Placebo (, ) est un groupe de rock alternatif britannique, originaire de Londres, en Angleterre. Il est formé en 1994 par Brian Molko et Stefan Olsdal, qui sont d'abord accompagnés par Robert Schultzberg jusqu'en 1996, puis Steve Hewitt jusqu'en 2007, et Steve Forrest jusqu'en 2015.
Le style musical et les textes de Placebo se distinguent par une inclination romantique exacerbée. Autrefois allié à une imagerie provocante et excessive alimentant l'image sulfureuse du groupe, ce romantisme exubérant s'inscrit désormais dans une attitude plus introvertie. Opérant un changement progressif de son image et de sa musique, le groupe peut être affilié au punk rock pour ses débuts, puis au rock alternatif et à la power pop.
Placebo gagne une reconnaissance internationale, ayant vendu en 2011 plus de onze millions d'exemplaires de ses albums à travers le monde ., et est connu du grand public pour ses titres Nancy Boy, , , , , Protège-moi, ou encore , et certaines reprises comme Johnny and Mary (Robert Palmer) ou (Kate Bush).
Le huitième album du groupe sort le . Le premier single Beautiful James est sorti le .
Biographie Débuts (1994) Les tout premiers balbutiements de ce qui deviendra Placebo se font entendre au début des années 1990 à Deptford dans le Grand Londres où les musiciens Brian Molko (écossais et américain) et Steve Hewitt (anglais) se réunissent pour jouer par intermittence dans des pubs. Ces derniers se sont rencontrés au Burger King de Lewisham. par l'intermédiaire d'une amie commune. Autodidacte, Brian Molko perfectionne son jeu de guitare depuis ses seize ans et en parallèle de ses études d'art dramatique au Goldsmith's College de Londres.. Quant à Steve Hewitt, il joue de la batterie depuis l'âge de onze ans et possède un bagage musical conséquent, grâce aux nombreux groupes auxquels il a participé jusqu'alors..
C'est en que les choses prennent une véritable tournure avec la rencontre entre Brian Molko et Stefan Olsdal (Suédois) à la station de métro South Kensington de Londres.. Anciens camarades de classe à l'American International School of Luxembourg au Luxembourg., ils n'y ont pourtant jamais eu de véritables liens mais la guitare que transporte Stefan Olsdal, alors étudiant au de Londres, est néanmoins un sujet de discussion. Brian Molko finit par l'inviter à assister à la prestation qu'il donne le soir même en compagnie de Steve Hewitt sous le nom d'. Celle-ci a lieu au de Deptford et Stefan Olsdal bien que dubitatif au préalable est conquis par la voix du chanteur-guitariste et lui propose de travailler avec lui sur la formation d'un groupe de rock.
Les deux jeunes hommes, qui conservent provisoirement le nom ., montent des premières maquettes puis les enregistrent à l'aide d'instruments et un magnétophone de fortune d'abord en compagnie de Steve Hewitt. Mais ce dernier se voit obligé d'honorer les contrats qui le lient à d'autres groupes. C'est pourquoi en , le suisse Robert Schultzberg, ami d'enfance de Stefan Olsdal, comble la place vacante et le trio se rebaptise Placebo, ce qui signifie en latin « je te plairai »..
(1995–1997) La formation choisit ce nom car le mot sonne bien, qu'il est prononçable dans plusieurs langues et surtout parce qu'un placebo n'est qu'un leurre, une façon pour le groupe de se démarquer de la tendance des années 1990 d'appeler les groupes par des noms de médicaments en référence à The Cure. Les premières démos sont enregistrées au mois de aux studios de Deptford ; ainsi voient entre autres le jour Nancy Boy, et .. Avec une tendance punk, les compositions restent techniquement simples à l'image des courants des années 1980 prônant le et privilégient l'énergie et l'émotion. : des caractéristiques qui resteront la marque de fabrique de Placebo qui se trouve alors aux antipodes du courant britpop des années 1990.
Les maisons de disques anglaises subodorent la bonne affaire et se pressent pour faire signer Placebo qui préfère temporiser. Le groupe gagne sa place sur une compilation après un concours et présente sur un 45-tours édité par le label Fierce Panda Records dès le . Quatre mois plus tard, le , Placebo sort son premier véritable single chez Deceptive Records avant de signer pour cinq albums avec un autre label, Hut Recordings, sous label de Virgin Records (EMI), en créant au passage son propre label Elevator Music. Dans la foulée, Placebo est invité par David Bowie pour assurer la première partie de ses concerts sur l, ce qui permet au groupe d'évoluer pour la première fois dans de grandes salles.. Quelques mois plus tard, la formation sort son premier album éponyme Placebo, le . Le compare alors le groupe .
L'album, produit par Brad Wood, connaît un succès d'autant plus rapide que la presse à scandale britannique s'empare des paroles subversives et provocantes ainsi que de la personnalité de leur auteur Brian Molko qui, par une androgynie dessinée au maquillage. et une voix nasillarde et traînante, suscite de nombreuses réactions, aussi bien d'admiration que de rejet. , entrevues irrévérencieuses, ambiances glauques, un cocktail efficace qui, associé à un rock incisif et pressant qualifié de punk rock, conquiert le public. Auteur des paroles, Brian Molko décharge ici toute la frustration emmagasinée pendant deux années de chômage, donnant un aspect émotionnel aux compositions dégageant beaucoup d'urgence et de colère. Les textes apparaissent autobiographiques bien qu'ils soient sans aucun doute romancés. Pour Anne-Claire Norot, des Inrockuptibles,
Glamour et décadence sont les ingrédients qui séduisent les nouveaux fans.. Dans ce registre, le titre Nancy Boy sort en et atteint la quatrième place du hit-parade britannique . ; ce qui en fait aujourd'hui encore le plus grand succès commercial d'un single de Placebo dans ce pays, égalé par la suite par . Ce morceau devient un hymne symbolisant les débuts du groupe, accompagné de et . Sur scène, ces chansons ont le point commun de dégager un son très recouvrant la voix particulière de Brian Molko s'acharnant sur sa guitare surnommée Bitch, une Fender Jaguar rouge et blanche. À ses côtés, Stefan Olsdal ne joue alors qu'exclusivement de la basse, instrument prenant une place prépondérante dans la musique du trio formé sur le concept basse, guitare, batterie. Cependant, le caractère haut en couleur du leader Brian Molko et celui de Robert Schultzberg ne s'accordent plus ; un différend entre les deux hommes existe depuis septembre 1995 mais, soucieux de ne pas porter atteinte à la pérennité du groupe, un consensus tacite assure la formation jusqu'à la sortie de l'album et sa promotion.. La situation se dégrade lors de l'été 1996 et Robert Schultzberg est prié de quitter le groupe le plus rapidement possible. Steve Hewitt est tout désigné pour prendre la relève et reprend du service à l'aube de la première véritable tournée le .. La composition du groupe reste dès lors inchangée jusqu'en 2007.
(1998–1999) Après deux années de concerts incessants, notamment aux côtés de David Bowie au Madison Square Garden pour fêter son cinquantième anniversaire en . et en première partie de U2 en au Parc des Princes et au Stade olympique Lluís-Companys., l'album (« sans toi je ne suis rien ») produit par Steve Osborne sort le . Contrairement à son prédécesseur qui faisait la part belle aux provocations et à l'exubérance propre à la frustration adolescente, met l'accent sur l'intimité, l'amour et l'amitié principalement inspirées des frasques relationnelles du leader Brian Molko., qui explore des sentiments plus adultes tels que le spleen notamment sur le titre . Le meneur démontre son savoir-faire en matière d'écriture et pose une voix bien plus sûre que par le passé. Musicalement, les compositions évoluent vers plus de finesse et entrent dans le rock alternatif, mélange moderne de punk, de pop et de rock, inspiré des groupes « indépendants » des années 1980. L'arrivée de Steve Hewitt a incontestablement recadré le groupe et lui a insufflé une grande bouffée d'expérience. Pour la nouvelle tournée qui s'annonce, William Lloyd, véritable ami, jusque-là homme à tout faire chez Placebo, monte sur scène pour donner de l'ampleur aux nouvelles compositions en tant que guitariste ou bassiste, permettant ainsi à Stefan Olsdal d'alterner entre ces deux instruments sur scène..
Apparaissant comme un lendemain de fête, le deuxième album est l'occasion pour Placebo de faire table rase de ses excès de jeunesse et de dévoiler toutes ses qualités musicales et artistiques avec des morceaux comme Pure Morning qui décroche la quatrième place du hit-parade britannique, égalant ainsi le record établi par Nancy Boy un an plus tôt. Le morceau est l'occasion d'accueillir la voix de David Bowie qui aura soutenu et aidé Placebo depuis les tout débuts de leur carrière et les invite à nouveau à chanter avec lui aux Brit Awards 99. Une filiation toute désignée car Placebo arbore un look résolument provocateur et androgyne : robes, jupes, collants et maquillage sont les attributs du look Placebo sur scène ; ce qui vaut parfois au groupe une affiliation au glam rock.. Stefan Olsdal et Brian Molko sont alors au paroxysme de l'époque « travestis » de Placebo (voir le concept Placebo) ; ce dernier ayant fait du théâtre il exploite au maximum l'image pour créer un aspect dramatique et retranscrire sur scène, lors de la nouvelle tournée, l'ambiance douloureuse qui caractérise les chansons de l'album comme ou la sensualité d''' qui devient un tube ainsi que la bande originale du film Sexe Intentions. Toujours dans ce registre, Steven Hewitt, Brian Molko et Stefan Olsdal participent au tournage du film sur le glam rock et y tiennent chacun un rôle en y interprétant de T. Rex.. Placebo produit luxure, androgynie, musique et textes chevillés au corps, riches dans le fond et la forme.
(2000–2001) thumb|Brian Molko et Stefan Olsdal en août 2001.
En deux albums, Placebo s'est imposé dans le paysage musical et a prouvé que le rock n'était pas mort face à l'hégémonie de la techno en cette fin des années 1990. À cet égard il suscite un grand espoir quant au renouveau de la scène britannique. Dépositaire d'un son et d'une attitude qui a fait scandale, même s'il s'est toujours défendu de nourrir les clichés du rock, Placebo et notamment Brian Molko entretient des relations impudentes avec la presse et le . Mais fort du succès rencontré par son deuxième album, Placebo s'en va défendre bec et ongle son troisième, , écrit à la fin de l'année 1999, enregistré en 2000 sous la production de Paul Corkett aux studios Olympic de Londres et sorti le .
Dès 1998, Placebo avait prévenu ses fans qu'il se sentait l'envie d'intégrer de nouveaux styles à sa musique et c'est chose faite dans ce dernier opus. Car ici le groupe n'hésite pas à incorporer de l'électro et du hip-hop voire des ambiances jazz. Poussé par le contexte économique et social de fin de siècle, Placebo oublie un instant son nombril pour jeter un regard sur la société qui l'entoure. L'album est donc bien plus hétérogène que son prédécesseur : ballades pop à textes polémiques pour ou , et titres rock à souhait pour , se mêlent équitablement aux titres cafardeux et romantiques. Contrairement à l'accoutumée, les textes de Brian Molko ne sont plus dirigés à son encontre mais à celle du genre humain : une nouvelle thérapie pour Placebo. Neuf mois sont nécessaires à l'enregistrement de cet album. au son plus métallique que ses prédécesseurs et volontairement provocateur à l'égard de la religion et de la politique. Les fans de la première heure renâclent devant cette nouvelle orientation musicale mais le groupe trouve un nouveau public et l'album est un grand succès commercial avec rapidement trois millions de disques vendus.. Cependant, les critiques rencontrées par ce troisième opus sont bien moins dithyrambiques que pour .