Rougon est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence, dans la région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Le nom de ses habitants est Rougonnais.

Géographie

Localisation

Rougon est une des 54 communes adhérentes du Parc naturel régional du Verdon. 32 dans le département des Alpes-de-Haute-Provence et 22 dans le département du Var.

Les communes limitrophes de Rougon sont Blieux, Castellane, Trigance (dans le département du Var) et La Palud-sur-Verdon.

Géologie et relief Le village est perché à d’altitude, sur un éperon qui sert également de col, à proximité des gorges du Verdon.

Le belvédère du Point Sublime (site inscrit) est sur le territoire de la commune. L’éperon sur lequel est situé le château est un site classé. Le point culminant est le Mourre de Chanier (), dans le massif du Montdenier.

On trouve des fossiles tithoniques sur la commune. L'essentiel du substrat est cependant composé des calcaires jurassiques, qui ont donné lieu à de nombreuses formations karstiques.

La commune est située dans le périmètre de protection de la Réserve naturelle géologique de Haute-Provence.

Hydrographie

Cours d'eau sur la commune ou à son aval. : rivière le Verdon ; rivière le Jabron ; rivière l'Artuby ; rivière le Bau ; ravins du Riu, de Passerin, de Patarasse, de Cabroulet, de Saint-Joseph, de Réquiran, des Conhets ; torrent de Praux ; vallon le grand.

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat de montagne et le climat méditerranéen et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Castellane à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Voies de communication et transports

Voies routières

La commune de Rougon est desservie par la route départementale (ancienne route nationale 552), qui relie Castellane à Gréoux-les-Bains en empruntant la vallée du Verdon et le plateau de Valensole.

Services autocars Lignes régionales, réseau Zou ! Rougon est desservie par 1 ligne de PROXIMITÉ : + LigneTracé Castellane ↔ Rougon ↔ Moustiers-Sainte-Marie ↔ Riez

Végétation

La commune compte de bois et forêts, soit 27 % de sa superficie.

Risques naturels et technologiques

La commune de Rougon est également exposée à trois risques naturels : les feux de forêt, les inondations et les mouvements de terrain.

La commune de Rougon est de plus exposée à deux risques d’origine technologique : celui de transport de matières dangereuses par route : la départementale peut être empruntée par les transports routiers de marchandises dangereuses; celui de rupture de barrage. Rougon fait partie de la zone d’inondation spécifique en cas de rupture du barrage de Castillon. Si cette rupture advenait, l’onde de submersion passerait en crête au-dessus de celui de Chaudanne, et atteindrait la clue de Chasteuil en (où elle entre dans la commune de Rougon), progressant à une vitesse moyenne de . Ensuite, elle ralentirait pour arriver à hauteur du village au bout de , ne dépassant pas toutefois la cote des (soit une hausse du cours du Verdon de plus de ).

Aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune mais le Dicrim existe depuis 2011.

La commune a été l’objet de deux arrêtés de catastrophe naturelle pour des inondations et des coulées de boue en 1994 et 2011. Le dernier tremblement de terre fortement ressenti dans la commune est celui de Chasteuil, le . Il a été ressenti avec une intensité macro-sismique de VI et demi sur l’échelle MSK. Celui du avait son épicentre dans la commune, et une intensité de 4.

Sismicité

Aucune des du département n'est en zone de risque sismique nul. Le canton de Castellane auquel appartient Rougon est en (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011.

Toponymie

Le nom de la commune est ancien : outre villa Rovagonis 814, on connaît les formes Rovagonus (1056), de castro Rogone (1096), oppidi Ragonis (1114) et de Roagono (1200). Il fait l’objet de différentes interprétations : selon Charles Rostaing, il est construit sur la racine *Rub-, désignant un rocherCharles Rostaing, Essai sur la toponymie de la Provence (depuis les origines jusqu’aux invasions barbares, Laffite Reprints, Marseille, 1973 ( 1950), p 237, et antérieure aux GauloisCharles Rostaing, « Toponymie d’origine pré-gauloise » in Baratier, Duby & Hildesheimer, , carte 11 et commentaire ; selon Ernest Nègre, il est construit sur un nom propre préceltique, à l’origine et au sens incertainsErnest Nègre, Toponymie générale de la France : étymologie de 35 000 noms de lieux, Genève : Librairie Droz, 1990. Volume I : Formations préceltiques, celtiques, romanes. Notice 1176, p 56. La commune se nomme Rogon en provençal selon la norme classique et Rougoun selon la norme mistralienne.

Urbanisme Typologie Au , Rougon est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (100 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (100 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (59,2 %), forêts (30,4 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (10,5 %)..

L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=2.1|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|<center>Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Budget et fiscalité 2024

En 2024, le budget de la commune était constitué ainsi. : total des produits de fonctionnement : , soit par habitant ; total des charges de fonctionnement : , soit par habitant ; total des ressources d’investissement : , soit par habitant ; total des emplois d’investissement : , soit par habitant. endettement : , soit par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants : taxe d’habitation : 9,75 % ; taxe foncière sur les propriétés bâties : 29,54 % ; taxe foncière sur les propriétés non bâties : 58,88 % ; taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 58,73 % ; cotisation foncière des entreprises : 16,52 %.

Chiffres clés Revenus et pauvreté des ménages en 2021 : médiane en 2021 du revenu disponible, par unité de consommation..

Histoire

Sur la barre de Catalan (1333 m d’altitude), une enceinte., peut-être protohistorique a été repérée par prospection aérienne : elle était défendue par deux murs concentriques, épais d’environ Géraldine Bérard, Carte archéologique des Alpes-de-Haute-Provence, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Paris, 1997, 397.Marc Gauthier, « Provence-Alpes-Côte-d'Azur », Gallia, Tome 43, 2, 1985. 534...

La localité apparaît pour la première fois dans les chartes en 814, avec la mention de villa Rovagonis dans le polyptyque de Wadalde. Cette villa est le siège d’une vaste exploitation appartenant à l’abbaye Saint-Victor de Marseille. Elle a aussi de nombreuses fermes sous sa dépendance à Rougon et La PaludJean-François Boué, « Implantation des ordres réguliers au Moyen Âge », CG 06.. Un château fut construit au ... La paroisse relevait de l’évêque de Riez, qui, à partir de 1096, partagea les dîmes avec l’abbaye de Montmajour.

Les Templiers possédaient un bien à Rougon.. Il s’agit du Prieuré Saint-Maxime, en limite de la commune de Trigance. Comme tout bien des Templiers, il était exempté de redevance envers l’évêque de Riez, et donc toutes les dîmes et redevances allaient intégralement aux Templiers. Le prieuré est passé à l’ordre des Hospitaliers au .

La seigneurie, d’abord aux Castellane (), passe aux Glandevez (), puis aux Brun-Castellane () et est enfin achetée par l’abbaye de Lérins en 1732, 193.. Cette seigneurie comportait le château, les droits de justice et divers autres, le moulin banal, plusieurs bâtiments dont deux bastides, des terres, prés.

La mort de la reine Jeanne I ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis I d'Anjou. Le seigneur de Rougon, Guyard de La Garde, se rallie aux Angevins en 1385, après la mort de Louis IGeneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, 412 (note 55)..

Durant la Révolution, la commune de Rougon compte une société patriotique, créée après la fin de 1792Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires», La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, 307, 1989, , 296-298..

La Révolution et l’Empire apportent nombre d’améliorations, dont une imposition foncière égale pour tous, et proportionnelle à la valeur des biens de chacun. Afin de la mettre en place sur des bases précises, la levée d’un cadastre est décidée. La loi de finances du précise ses modalités, mais sa réalisation est longue à mettre en œuvre, les fonctionnaires du cadastre traitant les communes par groupes géographiques successifs. Ce n’est qu’en 1835 que le cadastre dit napoléonien de Rougon est achevéAlexeï Laurent, « Paysages ruraux de la première moitié du XIXe siècle dans le sud-est des Basses-Alpes », in Jean-Christophe Labadie (directeur éditorial), La matière et le bâti en Haute-Provence, , actes de la première Journée d'études d'histoire de la Haute-Provence, Digne, 13 octobre 2012. Digne-les-Bains : Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013. , 10..