Tartonne est une commune française, située dans le département des Alpes-de-Haute-Provence en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Le nom de ses habitants est Tartonnais.
Géographie
Localisation vignette|center|400px|alt=Carte élémentaire montrant les limites de la commune, les communes voisines, les zones de végétation et les routes|Tartonne et les communes voisines (Cliquez sur la carte pour accéder à une grande carte avec la légende).
Géologie et relief Le paysage est marqué par la robine, une roche sédimentaire de couleur noire qui est très molle et friable à l'air, mais qui est très solide en sous-sol.
La commune compte de bois et forêts, soit seulement 4,5 % de sa superficie.
Le périmètre de protection de la Réserve naturelle géologique de Haute-Provence couvre également la commune de Tartonne.
Hydrographie Cours d'eau sur la commune ou à son aval. : rivière l'Asse de Clumanc, torrents de la Salaou, l'Encure, ravins des Sauzeries, du Riou de Séourne.
Voies de communication et transports Voies routières Au , le percement de la clue de la Peine permet le passage de convois plus importants, et raccourcit le trajet ( au lieu de ). Cette route est abandonnée dans la seconde moitié du avec l'arrivée de l’automobile et la création de routes départementales.
Le village est desservi par les départementales 8, 19 et 219.
Transports en commun Transport en Provence-Alpes-Côte d'Azur
Lignes SNCF Gare de Thorame-HauteRéseau des lignes régulières de transports des Alpes-de-Haute-Provence..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat méditerranéen altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat de montagne ou de marges de montagne et est dans la région climatique Alpes du sud, caractérisée par une pluviométrie annuelle de 850 à , minimale en été. Elle est en outre dans la zone H2d au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Digne-les-Bains à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Habitat et hameaux Comme sa voisine Clumanc, Tartonne ne correspond pas à une agglomération précise, ce qui est assez peu commun.
L'habitat est très dispersé, et l'on peut distinguer 7 hameaux très éloignés les uns des autres : le Petit Défend à d'altitude ; Plan-de-Chaude : hameau principal à qui constitue le chef-lieu avec la mairie ; le Viable ; le Touron ; les Laugiers (),
Cet éloignement s'explique par la pauvreté du terroir, et la difficulté de construire : les fortes dénivellations, la présence de nombreux cours d'eau et l'instabilité du terrain font que plus de 85 % du territoire de la commune est inconstructible.
Risques majeurs La commune de Tartonne est exposée à trois risques naturels : feu de forêt ; inondation ; mouvement de terrain : plusieurs versants de la commune sont concernés par un aléa moyen à fort.
La commune de Tartonne n’est exposée à aucun des risques d’origine technologique recensés par la préfecture et aucun plan de prévention des risques naturels prévisibles (PPR) n’existe pour la commune ; le Dicrim existe depuis 2011.
La commune a été l’objet d’arrêtés de catastrophe naturelle pour des inondations et des coulées de boue en 1994 et 2011.
Sismicité Aucune des 198 communes du département n'est en zone de risque sismique nul. L'ancien canton de Barrême auquel appartenait Tartonne est en zone 1b (sismicité faible) selon la classification déterministe de 1991, basée sur les séismes historiques., et en (risque moyen) selon la classification probabiliste EC8 de 2011.
Toponymie Le nom de la localité (Tortona en 1199, Tartona en 1200), serait formé sur la racine préceltique *Tortona, d’origine et de sens inconnus selon Ernest Nègre, attribué par Charles Rostaing à une racine en *Tar, désignant la pierre et par le couple Fénié à un oronyme (caractérisant le relief).. Nègre est contesté par Raymond Sindou, qui juge peu probable une absence d’évolution du toponyme pendant , et propose de comparer, sans avancer de sens, Tortona à Dertosa en Tarraconaise et à Dertona en Gaule cisalpineRaymond Sindou, « Ernest Nègre. — Toponymie générale de la France. Étymologie de 35000 noms de lieux, 1990/91, 3 vol. », Cahiers de civilisation médiévale, 1993, volume 36, 144, 419..
Le nom du sommet du Cucuyon (), est formé sur la racine préceltique *Kug-, autre oronyme, avec redoublement et ajout d’un suffixe diminutif.
Urbanisme Typologie Au , Tartonne est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (91,1 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (94,3 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (48,1 %), forêts (29,7 %), espaces ouverts, sans ou avec peu de végétation (13,4 %), zones agricoles hétérogènes (8,9 %)..
L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|centre|upright=2.1|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|<center>Carte de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Histoire
Antiquité Les premières traces d’occupation datent de l'époque gallo-romaine à l'emplacement actuel du hameau du Petit Défend. Auguste fait la conquête de la vallée des Asses en même temps que celle des Alpes, qu’il achève en 14 av. J.-C. Il est difficile de connaître le nom du peuple gaulois qui peuplait la vallée, et le nom de la civitas dont Tartonne dépendait au Haut-Empire : Eturamina () ou Sanitensium (Senez). À la fin de l’Empire romain, le rattachement à celle de Sanitensium, et à son diocèse, sont avérés avec la disparition de l’évêché de Thorame.
Moyen Âge Les deux communautés, de La Peine et de Tartonne, sont signalées dans les chartes au .. En 1342, les deux communautés de Tartonne et de La Peine sont rattachées à la viguerie de Castellane par le comte de Provence. Ce n'est qu'au que le village commence à se développer, dans la mesure où le village est situé sur la route reliant Digne-les-Bains à Colmars en passant par Thorame, et qu'une source d'eau salée a été trouvée, permettant aux habitants de ne pas payer la gabelle. Le village vit principalement de l'agriculture (, ovins) et de la récolte du sel, grâce à la source salée concédée par la reine Jeanne en 1402.
Durant tout le Moyen Âge, le village est rasé plusieurs fois. La communauté La Pène (ou la Peine) est fortement dépeuplée par la crise du (Peste noire et guerre de Cent Ans) et annexée par celle de Tartonne au , mais continue de constituer un fief distinct. Il était constitué de bâtiments civils et d'un monastère abandonné avant la Révolution. La seule trace de cette présence monastique est l’oratoire à Saint-Gervais qui a été installé à l'entrée du hameau, à l'endroit où les villageois avaient installé la croix de bois de la chapelle du monastère, après son démantèlement. Ce monastère et les bâtiments civils ont appartenu à la famille du célèbre philosophe dignois Gassendi. Tartonne n’est pas épargnée par les guerres de religion (avec un pillage en 1574) : la population passe d'environ . Le modeste château de Maladrech est construit en 1642, à proximité de la route menant vers Digne.
Période moderne Les seigneurs successifs sont les Baux (du au ), les d’Agoult aux , les Villeneuve aux , et enfin les Gassendi jusqu’à la Révolution. À la fin de l’Ancien Régime, la communauté est rattachée à la viguerie du Val de Barrême.
Révolution française Durant la Révolution, la commune compte une société patriotique, créée après la fin de 1792Patrice Alphand, « Les Sociétés populaires», La Révolution dans les Basses-Alpes, Annales de Haute-Provence, bulletin de la société scientifique et littéraire des Alpes-de-Haute-Provence, 307, 1989, , 296-298..
Époque contemporaine La Révolution et l’Empire apportent nombre d’améliorations, dont une imposition foncière égale pour tous, et proportionnelle à la valeur des biens de chacun. Afin de la mettre en place sur des bases précises, la levée d’un cadastre est décidée. La loi de finances du précise ses modalités, mais sa réalisation est longue à mettre en œuvre, les fonctionnaires du cadastre traitant les communes par groupes géographiques successifs. Ce n’est qu’en 1837 que le cadastre dit napoléonien de Tartonne est achevéAlexeï Laurent, « Paysages ruraux de la première moitié du dans le sud-est des Basses-Alpes », in Jean-Christophe Labadie (directeur éditorial), La matière et le bâti en Haute-Provence, -, actes de la première Journée d'études d'histoire de la Haute-Provence, Digne, 13 octobre 2012. Digne-les-Bains : Archives départementales des Alpes-de-Haute-Provence, 2013. , 10..
Tartonne est occupée durant la Seconde Guerre mondiale par les troupes italiennes dès 1940. L'environnement, de nombreux parachutages d'armes et l'instauration du STO (qui conduit beaucoup de jeunes à venir dans les environs) permettent aux résistants de mener des actions d'envergure contre l'armée allemande, qui occupe la région dès 1942. En représailles, de nombreuses maisons sont incendiées et le château de Maladrech, qui servait de cache, détruit.
Politique et administration Élections municipales et communautaires Élections de 2026 Depuis la loi du 21 mai 2025, le conseil municipal de Tartonne, commune de moins de , est élu au scrutin de liste proportionnel à deux tours avec prime majoritaire, comme l'ensemble des autres communes. sièges sont à pourvoir au conseil municipal.
Une seule liste, menée par Hugues Chaillan, est déposée lors du premier tour qui a lieu le . Les conseillers municipaux sont ainsi élus dès le premier tour. Le taux de participation est de 64,91 %. Hugues Chaillan est élu maire le lors de la première séance de conseil municipal.La liste officielle des maires du département des Alpes-de-Hautes-Provence en fonctions au 9 mai 2026, issue du répertoire national des élus (RNE), peut être consultée sur Commons.. Liste des maires