vignette|Becoming Human sculpture androïde de Christian Ristow.

L'adjectif androïde, ou andréide., du grec ancien (« d'homme » Par opposition à .) et (« aspect extérieur »)., qualifie ce qui est de forme humaine masculine. Par extension, le substantif androïde désigne depuis le un automate construit à l'image de tout être humain, bien que le terme gynoïde existe pour désigner des robots conçus spécifiquement pour ressembler à une femme.

Les termes neutres humanoïde et anthropoïde sont synonymes.

La dénomination « androïde » évoque l'image d'une machine alors que ne font pas de distinction claire avec un autre dispositif anthropomorphe. Le mot droïde dérive de ce terme.

Les androïdes doivent être distingués des cyborgs, qui sont des organismes dont on a (re)construit l'organisation en fonction des logiques du vivant, généralement représentés par une créature qui mêle des parties vivantes et mécaniques.

Le terme a inspiré le nom du système d'exploitation Android, lancé en 2007.

Historique

Antiquité Le concept d'androïde ne peut pas être dissocié de l'anthropomorphisme. C'est-à-dire la projection de l'image de l'être humain sur un objet réel ou imaginaire.

Les premières manifestations d'anthropomorphisme remontent à l'Antiquité. Dans le panthéon égyptien, certains dieux prennent l'apparence d'êtres humains possédant une tête d'animal. Horus a une tête de faucon, Anubis une tête de chacal ou Bastet une tête de chat. D'autres au contraire possèdent un corps d'animal et une tête d'être humain tel le Sphinx bien connu. Plus tard, les Grecs donnaient des formes humaines ou animales à leurs dieux. Ils avaient de plus la faculté de prendre l'apparence qui leur convenait afin de communiquer avec les humains. Dans la mythologie, les dieux s'accouplent avec les humains, donnant naissance à des demi-dieux. C'est là que prend naissance le mythe du lycanthrope, c'est-à-dire du loup-garou. La première mention de lycanthropie est faite par Hérodote entre 484 et 425

Moyen Âge Certains textes francophones du mentionnent le terme Androïde au féminin, sous la forme d'un nom propre attribué à Albert le Grand. :

Automates

De tous les termes désignant des machines d'apparence humaine, () ; l'androïde est un concept, qui découle des thèses mécanistes de Descartes, ou des alchimistes du Moyen Âge.

L'androïde diffère des homoncules, ou des Golems, en ceci qu'il ne doit son existence (hypothétique) qu'à l'exercice de la raison : aucune intervention magique, ou divine, ne préside à sa création. Il est en outre exclusivement non biologique, au contraire par exemple d'une créature de Frankenstein.

Ignorant la notion d'« anthropomorphisme » jusqu'à une époque récente, l'homme a longtemps considéré la forme humaine comme la plus sacrée d'entre toutes, car potentiellement présente en toutes choses (la forme d'un nuage, d'une racine de mandragore, etc.), preuve, s'il en faut, de la proximité de l'homme et de son Créateur. Sans ce concept d'androïde, qui rationalise et désacralise le corps humain, jamais les automates de Vaucanson n'auraient vu le jour, non plus que les travaux fondamentaux de Vésale, en médecine, sur la dissection de cadavres humains. Disons plutôt qu'il est le fruit précoce de la rationalisation de la conscience occidentale.

Flûteur

En 1738, tout Paris s'émerveille devant le flûteur, un androïde qui en remuant les doigts joue de la flûte...

Exemples d’androïdes dans la fiction

Films présentant des androïdes :

vignette|le robot Actroid-DER, développé pour assurer des fonctions d'accueil du public, a été présenté à l’Expo Aichi 2005. Il est opérationnel en japonais, chinois, coréen, et anglais.

Séries télévisées présentant des androïdes :

Autres œuvres de fiction : Mega Man X ; Gunnm ; Detroit: Become Human ; NieR: Automata ; The Red String Club.

Utilité

200px|thumb|TOPIO, un robot humanoïde, joue au ping-pong à Tokyo lors du salon international de robotique (IREX) en 2009... thumb|170px|Nao est un robot programmable autonome. Il participe au tournoi international de football robotique RoboCup. thumb|140px|Enon est un robot assistant. Autonome et doté d'une capacité de synthèse et de reconnaissance vocale, il peut aussi porter des objets

Les robots androïdes sont utilisés dans plusieurs domaines de la recherche scientifique.

D'un côté, les chercheurs utilisent leur connaissance du corps humain et de son fonctionnement (biomécanique) pour étudier et construire des robots humanoïdes, et de l'autre les tentatives de simulation et de copie du corps humain permettent aussi de mieux le comprendre.

L'étude de la cognition, focalisée sur les mécanismes de la pensée et la façon dont l'esprit humain développe les processus de perception et de motricité, permet le développement de modèles informatiques du comportement humain et a vu d'importants progrès.

Si l'objectif initial de la recherche en robotique humanoïde était de construire de meilleures orthèses et prothèses pour les êtres humains, les deux disciplines se sont mutuellement soutenues. On peut citer comme exemples des prothèses de jambes pour des victimes de maladies neuromusculaires, des orthèses cheville/pied, ou prothèses de jambes et d'avant-bras réalistes.

En plus de la recherche, des robots humanoïdes sont développés pour effectuer des tâches humaines, telles que de l'assistance à la personne ou des métiers dangereux. De tels robots seraient utiles pour de futures missions dangereuses d'exploration spatiale sans retour sur Terre.

De par leur forme humanoïde, ces robots pourraient en théorie effectuer toute activité possible pour un humain, à condition d'être équipés d'une interface et de fonctions logicielles appropriées. Toutefois, la complexité en jeu est immense et limite considérablement leur réalisation en pratique.

Ils deviennent aussi de plus en plus populaires dans des activités de divertissement. Par exemple, certains robots peuvent chanter, jouer de la musique, danser et parler au public, comme Ursula, un robot des studios Universal. Plusieurs attractions des parcs Disney utilisent aussi des robots humanoïdes. Ceux-ci sont très réalistes et peuvent passer pour des humains lorsque observés de loin, même s'ils n'ont ni fonction cognitive ni autonomie.

Dérives Dans ses recherchesJean-Christophe Bétrisey, Société Internationale de Psychanalyse Multidisciplinaire, Les Cahiers de la SIPsyM, De l’homo sapiens au robot humanoïde - Regard psychanalytique et éthique, 02.12.2018, le psychanalyste genevois, Jean-Christophe Bétrisey, reconnaît l’utilité des robots humanoïdes dans l'assistance à la personne ; il insiste sur la nécessité d’avoir un regard critiqueLe Matin, les seniors trop attachés à leur robot ?, 27.04.2018, https://www.lematin.ch/societe/seniors-attaches-robot/story/13494608.

En effet, cet « être » (le robot) exceptionnel pourrait détecter chez les humains des signes précurseurs de maladie, mais aussi anticiper leurs moindres désirs et les réaliser. Avec un œil de psychanalyste, Jean-Christophe Bétrisey imagine une sorte de phobie de l’Humain : refuser de vivre avec des gens imparfaits. Une culpabilité face à des désirs de réalisations inconscientes pourrait également se faire jour. Le complexe d’Œdipe se jouerait, non plus entre trois et cinq ans, mais à l’âge adulte.

Cet essor de la robotique doit donc s’accompagner d'une réflexion éthique et déontologique.

Capteurs

Un capteur est un dispositif permettant d'effectuer une mesure physique. C'est une des trois bases de la robotique (avec la planification et l'action), jouant un rôle important dans tout système robotique.

Les capteurs sont de deux sortes, selon le type de mesure et l'information qu'ils transmettent.

Ils sont dits proprioceptifs s'ils concernent leurs propres organes (position, orientation et vitesse des membres par exemple). Chez l'être humain, l'oreille interne permet de maintenir l'équilibre et l'orientation. Dans un robot, des accéléromètres sont utilisés pour mesurer l'accélération et la vitesse, des capteurs de force placés dans les mains et les pieds permettent de mesurer les forces de contact avec l'environnement.

Les capteurs extéroceptifs permettent quant à eux de percevoir le monde extérieur, ce sont les sens de la vue, de l'ouïe, etc. Dans un robot, ce rôle est joué par des capteurs de lumière, caméras CCD et microphones par exemple.

Actionneurs

Les actionneurs sont les moteurs ou systèmes de commande permettant l'exécution d'un travail ou d'un mouvement par le robot.

Les robots humanoïdes étant construits de façons à reproduire le corps humain, ils utilisent des actionneurs pour simuler les muscles et articulations, même si leur structure est nécessairement différente. Ces actionneurs peuvent être pneumatiques, hydrauliques, piézoélectriques ou ultrasoniques.

Planification et action

La distinction fondamentale entre la robotique humanoïde et la robotique industrielle conventionnelle repose sur l'objectif de reproduire l'anthropomorphisme structurel et cinématique, avec une priorité accordée à la locomotion bipède.

Contrairement aux systèmes industriels, généralement statiques et dédiés à des tâches répétitives en environnement contraint, les humanoïdes sont conçus comme des systèmes mobiles destinés à évoluer dans des espaces conçus pour l'humain. Ceci impose des exigences critiques en matière de planification et de contrôle moteur, où la stabilité dynamique est assurée par le concept de Zero Moment Point (ZMP) : ce critère stipule que le point d'application de la résultante des forces de contact doit demeurer à l'intérieur de la surface de sustentation pour éviter tout basculement.

Pour naviguer dans des environnements complexes et imprévisibles, ces unités intègrent une boucle de rétroaction constante s'appuyant sur des capteurs extéroceptifs (vision, Lidar) permettant la détection de collisions, l'évitement d'obstacles et la cartographie simultanée (SLAM). Bien que des progrès notables aient été réalisés dans l'optimisation énergétique de la marche, les structures actuelles diffèrent encore du modèle biologique par leur rigidité mécanique. L'intégration de la robotique souple et d'actionneurs à flexibilité variable comptent parmi les principaux verrous technologiques actuels ; si ces dispositifs promettent une sécurité accrue lors des interactions homme-robot et une plus grande adaptabilité, ils introduisent une complexité algorithmique exponentielle dans la modélisation de la dynamique du système..

Au siècle, avec l'émergence des LLM, la robotique humanoïde semble s'inscrire dans une volonté de créer une « machine universelle », dotée d'une intelligence artificielle, et capable de s'insérer sans transition dans des infrastructures conçues exclusivement pour l'ergonomie humaine. Il est perçu comme une plateforme matérielle unifiée (d'un certain point de vue comparable au smartphone, dans sa capacité à héberger une multitude d'applications logicielles développées par des tiers). Ce secteur connaît une accélération économique majeure dans les années 2010 et 2020, portée par des investissements massifs dans des entreprises telles que Figure AI (valorisée à 39 milliards de dollars), Skild AI ou Apptronik, ainsi que par les projets de géants comme Tesla avec son robot Optimus. Sur le plan technique, cette évolution vise à surmonter le « fossé des données » physiques par l'apprentissage à grande échelle et le développement de l'intelligence spatiale (voire d'un « modèle du monde », tout en cherchant à résoudre le défi de la dextérité fine et de l'interaction haptique complexe.

Une hypothèse, par exemple soutenue par Yann LeCun est que l'intelligence artificielle générale (AGI) ne pourrait être être atteinte par les LLM, ou uniquement si l'IA est dotée d'une incarnation physique capable d'interagir directement avec son environnement (cognition incarnée ou embodied cognition).

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