est une ville japonaise, capitale de la préfecture homonyme sur l'île de Kyushu. En août 2026, la population de la ville est estimée à habitants.

L'histoire de Nagasaki a presque entièrement été construite par des étrangers ; en effet, ce sont les Portugais qui en font une ville portuaire prospère au . Sous la période Tokugawa, la persécution des chrétiens y fut particulièrement vive, avant que la ville ne soit ouverte après la restauration Meiji. Le , Nagasaki a été la cible du deuxième bombardement atomique de l'histoire par les États-Unis durant la Seconde Guerre mondiale après celui d'Hiroshima trois jours plus tôt.

Histoire Le port et le commerce () Naissance et développement du port

Fondée dans la seconde moitié du , c'était à l'origine un village isolé. C'est l'arrivée d'explorateurs européens au milieu du , quand un navire portugais s'échoua accidentellement sur les rives de Tanega-shima en 1543, qui en provoqua la naissance et l'essor. Le missionnaire jésuite François Xavier y arriva en 1549 et il visita Hirado en 1550 où les marchands portugais s'établirent initialement avec le patronage de Matsura Takanobu. Initialement tolérant, il expulse cependant les jésuites de son domaine en 1558. Les Portugais cherchent un autre port où ils pourraient commercer et un autre seigneur, Ōmura Sumitada, leur offre refuge dans son domaine à Yokoseura. Sumitada devient le premier daimyō (chef de guerre) à se convertir mais son cousin illégitime, Goto Takaakira, mena une révolte et détruisit Yokoseura. Sumitada établit alors un nouveau port à Nagasaki en 1571, date de fondation de la ville. En 1580, Ōmura Sumitada céda le port de Nagasaki et les territoires environnants à la Compagnie de Jésus dont le supérieur local était le père Côme de Torres, successeur immédiat de saint François Xavier..

Le petit village portuaire grandit rapidement, et les produits importés à Nagasaki (comme le tabac, le pain, les beignets la plupart d'entre eux ont d'ailleurs conservé leur nom d'origine portugaise comme les gâteaux de Nagasaki, les castella. Les Portugais amenèrent aussi avec eux des marchandises d'origine chinoise et les armes à feu. On parle de cette période comme la ou bien Nagasaki ecclésiastique.

vignette|Les 26 crucifixiés de Nagasaki marquent le début d'une répression sanglante contre les chrétiens (1597). Représentation d'Eustaquio Maria de Nenclares datant du . La prospérité de Nagasaki fut menacée en 1587 lorsque Hideyoshi Toyotomi arriva au pouvoir. Inquiété par l'influence des chrétiens dans le Sud du Japon, il ordonna l'expulsion de tous les missionnaires.. Ōmura avait donné aux jésuites un contrôle administratif partiel de Nagasaki, et la ville retourna sous le contrôle impérial. Les chrétiens japonais et étrangers furent persécutés. En 1596, Hideyoshi fit crucifier à Nagasaki pour détruire toute tentative d'usurper son pouvoir. Toutefois, comme l'empereur ne fit pas bannir les marchands portugais, l'économie de la ville continua à prospérer. vignette|Vue panoramique de la baie de Nagasaki avec l'île de Dejima(Bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, NuBIS). Quand presque vingt ans après, Ieyasu Tokugawa prit le pouvoir, la situation ne s'améliora pas. Le christianisme fut interdit en 1614 et tous les missionnaires furent déportés, ainsi que les daimyō qui ne renoncèrent pas à leur religion. Une campagne brutale de persécution s'ensuivit, avec des centaines de tués ou torturés à Nagasaki et dans d'autres parties du Japon. Les chrétiens offrirent une certaine résistance, en 1637 lors de l'insurrection de la péninsule de Shimabara, à l'est de Nagasaki. Au nombre de , ils capturèrent le château d'Hara et humilièrent le daimyō local. En réponse, le shogun envoya . Ce fut la fin du bref « siècle chrétien » au Japon. Ils durent pratiquer leur religion en secret, toujours victimes d'inquisitions occasionnelles (voir les Seize martyrs de Nagasaki).

L'îlot de Dejima et la « réouverture » du Japon

vignette|La frégate La Guerrière commandée par l'amiral Roze en 1865 dans la baie de Nagasaki. Pendant ce temps les Néerlandais, appelés Oranda-jin en japonais, continuèrent discrètement à exercer leurs affaires au Japon, ramenant même avec eux des Japonaises en Hollande. Malgré la politique officielle des shogun, désireux de mettre fin à l'influence étrangère dans le pays, les Hollandais démontrèrent qu'ils étaient intéressés surtout par le commerce, et prouvèrent leur engagement aux côtés des Tokugawa durant la rébellion de Shimabara en ouvrant même le feu sur les chrétiens (catholiques) afin de venir en aide au pouvoir shogunal.. En 1641, on leur octroya Dejima, une île artificielle dans la baie de Nagasaki, afin que celle-ci serve de base à leur commerce et dans laquelle ils étaient confinés. Depuis cette date et jusqu'en 1855, les contacts du Japon avec le monde extérieur furent strictement limités à Nagasaki. En 1720, la censure qui frappait les livres néerlandais fut levée. Des centaines d'étudiants en profitèrent pour affluer vers Nagasaki pour étudier les sciences et les arts européens, appelés rangaku en japonais, c'est-à-dire science hollandaise. thumb|left|Église des Vingt-Six-Martyrs de Nagasaki vers 1885. Après que le commodore Matthew Perry eut débarqué en 1853 dans la baie de Tokyo et imposé un traité d'ouverture commerciale par la menace, le Japon fut contraint d'ouvrir ses ports aux navires américains. Nagasaki devint un port libre en 1859. Avec la restauration Meiji, Nagasaki devait rapidement dominer d'un point de vue économique, notamment grâce à la construction de navires. Lors de la première reconstruction d'une église, des chrétiens japonais sortirent du secret dans lequel ils avaient vécu depuis le en se faisant connaître du père Petitjean : ils furent néanmoins, dans un premier temps, persécutés avant de pouvoir exercer librement leur culte.

Le bombardement atomique de 1945

vignette|gauche|Champignon atomique sur la ville de Nagasaki. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le à du matin, le B-29 Bockscar piloté par Charles Sweeney, parti de Tinian dans les îles Mariannes du Nord, largua la bombe atomique Fat Man sur la ville : elle explosa à d'altitude, à la verticale du quartier Urakami. Ce fut la seconde explosion nucléaire au Japon, trois jours après celle de Hiroshima. L'objectif initial du B-29 était la ville de Kokura, dans le nord de Kyushu, devenue aujourd'hui un quartier de la ville de Kitakyūshū. Les trois tentatives échouent, d'une part à cause du mauvais temps, d'autre part à cause de la fumée venant de Yahata, située à seulement à l'est de Kokura, et qui avait été bombardée la veille. De plus, un écran de fumée avait été créé à Kokura par des ouvriers en brûlant des barils de goudron pour gêner un éventuel bombardement.

Cette bombe était une bombe au plutonium d'une puissance de , différente de celle d'Hiroshima (uranium 235, d'une puissance de ), mais semblable à celle de l'essai Trinity, réalisé à Alamogordo, le .

Le scénario d'Hiroshima se reproduisit, à peine moins meurtrier. En effet, la topographie de Nagasaki en fait un site plus ouvert alors que les collines ceignant Hiroshima avaient amplifié les effets dévastateurs de l'explosion.

Quelque des de Nagasaki furent tués, y compris japonais, forcés coréens, japonais, et huit prisonniers de guerre alliés. Si la cathédrale chrétienne d'Urakami, le principal lieu de culte catholique du Japon, presque à l'aplomb du largage (dit hypocentre), confondue avec un bâtiment portuaire, fut entièrement détruite, "le jardin de l'Immaculée", le couvent franciscain construit derrière la crête d'une colline au-dessus de Nagasaki par Maximilien Kolbe, fut épargné. Initialement, le bombardier devait viser les quais Mitsubishi.

La reconstruction vignette|Le pont Megane. La ville fut reconstruite après la guerre, quoique radicalement différente. De nouveaux temples furent bâtis ainsi que des églises, car la présence chrétienne ne disparut en fait jamais. Il y eut même, après la guerre, une augmentation du nombre de fidèles. Parmi ceux-ci, le radiologue Takashi Nagai (1908-1951), le premier citoyen honoraire de la ville, mort de la leucémie diagnostiquée en (deux mois avant le lancement de la bombe) qui ne devait lui laisser que à vivre. Quelques débris furent laissés en place en souvenir du bombardement : comme une porte (torii) dont il ne reste plus qu'un poteau dressé.

Comme Hiroshima, Nagasaki présente son parc de la Paix et les deux villes sont associées dans les protestations contre les armes atomiques et leurs essais.

De nouveaux bâtiments furent créés pour servir de mémorial, tel le musée de la Bombe atomique..

Après-guerre Nagasaki reste une ville portuaire, avec une construction navale florissante. Les chantiers de construction navale de Mitsubishi Heavy Industries, créés en 1857, sont parmi les plus importants du monde après ceux de Hyundai à Ulsan (Corée du Sud). Début , la direction de Mitsubishi Heavy Industries a annoncé que, face aux mauvais résultats, les chantiers navals de Nagasaki seraient regroupés dans une seule société de construction navale avec ceux de Shimonoseki, pour rechercher des synergies et des partenariats. Parallèlement, il a déjà été décidé fin 2016 de fusionner la branche de conception et construction de moteurs diesels marins avec la société Kobe Diesel. vignette|Littoral de Nagasaki. La ville est desservie depuis 1975 par l'aéroport de Nagasaki, installé sur une île artificielle.

Dans la nuit du 17 au , Itchō Itō, le maire de la ville fut assassiné par un yakuza.

Géographie Localisation Située à l'est de l'île de Kyūshū, Nagasaki est entourée par les villes d’Isahaya et de Saikai, ainsi que par les communes de Togitsu et de Nagayo, dans le district de Nishisonogi.

Elle est bordée par la baie d'Ōmura (mer du Japon) au nord, par la mer de Chine orientale au sud-est et par la mer du Japon au sud-ouest. C'est aussi sur cette mer que donnent les installations portuaires de la ville. Celles-ci ont été édifiées à l'embouchure de l'Urakami, un petit fleuve local, le long duquel s'est étendu Nagasaki au fil du temps. La rivière traverse la ville d'est en ouest. En raison de la configuration du terrain, la zone fortement urbanisée de la ville est restreinte à une superficie de moins de

Climat Nagasaki vit sous un régime de climat subtropical humide. La ville bénéficie d’hivers relativement doux, avec une moyenne de en janvier et février. Les étés sont chauds, avec une moyenne de en juillet et août. Les étés sont également très humides..

Démographie Concernant la préfecture de Nagasaki, le recensement de 2025 donnait une population totale, étrangers compris, de habitants, soit une baisse d’environ personnes par rapport au recensement précédent de 2020. En comparaison de son pic de 1960 ( habitants), la population a chuté de 70 %. Le taux de baisse sur ces cinq dernières années s’élève à 6,1 %, ce qui place le préfecture au rang des préfectures les plus touchées, soit une aggravation de 1,4 point par rapport au recensement précédent. Les taux de baisse sont particulièrement marqués dans les régions insulaires et péninsulaires Diminution de la population de la préfecture de Nagasaki et des villes les plus importantes, sauf Omura, Nagasaki Shimbun (05/2026)..

Pour la ville de Nagasaki, chef-lieu du département, la population comptait habitants ( hommes et femmes), soit un peu plus de 30 % de la population totale du département, mais elle est passée sous la barre des habitants au cours des cinq dernières années. Cette baisse est présente depuis 1990, et davantage marquée depuis 2020. En août 2026, la population de la ville est estimée à habitants.

Culture

Patrimoine et tourisme cathédrale catholique d'Urakami. Située à côté du parc pour la Paix, elle a été reconstruite en 1959. Principalement constituée de briques, elle est située à ce qui fut l'hypocentre de l'explosion de la bombe atomique. Elle abrite la Vierge de Nagasaki ;