Un non-métal est un élément chimique dont les atomes du corps simple sont unis par des liaisons covalentes ou des liaisons intermoléculaires, et non par des liaisons métalliques. Ce sont de bons isolants électriques et thermiques, pour la plupart très volatils, caractérisés par une masse volumique plus faible et des températures de changement d'état généralement bien plus basses que celles des métaux, à l'exception notable du carbone. Leur énergie d'ionisation et leur électronégativité sont élevées, leurs oxydes sont acides, et ils forment des liaisons ioniques avec les métaux, acquérant ou mettant en commun des électrons lorsqu'ils réagissent avec d'autres éléments ou d'autres composés. À l'état solide, ils présentent des surfaces ternes ou faiblement brillantes (bien que celles de l'iode aient des reflets métalliques), sont plutôt fragiles et cassants (à l'exception notable du carbone diamant) et sont dépourvus de l'élasticité, de la malléabilité et de la ductilité caractéristiques des métaux.

Dans le tableau périodique, les non-métaux sont confinés dans l'angle supérieur droit, bordés sur leur gauche par les métalloïdes. Dix-sept éléments sont généralement considérés comme non métalliques, parmi lesquels 11 sont gazeux (hydrogène, hélium, azote, oxygène, fluor, néon, chlore, argon, krypton, xénon et radon) à température et pression ambiantes, 5 sont solides (carbone, phosphore, soufre, sélénium et iode) et 1 est liquide (brome).

Propriétés physiques

Le tableau ci-dessous présente quelques propriétés des non-métaux.

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! Élément ! Masseatomique ! Températurede fusion ! Températured'ébullition ! Massevolumique ! Rayon decovalence ! Configurationélectronique CRC Handbook of Chemistry and Physics, section 1 : Basic Constants, Units, and Conversion Factors, sous-section : Electron Configuration of Neutral Atoms in the Ground State, en ligne, CRC Press, Boca Raton, Floride, 2003. ! Énergied'ionisation ! Électronégativité(Pauling) |- style="border-top:solid 2px #aaa;text-align:right" ! Hydrogène

| style="text-align:left" | 1s1 | | style="text-align:center" | 2,20 |- style="text-align:right" ! Hélium | | style="text-align:center" | —

| style="text-align:left" | 1s2 | | style="text-align:center" | — |- style="border-top:solid 2px #aaa;text-align:right" ! Carbone | | colspan="2" style="text-align:center" |

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 2,55 |- style="text-align:right" ! Azote

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 3,04 |- style="text-align:right" ! Oxygène

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 3,44 |- style="text-align:right" ! Fluor

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 3,98 |- style="text-align:right" ! Néon

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | — |- style="border-top:solid 2px #aaa;text-align:right" ! Phosphore

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 2,19 |- style="text-align:right" ! Soufre

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 2,58 |- style="text-align:right" ! Chlore

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 3,16 |- style="text-align:right" ! Argon

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | — |- style="border-top:solid 2px #aaa;text-align:right" ! Sélénium

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 2,55 |- style="text-align:right" ! Brome

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 2,96 |- style="text-align:right" ! Krypton

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 3,00 |- style="border-top:solid 2px #aaa;text-align:right" ! Iode

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 2,66 |- style="text-align:right" ! Xénon

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 2,6 |- style="border-top:solid 2px #aaa;text-align:right" ! Radon | style="text-align:center" |

| style="text-align:left" | | | style="text-align:center" | 2,2

Bien que les métaux soient cinq fois plus nombreux que les non-métaux, ces derniers constituent la presque totalité des êtres vivants : l'hydrogène, le carbone, l'azote, l'oxygène et le phosphore sont les constituants majeurs des molécules biologiques, tandis que le soufre et, dans une moindre mesure, le sélénium entrent dans la composition de nombreuses protéines. L'oxygène constitue à lui seul près de la moitié de la masse de l'écorce terrestre, des océans et de l'atmosphère. Enfin, l'hydrogène et l'hélium constituent à eux deux plus de 99 % de la matière baryonique de l'Univers observable.

Typologie des non-métaux

Contrairement aux métaux, les non-métaux forment des corps simples dans lesquels les atomes sont unis par des liaisons covalentes ou des liaisons intermoléculaires, et non par des liaisons métalliques. En parcourant le tableau périodique vers la droite à partir des métalloïdes, les atomes des corps simples ont tendance à former un nombre décroissant de liaisons covalentes avec les atomes voisins. Les atomes du carbone diamant, par exemple, établissent des liaisons covalentes avec quatre atomes voisins disposés au sommet d'un tétraèdre régulier, ce qui confère une dureté exceptionnelle à la structure cristalline résultante. Les atomes du carbone graphite, quant à eux, établissent des liaisons avec trois atomes voisins pour former une structure hexagonale plane. Ceux du phosphore blanc établissent également trois liaisons, pour former une molécule tétraédrique, tandis que le phosphore noir est caractérisé par une structure rappelant celle du graphite, dans laquelle chaque atome est lié à trois autres. Les atomes de soufre établissent, quant à eux, des liaisons avec deux atomes voisins pour former une structure cyclique de cyclooctasoufre . Le sélénium rouge présente également de tels cycles , mais le sélénium gris, qui est un semiconducteur, présente une structure formée de chaînes linéaires dans laquelle chaque atome est lié à deux autres. L'hydrogène, l'azote, l'oxygène et les halogènes forment des molécules diatomiques, dans lesquelles chaque atome est lié par covalence à un seul autre atome. Enfin, les gaz nobles sont monoatomiques : chaque atome reste seul et n'a aucun autre atome lié par covalence.

Cette tendance progressive à la réduction du nombre de liaisons covalentes par atome va de pair avec l'affirmation croissante du caractère non métallique du corps simple. Elle permet ainsi de classer les non-métaux en trois familles : les non-métaux polyatomiques, formant quatre, trois ou deux liaisons covalentes par atome, et qui sont tous solides à température et pression ambiantes, pouvant présenter des propriétés les rapprochant des métalloïdes (carbone graphite, sélénium gris et phosphore noir par exemple) ; les non-métaux diatomiques, formant une liaison covalente par atome, et donc des molécules diatomiques, qui peuvent présenter des phases métalliques à haute pression (hydrogène métallique et phase ζ de l'oxygène par exemple) ; les gaz nobles, monoatomiques, qui sont chimiquement très peu réactifs et totalement inertes pour les deux premiers.

Non-métaux polyatomiques

redresse=.67|vignette|Structure du cyclo-octasoufre , allotrope le plus abondant du soufre.

Il existe quatre non-métaux polyatomiques à l'état standard : le carbone, le phosphore, le soufre et le sélénium. Leur coordinence va de 4 pour le diamant à 2 pour le soufre et le sélénium en passant par 3 pour le graphite et le phosphore. Ils sont tous solides à l'état standard, et présentent un caractère métallique plus marqués que les autres non-métaux. Ils possèdent ainsi généralement un allotrope semiconducteur, comme le carbone graphite et le sélénium gris.

Le soufre est le moins métallique des quatre, ses allotropes étant plutôt cassants et vitreux, avec une faible conductivité électrique. Il peut néanmoins présenter des aspects métalliques, par exemple à travers la malléabilité du soufre amorphe et l'apparence métallique du polythiazyle , qui évoque le bronze.

Les non-métaux polyatomiques se distinguent parmi les non-métaux par leur coordinence élevée ainsi que par la température de fusion et la température d'ébullition élevées de leur forme thermodynamiquement la plus stable. Ils possèdent également l'amplitude liquide la plus large (c'est-à-dire l'intervalle de températures auxquelles ils sont liquides à pression atmosphérique) ainsi que la plus faible volatilité à température ambiante.

Ils présentent par ailleurs une allotropie développée ainsi qu'une tendance marquée à la caténation, mais une faible affinité avec les liaisons hydrogène. L'aptitude du carbone à la caténation est fondamentale à la fois en chimie organique et en biochimie, dans la mesure où elle est à la base de toute la chimie des hydrocarbures et assure l'existence des chaînes carbonées constituant l'ossature d'innombrables molécules biologiques.

Non-métaux diatomiques

Il existe sept non-métaux diatomiques à l'état standard : l'hydrogène (), l'azote (), l'oxygène (), le fluor (), le chlore (), le brome () et l'iode (). Cinq d'entre eux sont gazeux à température et pression ambiantes, les deux autres étant volatils à température ambiante. Ce sont généralement de très bons isolants électriques, et sont très électronégatifs. Les exceptions à ces règles générales résident aux extrémités de la famille : l'hydrogène est faiblement électronégatif en raison de sa configuration électronique particulière, tandis que l'iode sous forme cristallisée est semiconducteur dans le plan de ses couches atomiques, mais isolant dans la direction orthogonale.

Les non-métaux diatomiques sont caractérisés par leur coordinence égale à 1 ainsi que par leur température de fusion et leur température d'ébullition plus basses que celle des non-métaux polyatomiques. Leur amplitude liquide est également plus étroite, et ceux qui ne sont pas condensés sont plus volatils à température ambiante. Ils présentent une allotropie moins développée que celles des non-métaux polyatomiques, ainsi qu'une tendance moins marquée à la concaténation. Ils présentent en revanche une aptitude plus marquée à établir des liaisons hydrogène. Enfin, leur énergie d'ionisation est également plus élevée.

Non-métaux monoatomiques : gaz nobles

Les gaz nobles sont au nombre de six : hélium, néon, argon, krypton, xénon et radon. Ils forment une famille d'éléments particulièrement homogène. Aux conditions normales de température et de pression, ce sont tous des gaz incolores chimiquement inertes ou très peu réactifs. Ils présentent chacun l'énergie d'ionisation la plus élevée de leur période et n'établissent que des liaisons interatomiques très faibles, d'où une température de fusion et une température d'ébullition très basses (ils sont tous gazeux à pression et température ambiantes, y compris le radon dont la masse atomique est pourtant supérieure à celle du plomb).

{|class="wikitable" |+ Propriétés comparées des non-métaux polyatomiques, diatomiques et monoatomiques (gaz nobles) |- valign = "top" ! scope = "col" style="width:10em;" | Propriétés physiques ! scope = "col" style="width:20em;" | Non-métaux polyatomiques ! scope = "col" style="width:20em;" | Non-métaux diatomiques ! scope = "col" style="width:20em;" | Gaz nobles |- valign = "top" | scope = "row" | Coordinence | style = "text-align:center;" | 2, 3, voire 4 (diamant) | style = "text-align:center;" | 1 | style = "text-align:center;" | 0 |- valign = "top" | scope = "row" | État standard | Solide | Majoritairement gazeux | Gazeux |- valign = "top" | scope = "row" | Apparence | Couleurs variables, surfaces d'apparence vitreuse | Couleurs variables, surfaces ternes à l'état solide, hormis pour l'iode, à l'éclat partiellement métallique | Incolores |- valign = "top" | scope = "row" | Allotropie | Nombreux allotropes | Peu d'allotropes | Pas d'allotropes |- valign = "top" | scope = "row" | Élasticité