Montluel est une commune française située dans le département de l'Ain, dans la région Auvergne-Rhône-Alpes : elle fait partie de l'unité urbaine de Lyon. Elle comprend la commune associée de Cordieux.
Les habitants de Montluel s'appellent les Montluistes. Géographie Situation La commune de Montluel est située entre les abords de l’agglomération lyonnaise et les rives de l’Ain.
Son territoire est délimité par plusieurs éléments naturels. Sur plus de trente kilomètres, la Côtière se présente comme un rempart dressé du sud-ouest vers le nord-est en défense du plateau de la Dombes. Le relief est constant, de l’ordre de 120 mètres entre le niveau du Rhône (180 mètres) et le faîte du plateau (autour de 300 mètres d’altitude); de près d’une centaine de mètres encore pour le talus proprement dit. Dans cette barrière, la vallée de la Sereine est l’unique échancrure perpendiculaire nord-sud permettant une pénétration à l’intérieur de la Dombes. Cette rivière prend sa source dans la commune de Saint-André-de-Corcy près du cœur du plateau et se jette dans le canal de Miribel, une disjonction du Rhône, après un cours de 24,8 kilomètres. L’ouverture sur l’intérieur du plateau s’élargit quelque peu en direction du nord-est par la vallée du Cottey d'autres affluent de la rive droite du Rhône long de 14,6 km en communication aisée avec celle de la Sereine par un couloir fluvial de l’ordre du kilomètre juste à l’amont de ce franchissement..
La valeur de cette situation est à apprécier au fil des siècles selon les progrès des moyens de communication. L’appellation de « Porte de la Dombes » était méritée aux temps médiévaux et sous l’Ancien Régime. Mais la traversée la plus courte correspond à la diagonale de Lyon à Bourg-en-Bresse et non par le détour de Montluel. Cette liaison aurait du être correctement entretenue. Au , ce n'était pas le cas : . Pendant des siècles, la situation de Montluel a été favorisée par défaut. Vers 1840, la situation change et les Monluistes s'inquiètent.
Montluel est situé sur l’axe routier majeur du trafic au départ de Lyon en direction de l’est et du nord (Bugey, Savoie, Franche-Comté, Suisse, Italie, Germanie). Jusqu’à l’époque contemporaine, cet axe suivait de près le bas de la Côtière jusqu’à Montluel, desservait chaque village et échappait aux crues du Rhône. Les matières lourdes étaient confiées au fleuve ; pour les marchandises ordinaires, la messagerie et les simples voyageurs, Montluel était pratiquement la première étape de la poste aux chevaux et la première halte de roulage par rapport à la grande ville. Ce rôle de relais routier aurait justifié un entretien de l’artère centrale de la bourgade. Du fait de l’incurie, la chaussée est un pourrissoir de la paille à transformer en fumier. À l’ère du chemin de fer depuis 1856, puis du camion et de l’automobile au , la distance d’une vingtaine de kilomètres par rapport à la métropole lyonnaise a rendu inutile le rôle de Montluel. La création récente de l’autoroute du réseau APRR a achevé ce déclassement d’une ville d’étape.
Cadre de vie Les données géographiques actuelles ne rendent pas compte des conditions de vie des Montluistes depuis les origines jusqu’aux temps contemporains. L’autarcie était de règle. Les communautés paysannes cherchaient à maîtriser les trois éléments du territoire : plaine alluviale de la Valbonne vers 180-200 mètres, talus de la Côtière entre 200 et 300 mètres, plateau de la Dombes.
Ainsi défini, le territoire communal avait la forme d’un rectangle étiré du nord-ouest vers le sud-est sur une bonne douzaine de kilomètres et une largeur de deux à trois kilomètres, avant l’association de la commune avec celle de Cordieux en 1973 qui a porté sa superficie de 28,97 à .
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat semi-continental et le climat de montagne et est dans la région climatique Bourgogne, vallée de la Saône, caractérisée par un bon ensoleillement (), un été chaud (), un air sec au printemps et en été et des vents faibles. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Colombier-Saugnieu à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Voies de communication et transports Voies de communication Montluel se trouve au centre d'un réseau de communications routières et autoroutières important qui permet de relier Lyon par l'A42 en une trentaine de minutes et Bourg-en-Bresse en 40 minutes. La commune est à proximité du contournement Est de Lyon (A46) et est reliée à l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry (A432). Grâce également à la RD 1084 (ex-RN 84), il est facile de passer dans les communes voisines.
Transports vignette|Vue des quais et des voies de la gare de Montluel avant la construction de la passerelle. vignette|La commune fut desservie par la ligne 17 de l'ancien tramway de Lyon de 1910 à 1933.On voit ici une de ses rames sur la route de Lyon vers 1910. Montluel est desservie par plusieurs modes de transports en commun.
Les lignes A32 (Lyon - Bourg-en-Bresse) et A71 (Lyon - Dagneux) du réseau Cars Région Ain ainsi qu'une gare desservie par le réseau TER Auvergne-Rhône-Alpes permettent de circuler le long de la route nationale 84 et de rejoindre Lyon ou Ambérieu-en-Bugey. De plus, le réseau TICO (transport intercommunal costellan), composé d'une ligne de bus et d'un service de transport à la demande, dessert Montluel et le reste de l'intercommunalité.
Le , un jeune homme de 16 ans, Antoine Mauresa, meurt, fauché par un train TER en gare de Montluel.. La gare ne possède ni passage souterrain ni passerelle pour relier les voies les plus éloignées aux quais ; les voyageurs sont obligés d'utiliser une allée intersectant les voies ferrées. Un projet de passerelle est évoqué par le maire de la commune de Montluel, Jacky Bernard.. Elle sera construite en 2012..
Urbanisme Typologie Au , Montluel est catégorisée centre urbain intermédiaire, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle appartient à l'unité urbaine de Lyon, une agglomération inter-départementale dont elle est une commune de la banlieue.. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Lyon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de ou plus (hors Paris)...
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (64,9 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (66,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (58,3 %), forêts (23,9 %), zones agricoles hétérogènes (5,5 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (5,3 %), zones urbanisées (4,7 %), prairies (1,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,1 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Dans le Mons Loelli attesté en 1178, le premier mot souligne la position perchée sur un mont. On fait dériver le deuxième mot du latin locellum, diminutif de locus, de la même racine que le mot localité.
Histoire
Temps gallo-romains Les preuves d’une présence humaine aux temps historiques sont à rechercher dans la toponymie. Une dispersion de la population sur l’ensemble de son territoire est attestée par le nom du hameau de Romanèche, et par la répétition des terminaisons en (i)eu(x), comme Dagneux, Jallieux ou Cordieux, ou isolats comme Cossieux, les Sérigneux.
Le suffixe en (i)eu(x) dérivé du latin -acus confirme la possession du lieu par son propriétaire désigné au radical. Cette loi toponymique se vérifie dans tout le département de l’Ain (Ambérieux, Meximieux, Lagnieu) ou en Dauphiné (Crémieu, Vénissieux, Jallieu).
Maximus était le propriétaire de la villa : elle a donné son nom à Meximieux. Sans vestiges archéologiques, ce Mons Loelli pourrait avoir été situé sur le sommet qui portera le château médiéval. Le castrum romain surveillait le plat pays et le carrefour routier. Depuis le règne de l’empereur Auguste jusqu'à celui de son gendre Marcus Vipsanius Agrippa, la voie romaine en provenance de Lugdunum passait par là ; la voie de Germanie en direction du nord suivait par Jailleux le tracé de la Sereine ; vers l’est, la voie d’Helvétie, descendant du coteau, une fois franchie la Sereine, .
Moyen Âge
La vie politique alt=Ruines du château-fort de Montluel|vignette|Ruines du château fort de Montluel.
À partir de la fin du , après le Haut Moyen Âge, l’histoire de Montluel est documentée.
Depuis le traité de Verdun en 843, Montluel est, à l’est de la Saône et du Rhône en terre d’Empire ; cette autorité est théorique. L’ensemble de la Dombes est divisé en seigneuries : elles sont les véritables sièges du pouvoir. Celle de Montluel dépend, avant 1080, de la seigneurie de la Valbonne. La dynastie, fondée vers 1080 par Humbert , va régner jusqu’en 1326. Elle correspond, à cette dernière date, au canton actuel de Montluel plus Beynost et Saint-Maurice.
Humbert II (1195-1236) l’a dotée d’un château fort sur le rebord du plateau dombiste et d'une chapelle seigneuriale, dédiée à l’apôtre Barthélemy (qui deviendra une église). La seigneurie a gardé son indépendance. Elle s’est placée sous la protection de la maison de Savoie (elle-même déjà solidement implantée en Bresse depuis 1272), grâce au mariage d’Humbert III avec Isabelle de Vaud. .