La débutait à environ 300 AEC - 250 EC selon la chronologie classique, et que les archéologues placent aujourd’hui pour le début vers 500 ou 900 av. J.-C. au nord de Honshu, est l'une des quatorze subdivisions traditionnelles de l'histoire du Japon. Précédée par la période Jōmon et suivie par la période Kofun, c'est la première période de culture agraire au Japon et on y voit se développer rapidement la culture du riz en rizières inondées depuis Kyushu, au sud-ouest, face à la Corée. Cette période voit aussi, peu après, son premier âge du bronze - âge du fer, toujours depuis l’Ouest, dont les technologies ainsi que certains traits caractéristiques de la céramique et la culture du riz en rizières inondées ont clairement été importés depuis la Corée. Ces échanges avec la Corée se sont faits sur une longue période, au cours de sa période de la céramique Mumun, puis des trois confédérations, les Samhan et des Trois Royaumes, ensuite.
Les dates de cette période ont donc changé récemment. Pour les historiens et en raison des découvertes archéologiques, la période qui voit apparaitre les premières rizières est datée, depuis les années 1980, vers 500 ou 900. C'est une période de transition avec la culture précédente que l'on situait, avant les années 1980, à la fin de période Jōmon. Elle est considérée en 2013 comme « Yayoi initial », lequel commence donc vers 800. Mais, si cette date symbolique a été déplacée, il n'en demeure pas moins que la rupture en question n'est effective, d'abord, que dans l'ouest des grandes îles.
vignette|redresse=2.5|Reconstitution du village Yayoi de Yoshinogari, Saga, Kyūshū.
Questions spécifiques à cette période La découverte et son impact pour l'idéologie impériale Le riz a été l'élément essentiel de la vie des Japonais jusqu'à quasiment la fin du . Or c'est de l'époque Yayoi que datent les premières rizières au Japon. Dès 1920 on découvre des grains de riz imprimés dans des poteries Yayoi, dans des sites convenables pour des rizières.. Mais la découverte des premières poteries Yayoi est bien antérieure à 1920 et en a orienté l'interprétation.
En mars 1884 dans un quartier de Tôkyô, nommé Yayoi-chô, le Shôzô mit au jour une jarre d'un type jusqu'alors inconnuCette jarre est actuellement datée de la transition Yayoi-Kofun : .. En effet, en 1879, la publication de Japanese Homes and Their SurroundingsInternet Archive, à lire en ligne de Edward Sylvester Morse avait marqué l'invention de la culture Jōmon, considérée alors comme celle des aborigènes. La découverte de Arisaka Shôzô eut lieu au cours du premier mois du printemps, or c'est le mois de Yayoi (le mois de mars). On nomma donc ce nouveau type de céramique « Yayoi ». Et la coïncidence de ces deux « Yayoi », le lieu et le premier mois du printemps, ont beaucoup fait pour que cette période soit ensuite considérée comme le début de l'Histoire du Japon, qui étudie et critique les liens entre l'archéologie et les représentations traditionnelles, où les empereurs et la généalogie impériale du ont joué un rôle vital dans la formation de l'État-nation du Japon moderne.. Avec l'époque Kofun, ces deux périodes sont considérées dans l'imaginaire populaire comme celles des premiers temps du Japon. En effet, selon l'idéologie impériale, la période Yayoi voit apparaitre les ancêtres impériaux, c'est un « prélude » à la période Kofun. Pour laquelle la plupart des grands tumuli en forme de trou de serrure sont désignés comme « mausolées impériaux ». Ces empereurs, qui étaient censés avoir apporté « la culture » dans l'archipel, gouvernaient un pays qui dépendait de la culture du riz, ils étaient responsables du bien-être du pays et du peuple. Cette idéologie a été gravement mise en cause à la fin de la dernière guerre mondiale, et le développement de l'archéologie a montré que la culture en rizières inondées s'est développée très longtemps avant l'émergence de pouvoirs forts, « ancêtres » supposés des premiers empereurs.
Cette idéologie va peser sur l'interprétation des recherches archéologiques, jusqu'à aujourd'hui : en concentrant sur l'époque Kofun et sur l'élite quasiment toutes les recherches on oublie tout le reste de la société. Les critères de périodisation sont aussi à revoir. Traditionnellement la période Kofun se distingue par les grands tumuli de l'élite, en forme de trou de serrure, « mausolées impériaux ». Or, pour ce qui concerne l'époque Yayoi, il existe aussi des tumuli pour l'élite, certains de grandes dimensions et parfois en forme de « trou de serrure ». comme ce qui semblait caractériser l'époque Kofun.
En fait ce qui distingue l'époque Kofun de l'époque Yayoi c'est un réseau d'interactions et d'échanges, à l'époque Kofun, qui couvre de bien plus grandes surfaces qu'à l'époque Yayoi.
Le découpage chronologique évolue Des indices de culture du rizCe sont, d'abord des outils de pierre polie, semblables à ceux produits en Corée à l'époque Mumun, des couteaux de récolte qui suggèrent qu'il y avait des rizières à proximité. Mais les plus anciennes rizières découvertes en 2013 datent du Yayoi Ancien, à la période suivante. . ont été décelés dans l'île de Kyushu, au nord de l'île, face à la Corée, dès les environs de 500 dans un premier temps (1980sSahara, 1987 cité par .), puis dès 900 (2008). Ces indices d'une transformation dans le mode de subsistance sont concomitants des premiers dolmens, similaires à ceux de la culture Mumun, coréenne, et de signes d'une influence de la céramique Mumun sur les poteries de la fin du Jōmon Final. On en a donc déduit qu'une période de transition devait être considérée dans la région où ces indices étaient découverts. Il est ainsi justifié de déplacer les dates là où se manifeste l'influence d'une immigration coréenne, qui serait plus ou moins importante selon les estimations.
Depuis les années 1980 la période de transition (800 - 300) - pour le nord de Kyushu - située précédemment à la fin de période Jōmon, a été assimilée à la période suivante en tant que Yayoi Initial.. En 2013 Keiji Mizoguchi. relève les dates retenues pour ce Yayoi Initial, soit 900 - 400/300. Ce qui conduit à deux découpages pour l'ensemble de la période, si l'on prend aussi en compte celui de Junko Habu, proposé en 2004, avec des dates qui se sont avérées moins assurées, ou moins précises par la suite.
Il subsiste toujours, en 2017, une controverse sur les dates absolues. Koji Mizoguchi fait état, en 2017, de dates initiales sur la suie relevée sur les plats qui vont de 900 à 800-700, et pour quelques-uns 600-500Koji Mizoguchi dans Emplacements du Kindle 18483-18485). Traduction approximative: "Un débat est en cours sur les dates absolues du début du Yayoi initial; il existe un écart entre le terminus post quem (TPQ; date la plus rapprochée possible) des artefacts datables et les dates AMS de la suie des récipients de cuisson, le premier pointant aux environs de 800 à 700 et le dernier à 900. Certains chercheurs soutiennent qu'ils devraient être datés de 600 ou 500".
Selon Junko Habu, en 2004, le découpage s'effectue de cette façon. : Yayoi Initial, 900 ou 500 - 400/300, uniquement au nord de Kyushu Yayoi Ancien, vers 400/300-100 Épi-Jōmon et culture Aïnou, (environ 100 AEC - 700 EC) au nord-est du Japon Yayoi Moyen, v. 100 - 100 EC Yayoi Final, v. 100-300 EC Selon Koji Mizoguchi, en 2013Synthèse de (Contents) et ., on peut retenir cinq périodes – qui ne sont pas toujours précisément datables selon Mizoguchi – éventuellement subdivisées en sous-périodes en fonction de différences notables dans le style des céramiques : Jōmon Final / Yayoi Initial (au nord de Kyushu) : vers 900/600 - 400 Yayoi I, Ancien, v. 400 - 200 Yayoi II-IV, Moyen : v. 200 AEC - v. 1/50 EC (artefacts datables d'origine chinoise) Yayoi V, Final : v. 1/50 EC - 200 EC Yayoi VI, de transition 200-250 EC. : céramique Shonai, (et artefacts datables d'origine chinoise)
La date terminale, correspondant à l'émergence d'un « État » est sujette à discussions car il est difficile de s'entendre sur la définition d'un « État ». K. Mizoguchi propose de fixer cette date ultime lorsque certaines conditions sont remplies : « Lorsque la gestion bureaucratique du flux des ressources est mise en place, et que la mobilisation et l'accumulation de ces ressources matérielles et humaines sont rendues possibles par l'enregistrement des personnes selon leur lieu de résidence, et non selon leur lien de parenté, enfin que tout ceci est effectué par des moyens institutionnalisés, avec l’organisation institutionnelle de la violence. ».
Par ailleurs si la période Kofun est, du point de vue de l'idéologie impériale et dans l'image populaire, comme la période des grands tumuli en trou de serrure, il n'en demeure pas moins qu'il existe à l'époque Yayoi de grands tumuli en trou de serrure. La « frontière » entre les deux périodes est problématique, sur ce critère. Certains auteurs ont voulu faire aussi de la période Yayoi le moment d'émergence d'une société « complexe »L'anthropologue Alain Testart, qui critique l'emploi du concept par l'école anthropologique anglo-saxonne, défend l'idée que des sociétés hiérarchisées ont pu exister chez des chasseurs-cueilleurs comme ce fut le cas chez les Amérindiens de la côte Nord-Ouest, à l'époque moderne. : Alain Testart, Avant l'histoire, Gallimard 2012, , pages 201-202.. La notion de « société complexe » est aussi problématique. Certains auteursHirose, 2003, ., cité par . ont voulu voir les grands centres habités comme s'il s'agissait de « villes », un des critères définissant une société complexe. Mais ces « centres régionaux » de la période Yayoi ne répondent pas aux critères qui pourraient les faire qualifier de « villes » (par exemple : leurs principales sources d'alimentation sont les rizières, donc des zones agricoles situées dans l'espace du « centre régional », et il n'y a, par ailleurs, pas de quartier réservé à des artisans à plein temps). Ainsi on a trop tendance à voir la période Yayoi comme le prélude à la période Kofun, et moins pour ce qu'elle est vraiment, singulièrement.
Origine de la transition de Jōmon à Yayoi
Théorie des migrations, années 1950. Archéologie, depuis thumb|Poterie commune de style coréen. Atelier d'un bronzier du site de Yoshinogari, musée. thumb|Lames pour harpons composites, taillées "en scie". Obsidienne. Jomon Final - Yayoi Initial. Sud-est de la Corée, détroit de Corée et nord-ouest de Kyushu. Musée national de Tokyo
L'hypothèse émise par Egami Namio (théorie du kiba minzoku, « peuple cavalier », émise en 1948Egami Namio. Présentation très critique de cette thèse dans le , sur Persée. Développement de la polémique autour de la thèse où Egami Namio a « progressivement donné libre cours à son imagination », mais réactivée en 1989, présenté par : .) supposait que cette culture Yayoi ait été déterminée par l'arrivée de migrants dans le nord de Kyūshū qui se seraient mêlés à la culture Jōmon. Ils auraient apporté essentiellement la riziculture, « refoulant » progressivement, selon la thèse de Egami Namio, les Aïnous, vers l'extrême nord de l'île de Hokkaidō. Dans les faits, cette colonisation des territoires aïnous n'apparait pas à l'époque Yayoi.
Des immigrants d'origine « continentale », de culture Mumun, et des populations Jomon qui hybrident leurs pratiques