Marcinelle () est une section de la ville belge de Charleroi, située en Wallonie dans la province de Hainaut.
C'était une commune à part entière avant la fusion des communes de 1977.
Le , un incendie se déclara au charbonnage du Bois du Cazier, causant la mort de 262 mineurs.
Toponymie Partie la plus petite de Marchienne. Le mot Marchienne signifie soit domaine de Marcius (nom gallo-romain), soit terres aux limites (du latin marca, via le germain marka et l'ancien français marche)..
Géographie Marcinelle est la deuxième plus grande section de Charleroi en nombre d'habitants (derrière Jumet). Sa partie nord-ouest est essentiellement industrielle et abrite des industries lourdes (sidérurgie, électricité lourde), la partie sud-est étant plus résidentielle, voire verdoyante et cossue. Cette dernière accueille le Centre de délassement de Marcinelle.
Marcinelle se situe légèrement au nord de la « Faille du midi » qui court du nord de la France à Liège presque à l'horizontale. Le sous-sol de de Marcinelle est constitué d'une variété de composants comportant des gisements de houille.
Le territoire de la commune représente un rectangle allongé mesurant 500 de Marchienne-Est à Nalinnes, et de 500 de Marchienne-Est à Couillet-Blanchisserie.
Limites Marcinelle est bornée au nord, par la Sambre qui la sépare des communes de Dampremy, de Charleroi et de Montignies-sur-Sambre ; à l'est, par les communes de Couillet, Loverval et Nalinnes ; au sud, par Nalinnes et Jamioulx, et à l'ouest, par Mont-sur-Marchienne et Marchienne-au-Pont.
Quartiers
La Villette La zone nord‑ouest de Marcinelle apparaît, au , comme un espace marginal et faiblement occupé, caractérisé par l’abondance de terrains marécageux qui limitaient l’implantation humaine. Cette partie du territoire correspond aujourd’hui à l’ouest de la gare de Charleroi‑Centrale et s’étendait alors jusqu’à la Sambre, dans le secteur où se trouve l’actuel boulevard Joseph Tirou. Selon André Bultot, cette configuration naturelle explique la rareté des constructions et l’absence de voies structurées durant toute la période médiévale.
La future chaussée de Mont‑sur‑Marchienne, devenue l’avenue Pastur, ne fut aménagée qu’au milieu du , en 1840. À cette époque, la seule bâtisse notable au nord de l’actuelle rue Jules Bordet alors nommée rue Chapelle Beausart était une chapelle dédiée à saint Roch, édifice isolé situé à une trentaine de mètres de la grand‑route. Bultot souligne que ce lieu de culte constituait le principal repère architectural dans un environnement encore largement rural.
Vers 1860, un café tenu par Michel Leclercq, installé à mi‑pente de l’avenue Pastur (numéros 125‑127), prit le nom de « Villette », appellation qui contribua à fixer une identité locale dans un quartier en voie de structuration. L’essor démographique et urbain de la fin du favorisa ensuite l’organisation religieuse du secteur. En 1899, sous l’impulsion du vicaire Deventer, issu de la paroisse Saint‑Martin, fut fondée une nouvelle paroisse placée sous le vocable de Notre‑Dame des Sept Douleurs. Deventer en devint le premier curé, rôle que Bultot considère comme déterminant dans la consolidation de la vie communautaire marcinelloise.
Le XII Le tire son origine des douze puits creusés en 1865 par les charbonnages de Marcinelle-Nord. Aujourd'hui il y a des grandes surfaces sur le site de l'ancien puits. Le hameau des Hauchies, situé à Marcinelle, prit forme au début du à un carrefour de chemins anciens reliant La Tombe, Destrée et Huart-Chapel. Selon Louis Clause, cette implantation nouvelle s’inscrit dans un mouvement d’expansion semi‑rurale caractéristique de la périphérie carolorégienne à cette époque. C’est dans ce cadre que l’industriel Paul‑François Huart‑Chapel fit édifier en 1823 une usine qui allait devenir l’un des pôles techniques majeurs de la région.
L’établissement comprenait plusieurs fours à puddler, des laminoirs, une fonderie et un marteau, l’ensemble étant mû par ce que Clause décrit comme la première machine à vapeur appliquée à la métallurgie dans le bassin de Charleroi. Cette innovation marque un tournant dans l’histoire industrielle locale, en introduisant une motorisation moderne dans un secteur encore largement dépendant de la force hydraulique.
Toujours d’après Louis Clause, l’usine franchit une étape décisive en septembre 1827 lorsque son haut fourneau au coke, le premier du genre en Belgique, produisit sa première coulée de fonte destinée au moulage. Cet événement est considéré comme l’un des jalons fondateurs de l’industrialisation moderne dans le pays, puisqu’il illustre l’adoption précoce du coke en remplacement du charbon de bois, procédé qui allait transformer durablement les capacités de production sidérurgique.
La Bruyère vignette|Vue aérienne du quartier des Bruyères à Marcinelle et une partie du village de Jamioulx à droite.|gaucheLe quartier de la Bruyère, situé à Marcinelle, désigne un plateau sablonneux d’environ vingt hectares occupant le point le plus élevé de la commune. Dans une perspective historique telle que l’évoque Louis Clause, cette zone doit son appellation à la présence ancienne et persistante de bruyères qui ont marqué le paysage local depuis des périodes reculées. Le toponyme reflète ainsi un environnement naturel caractéristique des terrains légers et acides, typiques des hauteurs du territoire marcinellois, où la végétation de lande a longtemps dominé.
Quartier qui se situe au sud de Marcinelle, un sanatorium avait été construit en 1929. Aujourd'hui le bâtiment a été démoli pour cause de vétusté, un nouveau bâtiment a été construit et sert maintenant une résidence pour personnes âgéesL'ancien sanatorium se trouvait à la limite de Jamioulx..
Les Haies Le hameau de Marcinelle‑Haies trouve son origine dans une initiative seigneuriale médiévale visant à défricher une portion de forêt afin d’y établir une « ville neuve ». Cette opération de mise en valeur, décrite par Bernard Lejeune et Jean‑Claude Pirson, aurait donné naissance à une petite communauté rurale dont l’économie serait restée essentiellement agricole si les transformations du n’avaient profondément modifié son destin. L’exploitation de la houille, d’abord dans des cayats puis dans des fosses progressivement approfondies, introduisit une dynamique industrielle qui bouleversa l’organisation traditionnelle du territoire. Les auteurs soulignent que cette mutation fut déterminante pour l’évolution du hameau.
À partir de 1860, la demande croissante de main‑d’œuvre liée au charbonnage du Bois du Cazier entraîna un afflux de population et contribua fortement au développement démographique de Marcinelle‑Haies. Selon Jean‑Claude Pirson, cette période marque l’intégration du hameau dans le réseau industriel carolorégien, les nouveaux habitants étant attirés par les possibilités d’emploi offertes par les exploitations minières. Le tissu social se densifia rapidement, donnant au lieu une physionomie plus structurée.
Dans cette dynamique de croissance, les autorités communales décidèrent en 1863 d’ériger une école afin de répondre aux besoins éducatifs d’une population en expansion. Quelques années plus tard, en 1869, une église fut construite, accompagnée d’une école libre et d’un presbytère. Bernard Lejeune insiste sur le rôle de ces infrastructures dans la consolidation du hameau, qui passa progressivement d’un noyau rural dispersé à un quartier doté d’institutions religieuses et scolaires, signes d’une communauté désormais stabilisée et organisée.
Cherbois Le quartier du Cherbois est considéré comme l’un des plus anciens noyaux d’habitat de Marcinelle. D’après Louis Clause, il portait autrefois le nom de les Trieux et s’est structuré autour d’un carrefour formé par deux voies anciennes. L’une correspond au tracé du vieux chemin devenu l’actuelle rue du Temple, issu de la chaussée romaine et reliant le plateau de Belle‑Vue, la chapelle Baussart et Marchienne‑au‑Pont. L’autre voie reliait le Centre à La Tombe, aux Hales de Mont‑sur‑Marchienne et à Bomerée, avant que l’ouverture de la route de Beaumont, en 1841‑1842, ne modifie les circulations locales. Clause souligne que ce réseau de chemins anciens explique la précocité du peuplement dans ce secteur, qui s’est développé comme un point de convergence naturel. Quelques bâtiments du subsistent encore dans le quartier, témoignant de la continuité de l’occupation humaine. Au sud du hameau s’étendait autrefois la Closière du Prince, un domaine relevant du Prince‑Évêque de Liège. Selon Louis Clause, cette propriété illustre l’empreinte durable des autorités ecclésiastiques sur l’organisation foncière de Marcinelle avant l’essor industriel.
La rue du Cherbois regroupait la majorité des exploitations agricoles de la commune, disposées de part et d’autre de l’axe principal. Avant que l’industrie ne transforme le paysage économique, le quartier comptait également un nombre notable de cloutiers, dont l’activité artisanale a aujourd’hui disparu. Clause insiste sur le fait que cette concentration d’ateliers et de fermes reflète un mode de vie rural structuré, progressivement effacé par les mutations du .
La Tombe Le lieu‑dit de La Tombe tire son appellation d’un ancien tumulus d’époque gallo‑romaine, élément archéologique qui constitue l’un des marqueurs les plus anciens du territoire marcinellois. Selon Louis Clause, ce tertre funéraire se situe à la cote 160, précisément à l’intersection de plusieurs chemins très anciens qui structuraient autrefois les circulations locales. Cette position stratégique explique que le site ait servi de point de repère durable dans la topographie de Marcinelle.
Dès le , quelques habitations modestes ainsi qu’une ferme étaient déjà établies autour de ce carrefour. Clause souligne que cette implantation précoce témoigne d’un premier noyau d’occupation humaine, formé bien avant les transformations industrielles du . Le tumulus, devenu un élément toponymique, a ainsi contribué à fixer le nom du quartier et à inscrire ce secteur dans une continuité historique remontant à la période gallo‑romaine.
Lieux-dits
Bierchamps. Hublinbu. Sart-Saint-Nicolas. Le Bois Planté. Lagrange. La Ferme Bal. Le Champ de Courses. Les Glacières. Le Beau Site. Belle-Vue.
Cités vignette|La cité-parc. La cité-parc. Cité de l'Enfance. Cité Empain. Cité de la CECA.
Hydrographie
La Sambre vignette|Barrage-écluse de la Sambre à Marcinelle.|gaucheLa commune de Marcinelle est délimitée au nord par le cours de la Sambre, qui quitte Marchienne pour pénétrer sur le territoire marcinellois à proximité de l’extrémité occidentale des vastes installations industrielles de Thy‑Marcinelle. Selon Louis Clause, cette zone constituait autrefois la frontière naturelle entre Marcinelle et Marchienne, matérialisée par le ruisseau du Maheury avant la mise en service, en 1843, de la ligne ferroviaire reliant Braine‑le‑Comte à Charleroi. L’arrivée du chemin de fer modifia profondément la configuration locale, en intégrant davantage le secteur aux réseaux de transport régionaux
Après avoir longé sur près d’un kilomètre les usines sidérurgiques, la Sambre passe devant l’ancienne chaîneterie, aujourd’hui partiellement enfouie en raison des affaissements de terrain provoqués par les activités minières. Clause souligne que ces déformations du sol témoignent de l’impact durable de l’exploitation charbonnière sur le paysage marcinellois. La rivière atteint ensuite rapidement la nouvelle écluse, située en amont du pont de Louvain, sur le territoire de Marcinelle.