Binche (prononcé : ; en wallon : ) est une ville francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut. La ville est située dans la région du Centre sur l'axe reliant les villes de Mons et de Charleroi.
Ville fortifiée entourée de 25 tours, elle est célèbre pour son carnaval reconnu en 2003, par l'UNESCO comme chef-d'œuvre du patrimoine oral et immatériel de l'humanité et pour son patrimoine architectural.
D’origine médiévale, Binche a traversé les siècles en vivant des événements militaires marquants, entre guerres et pillages, ainsi que diverses dominations espagnole, française, autrichienne et hollandaise. Elle a aussi accueilli des figures célèbres comme Charles Quint, Marguerite d’York, Marie de Hongrie, Henri II, les archiducs d’Autriche ou encore Napoléon. Au fil du temps, la ville s’est développée grâce à l’industrie de la dentelle, aux brasseries et aux charbonnages, et préserve dans son centre historique des monuments emblématiques tels que l’hôtel de ville ou la collégiale Saint-Ursmer.
Toponymie
Le nom de Binche pourrait provenir du latin Binchium, dérivé de Bincina, signifiant « colonie ». Selon une autre hypothèse, la source viendrait de Binez, terme celtique pour désigner une courbure de rivière.
Diverses orthographies de Binche sont relevées dans les textes historiques :
Bincium : en 1124, 1182, 1193, 1200, 1229, 1248 ; Binzium : en 1159, 1204, 1206, 1209 ; Bins : en 1162, 1197, 1460 ; Bonc : en 1167, 1179, 1181, 1239 ; Binchium : en 1177, 1246, 1258 ; Bince : en 1279 ; Bains : au ; Beins : aux et ; Binch : en 1232, 1256, 1790.
Géographie
Situation La ville de Binche est située dans la région du Centre, entre Charleroi et Mons à l'est de la province de Hainaut.
Communes limitrophes
Structure communale
Battignies a fusionné avec Binche le grâce à la loi du .
Binche fusionne avec Bray, Buvrinnes, Epinois, Leval-Trahegnies, Péronnes-lez-Binche, Ressaix et Waudrez lors de la fusion des communes de 1977.
450px # Nom Superf.(km²). Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Binche (I) dont Battignies 3,64 8.794 2.416 58002A 2 Ressaix (VII) 4,27 4.214 987 58002B 3 Leval-Trahegnies (V) 7,78 6.477 833 58002C 4 Épinois (IV) 3,63 1.676 462 58002D 5 Buvrinnes (III) 16,36 1.979 121 58002E 6 Waudrez (VIII) 8,97 2.717 303 58002F 7 Bray (II) 6,30 3.085 490 58002G 8 Péronnes-lez-Binche (VI) 10,28 4.837 471 58002H Total 61,22 33.784 552 58002
Géologie Outre le limon et le sable, le sous-sol de Binche est constitué de schiste, de grès et de houille déposée il y a plusieurs centaines de millions d’années lors de l’ère primaire, pendant la période géologique du Carbonifère. Le grès de Bray a servi à la construction de l'hôtel de ville de Binche et du palais de justice.
Les terrils qui ponctuent le paysage binchois sont constitués de résidus miniers, principalement de schistes et, en plus petite quantité, de grès carbonifères et de résidus divers.
Binche se situe sur la « Faille du midi » qui court du nord de la France à Liège presque à l'horizontale. Cette faille correspond à une importante ligne de rupture géologique située à la limite nord du massif du midi (Condroz-Ardenne), apparue au paléozoïqueProf. F. Boulvain, Dr. J.-L. Pingot (UCL) Une introduction à la Géologie de la Wallonie, 2011, Université de Liège, Faculté des Sciences, Département de Géologie)..
Topographie Binche est situé au sommet d'un escarpement rocheux au pied duquel coule la rivière Samme. Mis à part les terrils, les parties les plus élevées de la commune de Binche (environ ) sont situées au sud-est à Buvrinnes. C'est là que la rivière Samme prend sa source. L'altitude la moins élevée (environ ) se situe à Bray au niveau du ruisseau des Estinnes qui se jette dans la rivière Haine.
On note également la présence de plusieurs terrils, résultat de l'exploitation minière dans la région du Centre : le terril Sainte-Élisabeth, Sainte-Marguerite, de la Caspienne, Sainte-Barbe, Saint-Albert et Sainte-Marie qui atteignent jusqu'à d'altitude.
Quartiers et lieux-dits vignette|Vue aérienne.Les Pastures, Faubourg Saint-Paul, Faubourg Saint-Jacques, Faubourg du Posty, Transvaal, Battignies, ancienne commune rattachée en 1881, le Four à Chaux, le quartier des Millionnaires, le quartier résidentiel de l'Athénée et le quartier de la gare
Portes Porte Neuve, porte de la Sablonnière, porte des Mélion, porte à Pollewaignon, porte Notre-Dame, porte du Posty et porte à Selvèle.
Hydrographie La Samme (aussi appelée La Princesse) qui prend sa source à Buvrinnes traverse le territoire de Binche en passant à Ressaix, Épinois, Binche, Péronnes-lez-Binche et va se jeter dans la Haine à Trivières. La rivière a été canalisée et est voûtée dans les parties urbaines de Binche. Cela n'a pas empêché qu'à de nombreuses reprises, la Samme inonde certaines parties du territoire et de la ville de Binche. La Samme reçoit le ruisseau de Bonne-Espérance avant d’atteindre Péronnes ainsi que la rivière Bruille.
Le territoire de Bray est traversé par le ruisseau des Estinnes qui se jette dans la rivière Haine.
Évolution démographique Démographie: Avant la fusion des communes
Source: DGS recensements population
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source : DGS, de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK
+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,1199499,6199599,5199698,8199798,4199898,3199997,8200097,8200197,7200298,3200398,0200497,9200598,4200698,5200798,8200899,3200999,3201099,52011100,12012100,32013100,62014100,82015101,22016101,62017101,92018102,12019101,72020101,62021101,52022101,72023102,32024102,32025102,72026102,8
Histoire
Préhistoire La présence humaine dans cette partie du Hainaut remonte à la préhistoire, comme l’attestent divers indices mis au jour tant lors de campagnes de fouilles méthodiques que par des découvertes fortuites. Les vestiges recueillis suggèrent une occupation dès le Paléolithique supérieur, voire antérieure, possiblement liée au Paléolithique inférieur. Sur les territoires actuels de Battignies, Leval, Ressaix et Épinois, plusieurs concentrations de silex ont été identifiées en plein air. Leur abondance et leur qualité en font l’un des ensembles lithiques les plus significatifs de la région, témoignant d’activités humaines anciennes et d’un usage intensif des ressources locales.
Antiquité La région de Binche, intégrée dans l’aire occupée par les Nerviens durant l’Antiquité, révèle une présence celte structurée grâce aux découvertes archéologiques réalisées au début du . Entre 1905 et 1914, des fouilles menées au lieu‑dit de la Courte, à Leval‑Trahegnies, ont mis au jour plusieurs sépultures attribuées à l’époque celtique. Les objets exhumés notamment une goupille d’essieu, trois anneaux de rênes et des céramiques remarquablement travaillées permettent de situer cet ensemble funéraire autour du siècle av. J.‑C., période correspondant à l’expansion et à la structuration des communautés gauloises dans la vallée de la Haine. Selon une tradition étymologique rapportée par certains auteurs, le nom Binche pourrait dériver d’un terme celtique, Bincz, désignant la courbure d’un cours d’eau. Cette hypothèse, bien que non unanimement confirmée, s’inscrit dans un ensemble d’interprétations visant à relier la toponymie locale aux caractéristiques géographiques de la vallée et à l’héritage linguistique des populations celtiques.
À l'époque romaine, la commune de Binche se trouvait sur le tracé de la chaussée Brunehaut, voie romaine menant de Bavay à Tongres construite à l'instigation d'Agrippa gendre de l'empereur Auguste. Une borne milliaire de l’époque d’Antonin ( ) a ainsi été trouvée à Péronnes-lez-Binche en bordure de la chaussée Brunehaut. Cette borne milliaire est à présent conservée et exposée au Musée royal de Mariemont. La chaussée Brunehaut est à l'origine d'une bourgade, le vicus Vogdoriacum ou vogo Dorgiacum, ville des Nerviens dans la province romaine de Belgique Seconde, situé à Waudrez à du centre de Binche. C'était pendant l'époque gallo-romaine, un lieu d'étape et une agglomération commerçante d'une certaine importance où se vendent les produits de l'industrie locale. Le site archéologique occupe une surface de 70 Des recherches archéologiques ont mis au jour une grande habitation romaine, avec installation de bains et un puits de de diamètre et de profondeur. Des monnaies, des poteries, des objets en fer, en bronze, des céramiques en terre sigillée y sont également découverts. Depuis 1976, les origines et le devenir de ce relais gallo-romain sont présentés au Musée gallo-romain de Waudrez.. Vodgoriacum aurait atteint son apogée durant les règnes des empereurs Trajan (98-117), Hadrien (117-138) et Antonin le Pieux (138-161).
Moyen Âge vignette|Les remparts médiévaux de Binche. À la fin du , l’ancienne voie romaine reliant Bavay à Cologne, devenue difficilement praticable, fait l’objet d’une remise en état sur ordre de la reine d’Austrasie, Brunehaut. Dans ce contexte, les communautés rurales de la vallée de la Haine, dont l’économie repose essentiellement sur l’agriculture, connaissent une amélioration progressive de leurs conditions de vie grâce à l’exploitation intensive des terres. Au début du , de vastes domaines agricoles se constituent à Waudrez et dans l’actuelle Binche, alors simple dépendance de Waudrez. À partir de 653, ces terres sont intégrées aux possessions de l’abbaye de Lobbes, ce qui témoigne de l’emprise croissante des établissements religieux sur l’organisation territoriale. En 974, un affrontement se déroule à Péronnes, près de Binche, opposant les fils de Régnier surnommé « au Long Col » et considéré comme le premier comte de HainautLa première dynastie comtale fut celle des Régniers, suivie par la lignée des Baudouin. Sous ces derniers, le comté connut une phase d’expansion remarquable : Baudouin IV, souvent désigné comme le Bâtisseur, et Baudouin V, connu pour son courage, consolidèrent l’autorité comtale et étendirent son territoire. Leur gouvernement se distingua par un programme soutenu de fortification, qui transforma la région en un ensemble stratégique de places fortes et affirma durablement la puissance politique du comté . aux forces de deux prétendants jugés illégitimes. L’issue du combat confirme la légitimité dynastique des héritiers de Régnier, consolidant leur autorité sur le « comté des Nerviens »Le nom d'origine de la Province de Hainaut actuelle ., entité médiévale correspondant à une partie de l’ancien territoire nervien. Vers la fin du ou au début du , l’un des successeurs légitimes du comte prend une décision structurante pour l’histoire locale : l’édification d’un donjon à l’extrémité orientale de son domaine, sur une terre libre de toute sujétion féodale, située à Binche mais relevant de l’alleu de Waudrez. Cette construction marque l’émergence d’un pôle seigneurial fortifié, destiné à affirmer le contrôle territorial et à organiser l’autorité comtale dans la région. Au début du , Binche relève ainsi de Waudrez, une terre libre ne dépendant d’aucun fief et placée directement sous l’autorité du comté. On y trouve probablement une petite agglomération. En 1124, il se nommait Bincio (il existe une forme néerlandaise inusitée. BingArmorial du royaume de Belgique et du grand-duché de Luxembourg, 1931.).vignette|Essai de reconstitution de l’ancien castrum des Comtes de Hainaut Aquarelle de E. Devreux.|gauche