalus(Goldman, 1984)Mangue à tête plateMangue du Cameroun Bénin, Cameroun et Nigeria.150px|center

Phylogénie Phylogénie des Herpestidés basée sur les travaux de Veron et al. (2004), Barycka (2005) et Patou et al. (2009) :

Description et comportement Ce sont de petits carnivores hautement sociaux qui vivent en groupes constitués de 10 à 24 individus (regroupant une à trois familles). Diurnes, ils se déplacent constamment à travers leur territoire sans occuper de site de tanière permanent, ce qui amène les membres du groupe à transporter et à nourrir à tour de rôle les jeunes inaptes à suivre la troupe. En raison de la densité de la canopée et du sous-bois forestier, ils maintiennent le contact au sein du groupe en émettant des sifflets continus.

Écologie et comportement Distribution et habitat Les espèces de ce genre se rencontrent dans les zones marécageuses et les forêts de l'Afrique centrale et occidentale, notamment au Ghana, en Côte d'Ivoire, au Liberia et en Sierra Leone. Dans la plupart des régions où elles vivent, elles constituent les carnivores forestiers numériquement dominants.

Régime alimentaire Leur régime se compose d'insectes, de larves, de petits reptiles, de crabes et de baies. Ils fouissent la litière de feuilles et sondent sous les bois pourris ou les pierres à l'aide de leurs griffes et de leur museau, et n'hésitent pas à patauger dans les ruisseaux peu profonds à la recherche de crabes d'eau douce.

Reproduction Les femelles sont polyœstrus et peuvent connaître jusqu'à neuf cycles par an en l'absence d'accouplement. Les portées comptent généralement deux à trois petits par an. Les nouveau-nés ouvrent les yeux vers l'âge de douze jours, commencent à consommer de la nourriture solide à trois semaines et acquièrent leur pelage adulte à cinq semaines.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie

Voir aussi

Liens externes

Catégorie:Herpestidae Catégorie:Genre de carnivores (nom scientifique) Catégorie:Taxon décrit en 1825 Catégorie:Taxon décrit par Frédéric Cuvier