Estoublon (Estoblon en provençal selon la norme classique et Estoubloun selon la norme mistralienne) est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Géographie thumb|left|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Estoublon et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Le village d’Estoublon est situé au bord de l’Estoublaïsse, à proximité de son confluent avec l’Asse (elle-même affluent de la Durance), à une altitude de ..

Les communes limitrophes d’Estoublon sont Mézel, Beynes, Majastres, Saint-Jurs, Bras-d'Asse et Saint-Jeannet.

Géologie

Relief La commune est située dans le massif du Montdenier.

thumb|left|Vue du débouché des gorges de Trévans.

Hydrographie La commune d'Estoublon est traversée par l'Asse, ainsi que par son affluent, l'Estoublaisse.

Environnement

La commune compte de bois et forêts, soit 16 % de sa superficie.

Voies de communication et transports Voies routières La commune se situe le long de la route départementale (ancienne route nationale 207), entre Manosque et Châteauredon.

L'Estoublaïsse est franchie par un pont de pierre qui supporte la , mais aussi à hauteur du village par une passerelle suspendue en bois et câbles d'acier, inaugurée en 2014« Zoom sur la passerelle d'Estoublon », La Provence, 22 janvier 2014, 4., et par plusieurs gués.

Services autocars Lignes départementales Le village est aussi relié par 1 ligne départementaleRéseau départemental des lignes de transport des A.H.P : + LigneTracé D2 Riez ↔ Estoublon ↔ Digne-les-Bains

Lieux-dits et hameaux La commune compte en plus du village principal : Trévans ; Bellegarde.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Jurs à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Risques naturels et technologiques

Aucune des du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Mézel auquel appartient Estoublon est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune d’Estoublon est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt ; inondation (dans la vallée de l’Asse) ; mouvement de terrain : de larges secteurs de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort.

La commune d’Estoublon est également exposée à un risque d’origine technologique, celui de transport de matières dangereuses par route, puisqu’elle est riveraine de la route nationale 85 (loin du village cependant). Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été prescrit en 2005 pour les risques d’inondation, de mouvement de terrain et de séisme et le Dicrim n’existe pas.

Un seul tremblement de terre a été ressenti de manière sensible à Estoublon, celui de Chasteuil le , avec une intensité ressentie à Estoublon de IV et demi sur l’échelle MSK (l’intensité étant plus forte à l’épicentre).

Urbanisme Typologie Au , Estoublon est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Digne-les-Bains, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (84,2 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (83,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (43 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (38,4 %), terres arables (9,5 %), zones agricoles hétérogènes (4,5 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (2,8 %), zones urbanisées (1,8 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Selon Ernest Nègre, le nom d’Estoublon, tel qu’il est cité lorsqu‘il apparaît pour la première fois au (apud Stablonum villa et Stuplonem castra), est formé de termes latins, et signifie la petite ferme. Selon les Fénié, il est à rapprocher du provençal estoblon, chaume, désignant soit un champ moissonné et portant encore les chaumes, soit une jachère.

Selon Charles Rostaing, le toponyme de Trévans a une origine antérieure aux GauloisCharles Rostaing, « Toponymie d’origine pré-gauloise » in ..

Histoire

Estoublon

Quelques vestiges attestent de la présence romaine sur le territoire de la commune. Ainsi, en 1950, un atelier de potier (avec four) a été mis au jourMarc Gauthier, « Provence-Alpes-Côte-d'Azur », Gallia, Tome 43, 2, 1985. 515..

Grégoire de Tours signale la bataille d'Estoublon, en 572, qui voit la victoire du patrice Mummole sur les Lombards et les Saxons qui ont envahi la région en passant le col de LarcheRaymond Collier, in .. Ceux-ci avaient établi leur campement au confluent de l’Asse et de l’EstoublaïsseGuy Barruol, « Rigomagus et la vallée de Barcelonnette », Provence historique, 1964, tome 14, Actes du historique Provence-Ligurie, Vintimille- Bordighera, 2-5 octobre 1964, 51.. C’est la première apparition de la localité dans l’histoire, sous le nom de Stuplonem. (apud Stablonum villa et Stuplonem castra). Cette bataille aurait eu lieu sur une voie romaine que l’on suppose suivre la vallée de l’Asse, et dont le nom de la chapelle Notre-Dame-de-Vie (chapelle détruite en 1967) serait une trace.

En 1011, l’abbaye de Montmajour reçoit des biens et crée une nouvelle abbaye. Elle reçoit également l’église paroissiale et en perçoit donc les revenus. L’abbaye est pauvre, et pour survivre après la Grande Peste , elle doit être rattachée à la chambrerie de l’abbaye Saint-Victor de Marseille. En 1309, Guillaume de Roumoules est signalé comme seigneur de Roumoules, de Beaujeu, de Bédéjun, de Bras-d'Asse, d'Entrages, de Majastres, de Vergons et d'EstoublonIsnard, État documentaire, p.446. Le fief passe aux Grimaldi au , puis à la maison de Garde au , et enfin aux Brunet au . Ces seigneurs prélèvent un péage sur la route entre Valensole et DigneLucien Stouff, « Ports, routes et foires du », carte 86 et commentaire in .. La communauté d’Estoublon relève alors de la baillie de Digne.

En 1575, une abbaye de carmes est créée entre Manosque et Châteauredon, par les moines de Trévans qui fuient les guerres de Religion et la destruction de leur monastère perché (voir plus bas). Un quartier du village porte encore « Le Couvent » pour nom.

Le fief d’Estoublon fut acquis par la famille de Grille le 14 novembre 1577. Il est érigé en marquisat en (avril) 1664Édouard Baratier et Ernest Hildesheimer, « Les fiefs provençaux au », carte 111 et commentaire in . au profit de Jacques de Grille de Robiac (1619-1692), viguier héréditaire d'Arles..; ces lettres ne furent pas enregistrées. Cette famille résidait à Arles, où elle avait son hôtel ; elle a donné des officiers, un maire d'Arles et son fils Eugène, député (etc.)Woelmont de Brumagne, Notices généalogiques, tome 5 (1927), p 509-515..

Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792. .

Le coup d'État du 2 décembre 1851 commis par Louis-Napoléon Bonaparte contre la Deuxième République provoque un soulèvement armé dans les Basses-Alpes, en défense de la Constitution. Après l’échec de l’insurrection, une sévère répression poursuit ceux qui se sont levés pour défendre la République : 8 habitants d’Estoublon, dont une femme, sont traduits devant la commission mixte, la peine la plus courante étant la déportation en AlgérieHenri Joannet, Jean-Pierre Pinatel, « Arrestations-condamnations », 1851-Pour mémoire, Les Mées : Les Amis des Mées, 2001, 71 et 79..

La Libération d’Estoublon est marquée par le passage d’une colonne de la d’infanterie (US), le matin du , venant de Riez et se dirigeant sur Digne.

Trévans

Le nom de Trévans apparaît pour la première fois dans les chartes en 1157. Une abbaye, nommée Saint-Jean-de-Bosco (c’est-à-dire du Bois), y est construite au , devient un prieuré, puis est dévolue aux carmes. Elle est plusieurs fois prise d’assaut lors des guerres de Religion, et est finalement détruite en 1575 par le comte de Carcès (catholique) qui veut éviter qu’elle ne serve de point d’appui aux protestants. Les moines s'installent alors au village d'Estoublon où ils assurent la vie pastorale jusqu'à la Révolution. Un quartier du village appelé « Le Couvent » témoigne de leur présence. La communauté de Trévans relevait de la viguerie de Moustiers.