Entrepierres est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Son nom fait référence à sa géographie montagneuse, au bord de la Durance, entre Gap et Digne-les-Bains. Grande commune par sa taille (près de ), résultat de la fusion de trois communes, elle est petite par sa population. Comme beaucoup de communes alentour, elle a connu un exode rural important, et reste aujourd'hui axée sur des activités rurales : agriculture (dont l'agneau de Sisteron), tourisme notamment randonnées.

Le nom de ses habitants est Entrepierrois..

Géographie

thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Entrepierres et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

La commune se trouve au nord des Alpes-de-Haute-Provence. vignette|centre|Le site qui donne son nom à la commune.

Géologie vignette|La commune porte aussi des zones de robines.

Le territoire se situe sur des formations calcaires provençales du Jurassique supérieur et du Crétacé inférieur (roches sédimentaires issues d'un ancien océan alpin), entre trois formations géologiques majeures des AlpesLes chaînons de Digne, Carte très schématique, montrant les rapports entre les chaînons des Baronnies orientales (moitié nord) et ceux de Digne (moitié sud), avec l'avant-pays de la nappe de Digne (partie occidentale), par Maurice Gidon, professeur de géologie à l'Université de Grenoble. : la nappe de Digne à l'estCarte géologique de la France au 1:1 000 000, au niveau du lobe de ValavoireMaurice Gidon, La Nappe de Digne et les structures connexes. : il s'agit d'une nappe de charriage, c'est-à-dire d'une dalle épaisse de près de qui s'est déplacée vers le sud-ouest durant l'Oligocène et la fin de la formation des Alpes. Les lobes (ou écailles) correspondent à la bordure découpée à l'ouest de la nappe ; la faille de la Durance au sud-ouest, dans la vallée ; le Plateau de Valensole au sud : bassin molassique du Miocène et du Pliocène composé de roches sédimentaires détritiques (dépôts liés à l'érosion des montagnes apparues à l'Oligocène).

Une mine de plomb qui était exploitée est aujourd'hui abandonnée. On note également la présence d'une ancienne carrière.

Hydrographie vignette|Le Riou de Jabron en crue. Le territoire communal est traversé par les rivières du Riou de Jabron et du Vanson. (ou Vançon), affluents de la Durance.. Ces deux rivières ont un régime torrentiel montagnard.

Topographie thumb|Barre rocheuse en limite nord de la commune. Le village d’Entrepierres est situé à d’altitude..

La Montagne de la Baume se situe à l'ouest, les rochers de Saint-Michel dans la partie est (sommet à mètres), la colline de Saint-Joseph en limite est ( mètres), la montagne de Briasc (sommet à ) au sud-ouest, et la montagne de Gache culmine à mètres au nord de la limite communale. Les gorges des Charenches ont été creusées en limite sud-est par le Vançon, qui coule vers le sud.

Environnement

La commune compte de bois et forêts, soit près de la moitié de sa superficie..

Transports La commune est située dans la partie nord des Préalpes de Digne, immédiatement à l'est de Sisteron et au nord-ouest de Digne-les-Bains.

L'autoroute A51 passe en limite sud-ouest de la commune, la station de péage de la sortie 22 se trouvant dans la commune d’Entrepierres. Elle relie Gap au nord à Aix-en-Provence au sud. Les départementales 3, 17 et 217 maillent la commune. À l'est, la passe sur le pont de la Reine Jeanne. Le GR 6 (GR de Pays de la grande traversée des Préalpes, qui traverse la France jusqu'en Aquitaine) traverse la partie ouest de la commune et longe la limite est.

Une gare ferroviaire desservie par les TER (Marseille-Briançon) se situe à Sisteron, ainsi qu'une gare routière.

L'aérodrome de Sisteron-Vaumeilh se situe à quelques kilomètres au nord, sur la commune de Vaumeilh.

Villages, hameaux et écarts vignette|L’entrée dans l’ancienne commune de Vilhosc est encore signalée. Parmi les hameaux, on compte à proximité de la D 17 Briasc, Montuery, Vilhosc (ancienne commune), Saint-Symphorien (village ruiné), au nord près de la D 3 les Meuniers, Mezien et à l'est les Naux.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Sisteron à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Risques naturels et technologiques vignette|Le climat montagnard perturbe souvent la circulation routière : ici une route engravée par des pluies abondantes. vignette|Ici, éboulement ayant entraîné un arbre sur la RD 17. Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Sisteron auquel appartient Entrepierres est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune d’Entrepierres est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation (notamment dans les vallées de la Durance et de son affluent le riou de Jabron) ; mouvement de terrain.

La commune d’Entrepierres est également exposée à deux risques d’origine technologique : le risque transport de matières dangereuses : la commune est traversée par l’autoroute A51 qui peut être empruntée par les véhicules transportant des matières dangereuses. Il s’agit essentiellement de transport de matières premières à destination ou de produits finis sortant des usines Arkema de Château-Arnoux-Saint-Auban et Sanofi-Chimie de Sisteron ; celui de rupture de barrage. En cas de rupture du barrage de Serre-Ponçon, la partie de la commune située en bordure de la Durance serait menacée par l’onde de submersion.

Il n’existe pas de plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) pour la commune, mais un plan des surfaces submersibles a été conçu en 1961 ; le Dicrim n’existe pas non plus.

La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle, pour des inondations et des coulées de boue en 1994, et pour des mouvements de terrain liés à la sécheresse en 1989 et 1997. Les tremblements de terre ressentis à Entrepierres le sont en général de manière très atténuée.

Urbanisme Typologie Au , Entrepierres est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Sisteron, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (87,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (88,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (55,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (26,8 %), terres arables (7,2 %), zones agricoles hétérogènes (5,2 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (4,6 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (0,2 %), cultures permanentes (0,2 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie La Baume du Trou de l’Argent, en limite de commune de Sisteron, sous la crête de Beaudouze, a changé de nom (auparavant, on l’appelait Baume Rolland), à cause des découvertes de monnaies antiques. Le nom de la commune est formé de l’occitan inter (entre) et pèira (pierre), entre les rochers.

Le nom de Vilhosc est formé sur le nom de personne romain Villius, augmenté du suffixe gaulois -osc..

Histoire

Antiquité

Dans l’Antiquité, le territoire des trois communes de Vilhosc, Saint-Symphorien et Entrepierres était partagé entre les Sogiontiques (Sogiontii), dans la vallée de la Durance, et les Bodiontiques, dans celle de la Bléone. Les Sogiontiques sont fédérés aux Voconces, et après la conquête romaine, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ils sont détachés des Voconces et forment une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron).

Au Moyen Âge, les trois communautés relevaient de la viguerie de Forcalquier.

Entrepierres vignette|Entrée voûtée du village d’Entrepierres (2013). La Baume du Trou de l’Argent, en limite de commune de Sisteron, sous la crête de Beaudouze, a été occupée à l’époque néolithique.

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1040 (Inter Petras). Le fief d’Entrepierres était morcelé entre de nombreuses familles nobles. L’église Saint-Geniez dépend d’abord de l’abbaye Saint-Victor de Marseille.

Pendant les guerres de religion, le monastère de Saint-Puech (actuel hameau de Saint-Puy), situé sur la terrasse dominant la Durance, est saccagé et sa voûte s’effondre. Il est abandonné et jamais restauré.

Saint-Symphorien vignette|Quelques bâtiments de l’ancien village de Saint-Symphorien. La communauté de Saint-Symphorien est citée au , Sanctus Symphorianus. Au Moyen Âge, l’église Saint-Symphorien dépendait de l’abbaye de Chardavon (actuellement dans la commune de Saint-Geniez), abbaye qui percevait les revenus attachés à cette église. Le prieuré Saint-Gervais était dans la même situation. Le château et le fief appartenaient à la famille Rodulph, puis passa aux Oraison du au , puis aux Valbelle jusqu’à la Révolution.