Les Omergues est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Géographie Localisation thumb|alt= Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Les Omergues et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Les communes limitrophes des Omergues sont, en partant du Nord et dans le sens des aiguilles d’une montre, Eygalayes, Montfroc (ces deux communes situées dans le département de la Drôme), Redortiers, Revest-du-Bion (dans le département des Alpes-de-Haute-Provence) et Ferrassières, Barret-de-Lioure et Séderon (ces trois communes sont drômoises).
Le village est situé à d'altitude.
Géologie
Reliefs Le point culminant de la commune se trouve sur la crête de la montagne de Palle, à .
Les autres sommets de la rive gauche du Jabron sont : le Vente-Cul () et le Pied Blacun () ; le Jambard (), le Négron (),sur la crête de la montagne de Lure.
Environnement La commune compte de bois et forêts, soit 76 % de sa superficie.
vignette|droite|Pas de Redortiers (limitrophe des Omergues et de Redortiers, vu du côté des Omergues). Les principaux cols routiers et empruntés par les sentiers de randonnée sont : col de la Pigière (, emprunté par la route départementale ) ; pas de Redortiers, à , sur la montagne de Lure (limitrophe de Redortiers) ; pas de la Croix, également sur la montagne de Lure à .
Voies de communications et transports Voies routières La commune est desservie par la route départementale Lieux et itinéraires, ancienne route nationale 546.
Transports en commun Transport en Provence-Alpes-Côte d'Azur Commune desservie par le réseau régional Zou ! (ex Varlib)Réseau régional Zou ! (ex Varlib.
Hydrographie Cours d'eau sur la commune ou à son avalL'eau dans la commune : le Jabron prend sa source sur la commune. Sa vallée est barrée par une clue dans la commune., faisant la séparation avec Montfroc. La partie de la commune qui correspond aux Omergues d’avant la fusion avec Villesèche, occupe un amphithéâtre sur l’ubac de la montagne de Lure ; torrents la croc, le jabron ; ravins de la combe de buisson, des allègres, de tranche mules, des lèbrières, de farcou, de la mort des loups, de frouveiri, de rejaunieden, de larran, de marceillas.
Les Omergues dispose d'une station d'épuration d'une capacité de 250 équivalent-habitantsStation d'épuration.
Risques majeurs Aucune des 200 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Noyers-sur-Jabron auquel appartient Les Omergues est en zone 1a (sismicité très faible mais non négligeable) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en zone 3 (risque modéré) selon la classification probabiliste EC8 de 2011. La commune des Omergues est également exposée à trois autres risques naturels : feu de forêt, inondation (dans la vallée du Jabron), mouvement de terrain.
La commune des Omergues n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture et aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune ; le Dicrim n’existe pas non plus.
La commune a été l’objet de plusieurs arrêtés de catastrophe naturelle : pour des mouvements de terrain dus à la sécheresse en 1988, puis pour des inondations et coulées de boue en 1994 et 2003.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans une zone de transition entre les régions climatiques « Provence, Languedoc-Roussillon » et « Alpes du sud ». Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Séderon à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Les Omergues est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (82 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (82,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (47,5 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (33,2 %), zones agricoles hétérogènes (8,4 %), prairies (5,4 %), terres arables (4,1 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (1,4 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom du village, tel qu’il apparaît en 1155 (de Amenicis), est le résultat d’une évolution complexe, selon Ernest Nègre. Sans certitude, il avance que le nom vient de l’occitan liso (limon) et marga (boue), qui aurait donné lis Oumergue, ou leis Amergue, le lis ayant été interprété comme un article. Le suffixe -enicis est une latinisation postérieure.
La toponymie des Omergues est celle d’une commune de montagne. On trouve ainsi des oronymes courants : Piedmichel (de podium, « hauteur » en latin)Claude Martel, « L’oronymie d’une montagne provençale », in ., le Plan de Serres et la crête des Serres, où Serre est une crête allongée, hérissée, comme une lame de scie, et le dérivé local SarriardClaude Martel, « L’oronymie d’une montagne provençale », in ., la Côte d’EngraClaude Martel, « L’oronymie d’une montagne provençale », in ..
L’ubac de Lure est nommé la crête de la Faye, d’après le nom du hêtre en vieux françaisGuy Barruol, Claude Martel, Jean-Yves Royer, « Glossaire lié à la topographie et à la toponymie de Lure », in . ; en face de cette crête, on trouve le hameau l’Adret (au pied de la montagne de la Palle). De manière moins lisible, les toponymes Vente Brenc (ubac de Lure) et Ventecul (sommet qui domine le col de la Pigière, sur la RD 546) sont tous deux des toponymes pléonastiques : vent- désigne un sommet en langue pré-celtique. Le sens ayant été oublié par les Gaulois, le nom est doublé par les racine oronymique br-en(n), qui signifie collineLapurdum, La racine toponymique pré-celtique bar, par Michel Morvan, p. 11-20 en celtique ou KuK-.
Histoire Préhistoire et Antiquité Aux Crottes, se trouve un oppidum.
Dans l’Antiquité, les Sogiontiques (Sogiontii) peuplent la vallée du Jabron, en étant fédérés aux Voconces. Après la Conquête, ils sont rattachés avec eux à la province romaine de Narbonnaise. Au , ce peuple est détaché des Voconces et forme une civitas distincte, avec pour capitale Segustero (Sisteron)..
Moyen Âge Alors que le sud-est de la Gaule était une terre burgonde, le roi des Ostrogoths Théodoric le Grand fait la conquête de la région entre la Durance, le Rhône et l’Isère en 510. La commune dépend donc brièvement à nouveau de l’Italie, jusqu’en 526. En effet, pour se réconcilier avec le roi burgonde Godomar III, la régente ostrogothe Amalasonte lui rend ce territoire..
Les Templiers et les Hospitaliers
La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 1155. L’ordre du Temple y avait des biens, 106, qui furent attribués à l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La maison des Hospitaliers établie aux Omergues dépendait de celle de LardiersGuy Barruol, « L’architecture religieuse romane », in .. La communauté relevait de la baillie de Sisteron., et comme toutes les communautés de la vallée du Jabron, avait le privilège de ne pas payer la queste aux comtes de Provence (puis à leurs successeurs, les rois de France) jusqu'à la Révolution.
La communauté de Villesèche est signalée dans les chartes dès 1082. Au , l’église Saint-André de Villesèche, sur l’adret de Lure, était un prieuré de l’abbaye Saint-André de Villeneuve-lès-Avignon. Elle dépendit ensuite des Hospitaliers (commanderie de Manosque, dès 1155). La communauté de Saint-André, bien que séparée de celle des Omergues par la montagne de Lure, est absorbée par celle des Omergues à la fin du ou au début du .
Temps modernes Lors de la peste de 1628-1630, un cordon sanitaire est mis en place le long du Jabron. .
Lors de l’épidémie de peste de 1720-1722, Les Omergues est située au nord de la ligne du Jabron, élément du cordon sanitaire allant de Bollène à Embrun et isolant la Provence du Dauphiné (et dont fait partie le mur de la peste). Dès la fin août, des mesures de fermeture des routes principales et de quarantaine sont prises par la communauté. L’interdiction de franchir le Jabron, sous peine de mort, est décidée par le gouverneur d’Argenson début août, et le cordon est mis en place le pour n’être levé par ordonnance royale que le .