Amazonas est un État du Venezuela, bordé au nord par les États de Bolívar et d'Apure, au sud et à l'est par le Brésil et à l'ouest par la Colombie. État situé au nord du bassin versant du fleuve Amazone dont il tire son nom, il possède un climat tropical. En 2019, sa population est estimée à habitants. Sa capitale et plus grande ville est Puerto Ayacucho.
Histoire Un territoire devenu État thumb|right|La place Bolívar et la statue de Simón Bolívar à Puerto Ayacucho, devenue capitale de l'État en 1928, en remplacement de San Fernando de Atabapo. Lors de la colonisation de la région par les Espagnols, le territoire actuel appartient à la province de Guyane. En 1864 est créé le Territoire fédéral d'Amazonas (Territorio Federal Amazonas, en espagnol) avec pour capitale San Fernando de Atabapo. En 1881 et sous la présidence d'Antonio Guzmán Blanco, la zone est divisée en deux territoires distincts Amazonas et Alto Orinoco. Dès 1893, les deux nouveaux territoires sont de nouveau réunis sous le nom d'Amazonas avec la même capitale. En 1928, le président Juan Vicente Gómez transfère la capitale de l'État à Puerto Ayacucho afin de faciliter la liaison avec la capitale Caracas.
Dès lors, le Territoire fédéral d'Amazonas n'atteint pas la population minimale pour accéder au rang d'État, selon la constitution et il faut attendre 1992 pour que le territoire soit élevé au rang d'État fédéral du Venezuela avec ses frontières et capitale actuelles. Le premier gouverneur élu en 1992 est Edgar Vicente Sayago Murillo. Lui succèdent José Bernabé Gutiérrez en 1995 et Liborio Guarulla depuis 2001.
Toponymie L'État d'Amazonas tire son nom du fleuve Amazone depuis le , et par là des Amazones, personnages féminins de la mythologie grecque. Le fleuve Amazone, découvert par Francisco de Orellana porte ce nom après qu'une tribu féminine eut opposé une sévère résistance aux conquistadors espagnols le .
L'État n'est pas traversé par le fleuve Amazone mais occupe une partie importante de son bassin versant septentrional, étant notamment bordé à l'ouest par l'un de ses principaux affluents, le río Negro.
Géographie Deuxième État du pays par sa superficie () après l'État de Bolívar (), l'État d'Amazonas possède une densité de population très faible (moins d'un habitant par kilomètre carré) sur un territoire couvert majoritairement par la forêt amazonienne, un relief relativement homogène et peu marqué hormis les chaînes montagneuses septentrionales, au réseau hydrographique très développé.
Situation
Géologie et relief La totalité du territoire est située sur le bouclier guyanais. L'altitude varie de quelques dizaines de mètres sur les rives de l'Orénoque aux du point culminant, le pic Marahuaca. L'altitude variée se décompose en grandes zones : les plaines et savanes dont l'altitude est comprise en 100 et , les collines et moyennes montagnes nombreuses, à l'exception des zones occidentales de l'État, en raison de la présence de grand fleuves amazoniens tels que l'Orénoque, le río Guainía et río Negro dont l'altitude n'excède pas quelques dizaines de mètres. Au nord abondent les chaînes de montagnes telles que Maigualida, Marahuaca, Unturán, Parima, Tapirapecó, La Neblina, Imeri et Aracamuní.
Hydrographie thumb|Le fleuve Orénoque à proximité de Puerto Ayacucho. L'État d'Amazonas voit naître le principal fleuve du pays dans la sierra Parima au cerro Delgado Chalbaud, l'Orénoque, qui parcourt plus de jusqu'à son embouchure sur l'océan Atlantique et qui traverse l'État du nord au sud dans une large boucle débordant à l'ouest. Les principaux affluents de l'Orénoque situés dans l'Amazonas sont le río Ventuari et ses (dont les principaux affluents sont les rivières Uesete, Yatití, Parú, Asisa, Manapiare, Marieta et Guapachí), l'Ocamo et ses (dont le principal affluent est le río Putaco), le río Padamo et ses (dont les principaux affluents sont les rivières Continamo, Botamo et Matacuní). Les autres affluents principaux de l'Orénoque sont les ríos Ugueto, Mavaca, Manaviche, Cunucunuma, Guanane, Yagua, Guaviare, Sipapo, Cataniapo et l'Atabapo.
Milieux naturels et environnement Du fait de sa situation au cœur de l'Amazonie, l'État d'Amazonas est recouvert au sud par la jungle et la forêt équatoriales. Au-dessus de , notamment dans les massifs septentrionaux, la végétation est quasi absente. Cette situation lui permet d'abriter une faune et une flore parmi les plus riches de la planète et un grand nombre d'espèces endémiques ou en voie de disparition. thumb|Le Crocodile de l'Orénoque, espèce emblématique du bassin du fleuve Orénoque. Parmi le patrimoine faunistique, les grands mammifères emblématiques sont le Puma, le Jaguar, le Tapir, diverses espèces de singes du genre Alouate et le Saïmiri commun, ainsi que le Fourmilier. Parmi les reptiles, doivent être cités le Crocodile de l'Orénoque (Crocodylus intermedius) en voie de disparition et diverses espèces de tortues ou de serpents de différents genres comme les Eunectes (anacondas), Crotalus ainsi que l'espèce Boa constrictor. Compte tenu du nombre élevé de cours d'eau, une importante faune aquatique se développe comme Semaprochilodus laticeps, l'Anguille électrique et différentes espèces de piranhas. Parmi les oiseaux, l'État abrite de nombreuses espèces de rapaces, de faucons, d'aras et de toucans.
Climat Le climat de l'État est de type tropical de savane aux pluies de mousson. Il existe deux saisons, une saison sèche et une saison des pluies avec des disparités du nord au sud : pas de saison sèche au sud et jusqu'à quatre mois de saison sèche au nord-ouest . De décembre à mars, le centre et le nord présente un déficit hydraulique modéré. Les précipitations moyennes s'élèvent à . La variation annuelle des températures est faible (de 1 à 1,5°) et la variation quotidienne élevée (15°). Les températures les plus basses sont supérieures à 15°. La température moyenne annuelle s'élève à 22,3° à la station de Parima située à et à 27° à la station de Tamatama à et située à la même latitude.
Transports thumb|Une pirogue à proximité de La Esmeralda au centre de l'État. Le transport fluvial est le principal mode de transport de la région avec l'avion. Compte tenu de la géographie de l'État, majoritairement recouvert par la forêt amazonienne, le réseau routier est quasi inexistant tandis que le réseau ferré vénézuélien dessert principalement le Nord du pays sans atteindre l'État d'Amazonas. Le transport se fait principalement par bateau et par avion grâce aux nombreuses pistes qui jalonnent le territoire.
Transport routier La seule et plus importante route d'orientation nord-sud est parallèle au río Negro et relie Santa Rosa au sud à Puerto Páez dans l'État frontalier d'Apure au nord, en passant par la capitale de l'État, Puerto Ayacucho. D'autres routes secondaires plus courtes partent de la route principale pour desservir principalement le parc El Tobogan de la Selva, les localités de Coromoto, Gavilán et Morganito.
Transport fluvial Le transport fluvial est le principal mode de transport de l'État.
Transport aérien La capitale, Puerto Ayacucho, est desservie par le principal aéroport de l'État, l'aéroport national de Puerto Ayacucho. De très nombreux aérodromes permettent d'atteindre les localités les plus isolées, notamment ceux de San Fernando de Atabapo, Maroa et San Carlos de Río Negro dans le Sud-Ouest, San Juan de Manapiare dans le Nord, Kanaripo dans le centre, La Esmeralda, Tama-Tama, Santa María de Los Guaicas et Motogüey-teri dans le Sud.
Démographie, société et religions Démographie Avec 70 % de sa population concentrée dans la municipalité d'Atures et une densité démographique très basse de 0,81 habitants au kilomètre carré, l'État d'Amazonas est l'un des États les moins peuplés du Venezuela avec 0,5 % de la population nationale sur près de 20 % de son territoire. Puerto Ayacucho est la seule ville de l'État, tandis que parmi les bourgades, la plus importante est San Fernando de Atabapo, qui compte environ habitants. Le reste de la population est très dispersée.
Selon l'Institut national de la statistique (Instituto Nacional de Estadística en espagnol), la population a augmenté de 107,88 % entre 2001 et 2011, soit plus du doublement de la population en dix ans, et s'élève à habitants lors de ce dernier recensement : 2001 2011
Religions
Administration et politique Subdivisions L'État est divisé en 7 municipalitésmunicipio, en espagnol totalisant 23 paroisses civilesparroquia, en espagnol : Municipalité Localisation Chef-lieu Nombre de paroissesciviles Paroisses civiles(capitales) Population(2001) Population(2011) Alto Orinoco 100px La Esmeralda 4 Huachamacare (Acanaña)Marawaka (Toky-Shamanaña)Mavaca (Mavaca)Sierra Parima (Parimabé) 655 Atabapo 100px San Fernando de Atabapo 3 Ucata (Laja Lisa)Yapacana (Macuruco)Caname (Guarinuma) Atures 100px Puerto Ayacucho 4 Fernando Girón Tovar (Puerto Ayacucho)Luis Alberto Gómez (Puerto Ayacucho)Parhueña (Limón de Parhueña)Platanillal (Platanillal) Autana 100px Isla Ratón 4 Samariapo (Samariapo)Sipapo (Pendare)Munduapo (Munduapo)Guayapo (San Pedro del Orinoco) 768 Manapiare 100px San Juan de Manapiare 3 Alto Ventuari (Cacurí)Medio Ventuari (Camani)Bajo Ventuari (Marueta) 991 Maroa 100px Maroa 2 Victorino (Victorino)Comunidad (Comunidad) 890 Río Negro 100px San Carlos de Río Negro 3 Casiquiare (Curimacare)Cocuy (Santa Lucía)Solano (Solano) Total 100px 23
Organisation des pouvoirs Le pouvoir exécutif est l'apanage du gouverneur. L'actuel gouverneur est Miguel Rodríguez depuis 2017.
Photo Scrutin Période Nom du gouverneur Parti politique Résultat électoral Notes 1992 1992-1995 Edgar Vicente Sayago Murillo MAL 39,08 % Premier gouverneur élu 1995 1995-1998 José Bernabé Gutiérrez AD 48,57 % 1998 1998-2000 José Bernabé Gutiérrez AD 55,17 % Suspendu à la suite des élections générales de 2000 2000 2000-2001 José Bernabé Gutiérrez AD 43,68 % 2001 2001-2005 Liborio Guarulla PPT 40,47 % Le CNE le proclame gouverneur en remplacement de José Bernabé Gutiérrez. 2005 2005-2010 Liborio Guarulla PPT 2010 2010-2012 Liborio Guarulla PPT 51,07 % 2012 2012-2016 Liborio Guarulla MPV 56,07 % Liborio Guarulla l'emporte face à l'ancienne ministre des Peuples indigènes Nicia Maldonado. 2017 2017 - Miguel Rodríguez PSUV 60,09 % 2021 Depuis le (en cours) Miguel Rodríguez PSUV 40,16 % Réélu, actuel gouverneur
Géographie électorale
Vie politique
Élections présidentielles
Représentation nationale En raison d'une faible population, l'État d'Amazonas envoie trois députés à l'Assemblée nationale, le minimum prévu par la constitution. En outre, elle élit un représentant supplémentaire avec d'autres États pour représenter les peuples indigènes de la région Sud.
Les mouvements indigènes locaux sont cependant très forts au point que lors des élections législatives de 2005, le parti régional Mouvement uni des peuples indigènes ou MUPIMovimiento Unido de Pueblos Indígenas, en espagnol emporte 48 % des suffrages, contre 44 % pour la coalition dirigée par le Mouvement Cinquième RépubliqueMovimiento V [Quinta] República, en espagnol ou MVR et réunissant les partis Patria para Todos ou PPT, Avanzada Progresista ou AP du gouverneur Liborio Guarulla et le parti régional Peuple unis multiethniques d'Amazonas ou PUAMAPueblos Unidos Multiétnicos de Amazonas, considéré jusqu'alors comme la première force politique régionale. Un député de chaque parti MUPI, PUAMA, et PPT avec le soutien de MVR, est ainsi élu.
En 2009, le député Wallace Souza est arrêté par la police. Il est accusé d'avoir commandité au moins cinq meurtres pour son émission Canal Libre présentant des faits divers de la ville de Manaus. Il perd son mandat en août de la même année et son immunité parlementaire. En octobre 2009, après une brève cavale, il se rend à la police. Il meurt peu de temps avant son procès.
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