Jilali Gharbaoui (Jorf El Melha, - Paris , Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 410, vue 6/31.) est un peintre marocain non figuratif. Il est considéré comme « le premier peintre marocain à avoir choisi ce mode d'expression picturale »Mohamed Sijelmassi, La peinture marocaine, Paris, éditions Jean-Pierre Taillandier, 1972, p. 87..

Biographie Après la mort de son père puis de sa mère alors qu'il a une dizaine d'années, Jilali Gharbaoui est accueilli dans un orphelinat. Après des études secondaires à Fès, il devient marchand de journaux. Il expose quelques-uns de ses dessins par terre et est remarqué en 1944 par Marcel Vicaire, Inspecteur des arts indigènes et conservateur du musée du Batha à Fès. Marcel Vicaire, touché par cette peinture confie le jeune orphelin à son collaborateur Ahmed Sefrioui. C'est ainsi qu'il suit le soir, durant plusieurs années, les cours de l'Académie des arts de Fès. Grâce à Ahmed Sefrioui, alors Directeur des Beaux-arts de Rabat, il obtient en 1952 une bourse pour l'École des Beaux-arts de Paris, fréquentant ensuite l'académie Julian jusqu'en 1958. Intéressé par l'impressionnisme, la peinture hollandaise ancienne et l'expressionnisme allemand, il commence à se tourner vers l'abstraction. De cette époque datent ses premières crises connues. droite|vignette|Paysage d'Ito surplombant la ville d'Azrou De retour au Maroc en 1955, il s'installe à Rabat. Après une première tentative de suicide, il fréquente régulièrement l'hôpital Moulay Youssef et l'hôpital psychiatrique de Salé. À la suite d'une deuxième tentative de suicide, le peintre Farid Belkahya lui cède sa candidature à l'Accademia delle Belli Arti de Rome ; il y demeure près d'une année, visite la Sicile puis rentre, gravement malade, au Maroc. En 1957, Jilali Gharbaoui effectue un premier séjour au monastère bénédictin de Tioumliline, situé dans le Moyen Atlas à 5 kilomètres d'Azrou, qui sera fermé en 1968Le film Des hommes et des dieux y sera tourné en 2009-2010.. Une exposition itinérante présente ses œuvres aux États-Unis. Parmi d'autres artistes marocains, il expose au San Francisco Museum of Modern Art, où il reçoit le Premier Prix.

Revenu à Paris en 1959, Jilali Gharbaoui est introduit par Pierre Restany avec qui il s'est lié d'amitié ainsi qu'avec Henri Michaux, dans le groupe des informels au Salon Comparaisons et est sélectionné pour une exposition itinérante au Japon, au Mexique et en Allemagne. « Ses gestes colorés sont autant de lumière qui font vibrer la matière au sein de la couleur. Cette gestualité impulsive traduit bien l'hyper-émotivité du personnage, le côté vibratile de ses pulsions physiques et mentales », notera Restany en 1990.

À Rabat en 1960 et à Tioumliline en 1962, Jilali Gharbaoui traverse l'échec de deux liaisons sentimentales. À partir de 1963, il est admis pendant plusieurs semaines à l'hôpital Moulay Youssef où il reçoit des soins par électrochocs. En 1966 et 1967, il effectue des voyages à Paris et à Amsterdam. À partir de 1968, il séjourne à l'hôtel de la Tour Hassan de Rabat où il exécute pour un collectionneur de très nombreuses gouaches. En 1971, Jilali Gharbaoui loge à Paris chez le critique d'art Pierre Gaudibert. Victime de sa consommation d'alcool et de drogue, il meurt sur un banc public au Champ-de-Mars et sera enterré à Fès.

En 2015, une huile sur toile du peintre est vendue aux enchères pour à Paris

Principales collections Al Mada, Maroc Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain de Rabat, Maroc Bank Al-Maghrib, Maroc Attijariwafa bank, Maroc Société Générale, Maroc Fondation Al Mada, Maroc Office Chérifien des Phosphates, Maroc Musée de Grenoble, France Fonds Municipal d’Art Contemporain de la ville de Paris, France Musée Mathaf, Qatar

Jugement « De retour au Maroc, il a senti le besoin de sortir de nos traditions géométriques, en donnant un mouvement à la toile, un sens rythmique, et, le plus important, de la lumière. La quête de cette lumière était pour lui capitale. (...) Nulle allusion formelle, nulle anecdote, ne viennent gêner cette quête. La couleur, la matière et un trait gestuel sans repentir suffisent pour évoquer tour à tour les jardins du Chellah et les sources fougueuses de l'Atlas » Mohamed SijelmassiLa peinture marocaine, Paris, éditions Jean-Pierre Taillandier, 1972, p. 87-88..

Principales expositions personnelles 1957 : Galerie Venise Cadre, Casablanca 1958 : Centre italo-arabe, Rome 1959 : Mission culturelle française, Rabat et Casablanca 1962 : Galerie La Découverte, Rabat 1965 : Galerie nationale Bab Rouah, Rabat 1966-67 : Amsterdam et Montréal 1980 : « Rétrospective », galerie l'Œil noir, Rabat 1993 : Institut du Monde Arabe (rétrospective) 1995 : « Regards immortels », Société Générale, Casablanca, Maroc 2012 : Musée de Bank Al-Maghrib, Rabat, Maroc

Documentaires sur l'artiste 1993 : Gharbaoui, à corps et à cris. Faten Safieddine. 26 minutes. Production : 2M, AL MADA (Ex ONA), Institut du Monde Arabe.

Notes et références

Annexes Articles connexes Ahmed Cherkaoui Farid Belkahia

Bibliographie

Mohamed Sijelmassi, La peinture marocaine, Paris, éditions Jean-Pierre Taillandier, 1972 [Jilali Gharbaoui : p. 86- 97] Khalil M'Rabet, Peinture et Identité : l'Expérience Marocaine, Paris, L'Harmattan, 1987 Antonia-Yasmina Filali, Fulgurances Gharbaoui, Fondation ONA, 1993 Art contemporain marocain, dans « Horizons maghrébins, Le droit à la mémoire », n° 33-34, Université de Toulouse Le Mirail, 1997. Azzouz Tnifass, Jilali Gharbaoui, Voyage au bout du rêve, 1930-1971, Marsam, collection « Regards Obliques », 2007 Abstraction marocaine, Jilali Gharbaoui, dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, 28.01.2011 Charbaoui record [Record mondial de l'artiste pour Éclosion, 1968, huile sur panneau, 100 × 65 cm, adjugé 223 500 euros le à Paris] dans La Gazette de l'Hôtel Drouot, 06.11.2015, p. 129. La véritable sépulture de Jilali Gharbaoui, https://lundi.am/La-veritable-sepulture-de-Jilali-Gharbaoui

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