Châteauneuf-Miravail (Chastèunòu de Miravalh en vivaro-alpin et Castèunòu de Miravalh en provençal de norme classique) est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom de ses habitants est Castelnoviens..

Géographie Le village est situé à d’altitude.. La commune est traversée par le Jabron, dont la vallée est barrée par une cluse., le Beillon et la Druigne.

vignette|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Châteauneuf-Miravail et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Les communes limitrophes de Châteauneuf-Miravail sont Saint-Vincent-sur-Jabron, Lardiers, L'Hospitalet, La Rochegiron, Montfroc, Curel.

La commune occupe une combe de environ, l’habitat étant implanté à distance du cours du Jabron. L’ancien village est construit sur une colline au nord de cette combe, il n’en reste presque que l’église (Saint-Mary). Plus récemment, l’habitat s’est dispersé en de nombreux hameaux. Le village des Graves est en ruines. thumb|La barre rocheuse dite des Cavalets sous le sommet de Tréboux, et à l’entrée du vallon de Jansiac. Au-dessus du bassin principal de la commune, se trouve l’ancien village de Jansiac, dans une vallée intermédiaire. Jansiac est un des rares villages de la région établis depuis le Moyen Âge sur une route (et non sur un site perché peu accessible). Une communauté s’y est installée en 1974, la Nef des fous.

Géologie

Relief

La commune est limitée au Sud par la montagne de Lure, qui y culmine à (sommet sans nom répertorié par l’IGN). Sur la même crête, le Goi est à et le Tréboux à .

Un chainon secondaire s’intercale entre Lure et le Jabron : ses principaux sommets sont l’extrémité de la Crête de Blaches de Taillar (), le Thor () et le Pic du Seigneur ().

Au nord de la commune, entre la combe et le cours du Jabron, se trouvent des collines isolées, Philibert et la colline du vieux village, qui culminent respectivement à à .

Aucun col routier ne franchit Lure dans la commune de Châteauneuf-Miravail. Les principaux cols pédestres sont la Baisse de Malcor () et le col de Saint-Vincent () : ils étaient tous deux très fréquentés à l’époque moderne, reliant Malcor (village abandonné) et Lardiers à Jansiac et Saint-Vincent-sur-Jabron pour le premier et Saumane et L'Hospitalet à Châteauneuf-Miravail et Saint-Vincent pour l’autreGuy Barruol, « Itinéraires et routes traditionnels transluriens », in ..

Hydrographie

Le cours du Jabron délimite la commune au nord.

La commune compte une source importante, celle du Cheval-Blanc, en amont du hameau de Lange, est du genre des sorgues, les sources intermittentesGuy Barruol, « L’eau apprivoisée », in .. Son cours se jette dans la Druigne.

Environnement

La commune compte de bois et forêts, soit 38 % de sa superficie.

Transports

La commune est desservie par la route départementale , ancienne route nationale 546.

Risques naturels et technologiques

Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Noyers-sur-Jabron auquel appartient Châteauneuf-Miravail est en zone 1a (risque très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Châteauneuf-Miravail est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée du Jabron), mouvement de terrain.

La commune de Châteauneuf-Miravail n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture. Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune et le Dicrim n’existe pas non plus.

La commune a été l’objet d’un arrêté de catastrophe naturelle, pour des inondations et des coulées de boue en 2003.

Toponymie

Selon Ernest Nègre la localité apparaît pour la première fois dans les textes en 1062 (Castello novo). Le nom Châteauneuf est une francisation de l’occitan castèl noù, au sens transparent. Le village a aussi été appelé Châteauneuf-sur-Saint-Vincent, en référence au village voisin de Saint-Vincent-sur-Jabron, peut-être un souvenir de leur passé commun. La forme Castrum Novum de Miravals apparaît au ; cette appellation rappelle la fonction du nouveau château : surveiller la vallée du Jabron selon Claude MartelClaude Martel, « L’oronymie d’une montagne provençale », in . ; selon les Fénié, il s’agit d’une appellation rappelant les vertus guerrières du châtelain : « regarde la vaillance »..

Quant au hameau de Jansiac, ses formes anciennes (Gentiech en 1274, Gensiaco) en font probablement « le domaine de Gentius », du nom d’un notable gallo-romain.., l’orthographe ayant été francisée (le en devenant an).

Les toponymes relatifs au relief sont nombreux dans la commune, et possèdent quelques particularités propres à l’aire de la montagne de Lure. Dans le nom Pic du Seigneur, près de Jansiac, le terme « Pic » est probablement dérivé de podium, terme générique pour désigner une hauteur, et sans rapport avec sa formeClaude Martel, « L’oronymie d’une montagne provençale », in .. Le Rocher de Brenc Roux désigne une montagne, et dérive du celte br-enn (colline)Claude Martel, « L’oronymie d’une montagne provençale », in .. La toponymie est encore directement en lien avec le relief avec les noms l’Ubac pour le versant nord d’une colline dominant la vallée du Jabron, avec sur le versant opposé, le village l’Adret proche des Chabauds ; on retrouve aussi un Ubac sur le versant nord de LureClaude Martel, « L’oronymie d’une montagne provençale », in ..

L’érosion intense provoquée par la déforestation médiévale et moderne a créé des zones d’engravement, recouverte des graviers arrachés aux flancs des montagnes : on a ainsi le château des Graves, et les Graviers sous la montagne PhilibertGuy Barruol, Claude Martel, Jean-Yves Royer, « Glossaire lié à la topographie et à la toponymie de Lure », in ..

La végétation a aussi été utilisée pour nommer les lieux : on a la Crête des Blaches de Paillar (les Blaches sont les chênes blancs), qui culmine à , à la limite de Curel, les Roumégiéres, une aire envahie par les ronces, sur le versant nord de Lure, en dessous du col de Saint-Vincent, Jaraye, approximation de jarjayes, lieu où l'on trouve des vesces.

Enfin, le Clos désigne un champ totalement épierré et dont les pierres ont servi à l’enclore avec un mur en pierre sèche.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Séderon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Châteauneuf-Miravail est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sisteron, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (84,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (84,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (64,3 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (12,8 %), zones agricoles hétérogènes (7,9 %), terres arables (7,8 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (7,2 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Économie

Aperçu général

En 2009, la population active s’élevait à 24 personnes, dont deux chômeurs.. Ces travailleurs sont majoritairement salariés (14 sur 23) et travaillent majoritairement hors de la commune (13 actifs sur 23). L’essentiel des emplois de la commune se trouvent dans l’agriculture. Le secteur secondaire n’est pas représenté dans la commune.

Agriculture

Fin 2010, le secteur primaire (agriculture, sylviculture, pêche) comptait 12 établissements agricoles actifs au sens de l’Insee (exploitants non-professionnels inclus) et deux emplois salariés.

Le nombre d’exploitations professionnelles, selon l’enquête Agreste du ministère de l’Agriculture, est de six en 2010. Il était de sept en 2000, de onze en 1988. Actuellement, ces exploitants sont essentiellement tournés vers l’élevage ovin et les cultures permanentes (type arbres fruitiers et lavande). Les fermes pratiquant la polyculture ont disparu. De 1988 à 2000, la surface agricole utile (SAU) a augmenté, de à , augmentation qui s’est poursuivie lors de la dernière décennie, pour parvenir à .

Activités de service

Fin 2010, le secteur tertiaire (commerces, services) comptait deux établissements (sans emploi salarié), auxquels s’ajoute un établissement du secteur administratif (regroupé avec le secteur sanitaire et social et l’enseignement), sans emploi salarié non plus.

D'après l’Observatoire départemental du tourisme, la fonction touristique est assez importante pour la commune, avec entre un et cinq touristes accueillis par habitant., malgré l’absence de structures d’hébergement à finalité touristique dans la commune. Les résidences secondaires constituent donc la seule capacité d’accueil : au nombre de 28, elles représentent la moitié des logements.

Histoire

Antiquité