Le Paris-Rouen est la première compétition automobile de l'histoire..

L'épreuve finalise un concours de « voitures sans chevaux » qui se déroula en France du au , concours organisé par Pierre Giffard, journaliste pour Le Petit Journal, un quotidien parisien paru de 1863 à 1944.

On enregistre mais seulement prennent part à l'épreuve finale, de Paris à Rouen sur .

Le concours débute le mercredi à Neuilly-sur-Seine, par une journée d'exposition des engagés. Les trois jours suivants sont réservés à l'épreuve éliminatoire, sur cinq parcours de partant de Paris, se qualifient pour l'épreuve finale. Le concours se termine le dimanche par une promenade à l'allure réglementée de . Le départ de la Porte Maillot à Paris est donné dans l'ordre d'inscription et toutes les trente secondes. Le parcours est ponctué de plusieurs arrêts obligatoires dont la pause déjeuner à Mantes-la-Jolie. Quatre véhicules n'arriveront pas à Rouen.

Le concours récompense les véhicules répondant à trois critères : « sécurité », « commodité » et « bon marché relatif ». Le premier prix de est partagé entre « Panhard & Levassor » et « les fils de Peugeot frères »..

vignette|centre|redresse=0.6|alt=Pierre Giffard|Pierre Giffard

Origine du concours

vignette|Auguste Doriot -qui a déjà accompli Paris-Brest-Paris en 1891 avec Rigoulot- troisième arrivé sur Peugeot 3hp ( en partant de la droite). vignette|La Panhard & Levassor d'Émile Levassor... vignette|...et la d'Hippolyte Panhard. vignette|Gratien Michaux (Peugeot phaeton 3hp). vignette|Serpollet Steamer du lyonnais M. de Prandières (Léon Serpollet en partant de la gauche).

En 1887, le journaliste Pierre Giffard devient chef des informations générales au quotidien parisien Le Petit Journal..

Il organise des défis sportifs populaires, afin de faire « bouger » les gens. Le premier concours, qui eut lieu le , est la première édition du Paris-Brest à bicyclette. Le deuxième concours qui se déroule le est le Paris-Belfort, une course à pied. Le troisième concours, en 1893, devait être un défi de natation mais il est jugé trop dangereux et est annulé.. vignette|redresse=1.3|alt=La numéro 65 Peugeot, conduite par Albert Lemaître| Peugeot, conduite par Albert Lemaître. vignette|Dessin hommage au Paris-Rouen 1894 du Petit Journal, par Le Véloce Sport du .

Organisation du concours C'est le que Pierre Giffard alias « Jean sans Terre » organise un concoursLe Petit Journal, parution du 19/12/1893, ouverture du concours. de « voitures sans chevaux » d'un droit d'entrée de , pour le vendredi , afin de pallier les contraintes du cheval, il est bien expliqué qu'il ne s'agit pas d'une « course folle roulant à toute vitesse » mais plutôt d'un « concours par élimination sur des itinéraires divers et par un jury dans chaque voiture » et qui a pour desiderata : sécurité, commodité et bon marché relatif.

Règlement Le , on compte quatre inscriptions et dix articles du règlementLe Petit Journal, parution du 20/12/1893, présentation du règlement. sont présentés : Le concours sera international. Les voitures automotrices de tous les pays peuvent y prendre part. Tous les genres de propulseurs sont admis : vapeur, électricité, gaz, pétrole Les voitures seront jugées exclusivement par le personnel de la rédaction et de l'administration du Petit Journal, qui s'adjoindra, simplement à titre de consultation, le nombre d'ingénieurs qui lui sera nécessaire. Pour être admises au concours, les voitures devront contenir au moins quatre places. Il ne sera pas fait de catégories, ni pour le moteur employé, ni pour le nombre de places. Le premier prix du concours sera attribué, littéralement, à la voiture sans chevaux qui remplira cette condition : d'être, sans danger, aisément maniable pour les voyageurs et de ne pas coûter trop cher sur la route. En trois mots, c'est sur la sécurité, la commodité et sur le bon marché que portera le jugement des personnes déléguées à cet effet par Le Petit Journal. Quant à la distance à parcourir, elle sera la même, à quelque chose près, pour toutes les voitures, surtout à la première épreuve éliminatoire. Les expériences comparatives se feront pendant plusieurs jours, sur les routes de Paris à Mantes, Paris à Dreux, Paris à Beauvais, Paris à Gournay Chaque voiture, montée par l'inventeur ou son représentant, par deux membres du jury au moins et un ingénieur consultant, devra fournir, pour la première épreuve éliminatoire, un trajet de en trois heures, et ce, pour bien indiquer qu'il ne s'agit pas là d'expériences de grande vitesse, l'allure de étant suffisante pour « la promenade ». Il ne sera tenu aucun compte d'une vitesse supérieure à celle demandée ci-dessus. Le trajet accompli dans le délai voulu, c'est-à-dire en trois heures, les membres du jury constitué pour attribuer les prix décerneront à la voiture dans laquelle ils auront fait le voyage des points de classement, depuis 1 jusqu'à 10. Les voitures qui auront bénéficié des notes 8, 9 et 10 prendront seules part à la seconde épreuve. Il en sera de même pour la troisième si elle est jugée nécessaire. Si le nombre des machines engagées dans le concours est trop considérable, on les fera partir pour les épreuves éliminatoires sur plusieurs routes à la fois ; en tout cas les itinéraires seront tirés au sort quelques jours avant le . L'épreuve finale se fera sur la route de Paris à Rouen, par Saint-Germain, Triel, Meulan, Mantes, Vernon, Gaillon et Pont-de-l'Arche, soit sur . Toutes les qualités des voitures seront alors considérées : vitesse, stabilité, économie, sécurité. Toutes les formes des voitures sont admises ; il ne sera tenu aucun compte des accessoires de luxe, c'est-à-dire que le modèle le plus rudimentaire et le moins coûteux à établir sera accepté ; pourvu qu'il marche, c'est tout ce que nous demandons ; le reste viendra tout seul. Les engagements seront reçus au petit journal à partir d'aujourd'hui même ; Il suffira de me les adresser avec la désignation sommaire de la machine. J'ajoute qu'un droit d'entrée de dix francs devra accompagner la demande d'inscription. Ce droit d'entrée sera versé à la caisse du secours immédiat du Petit Journal. Les forfaits ne seront point remboursés. Ainsi qu'on l'a déjà deviné, cette mesure est destinée à écarter les mauvais plaisants qui viendraient se faire passer... gratis pour des inventeurs accomplis. Les prix en francs-or : , prix du petit journal , prix marinoni , prix marinoni , prix marinoni , prix marinoni Le , on compte huit inscriptions de plus et les articles 4 et 7 du règlement sont modifiés. article : Pour être admises au concours, les voitures devront contenir au moins deux places. Toutefois les voitures à deux et trois places ne pourront bénéficier du premier prix de , qui est exclusivement réservé aux voitures à quatre places et au-dessus. Elles ne pourront prétendre qu’au second prix () ou à l'un des prix suivants, au besoin à l'un et à l'autre, en tout cas à deux prix en tout, sur les cinq annoncés. article : La vitesse demandée au concours sera réduite, pour les de l'épreuve éliminatoire, à 500 à l'heure, c'est-à-dire que les devrons être fournis en quatre heures au lieu de trois. C'est aussi sur le pied de douze kilomètres 500 à l'heure que l'épreuve finale devra être courue. Le , on compte douze inscriptions de plus et un article additionnel aux conditions générales : Le concours est exclusivement réservé aux inventeurs et constructeurs de voitures mécaniques. Sont considérés comme tels les possesseurs de voitures qui auront fait subir à ces voitures, non conduites par eux, des modifications assez importantes pour en faire un type distinct, à l’appréciation du jury. Le , on totalise .

Étapes des épreuves éliminatoires Le , présentation des pour l'épreuve éliminatoireLe Petit Journal, parution du 1/03/1894, présentation des épreuves éliminatoires., le départ des voitures se fait devant le restaurant Gillet à la porte Maillot. : Paris à Mantes par Neuilly, les bergères, Nanterre, Chatou, le Pecq, Saint-Germain, Ecquevilly, Flins et Epône. : Paris à Mantes par Courbevoie, Bezons, Houilles, Maisons-Laffitte, Poissy, Triel, Vaux, Meulan, Juziers et Limay. : Paris à Magny-en-Vexin par Courbevoie, Bezons, Cormeilles, la Patte d'Oie d'Herblay, saint-Ouen-l'Aumône, Pontoise et Puiseux. : Paris à Rambouillet par le pont de Neuilly, Puteaux, Suresnes, Montretout, Versailles, Voisins-le-Bretonneux, Dampierre et Garne. : Paris à Corbeil par le pont de Neuilly, Puteaux, Suresnes, Versailles, Palaiseau, Longjumeau, Épinay-sur-Orge, Liers et Courcouronnes. : Paris à Précy-sur-Oise par l'avenue de Neuilly, le bord de la Seine, le quai Michelet (Levallois), Asnières, Gennevilliers, Épinay-sur-Seine, Saint-Gratien, Eaubonne, Saint-Leu-Taverny, Méry, Mériel, l'Isle-Adam, Mours, Beaumont-sur-Oise, Bernes et Boran. Chaque jour, suivront chaque itinéraire soit un total de par jour, l'épreuve finale sera disputée après toutes les épreuves éliminatoires.

Le concours est reporté au jeudi , en raison de l'absence du directeur du Petit Journal, M. Marinoni. Le , on compte de plus.

Mise en place d'une exposition Le , à la suite de la demande des lecteurs, Le Petit Journal décide d'organiser une sorte d'expositionLe Petit Journal, parution du 31/03/1894, mise en place d'une exposition. de 24 à 48 heures, des voitures qui prendront part au concours.

Le , on compte de plus et clôture des inscriptions pour le concours, 102 véhicules inscritsLe Petit Journal, parution du 5/05/1894, clôture des inscriptions..

Le , Le Petit Journal décide que l'exposition des voitures aura lieu après les épreuves, toutes les voitures devraient forcément être présentes.

Le tirage au sort des itinéraires éliminatoires et des ingénieurs conseils aura lieu le mardi .

Référendum sur un ajournement Le , à la suite de la demande de plusieurs participants, Le Petit Journal décide d'organiser un référendumLe Petit Journal, parution du 10/05/1894, mise en place d'un référendum. pour les , « oui » ou « non » pour un ajournement de , du 19 au . La clôture du référendum est fixée au samedi à et les résultats le dimanche .

Le , résultat du référendumLe Petit Journal, parution du 13/05/1894, résultat du référendum. : , , .

Les dates définitives du concours sont du 19 au .

Déroulement des épreuves Le , le déroulement des épreuves est décrit. Chaque voiture emporte un examinateur, délégué par Le Petit Journal, qui sera assisté par un ingénieur consultant et qui devra, à son retour sur Paris, en train, attribuer une note sur 20. Les voitures qui auront moins de 16 seront éliminées. L'épreuve finale du , de Paris à Rouen, sera ponctuée par des arrêts obligatoires pour déjeuner et surtout pour permettre aux examinateurs de changer de voiture. Le résultat de l'épreuve finale sera rendu le lundi 23. Une plaque de sur avec le numéro d'inscription, placé sur les des voitures est imposé aux concurrents.

Le , l'épreuve éliminatoire, est présentée. Les voitures de 1 à 36 seront examinées le jeudi 19, de 37 à 72 le vendredi 20 et de 73 à 102 le samedi 21. La colonne de voitures de chaque itinéraire sera précédée d'une escouade d'une douzaine de cycliste pour prévenir de son arrivée. Chaque itinéraire est minutieusement détaillé et le départ se fera chaque matin à de la Porte Maillot.

Le , l'exposition gratuite des voitures aura finalement lieu avant les épreuves, le mercredi 18 de à au rond-point d'Inkermann à Neuilly.

Pointage vignette|220px|Le train Scotte (omnibus de M. J. Scotte, Epernay 51). Le , Un pointage est effectué et recense en mesure de prendre part aux épreuvesLe Petit Journal, parution du 17/07/1894, résultat du pointage.. L'itinéraire 3 de Paris à Magny-en-Vexin est supprimé et les épreuves éliminatoires sont concentrées sur , le jeudi 19 et vendredi 20. Le samedi 21 sera réservé aux retardataires éventuels, petites réparations et au repos.

Le , l'arrivée de l'épreuve finale est fixée au Champ-de-Mars, près de l'église Saint-Paul de Rouen.