Hamoir (en wallon Hamwér.) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Liège, ainsi qu'une localité où siège son administration. Elles se trouvent à l'extrême sud de la province, au confluent de l'Ourthe et du Néblon.

Toponymie

Géographie

Hamoir fait partie du canton électoral de Nandrin et de l'arrondissement administratif de Huy. Outre l'ancienne commune de Hamoir, elle regroupe depuis la fusion des communes de 1977 les communes de Comblain-Fairon au nord-est et le village de Filot à l’est.

Hamoir est essentiellement une commune rurale. La vallée de l'Ourthe traversant la commune du sud au nord contribue à son développement touristique principalement à Hamoir et à Comblain-la-Tour (gares SNCB, campings, hôtels, restaurants). L'Ourthe reçoit successivement le Néblon à Hamoir, le Bloquay à Fairon et le Boé à Comblain-la-Tour. Hamoir possède aussi une usine de transformation de produits laitiers et de nombreux commerces (principalement dans la rue du Pont). La commune est traversée par la Route Nationale 66 qui lui sert comme lieu de repère. À Huy, on parle de la « route de Hamoir ».

La commune fait partie de quatre régions naturelles différentes : l'Ardenne dans les bois à l'est de Filot, la Calestienne à Filot, la Famenne dans une grande partie de Hamoir, Fairon et Comblain-la-Tour et le Condroz à Sparmont et Lawé.

Hamoir est jumelée avec la commune française de Saulxures-sur-Moselotte, chef-lieu de canton du département des Vosges, et avec la commune allemande de Wenigumstadt, au nord-ouest de la Bavière.

La commune fait partie du Groupement Régional Économique des vallées de l'Ourthe, de la Vesdre et de l'Amblève (GREOVA) ainsi que de la maison du tourisme du Pays d'Ourthe-Amblève.

Sections de commune

La commune est composée des trois anciennes communes suivantes: Comblain-Fairon, Filot (village du compositeur Édouard Senny) et Hamoir, centre administratif depuis la fusion de 1977.

# Nom Superf.(km²) Habitants(2025) Habitantspar km² Code INS 1 Hamoir 10,79 1.631 151 61024A 2 Comblain-Fairon 10,42 1.700 163 61024B 3 Filot 6,54 445 68 61024C

Autres Villages Comblain-la-Tour, qui eut pendant huit années son festival de jazz, le Comblain Jazz Festival ; le festival fut relancé en 2009 à l'occasion du cinquantième anniversaire de la première édition et organisé jusqu'en 2016. En 2023, Le Jazz animation Gouvy, l’Office du Tourisme avec le soutien de la Commune de Hamoir et le Syndicat d’initiative de Comblain-la-Tour ont relancé le Festival. Fairon, village concentrique autour de son église. Filot, village homogène comprenant de nombreuses fermes et habitations en pierre calcaire.

Hameaux

Xhignesse, Tabreux, Lassus, Comblinay, Lawé, Sparmont, Chirmont et Insegotte.

Communes limitrophes

Description du village Le village de Hamoir se trouve essentiellement concentré au fond de la vallée de l'Ourthe à l'endroit de son confluent avec le Néblon ainsi que sur le flanc ouest de la colline, à environ d’altitude au pont, à en amont du confluent de l'Ourthe et de l'Amblève, à de Liège et 24 de Huy. Située principalement en Famenne, l'ancienne commune de Hamoir regroupait trois « entités » : Xhignesse sur la rive droite en aval, Hamoir-centre, et Hamoir-Lassus en amont, également sur la rive droite.

Démographie

Démographie: Avant la fusion des communes

Source: DGS recensements population

Démographie : Commune fusionnée

En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :

Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées. Source: DGS , de 1831 à 1981=recensements population; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1 janvierhttps://view.officeapps.live.com/op/view.aspx?src=https%3A%2F%2Fstatbel.fgov.be%2Fsites%2Fdefault%2Ffiles%2Ffiles%2Fdocuments%2Fbevolking%2F5.1%2520Structuur%2520van%2520de%2520bevolking%2FPopulation_par_commune.xlsx&wdOrigin=BROWSELINK

+ Évolution démographiqueAnnéePopulationÉvolution 1992=index 1001992100,01993100,21994100,91995101,01996101,71997103,11998104,51999103,52000103,92001105,22002105,42003104,82004105,32005107,12006106,42007107,12008107,22009108,82010109,62011112,32012112,52013113,72014115,42015115,22016115,02017115,12018114,72019114,92020113,92021114,32022112,22023112,72024111,92025111,82026111,9

Histoire

Origines du village Il est fait mention de « Hamoir » pour la première fois dans une charte datée de 895 dans laquelle un certain Wéséric donne à son vassal Berting des biens situés à Hamor. Mais rapidement la graphie définitive devient Hamoir. Selon le docteur L. Thiry, le toponyme dériverait du germanique Hammer, marquant le lieu d'une industrie hydraulique ancienne.

Comme il est détaillé ultérieurement, le site de Hamoir est occupé depuis l'époque mérovingienne, mais il semble qu’une occupation préhistorique ne soit pas à exclure. À l'époque médiévale et moderne, le village relevait du comté de Logne qui lui-même faisait partie de la principauté abbatiale de Stavelot – remarquons que la couronne comtale surmonte toujours le blason de Hamoir. Le comté était divisé en quatre quartiers, dont celui de Hamoir qui comprenait en outre les villages de Ferrières, Filot, Sy, Logne, Vieuxville et Lorcé.

Avant que ne s'opère le transfert administratif et religieux de Xhignesse à Hamoir, ce dernier était une entité minime par rapport au premier qui possédait une haute cour de justice relevant de Malmédy (bien qu'elle n'en ait que le nom) et une paroisse fondée entre le et le avant que ne soit fondée à Hamoir, sous l'impulsion de Jean Del Cour, une chapelle dédiée à Notre-Dame. Hamoir deviendra cependant, plus tard, le siège d’une cour allodiale de Logne et une mayeurie héréditaire au moins depuis le . Citons les familles de Maillen qui l'occupèrent entre 1580 (Wathieu de Maillen, seigneur de Ville) et 1733 (Jacques-François de Maillen, seigneur de Ry), et de Donnea qui releva le fief en 1771 (Hubert-François de Donnea).

Dans son histoire, Hamoir eut à souffrir des différentes guerres qui touchèrent le territoire et qui furent la cause plusieurs fois de la destruction du pont, point de passage sur l'Ourthe de la mythique route reliant le Limbourg et le Condroz et dont les origines remonteraient à l’Antiquité. Après une reconstruction en 1556 à cause de son mauvais état, il s'écroule en 1573 lors d’une crue importante. Il est ensuite reconstruit au prix de nombreux emprunts importants que les habitants de Hamoir comptaient récupérer par l'imposition d'un droit de passage. Mais au cours de la guerre de Trente Ans, le pont fut détruit par ordre des États de Liège pour protéger le Condroz de l'installation du camp d'hiver de l'armée de Piccolomini. Peu après sa reconstruction, en 1637, le pont est à nouveau démoli sur ordre du capitaine de la compagnie d’Ouffet, village tout proche, Jean de Crisgnée. Ce n’est qu’en 1768, après le rachat par les États de Liège des créances et du droit de passage aux habitants de Hamoir que le pont fut reconstruit. Durant les , les biens communaux furent considérablement réduits à cause des dettes et dommages de guerre, des aides et des nombreuses reconstructions du pont. Il fut malheureusement démoli une nouvelle fois en 1940.

Une première implantation : le cimetière mérovingien de Tombeux Les traces les plus anciennes d'une implantation habitée à Hamoir remontent à l'époque mérovingienne. On trouve en effet au lieu-dit de « Tombeux », sur une petite colline entre les villages actuels de Hamoir et Xhignesse, une nécropole datée du . C'est l'une des plus importantes de Belgique avec quelque deux cent cinquante tombes découvertes en 1967. L'utilisation des lieux s'étale sur environ quatre générations, du milieu du aux environs du . L'importance du cimetière nous indique qu'il s'agissait là d'une petite communauté rurale essentiellement agraire.

Le champ funéraire se situe sur le flanc sud-ouest de la colline, et s'étend sur environ de long et 60 de large. L'occupation se fait progressivement d'ouest en est.

Le cimetière est caractérisé par des tombes taillées soigneusement dans la roche schisteuse du promontoire. Contrairement à d'autres cimetières mérovingiens de la même époque, l'orientation des défunts se fait Nord-Sud et non de manière Ouest-Est comme il est de coutume à l'époque. Cela témoigne d'une influence germanique encore présente dans la région. On remarquera également l’importance de certaines tombes entourées de plusieurs trous où venaient se loger des pieux destinés à former une palissade autour de la tombe du défunt vraisemblablement d’une importance sociale plus élevée.

En dehors des tombes individuelles, les plus nombreuses, le site compte plusieurs ossuaires creusés et maçonnés avec soin, et quelques tombes communes. Dans l’une de ces dernières furent retrouvés de riches objets votifs féminins. Sans doute une dame d’importance fut elle enterrée là aux côtés de ses domestiques.

Parmi les objets découverts sur les lieux, on peut citer divers bijoux et parures composés de nombreuses perles en pâte de verre opaque colorée, des ceinturons dégrafés et posés aux côtés du défunt, en bronze ciselé et en fer, dont certains damasquinés, des fibules, parmi lesquelles une en or dans une tombe de femme. Un riche collier composé d'un pendentif en or massif s'ajoute également à la collection. Des armes en grande quantité furent aussi découvertes : lances, flèches et scramasaxes étant en plus grand nombre qu'épées et boucliers. Enfin, de la poterie, dont des vases biconiques noirâtres, et quelques objets de verre. La décoration de cette vaisselle indique par ailleurs qu’un atelier de potier devait probablement se trouver à proximitéUne part importante du mobilier découvert est conservée au Famenne & Art Museum, à Marche-en-Famenne..

La paroisse : de Xhignesse à Hamoir La constitution des paroisses aux débuts de l'époque médiévale est d'une importance qui va au-delà du caractère religieux dont elles sont tributaires. En effet, avec le passage d’une société urbaine à une société campagnarde, elles structurent le monde rural et composent un relais pour la diffusion de la foi, dont l'église paroissiale constitue le centre d'un territoire matérialisé. Évangélisée par saint Remacle, la région de Hamoir garde un souvenir tenace de son passage durant le Moyen Âge grâce au pèlerinage des fontaines se trouvant à Filot. C'est à lui que l'on doit la volonté d'établir les paroisses en nos régions. Implantations attestées par un diplôme, notamment, du roi des Francs , homme pieux, octroyant des terres à saint Remacle pour l'établissement d'un monastère.

La fondation de l'ancienne paroisse de Xhignesse est d'ailleurs intimement liée à l'abbaye de Stavelot. Une tradition populaire veut que ce soit Plectrude, épouse de Pépin de Herstal, qui soit à l'origine de cette fondation à la fin du , comme elle le fut pour la paroisse voisine de Lierneux. Cette tradition est attestée par un manuscrit litigieux d’un certain Laurenty, prieur du monastère de Malmedy, dans un diplôme du . D'autres sources indiquent qu’une communauté monastique, dépendante de Stavelot, s'installa à Xhignesse, et dont les vestiges seraient l’église romane du qui servait d'abbatiale et où aurait été enterré l’abbé de Stavelot saint Angelin. Cette thèse est appuyée par la découverte non loin du centre du village d'une église primitive dont les seuls vestiges sont des traces au sol d'antiques murs et poteaux, ainsi qu’une série de tombes anciennes datées des -s, détruites par les Normands.