La Compagnie des mines de Ferfay est une compagnie minière qui a exploité la houille dans le bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, dans les communes d'Auchel, Ferfay, puis Cauchy-à-la-Tour. Fondée le , elle effectue plusieurs sondages à Ecquedecques, Ames et Ferfay. Elle ouvre la fosse 1 ou Montebello en 1853, et fait le une demande de concession. Celle-ci est acceptée le et porte sur , les concessions de Auchy-au-Bois, Marles et Bruay sont instituées en même temps. La fosse 1, située près des limites avec la concession de Marles, a un champ d'extraction limité.
La fosse 2 est ouverte à Ferfay en 1856 et la fosse 3 dans la même commune en 1868. La Compagnie de Ferfay rachète en 1870 la Compagnie des mines de Cauchy-à-la-Tour et sa fosse située à Cauchy-à-la-Tour et en fait sa fosse 4. L'extraction s'étend désormais aussi dans la concession de Cauchy-à-la-Tour. La situation financière de la Compagnie est mauvaise, les dettes sont trop élevées, mais elle continue de produire. Les puits 2 bis et 3 bis sont ajoutés respectivement à partir de 1884 et 1885. Durant la Première Guerre mondiale, la Compagnie est en zone libre, et augmente sa production pour participer à l'effort de guerre. Sa fosse 4 recommence à produire, et un puits 4 bis est ajouté à partir de 1917.
En 1925, la Compagnie de Ferfay est rachetée par la Compagnie des mines de Marles, et cesse d'exister. Les fosses 3 - 3 bis et 2 - 2 bis ferment respectivement en 1929 et 1936. En 1946, la Compagnie de Marles est nationalisée et intègre le Groupe d'Auchel. La fosse 4 - 4 bis, renommée 7 - 7 bis depuis 1925, cesse d'extraire en 1950 et les puits sont remblayés en 1952. La fosse 4 - 4 bis de Marles cesse d'extraire elle aussi en 1950, le puits 4 ter, ancien 1, qui assure l'aérage, est remblayé en 1951.
Historique
Avant 1880
Société de recherches de Lillers Une Société dite de Lillers se forme le pour la recherche de la houille dans le Pas-de-Calais. Les fondateurs sont Messieurs Chartier-Lahure, le général baron Lahure, Oscar Lahure, Déruelle et autres personnes de Douai, Bouchain et environs. Elle se compose de d'intérêts. Cette société commence un premier sondage le sur le territoire de la commune d'Ecquedecques, puis un second (125) sur le territoire de la commune d'Ames le et enfin un troisième (261), sur le territoire de la commune de Ferfay le . Le premier rencontre le tourtia à de profondeur, en traversant et, immédiatement en dessous, entre dans le calcaire carbonifère où il est définitivement abandonné à la profondeur de .
Le second après avoir traversé de morts terrains et dix mètres de terrain houiller tombe sur le calcaire carbonifère et est également abandonné à la profondeur de . Le troisième rencontre à de profondeur le terrain houiller et à une veine en deux sillons, le premier de , le second de , séparés par un banc de schistes de . Se fondant sur ces données, les actionnaires de la Société de Lillers, qui viennent de commencer sur le territoire de Ferfay deux autres sondages (262 et 263), l'un le et l'autre le , résolvent de constituer leur ancienne Société sur de nouvelles bases. Cette nouvelle Société prend la dénomination de Société de Ferfay et de Ames.
Constitution de la Société d'exploitation La Société de recherches de Lillers est dissoute et transformée par acte du , en société d'exploitation, sous la dénomination de Ferfay et de Ames. Elle durera jusqu'à l'épuisement de la houille dans la concession à obtenir. Le capital est fixé à , représentés par de . sont dévolues à titre gratuit aux actionnaires de la Société de Lillers, en compensation de leurs apports, dépenses faites, droits acquis à la concession et matériel de sondage. L'administration se compose de cinq membres. Dans le cas où l'un d'eux viendrait à cesser ses fonctions pour une cause quelconque, les administrateurs restants pourvoiront à son remplacement.
Nul ne pourra être administrateur s'il n'a la pleine propriété d'au moins vingt actions. Toute délibération devra être signée par trois administrateurs au moins, y compris le président. Le siège de la Société est à Ferfay. Le directeur-gérant doit être possesseur de vingt actions. Sa nomination et sa révocation ne pourront avoir lieu qu'à la majorité des quatre cinquièmes des voix des membres composant toute l'administration. L'administration ne peut faire aucun emprunt. Nul ne sera admis à faire partie de l'assemblée générale, s'il n'est propriétaire de quinze actions.
Les écritures sont arrêtées le de chaque année. L'administration fixe le chiffre des dividendes et de la réserve. Dans le cas où une très vaste exploitation obligerait l'administration à augmenter le capital social, elle est autorisée à émettre un fonds de réserve composée de nouvelles de chacune, sans que l'émission totale puisse jamais dépasser le chiffre de .
Modification des statuts en 1866 Les statuts ci-dessus sont modifiés par l'assemblée générale du , et remplacés par les suivants : il est formé une société civile sous le nom de Compagnie de Ferfay et de Ames. Son siège est au Bois Saint-Pierre-les-Auchel. Sa durée est illimitée. L'avoir social est divisé en au porteur ou nominatives, au choix du possesseur. Tout propriétaire de cinq actions a voix délibérative à l'assemblée générale. Les délibérations de l'assemblée générale ne sont valables qu'autant qu'elle réunit au moins la moitié des actions émises. L'année sociale commence le et finit le suivant. Une commission dite des comptes, nommée par l'assemblée générale et composée de trois membres, pris en dehors du conseil d'administration, vérifie les comptes et fait un rapport à l'assemblée générale.
Le conseil d'administration est composé de sept membres, qui doivent posséder chacun au moins cinq actions. En cas de démission où de décès de l'un des membres du conseil d'administration, les membres restants pourvoient à son remplacement. La présence de quatre membres est nécessaire pour la validité des délibérations. La révocation du directeur-gérant ne peut être prononcée que dans une réunion à laquelle assistent tous les membres du conseil d'administration et à la majorité de cinq voix contre deux. Le chiffre des dividendes est fixé par le conseil d'administration, d'après le bénéfice net acquis suivant le bilan arrêté au , prélèvement fait de la somme affectée à la réserve. Cette somme ne pourra excéder 15 % du bénéfice net total, annuel. Le chiffre des réserves ne pourra dépasser .
Émission d'actions avec intérêts garantis
Sur les de formant le fonds social de la Compagnie de Ferfay, il n'en a été émis que . Il en reste à la souche 819. L'assemblée générale du décide l'émission au pair de ces . Mais elles n'ont pas été souscrites. On n'obtient leur souscription qu'en leur garantissant un intérêt annuel de (délibération de l'assemblée générale du ).
Ces actions nouvelles cessent toutefois d'avoir ce privilège d'une garantie d'intérêt de après le payement, pendant cinq années consécutives, d'un dividende d'au moins pour chacune des formant le fonds social.
Deuxième modification des statuts en 1875
Le , l'assemblée générale des actionnaires apporte de nouvelles modifications aux statuts. Ainsi, l'assemblée générale se tient à Douai le deuxième jeudi de novembre de chaque année. Les administrateurs sont élus à la majorité des suffrages et au scrutin secret par les actionnaires réunis en assemblée générale ; la durée de leur mandat est de sept ans. L'assemblée des actionnaires procède chaque année à l'élection d'un administrateur. Chaque administrateur doit posséder au moins dix actions. La présence de cinq membres est nécessaire pour la validité des délibérations.
L'assemblée générale du décide la conversion des titres d'action au porteur en titres nominatifs. Mais un assez grand nombre d'actionnaires, redoutant les conséquences de la responsabilité des dettes de la Compagnie, ne veulent pas se conformer à cette décision, et à la fin de l'année 1877 il reste environ au porteur.
Actions
Le capital de la Compagnie de Ferfay est de divisé en de chacune, émises aux diverses époques ci-après : de 1852 au , au , au et au .
Concession thumb|upright=1.5|La concession de Ferfay et de Cauchy-la-Tour parmi celles du bassin minier hors Boulonnais.
Quelques mois après sa constitution en société d'exploitation, la Compagnie de Ferfay et Ames fait, le , une demande en concession. Plusieurs Compagnies se disputent alors les terrains restant à concéder, et l'instruction des diverses demandes est longue et laborieuse.
Enfin, paraît un décret le , qui institue en même temps les quatre concessions de Ferfay, Auchy-au-Bois, Marles et Bruay. L'étendue de la concession de Ferfay est fixée à . En , la Compagnie se rend adjudicataire de la concession de Cauchy-à-la-Tour, instituée par décret du , en faveur d'une société qui est entrée en liquidation après avoir percé un puits contre la limite est de la concession de Ferfay.
Cette acquisition, autorisée par décret du , ajoute à la superficie possédée par la Compagnie de Ferfay , de sorte que la surface des deux concessions de cette Compagnie est de . En 1877, la Compagnie exécute un sondage au midi, en vue de trouver le terrain houiller en dessous du terrain dévonien renversé, ainsi qu'on l'a constaté à Liévin, Bully et Drocourt, et elle demande une extension de concession.
Travaux thumb|État des travaux vers 1880. thumb|Coupes verticales aux puits 3 et 2.
La Société d'exploitation débute immédiatement, en 1853, par l'ouverture d'une fosse 1 ou Montebello. Mais les limites communes données par le décret du aux concessions de Ferfay et de Marles, quoique fixées en vue de conserver cette fosse à la Compagnie de Ferfay, ne lui laissent qu'un champ d'exploitation très limité à l'est et au nord.
La fosse 1 entre en exploitation dans le courant de l'année 1855, et fournit, cette année, . Elle est ensuite approfondie à . Une deuxième fosse, dite 2 ou Lahure, est commencée en 1856, à l'ouest. Elle ne fournit d'abord que de mauvais résultats, et, en 1862, est en approfondissement à sans avoir, pour ainsi dire, rien produit. Depuis, elle a fourni quelques produits, qui ont été en augmentant. Sa profondeur est de .
En 1867, on ouvre une fosse 3, Druon, qui est de beaucoup la meilleure de la concession de Ferfay. Par sa mise en exploitation, en 1870, la production de la Compagnie de Ferfay se développe rapidement et passe de , en 1870, à , en 1871, et , en 1872. M. Évrard a installé à la fosse 3, en 1876, un trainage mécanique par chaîne flottante, pour une exploitation en vallée, qui présente cette particularité que le moteur est placé au jour, et qu'il actionne la poulie de tête de la chaîne par un câble de transmission descendant dans le goyau. On y a également installé la perforation mécanique en 1879. Cette fosse est approfondie à . La Compagnie possède une quatrième fosse, 4, foncée par la Compagnie de Camblain-Câtelain, en 1859, comprise dans la concession de Cauchy-à-la-Tour, dont elle a fait l'acquisition en 1870. Cette fosse, tombée sur un gisement pauvre et irrégulier n'a pour ainsi dire rien produit. Elle est en chômage depuis 1876, sans être abandonnée. La Compagnie se propose d'y d'opérer des recherches par les bowettes de la fosse 1 et à une grande profondeur. En cas de découvertes utiles, la fosse de Cauchy serait approfondie et l'exploitation en serait reprise. Tous les puits de la concession de Ferfay ont été creusés avec facilité, et le passage des niveaux n'a fourni que de faibles quantités d'eau.
Le bilan du donne les dépenses faites à chacune des quatre fosses tant en achat du terrain, creusement des puits, bâtiments, machines et matériel, un ensemble de , dont pour la fosse 1, pour la fosse 2, pour la fosse 3 et pour la fosse 4. Le prix moyen d'installation d'une fosse de Ferfay a donc été de .
Chemins de fer