Le Northrop F-20 Tigershark (initialement F-5G) est un chasseur léger, conçu sur une initiative et des fonds privés et construit par Northrop. Son développement commence en 1975, comme évolution supplémentaire du Northrop F-5 Freedom Fighter, recevant un nouveau moteur qui améliore considérablement ses performances, ainsi qu'une avionique moderne comprenant un radar puissant et flexible. Comparé au F-5E, le F-20 est plus rapide, il accroît sa capacité de combat air-air grâce au missile BVR et il possède une gamme complète de modes air-sol capables de tirer la plupart des armes américaines. Avec ces capacités améliorées, le devient compétitif avec les modèles de chasseurs de l'époque tels que le General Dynamics F-16 Fighting Falcon, mais est beaucoup moins cher à l'achat et à l'emploi.
La majeure partie du développement du F-20 est réalisée sous un projet du département de la Défense des États-Unis nommé « FX ». Le but du programme est de développer les avions de chasse qui doivent être capables de combattre les derniers avions soviétiques, mais sans utiliser les technologies sensibles de première ligne utilisées par l'United States Air Force ; le FX doit être vendu à l'étranger sans risquer que les progrès techniques significatifs tombent entre les mains des Soviétiques. C'est un produit des politiques militaires d'export de l'administration Carter. Northrop fonde de grands espoirs pour le marché international ; cependant, les changements politiques à la suite de l'élection de Ronald Reagan amènent le F-20 à devoir rivaliser pour les ventes face à des appareils comme le F-16, le dernier projet d'avion de chasse de l'USAF. Le programme de développement est abandonné en 1986, après que trois prototypes ont été construits et un quatrième partiellement achevé.
Développement
F-5E Quand l'administration Kennedy entre en fonction en 1961, le département de la Défense des États-Unis (DoD) est chargé de rechercher un avion de chasse peu coûteux que les États-Unis pourraient proposer à leurs alliés via le Mutual Defense Assistance Act. Un certain nombre de projets sont étudiés, dont des versions allégées du Lockheed Starfighter et du Vought F-8 Crusader, ainsi que le tout récent Northrop N-165F. Le , l'United States Air Force (USAF) informe le secrétaire de la Défense que le N-156F est sélectionné, sous la désignation F-5, et a reçu le nom de « Freedom Fighter ». doivent être produits..
Comme le MiG-21 devient plus répandu, l'USAF lance le programme (IFA, avion de chasse international) pour fournir un équivalent aux alliés. L'USAF souhaite un chasseur léger avec des performances compétitives avec le MiG, peu cher lorsqu'il est acheté en grand nombre, et avec des coûts d'exploitation raisonnables pour les éventuels pays clients. Bien que de nombreuses entreprises entament des projets, Northrop avec son F-5 déjà existant a une position de leader. La société propose une modernisation, le F-5E Tiger II, avec le radar et d'autres changements pour permettre au missile AIM-9 Sidewinder d'être tiré depuis des rails en bout d'aile. Le , le projet de Northrop est déclaré vainqueur du concours IFA.. Northrop produit des F-5E/F Tiger II à cette époque, production qui cesse en 1986 après avoir fabriqué ..
F-5G et limitations à l'export À la fin des années 1970, la Force aérienne de la république de Chine (Taïwan) commence à s'intéresser à un avion de chasse capable d'égaler ceux de la force aérienne de la république populaire de Chine. En particulier, elle veut une plateforme de lancement de missiles à moyenne portée AIM-7 Sparrow. À cette époque, les États-Unis sont en train d'ouvrir des relations avec la république populaire de Chine, après la célèbre visite du président Nixon en 1972. La Chine considère le support américain de Taïwan comme opposé à ses intérêts et le département d'État des États-Unis veut avancer avec prudence. Il bloque l'exportation de tous les appareils adaptés aux missiles AIM-7, de même que les premiers modèles du McDonnell Douglas F-4 Phantom II. Le département d'État suggère d'utiliser l'IAI Kfir à la place, mais il est rejeté.. Taïwan est alors en train de produire le F-5E sous licence, ce qui fait que le département de la Défense demande à Northrop d'étudier l'ajout d'un radar pour l'AIM-7 au Tiger II comme alternative. Ce travail devient le premier de plusieurs études de F-5G..
Au printemps 1977, l'administration Carter annonce une nouvelle politique d'exportation militaire qui limite les ventes des modèles de première ligne aux pays de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), avec l'Australie et le Japon.. Carter déclare à ce moment que les États-Unis ne peuvent pas être . Précédemment, il n'y avait pas de politique cohérente, ce qui alimentait les préoccupations que les dernières technologies américaines pourraient tomber rapidement entre les mains des Soviétiques.
Plusieurs exceptions sont faites ; Israël et l'Égypte pourraient acheter les modèles améliorés selon les accords de Camp David, Israël peut également acheter des McDonnell Douglas F-15 Eagle, une composante clef dans la technologie de défense aérienne des États-Unis. La réception par l'Iran de Grumman F-14 Tomcat met en lumière le problème avec les exportations de technologies avancées en 1979, quand des rapports font état de la vente d'un missile AIM-54 Phoenix aux Soviétiques par l'Iran.. La commande de F-16 de la Corée du Sud est initialement bloquée, conformément à cette politique, mais est permise par la suite, dans le contexte des relations renforcées.. Malgré les exceptions, la politique d'exportation est mise en œuvre, visant de nombreux clients actuels et potentiels. Bien que le F-5G soit une amélioration relativement modeste du F-5E, il semble être en position de force pour les ventes, compte tenu des restrictions imposées sur les modèles rivaux, mais le président Carter bloque les ventes du F-5G à Taïwan..
Programme FX En 1979, des problèmes avec la politique d'export font leur apparition. Les Soviétiques continuent à vendre de nouveaux modèles d'avions à leurs clients, ce qui met les alliés des États-Unis en situation de faiblesse. À la suite du refus des États-Unis, les pays se tournent vers d'autres vendeurs pour des avions de chasse modernes, par exemple le Dassault Mirage 2000 français.. Barry N. Blechman, directeur adjoint de l, atteste que les réductions américaines des ventes d'armes à l'étranger ont réellement encouragé les autres pays à se tourner vers d'autres fournisseurs et augmenté les ventes d'armes.. Au moment de la vente, il y a une pression considérable pour fournir un avion convenable pour Taïwan..
Le département d'État soutient que les États-Unis ont besoin d'un modèle d'avion moderne, comme ce que le F-5E était dans les années 1960 et 1970. À la lumière des préoccupations de Carter, il suggère qu'un nouvel avion soit conçu pour ce rôle, basé sur de la technologie qui ne pourrait pas constituer de menace pour les États-Unis. En , après de longues études, le président Carter autorise le développement d'un nouveau chasseur destiné à l'export : le FX. Le FX doit surclasser le F-5E ; cependant, il ne peut pas utiliser de systèmes d'avionique perfectionnés. Contrairement aux programmes qui mènent au F-5E, le FX doit être entièrement financé de manière privée. De plus, les sociétés ne peuvent pas mettre l'avion directement sur le marché ; toutes les ventes doivent être gérées par le secrétaire de la Défense.
Northrop et General Dynamics (GD) répondent aux exigences du FX. Le F-16/79 de General Dynamics est une version dérivée du F-16A, avec un turboréacteur General Electric J79 à la place du Pratt & Whitney F100 et une avionique moins avancée ; Northrop répond avec le F-5G..
Le FX trébuche et le F-20 émerge Lorsque Ronald Reagan accède au pouvoir en 1981, les restrictions à l'export mises en place par l'administration Carter sont peu à peu assouplies. Au début, le programme FX se poursuit normalement, mais un certain nombre de faits vont faire perdre de la valeur au programme et limiter les ventes potentielles de F-5G. La signature du troisième des entre les États-Unis et la république populaire de Chine, en 1982, est un accord majeur sur les ventes d'armes, qui continue à bloquer les ventes de F-5G à Taïwan. À ce moment, les Taïwanais lancent leur projet de chasseur léger, l'AIDC F-CK-1 Ching-Kuo. En signant le communiqué, les États-Unis signalent que Taïwan ne veut pas recevoir d'avion moderne ; en tant que tel, le Ching-Kuo devient le principal objectif de Taïwan. À ce titre, les ventes de F-5G restent potentiellement non établies..
En été 1982, le secrétaire adjoint de la Défense Frank Carlucci envoie un memorandum à l'Air Force et la Navy, les encourageant à rechercher de nouveaux clients pour le FX.. Cependant, quatre mois plus tard, Carlucci envoie un mémo classé secret aux mêmes services pour qu'ils abandonnent le FX et donne le feu vert pour l'exportation de chasseurs de première ligne à l'étranger.. En décembre, Carlucci, poussé par la Maison-Blanche, change de nouveau de position et impose à l'Air Force de trouver un petit nombre de F-20 avec le budget de l'année fiscale 1984..
L'avenir du programme FX est alors incertain. À la suite d'un accord pour vendre des F-16 au Pakistan., Northrop estime que le F-5G doit égaler les performances du F-16 par l'amélioration de son avionique et de son moteur. Northop voit que le est encore considéré comme le « chasseur FX », une option bon marché pour les forces aériennes de second rang. Pour lutter contre cette perception, Northrop sollicite l'attribution de la désignation « F-20 » ; l'USAF approuve, fin 1982, et l'avion reçoit le nom de Tigershark en .
Descriptif technique
Le principal changement de conception entre le et le est l'utilisation d'un seul moteur General Electric F404, qui est initialement conçu pour le F/A-18 Hornet. Le nouveau moteur fournit 60 % de poussée en plus que les deux General Electric J85 jumelés du F-5E, ce qui permet au rapport poussée sur masse de passer de 1 à . Le nouveau moteur permet une vitesse supérieure à , un plafond de (), une vitesse ascensionnelle de () et un temps de montée à () qui passe de à .
Le profil d'aile reste le même que sur le F-5E, mais reçoit des extensions du bord d'attaque (, LEX), ce qui accroît le coefficient de portance maximal d'environ 12 %, avec une augmentation de la surface alaire de seulement 1,6 %. L'appareil initial étant relativement atone en tangage, l'empennage horizontal voit sa surface augmentée de 30 % et un nouveau système de commandes de vol électriques à deux canaux est ajouté. L'avion est déstabilisé en tangage et les extensions de bord d'attaque sont modifiées, ce qui améliore le taux de virage de 7 % en le portant à par seconde. À une vitesse de et une altitude de (), la taux de virage passe à par seconde, qui est comparable à celui du F-16, de par seconde. Les taux de virage en vitesse supersonique sont 47 % plus élevés que ceux du F-5E.
Le F-20 doit également utiliser plus de matériaux composites dans sa construction. Pendant son développement, plusieurs zones de surface métalliques sont revues pour être désormais faites en fibre de verre, et de nombreuses améliorations des pièces mécaniques sont réalisées..