L', est l'une des 14 subdivisions traditionnelles de l'histoire du Japon. Cette période se situe entre 710 et 794 (ou 784794 est la date retenue par et . Enfin Miyeko Murase (Columbia University's Department of Art History, professor) retient 784 en 1996, , et 794 en 2000 dans le catalogue . Pour d'autres auteurs, et non des moindres, (dont ) la période de Nara s'arrête en 784. Ces auteurs, considérant la proximité entre Nagoaka et Heian, font commencer la période de Heian en 784 et non en 794.). Elle est précédée par la période d'Asuka (du milieu du jusqu'en 710) et suivie par l'époque de Heian (794-1185).

L'ère Tenpyō (ou Tempyō) (729-794) (ou 729-784), seconde période de Nara après l'ère Hakuhō selon certains historiens d'art., sert, parfois, à évoquer toute la période dans le domaine artistique, car la culture a été particulièrement brillante à ce moment-là. Le Japon constitue alors un foyer culturel de première importance à côté de Silla, en Corée, et de la Chine, se présentant comme un petit empire « civilisé » (selon des critères posés par l'empire chinois et auxquels le Japon adhère).

Histoire et organisation politiques

Centralisme : capitale et codes Auparavant, au cours de la période d'Asuka, commence un processus de centralisation du pouvoir fondé sur le modèle chinois, avec la réforme de Taika (645). En effet, la Chine s'est enfin réunifiée sous les dynasties Sui (581-618) puis Tang (618-907) et redevient un modèle pour ses voisins. Par ailleurs, la diffusion du bouddhisme incite à la circulation des étudiants et des moines, qui passent ainsi sur le continent et reviennent avec des informations sur les modèles prestigieux de la Chine. Ainsi le premier grand code japonais, à la manière des codes chinois, est promulgué par l'impératrice Jitô (reg. 686-697) ; elle tente aussi de fonder la première capitale durable, qui passe d'Asuka à Fujiwara-kyō. Ce processus va cumuler avec le code administratif de l'ère Taihō (code de Taihō) en 701., et donner naissance au , ou ritsuryō., le système politique du Japon jusqu'à la fin de l'époque de Heian (1185). Ce code, composé de dispositions pénales (ritsu) et d'institutions administratives (ryô), mêle des traditions locales à des éléments chinois, en particulier le code des Tang.. Mais les structures mises en place à cette époque (bureaucratie centrale, système de répartition des rizières…) connaissent des difficultés dès l'époque de Nara.

En 710, cette époque de Nara débute avec l'installation de la capitale par l'impératrice Genmei à aujourd'hui connu sous le nom de Nara, la première capitale fixe de l'archipel. Elle prend fin, lorsque l'empereur Kammu (reg. 782-806) déplace la capitale à Nagaoka-kyō (en 784) pour échapper à l'influence des . Ce site est rapidement quitté au profit de , future Kyōto, car le lieu semblait néfaste..

Capitales Nara / Heijō-kyō : La ville est placée à proximité de routes, et donc en un lieu plus pertinent que Fujiwara-kyô. Elle est bien plus étendue aussi, plus de trois fois. Elle couvre sur . Construite en un damier de mailles carrées, sur le modèle chinois de la ville de Chang'an (capitale des Tang)., la ville abrite le palais impérial, les résidences des fonctionnaires, les habitations des gens du peuple, deux marchés permanents. et, rapidement, plusieurs monastères bouddhiques, soit près de dont fonctionnaires gouvernementaux.. L'influence étouffante de puissants monastères bouddhistes poussera l'empereur Kammu à déplacer la capitale à Nagaoka en 784, puis à Heian (Kyōto), qui restera le lieu de résidence de l'empereur, ensuite, pendant plus de mille ans (jusqu'à la restauration de Meiji, en 1868). Dans la ville nouvelle de Nara les résidences des notables doivent posséder un toit de tuiles, vert foncé ou gris bleuté, des piliers peints en rouge et des murs en blanc afin de valoriser l'image de la capitale. Mais cet espace urbain contient aussi des jardins, des champs, des rizières et même des bois.

Ces capitales japonaises ne possèdent pas de murailles : absence de menace extérieure, et s'il y a coup d'État ou guerre civile les combats peuvent se dérouler en ville mais jamais pour la ville.. Par ailleurs, des fouilles ont mis au jour des résidences privées, dont celle d'un prince. Des jardins avec étangs y peuvent accueillir des jeux, des danses et des concours poétiques, lesquels sont connus par des sources écrites. Enfin, les tablettes (ici mokkan) qu'on y a découvertes révèlent comment la vie de ce palais est organisée. Celle-ci repose largement sur la perception d'un tribut en produits frais. Ces tributs en produits frais étaient, bien sûr, payés par le peuple, en très grande majorité, des paysans.

Femmes au pouvoir Ce qui caractérise le mieux la dynastie impériale est, alors, la prédominance des femmes sur le trône. En effet, le clan Fujiwara à l'époque de Nara, descendant de Kamatari, établit des liens de parenté avec la famille impériale en mariant ses filles aux princes et en les faisant accéder au pouvoir..

C'est sous le (second) règne de l'impératrice Saimei, vers 660, qu'est monté un corps expéditionnaire de 170 navires, afin de venir en aide au royaume coréen de Baekje (Paekche), agressé par Silla et les Tang. Mais cette mission arrivera trop tard, Paekche étant alors trop affaibli et divisé, l'expédition est un fiasco.. Des réfugiés coréens sont, alors, accueillis. Finalement, le Japon ne rétablit que des contacts distants avec Silla, vainqueur, mais se tourna plutôt vers la Chine dans un climat de vives tensions.

Cette époque voit aussi l'accession au trône de la dernière impératrice japonaise pour presque mille ans. En raison de l'influence néfaste - selon ceux qui ont écrit l'histoire ensuite - exercée par le moine Dōkyō sur l'impératrice Shōtoku (718-770), il fut en effet décidé que plus aucune femme ne serait autorisée à monter sur le trône.

Comment on écrit l'Histoire En 712 et 720 sont compilés deux premières chroniques impériales, respectivement le Kojiki (histoire largement mythique qui s'adresse à la Cour) , (écrit en sino-japonais) et le Nihon Shoki, écrit en chinois pouvant être lu par des chinois et retrace la dynastie du Yamato, précisément, jusqu'à la fin du ..

Empereurs Mommu (697-707) Gemmei (707-716) Genshō (715-724) Shōmu (724-749) Kōken (749-758) Junnin (758-764) Shōtoku (764-770) Kōnin (770-781) Kammu (781-806)

Aspects sociaux

thumb|Faucille. Époque de Nara . Musée national de Tokyo La diffusion des instruments aratoires en fer et une politique d'encouragement à l'agriculture permettent l'augmentation de la production, au .. Bien loin de l'élite, la très grande majorité des habitants du Japon se consacre à cette époque à l'agriculture et vit, misérablement, dans des villages ou des hameaux plus ou moins dispersés. La maison semi-enterrée se trouve remplacée, progressivement, d'Ouest vers l'Est, par une maison construite sur le sol et surélevée sur des poteaux, prototype de ce qui deviendra la « maison japonaise traditionnelle »Voir la documentation (photographiée et dessinée) prise par l'architecte Bruno Taut et qui témoigne de la diversité de ces maisons traditionnelles : ; voir aussi les maisons traditionnelles de type minka..

Paysans et notables. Par rapport à ces habitations de paysans, aux toits de chaume, les toits des notables se doivent d'être couverts de tuiles. Parmi ces notables, des « nouveaux riches », prêteurs, usuriers ou commerçants, gèrent rizières et terres récemment mises en culture. Car la riziculture continue de s'implanter sur le territoire. Mais, en raison des taxes (la fiscalité de l'État des Codes), de nombreux paysans, employés à la capitale, fuient et retournent chez eux, se déplacent d'une province à l'autre, se mettent sous la protection d'aristocrates ou de monastères.

Les taxes arrivant en retard, avec bien d'autres signes de désordres, tout cela menace les fondements du système à la fin du ..

Les grands défrichements sont plus motivés par les besoins croissants de la classe dirigeante que par la hausse démographique. Les clans aristocratiques d'avant la réforme de Taika se sont mués en une classe de fonctionnaires qui ont su profiter de toutes les réformes pour maintenir ou augmenter leur mainmise sur les terres, cultivées ou non. En tant que fonctionnaires de l'État des Codes ils ont tout intérêt à étendre l'assiette foncière de l'impôt, et, en conséquence, de favoriser les défrichements, ou la transformation des zones de cultures sèches en rizières inondées. Et pourtant ce sont précisément ces petits champs de culture sèche et ces jardins, exempts de redevances publiques, qui permettent aux paysans de survivre. Les rizières publiques sont cultivées par ces paysans, appelés kômin, grâce à une redistribution effectuée tous les six ans ; mais ils en tirent à peine de quoi payer tous les impôts. Beaucoup, appauvris ou ruinés deviennent, en quelque sorte, les « esclaves » des plus aisés. D'autres deviennent vagabonds ou brigands.. La misère est constante et les rizières publiques sur lesquelles reposent l'impôt sont de plus en plus désertées, les paysans fuyant en tous sens afin, précisément, d'échapper aux corvées et aux impôts.

Les paysans tentent ainsi d'échapper aux corvées par tous les moyens, il s'ensuit que les belles routes droites qui avaient servi d'axes de communication, entre autres, aux gouverneurs et fonctionnaires, ne sont plus entretenues dès la fin du et elles ont pour la plupart disparu au ..

Religions

Shintô La plupart des villageois pratiquent ce qui sera appelé plus tard, au , le shintō, basé sur le culte des kami, c'est-à-dire les forces de la nature et les esprits des ancêtres .

Bouddhisme, architecture et art bouddhique

thumb|Carte des principaux édifices (temples, palais ou lieux publics) de Heijō-kyō (Nara) à la fin du . Les temples s'y reconnaissent par la particule finale -ji L'ère Tempyô voit le bouddhisme à son apogée, devenu religion d'État.. Prolongeant la première vague du bouddhisme sur l'archipel, de nombreux temples d'État (kokubunji) sont fondés dans les provinces. Le bouddhisme se manifeste sous les formes des six écoles de la Capitale du SudDamien Keown, A Dictionary of Buddhism, Oxford University Press , .. Le clergé est chargé de prier pour la paix et la prospérité du pays et de la maison impériale. Ainsi, tant son recrutement que ses lieux d'implantations sont contrôlés par le pouvoir. Celui-ci autorise donc ces six écoles, en provenance de Chine : les écoles Sanron, Jojitsu, Hossô, Kusha, Kegon, et l'école Ritsu.