Ganagobie (Ganagòbia en occitan provençal) est une commune française située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur et connue principalement pour son abbaye.

Ses habitants sont appelés les Ganagobiens..

Géographie Localisation vignette|left|alt=Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Ganagobie et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).

Ganagobie est composé de plusieurs villages et hameaux..

Du nord au sud : Pont-Bernard, partagé avec la commune de Peyruis, proche de la ligne de chemin de fer, est à une altitude de ; le village chef-lieu est installé sur une ligne de crête au nord-est du plateau de Ganagobie, à une altitude de ; Le Belvédère est au sud du bourg de Ganagobie sur un replat à , au bout de la route goudronnée qui part de Pont-Bernard ; l'abbaye de Ganagobie, sur le plateau, à . C'est le principal attrait touristique de la commune.

Géologie et relief vignette|droite|alt=Colline couverte de forêts, avec une vaste zone plate au sommet.|La colline du couvent de Ganagobie. La commune compte de bois et forêts, soit 73 % de sa superficie.

vignette|Massif des Alpes et localisation des Baronnies.

La commune comporte trois entités paysagères : la vallée (et le lit) de la Durance pour une très faible part de la commune. un relief vallonné (marnes et grès)Site Infoterre du BRGM. couvert de forêts pour la grande majorité de la commune. au-dessus, le plateau de Ganagobie, site inscrit pour le monastère et ses alentours, la végétation (chênes verts, pins d'Alep) et le paysage. Il offre de nombreuses grottes qui permettent l’établissement d’habitats troglodytes, qui ont été occupés à l’époque préhistorique, au Moyen Âge et par la Résistance.

Des allées sillonnent les bois et permettent d'atteindre deux belvédères, perchés au sommet de murailles verticales : l'un domine la vallée de la Durance et le plateau de Valensole ; l'autre, à l'opposé, le bassin de Forcalquier.

Hydrographie Cours d'eau sur la commune ou à son avalL'eau dans la commune : rivière la Durance, ravin le beuvon.

Ganagobie dispose d'une station d'épuration d'une capacité de 300 Équivalent-habitantsStation d'épuration.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Château-Arnoux-Saint-Auban à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Voies de communications et transports Voies routières Ganagobie est desservie par la départementale , ancienne route nationale 96, qui est construite dans la vallée de la Durance. L'autoroute A51 est construite parallèlement au tracé de la Route départementale 4096.

Deux routes s'embranchent sur la et gravissent le plateau : la , construite seulement en 1953Guy Barruol, « Notes succinctes sur l'histoire du prieuré du Moyen Âge à nos jours », in Michel Fixot, Jean-Pierre Pelletier, Guy Barruol (directeurs), Ganagobie, mille ans d'un monastère en Provence, Mane : Les Alpes de Lumière, 1996, collection « Les Alpes de Lumière », , , 32. qui commence sur l'ancien tracé de la 4096 (qui est aussi celui de la via Domitia) et escalade le plateau par le sud pour donner accès au monastère ; une route communale part de Pont-Bernard et rejoint le village moderne par le versant nord du plateau.

Plusieurs chemins et pistes forestières complètent le réseau viaire.

Autre infrastructure de transport, le canal de Manosque suit le pied du talus ; il franchit les ravins par quatorze ponts, passe dans un tunnel et sort de la commune en franchissant le ravin du Buès par un siphon.

Transports en commun Transport en Provence-Alpes-Côte d'Azur Transports collectifs du DépartementTransports collectifs du Département.

SNCF Gares de Brillanne - Oraison ou Peyruis - Les MéesPaca MobilitéComment venir au monastère.

Risques naturels et technologiques Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. L'ancien canton de Peyruis auquel appartenait Ganagobie est en zone 2 (sismicité moyenne) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 4 (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune de Ganagobie est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée de la Durance), mouvement de terrain.

La commune de Ganagobie est également exposée à deux risques d’origine technologique : celui de transport de matières dangereuses, par route et canalisations, qui sont surtout des matières premières à destination de l’usine Arkema de Château-Arnoux-Saint-Auban ou des produits finis en venant : la ligne de Lyon à Marseille (par Grenoble) ; l’autoroute A51 et la départementale (route nationale 96) peuvent être empruntées par les transports routiers de marchandises dangereuses ; enfin, le gazoduc servant à alimenter Digne en gaz naturel traverse la commune et constitue donc un facteur de risque supplémentaire ; le second risque technologique est celui de rupture de barrage : en cas de rupture du barrage de Serre-Ponçon, la vallée de la Durance serait menacée par l’onde de submersion.

Le plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) de la commune a été approuvé en 2005 pour le seul risque d’inondation> et le Dicrim n’existe pas.

Pollution radioactive L’entreprise Isotopchim, appartenant au couple Friedeling, a été active de 1987 à 2001 à Ganagobie. Elle était spécialisée dans le marquage isotopique avec le carbone 14, radioactif, de molécules organiques, activité jugée non-rentable par le CEA. Les conditions dans lesquelles l’activité est exercée conduisent à d’importants rejets radioactifs (90 % du carbone 14 utilisé). Isotopchim utilise également du tritium, radioactif, du phosphore 32, du phosphore 33 et du soufre 35, sans autorisation. Des rejets ont lieu par une cheminée de 40 m, un jardin d’enfants étant situé à proximité.

En 1995, l’Opri mesure une contamination radioactive. La préfecture, sous le coup d’un recours pour carence à agir, prononce deux suspensions administratives de l’activité (tout en autorisant des campagnes d’activité exceptionnelles), puis interdit l’activité. Isotopchim continue de produire des déchets malgré l’interdiction préfectorale et le couple Friedeling stocke les déchets dans leur villa. En 1998, un scandale éclate, des boues radioactives ayant été évacuées comme de simples déchets. Le lieu de déversement de ces déchets radioactifs est inconnu, excepté pour un chargement qui a abouti dans la décharge de Fontienne.

Isotopchim est finalement liquidée en 2000. Le couple Friedeling est condamné en 2003 à de la prison avec sursis et à d’amende, la procédure étant épuisée en Cour de cassation en 2007. L’amende n’a pas été payée.

La radioactivité de l’activité et des déchets stockés dans la villa a pollué le terrain environnant, les taux relevés par l’Aprii-Rad augmentant constamment. Les opérations de dépollution commencent en . Les déchets radioactifs stockés sur le site de l’entreprise ont été évacués de mars à , quelques centaines de litres de liquides radioactifs et 600 kg de boues radioactives.

En 2008, les mesures effectuées par l’Andra confirment une pollution radioactive des sols, dépassant l’enceinte d’Isotopchim et touchant la place du Belvédère et les bâtiments environnants. Les cultures du monastère de Ganagobie sont également touchées jusqu’au début des années 2000. Les opérations de dépollution qui ont eu lieu en 2008-2010 ont coûté environ mais devaient se poursuivre en 2012 par l’évacuation de boues restantes.

Jean-Pierre Frideling a pu créer avec sa fille une nouvelle entreprise à Aix-en-Provence, poursuivie pour des faits similaires.

Urbanisme Typologie Au , Ganagobie est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (93 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (93 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (77,8 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (15,1 %), terres arables (7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (0,1 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie La localité apparaît pour la première fois dans les textes au : cella Ganagobiacensis et podium Ganaguobiense. On trouve dans les siècles suivants plusieurs variantes : Canagobiensis, Canagobiacensis, Canacopiensis, Ganegobie, Ganagobiæ, GanagobiaClaude Martel, « Ganagobie : un toponyme mystérieux », in Guy Barruol, Claude Basier, Michel Fixot et alii, Ganagobie, le plateau, le prieuré roman, les randonnées, Les Alpes de Lumière, 91/92, 1985, 36..

Les toponymistes reconnaissent généralement la difficulté à établir la signification du nom de la commune, seule la racine oronymique (gan- / kan- ) étant assurée. Charles Rostaing émet une hypothèse, selon laquelle le nom est formé de la racine oronymique (désignant une montagne) *GaN-, le deuxième élément étant une répétition. Il corrige cette hypothèse en assignant la deuxième partie du nom au thème *kopp-, rattaché aux lieux aquatiques, le nom désignant alors « les sources du plateau » ou la « source de la montagne ». Cette hypothèse est reprise par l'association Alpes de Lumière et les Fénié.

Histoire

Préhistoire et Antiquité